Chers Amis de la terre,

Fidèle à la tradition, je vous envoie à tous, mes MEILLEURS VŒUX pour cette nouvelle année qui commence aujourd’hui.

Oh ! je le sais. Les plus beaux vœux que nous formulons ne changent pas le cours des choses.

Ils ne redonnent pas la santé à la personne malade ; ils ne redonnent pas du travail à la personne au chômage, ni un peu de chaleur à la personne sans logis et seule dans le froid de la rue, etc.

Et pourtant, nos vœux ne sont pas vains. Ils sont chargés de la chaleur de notre affection, de notre amitié, de notre amour. D’un amour qui ne supprime pas la souffrance mais la rend plus supportable.

Nous ne pouvons changer le cours des choses. Mais je pense à la sagesse de Confucius voici vingt-cinq siècles. Plutôt que de prier pour la pluie en été, il invitait les hommes à accumuler des réserves d’eau en prévision de la saison sèche. Belle sagesse fondé sur l’observation de la nature et de toutes les choses de la vie.

Loin d’être fatalistes, essayons d’améliorer ce qui est améliorable, essayons d’accepter d’une âme égale ce dont nous ne pouvons pas changer le cours, et surtout, gardons toujours au fond de notre cœur l’Espérance de jours meilleurs.

L’Espérance que la santé s’améliorera, qu’un emploi va se présenter, que la chaleur et l’amitié d’un toit mettront fin à la précarité de la rue, etc.

A vous toutes et à vous tous, Amis de la terre, je souhaite que ces quelques lignes vous redonnent COURAGE, CONFIANCE, ESPÉRANCE.

Chacun a son étoile dans le ciel. Sa petite étoile qui ne nous abandonne jamais, pas même au cœur des nuits les plus profondes.

Vous ne la voyez pas ?… Fermer les yeux ! Et voyez dans la nuit de votre vie et dans le silence de votre coeur, ce fil invisible qui vous conduit vers le ciel. Laissez-vous guider par lui.

BONNE ANNÉE

Toutes les personnes qui ont un peu de sensibilité en ce monde sont bouleversées par l’engagement de ces adolescents – souvent sans problèmes – qui, du jour au lendemain, quittent tout pour aller combattre en Syrie.

Personnellement, cela me bouleverse, mais j’avoue que cela ne m’étonne qu’à moitié et que – si je condamne cet engagement – j’éprouve une certaine admiration pour ces jeunes.

Car enfin, quels idéaux, quels exemples proposent aux jeunes notre société occidentale ? L’argent, le sexe, la drogue et toute une kyrielle de biens matériels, valeurs sur lesquelles on ne construit pas une vie, et dont des jeunes assoiffés de pureté, désirant servir, se détournent avec courage.

Ils décident alors de tout quitter et se mettent au service de grandes causes pour lesquelles ils sont prêts à risquer, voire à donner leur vie.

Malheureusement ces jeunes qui s’engagent dans la guerre pour renverser une dictature, n’ont pas conscience que, s’ils réussissent, cette dictature sera remplacée par celle d’une charia inhumaine, machiste et qui réduit la femme en esclavage.

Ils s’imaginent servir Dieu alors qu’ils servent le diable.

Oui, je veux croire que beaucoup parmi ces jeunes qui vont faire la guerre en Syrie ont un cœur pur et sont victimes de l’endoctrinement de maîtres à penser dévoyés qui abusent de leur candeur et de leur générosité.

Rappelons-nous : il y a soixante-dix ans, dans la nuit de l’Occupation, des adolescents, guidés par de bons maîtres, ont eux aussi risqué et donné leur vie pour la Liberté de tous. Mais d’autres, tous aussi courageux, dans de mêmes collèges parfois, se sont laissés influencés et abusés par des professeurs fascistes, se sont engagés dans l’armée allemande et sont allés mourir dans les plaines de Russie…

La faute de ces mauvais choix, hier comme aujourd’hui, tient non pas à l’esprit de ces adolescents, mais à ceux qui profitent de leur enthousiasme, de leur manque de maturité et de leur candeur, pour les entraîner sur de mauvais chemins…

Il est donc URGENT que notre société, nos médias, nos dirigeants proposent de vraies valeurs à notre jeunesse pour que nos adolescents ne soient plus victimes de chimères mortifères et mettent leur énergie au service la JUSTICE et de la PAIX.

