Quatre de nos soldats viennent de trouver tragiquement la mort en Afghanistan. La France entière, une nouvelle fois, est en deuil.

Sans vouloir faire de procès d’intention, je constate avec tristesse la réaction précipitée de Nicolas Sarkozy et la surenchère de François Hollande.

Tous deux, pour de basses raisons électorales, prennent l’engagement d’un retour anticipé de nos troupes

Voilà qui voudrait dire que tous nos hommes tombés sur cette terre lointaine, sont morts pour rien. Voilà qui serait un formidable signal d’encouragement pour les talibans. Voilà qui feraient perdre confiance à tous les Afghans qui ont placé leur espoir en nous.

J’ai entendu, samedi soir, notre Ministre de la Défense, Gérard Longuet, déclarer : « C’est un meurtre. Ce n’est pas la guerre ».

Voilà qui témoigne d’une dramatique et grave méconnaissance de l’Histoire et d’une vision bien loin de la réalité et très idyllique de la guerre.

Gérard Longuet oublie la mort de millions de déportés de la dernière guerre, juifs, résistants, otages. Il oublie les camps « nuit et brouillard » où les détenus trouvaient la mort sans laisser de traces…

Il oublie la violence et la haine de ces années noires. Il oublie les traîtres, les dénonciateurs qui ont fait tant de mal. Il oublie les règlements de compte, les vengeances, les exécutions sommaires de la Libération.

Il oublie les crimes de la guerre d’Algérie. Les tortures, les « corvées de bois », etc.

Non, Monsieur le ministre, la guerre ne se fait pas en casoar et gants blancs !…

Enfin, nos dirigeants et candidats, ne cherchent pas à comprendre les motivations des soldats afghans qui nous trahissent.

Un Afghan n’est-il pas viscéralement poussé à trahir son armée quand il voit des soldats américains uriner sur des cadavres talibans.

Il y a là un sacrilège inexpiable, une négation, une profanation de la part d’humanité dont tout homme est porteur, fût-il notre ennemi !

Et je ne parle pas de ces « bavures » fréquentes où des familles entières de civils afghans sont anéanties par « erreur » par les soldats de la coalition.

Tout cela ne peut que provoquer la colère soldats afghans et les pousser à la vengeance, à la trahison et au meurtre.

Tout cela, hélas ! fait partie de la guerre, de toute guerre.

Nicolas Sarkozy, Gérard Longuet, François Hollande et toute la clique d’exécrables opportunistes et démagogues, feraient bien de relire l’Histoire et s’en souvenir !…

Ainsi, Troy Davis, condamné à mort en 1989, vient d’être exécuté en Géorgie, montrant la barbarie de la justice américaine.

Trois fois déjà la peine avait failli être exécutée, et cette fois encore, l’exécution a eu lieu avec quatre heures de retard.

Quel calvaire pour cet homme, indigne d’une nation civilisée !

Personnellement, au risque de passer pour un affreux réactionnaire, je suis partisan de la peine de mort. Mais dans des cas bien précis. Tout d’abord quand il n’y a pas l’ombre d’un doute sur la culpabilité du criminel. Et ensuite, pour des crimes si odieux qu’aucune peine ne peut être à leur mesure.

Mais je suis absolument scandalisé par une justice qui fait languir pendant vingt ans un condamné dans les couloirs de la mort, entre espoir et désespoir, pour finalement l’exécuter. C’est de la pure barbarie.

Je pense, je viens de le dire, que dans des cas très précis et très limité, la peine de mort peut se justifier. Mais je ne suis en aucun cas motivé par la vengeance. Condamner un criminel à la perpétuité, en le privant absolument de tout espoir d’être libéré un jour et de pouvoir se racheter répond davantage, à mon avis, à de la vengeance qu’à de la justice.

Car toute peine de prison doit répondre à l’acquittement d’une dette contractée envers des victimes ou envers la société, et doit en même temps être une période de rédemption, de préparation à un nouveau départ dans la vie et à une réintégration dans la société dont les condamnés se sont exclus.

Une peine à perpétuité qui ne comporte pas cette lueur espoir de pouvoir se racheter et d’être réintégré un jour dans la société est totalement inhumaine.

Il est bien évident que tout criminel – même pour des crimes particulièrement odieux (meurtres d’enfants ou de personnes âgées, assassinats précédés de tortures, etc.) – doit avoir droit à un avocat qui essaiera de sauver sa tête et – si les juges le condamnent à la peine capitale – il devra pouvoir demander sa grâce, en dernier ressort, au Chef de l’Etat.

L’abolition en France de la peine de mort, a déchargé les Chefs d’Etat de ce droit de vie et de mort qui était leur plus lourde responsabilité…

Et, en tout cas, si la peine capitale est décidée, elle devra être exécutée rapidement, et non pas après vingt ans d’atermoiements inhumains comme c’est si souvent le cas aux Etats-Unis et comme ça vient d’être le cas en Géorgie avec Troy Davis.

D’ailleurs, qu’il soit coupable ou non, l’homme qui a été condamné à mort vingt plus tôt, n’est plus le même homme, il a eu le temps de mûrir, de regretter sa faute – s’il est coupable – de l’expier, et ne peut être que gracié…

Telle est ma conception d’une justice humaine qui laisse une chance à ses condamnés…