L’un des avantages des transports en commun, dont on ne parle jamais, c’est qu’ils permettent des rencontres.

Ainsi lundi matin, en prenant le bus, j’ai eu le plaisir de discuter un long moment, avec un ami que je n’aperçois que rarement.

Nous parlons de nos familles, de nos enfants, de la crise, de politique, etc.

Nous constatons tous les deux que Nicolas Sarkozy a beaucoup promis et peu tenu.

Il avait promis qu’il n’y aurait plus de sans-abris ! Ils sont environ 133 000 !… Et quelle belle fumisterie que cette loi sur le logement opposable ! Connaissez-vous un seul SDF qui ait attaqué à l’Etat pour trouver un logement ?!…

Il avait promis de prendre des mesures en faveur des personnes dépendantes. Nous les attendons toujours…

A propos du chômage, il s’était engagé à ramener le nombre des chômeurs à 5% à la fin de son mandat, au lieu de 10% en 2007. Le taux est actuellement de 9,8% ! Et il avait déclaré que s’il n’y arrivait pas ce serait un échec et ce serait « aux Français d’en tirer les conséquences ». Je sais que depuis il y a eu cette fameuse crise, mais quand même !..

A propos de la crise, nous disons qu’il a beaucoup joué de son éloquence, s’est beaucoup affiché, s’est beaucoup agité, mais a peu agi ! Il s’est donné l’image d’un homme providentiel, mais je ne suis pas sûr qu’il ait été le meilleur.

Nous parlons de cette TVA sociale qui n’a de social que le nom et qui appauvrira un peu plus les classes moyennes et les pauvres.

Nous parlons de ce triple « A ». Il y a quelques semaines, il était capital, pour la France, de le maintenir. Maintenant qu’on l’a perdu, ce n’est plus une catastrophe !…

Mon ami pense que la crise c’est avant tout un problème de répartition des richesses. J’ajoute que c’est aussi un problème de confiance : plus personne n’a confiance dans personne !…

Face à l’avalanche de promesses de nombreux candidats, mon ami déclare qu’il votera pour celui qui en fera le moins. Excellente idée. Mais personnellement je pense que l’élu, quel qu’il soit, n’aura jamais les coudées franches : il sera sous la dépendance des marchés financiers, des banques, des trusts internationaux, etc., et d’une Europe où chacun tire la couverture à soi, et dans laquelle manque une véritable solidarité…

Voilà le terminus. Déjà ! Il met un terme à notre discussion. A regret. J’en fais profiter ici mes lecteurs et, quelles que soient leurs opinions, je les invite à la poursuivre. C’est dans le dialogue et dans un respect réciproques qu’on approche le plus possible d’une vérité si difficile à appréhender, et dont nous sommes chacun porteur d’une petite parcelle…

Après le Mont Saint-Michel, Vézelay, le Vatican, voici maintenant notre Président à Domrémy pour honorer Jeanne d’Arc.

Libre à lui d’honorer Dieu et ses saints, mais peu de Français seront dupes.

Tout est bon pour essayer de récolter des voix, et un recueillement à Domrémy ne « mange pas de pain » !

Voilà qui me rappelle cette messe à Notre-Dame de Paris, le 19 mai 1940, quand la défaite était sur le point d’être consommée, et à laquelle assista le gouvernement au complet, croyants et anticléricalistes notoires ! Quand tout va mal, tous se tournent vers Dieu, même s’ils n’y croient pas et le combattent !…

C’est pour le moins curieux de voir cette attirance de Nicolas Sarkozy pour la religion. N’oublions pas qu’en 2007 il avait promis – il promet toujours beaucoup de choses !… – d’aller se recueillir dans un monastère pour se pénétrer de ses nouvelles fonctions.

Mais finalement, il a préféré le yacht enchanteur de son ami Vincent Bolloré à l’austérité monacale…

Ce qui me choque le plus dans tout cela, ce n’est pas l’opportunisme de notre Président – tous les hommes politiques, ou presque tous, en font autant -, mais c’est que toute cette précampagne – il n’est toujours pas officiellement candidat – se fait aux frais de l’Etat, c’est-à-dire à nos frais, tandis que ses adversaires doivent financer eux-mêmes leur campagne.

Il y a là quelque chose de foncièrement déloyal et malhonnête.