L’origine de bien des conflits qui déchirent notre monde est l’injustice ou le sentiment d’injustice, aussi tous ceux qui œuvrent pour la JUSTICE œuvrent pour la PAIX

 

Voici une nouvelle année et, avec elle, une nouvelle page blanche où inscrire nos vœux pour tous ceux que nous aimons.

Le monde semble s’enfoncer dans un hiver sans fin marqué par des guerres terribles, par des misères sans nombre et en plus, ici et là, des catastrophes naturelles qui plongent dans le malheur d’innombrables personnes.

Et à tout, cela il faut ajouter cette crise économique que connaissent tant de pays et qui est source de tant de tourments pour tant de familles, tant d’hommes ou de femmes seuls, tant d’enfants soumis à tant de privations.

Face à tous ces malheurs je voudrais envoyer à tous mes amis de la terre quelques mots d’ESPERANCE.

Rien n’est jamais joué et il faut toujours garder FOI en l’avenir.

Il fallait une FOI à toute épreuve, le 14 juin 1940, quand les troupes allemandes entraient dans Paris, quand la France étaient défaite, que ses armées étaient en déroute et que dix millions de réfugiés erraient sur toutes les routes, oui il fallait une FOI à toute épreuve pour croire que rien n’était perdu, qu’un jour la France se relèverait, que le nazisme serait vaincu et que la LIBERTE l’emporterait.

Il en est de même aujourd’hui. Rien n’est perdu.

Le 13 mai 1940, Winston Churchill annonçait « Du sang, du labeur, des larmes et de la sueur » dans son premier discours devant la Chambre des communes, après sa nomination au poste de Premier ministre du Royaume-Uni

Le sang, nous l’avons hélas avec celui de nos soldats en missions extérieures et qui essaient de ramener la PAIX là où règne la guerre.

Le labeur, les larmes, la sueur, c’est le lot de toutes ces personnes qui sont au chômage et qui vivent d’expédients. Ce sont les souffrances de tout enfantement. C’est le prix à payer pour renaître à nouveau.

Toutes les civilisations sont mortelles. Toutes, après une apogée plus ou moins longue, connaissent la décadence et doivent repartir sur de nouvelles bases.

L’un des drames ne notre civilisation, c’est le matérialisme. C’est d’avoir cru – et de croire encore – que le bonheur réside essentiellement dans l’accumulation de biens matériels, et d’avoir oublié l’importance des valeurs spirituelles.

Malheureusement, pour contrecarrer cet oubli, on assiste au réveil des fanatismes, des fondamentalismes, des sectarismes, et de ce qu’il peut y avoir de pire dans les religions.

Or les religions ne sont pas faites pour diviser les hommes, mais pour les élever et les rassembler, dans un respect mutuel, dans la plus grande tolérance.

La sagesse, le bon sens nous invitent à prendre dans les religions non pas la lettre qui divise et déchire, mais l’ESPRIT qui unit dans un même AMOUR.

Et la sagesse nous invite à avoir CONFIANCE.

CONFIANCE !… Là est le maître mot. Notre monde souffre d’un cruel manque de CONFIANCE. Plus personne n’a confiance dans rien ni personne. Et du coup, de moins en moins de personnes osent entreprendre, osent prendre des risques, osent faire des projets.

La tentation est grande du repli sur soi et du repli communautaire. Or la frilosité ne construit rien, et seule l’ouverture aux autres, l’ouverture au monde sont source de Vie.

Nous avons la chance de vivre en FRANCE. La FRANCE est un grand pays. A une grande et longue histoire. Et nous invite à nous rassembler avec fierté sous sa belle devise « LIBERTE, EGALITE, FRATERNITE ».

Et c’est seulement dans la FRATERNITE, le PARTAGE et la SOLIDARITE que chacun trouvera son salut.

A tous mes amis de la terre je souhaite de conserver l’ESPERANCE et la FOI en l’avenir. Toutes les nuits, mêmes les plus longues et les plus sombres ont une fin. Et dans chacune brille une petite étoile, notre étoile qui nous dit de garder CONFIANCE !

