Nos jeunes sont en détresse. Il est urgent de leur venir en aide.

Quel monde proposons-nous à nos jeunes ? Un monde de plus en plus matérialiste, individualiste, sans spiritualité et sans idéaux.

La plupart de ceux qui ont en charge le destin de la France, recherchent avant tout leurs avantages personnels. Après quatre premiers ministres en un an, des partis politiques marqués par le sectarisme, incapables de s’entendre, de faire des compromis ! Des motions de censure qui se succèdent et une dette de plus de 3 milliards d’euros, dont les intérêts ne cessent d’augmenter…

Cette France prospère et respectée dans le monde, que nous avait laissée le général de Gaulle, risque à tout moment de se retrouver dans la situation catastrophique qu’ont connue la Grèce et l’Espagne dans le passé.

Et les jeunes au milieu de tout ça ? Un grand nombre d’entre eux sont dépressifs et – à l’heure où les réseaux sociaux leur offrent des milliers d’amis virtuels – beaucoup souffrent de solitude, car rien ne remplacera jamais un ami en chair et en os, avec qui partager les Joies et les peines de la vie.

De plus, du fait du nombre de plus en plus grand de familles éclatées, de nombreux jeunes sont désormais privés de l’affection et de l’amour des liens familiaux.

Enfin, ce dont manquent le plus cruellement nos jeunes, ce sont d’exemples à suivre. De modèles de vies droites, dévouées, généreuses, au service du plus grand nombre auxquelles s’identifier.

Sont concernés en première ligne tous les politiques, tous ceux qui ont des responsabilités, et toutes personnes ayant – ayant eu – une expérience de la vie, pouvant pousser les jeunes à se dépasser et leur montrer que la vie a sens et que le bonheur peut exister en mettant au service des autres. Des personnes ayant une conscience du Bien et du Mal, capables d’inviter ces derniers à s’engager sur le chemin du Bien.

Il est vrai que nous en sommes loin, mais ne désespérons pas ! Il appartient à tous les aînés de dévoiler aux jeunes des vies exemplaires qu’ils auront envie d’imiter. Cela serait possible mais, hélas ! – l’homme étant l’homme – n’est-ce pas un rêve illusoire ?…

Ces hommes dont les hommes font des dieux !

L’homme, assoiffé de liberté, puisant ses forces dans les sciences et la technique, veut se passer de Dieu. Il réserve cette antique croyance à des demeurés ou des fondamentalistes parmi lesquels je ne me reconnais pas. Et il n’y a plus sectaires que les athées qui prétendent être les seuls à détenir la Vérité.

Mais quand je vois ces millions d’hommes qui honorent la dépouille d’un des leurs – que ce fut le pire ou le meilleur des hommes – je me dis que l’homme ne peut se passer de dieux.

Cinq millions de Soviétiques, en mars 1953, défilant devant la dépouille du « petit père des peuples » qui avait trucidé quinze millions d’entre eux !

Cinq millions d’Egyptiens, en 1970, qui se bousculaient aux obsèques Gamal Abdel Nasser.

Trois millions de Britanniques, le 6 septembre 1997, pour accompagner Lady Di à sa dernière demeure.

Plus d’un million de chrétiens en 2005 pour assister à Rome aux obsèques du pape Jean-Paul II.

Et maintenant deux millions de personnes en pleurs qui défilent devant le cercueil d’Hugo Chavez, à Caracas!

Ces élans collectifs, ces pleurs, ces désespoirs, pour honorer les meilleurs d’entre nous comme les pires racailles, font partie de l’histoire et de l’âme humaines. Ils naissent d’une profonde émotion et traduisent le besoin, pour le commun des mortels, de se rattacher à quelque chose ici-bas.

A défaut d’honorer un Dieu dans le ciel, transcendant, et sans défaut, on fait d’un mortel un dieu auquel on attribue toutes les qualités.

Il est juste de rendre hommage à nos morts. Il est juste de leur témoigner notre amitié. Notre affection. Mais, comme en toute chose, il convient de raison garder et de conserver une certaine mesure.

Or ces manifestations de foules qui semblent envoûtées, ces scènes d’hystérie dont elles s’accompagnent souvent, échappent à la raison, traduisent l’angoisse de tout homme face à la mort, et la part d’irrationnel qui demeure au plus profond de lui-même.