A tous j’adresse mes fraternelles salutations et mes vœux de COURAGE et de PERSEVERANCE dans les épreuves. Et je suis sûr que chacun trouvera dans l’AMOUR partagé de nombreuses JOIES au fil des jours.

L’enlèvement du Père Georges Vandenbeusch au Cameroun, nous rappelle, si nous ne la savions pas encore, que nous sommes en pleine guerre de religion.

Le monde est victime de fondamentalistes et d’intégristes musulmans, qui convertissent de force les chrétiens, les menacent et n’hésitent pas à les tuer.

Ce sont les mêmes qui ont détruit les bouddhas d’Afghanistan et les mausolées des saints musulmans dans le désert.

Que doit-on faire face à ces fanatiques et fous de Dieu ? Plier bagages et s’enfuir comme des lâches en abandonnant les populations à leur triste sort ? Ou bien rester par fidélité à sa foi et aux peuples dont on partage les peines et les joies de la vie quotidienne ?

Le Père Georges avait choisi de rester malgré les recommandations du gouvernement. Comme l’avaient fait les moines de Thibirine. Non par goût du martyre. Non par goût du risque ou par inconscience. Mais pour témoigner d’un message d’Amour, de Justice et de Paix reçu du Christ voici deux mille ans.

Chacun est libre de croire ou de ne pas croire en Jésus-Christ. Mais tous les humanitaires du monde, les médecins, les infirmières, les infirmiers, toutes les personnes, qui risquent leur vie dans les pays en voie de développement, partagent le même idéal d’Amour, de Justice et de Paix.

Tous condamnent le fanatisme de religions qui, loin de libérer les hommes, les asservissent.

Les violences et la sauvagerie de certains au nom de telle ou telle religion, ne doivent pas faire rejeter en bloc toutes les religions, et les efforts du plus grand nombre pour mener une vie droite et respectueuse de tous, par fidélité à leurs croyances.

Aussi je refuse d’assimiler le christianisme, chantre de la Liberté, à la folie et à la barbarie d’extrémistes qui ne sèment que la haine et la désolation.

Et je veux dire ici mon admiration pour toutes les femmes et pour tous les hommes qui, comme le Père Georges, comme les moines de Thibirine, et comme tous les humanitaires, affrontent de pied ferme tous les dangers pour aider les plus pauvres. Ils sont des exemples de courage pour toute l’humanité.

Et c’est grâce à leur courage, à leur refus de la lâcheté, de la pleutrerie, et plus que par les armes, que le fanatisme, d’où qu’il vienne, pourra être vaincu.

MERCI, Père Georges ! Puisse votre courage et votre dévouement impressionner vos ravisseurs et puissiez-vous rapidement retrouver la liberté !

Je voudrais dire deux mots sur l’assassinat de Ghislaine Dupont et Claude Verlon.

J’éprouve bien sûr, comme tous, un sentiment de profonde tristesse et je partage la peine de tous leurs proches.

Mais je voudrais aussi profiter de cette occasion pour rendre hommage à tous les journalistes de guerre qui risquent chaque jour leur vie pour informer le monde de toutes ces violences, de toute cette barbarie qui déchirent certains pays.

Oh ! je sais, certains vont dire qu’ils prennent des risquent inconsidérés, qu’ils n’ont pas à aller là où ils vont.

Mais qui nous informera, si plus personne ne couvre les territoires en guerre, les zones à risques ?!… Ce sera encore plus de liberté pour tous les dictateurs et va-t-en guerre de la planète, dont la condamnation par l’opinion internationale peut sinon juguler complètement la violence et la folie, du moins les infléchir.

Les forces françaises avaient averti du danger Ghislaine Dupont et Claude Verlon, et avaient refusé de les transporter à Kidal. Ils y sont donc partis avec un convoi de la Minusa, la force de l’ONU organisée autour de l’armée malienne.

Je me garderai bien de leur reprocher. De l’avis de tous ceux qui les connaissaient, c’étaient deux journalistes chevronnés, connaissant leur métier, travaillant sur le terrain, loin des plateaux médiatiques de la télévision, et qui racontaient la guerre pour en montrer l’absurdité et pour inciter les peuples à la paix .

Je veux rendre ici un hommage à leur courage. Leurs familles et tous leurs proches peuvent être fiers d’eux.