Lettre ouverte à Emmanuel Macron, président de la République, au sujet de la fin de vie.

Monsieur le Président,

Non content d’avoir fait inscrire dans la constitution le droit à l’IVG – qui n’est que la légalisation d’un infanticide et alors qu’il n’y avait aucun risque ce droit fût remis en question en France -, voilà que vous vous attaquez à la question de la « fin de vie » qui nous conduit tout droit, sous l’euphémisme de « fraternité », à l’euthanasie et au suicide assisté.

Dois-je vous rappeler que les familles, les médecins et tout le corps médical, n’ont pas attendu une loi, quand un proche souffre un véritable « martyr » et que strictement rien ne peut apaiser ses souffrances, pour lui appliquer, avec son accord, une perfusion qui lui permettra de s’éteindre sans douleur en quelques heures ?…

Comment, pouvez-vous oser employer le terme de « fraternité » quand il s’agit de pratiquer ce qui n’est qu’un homicide contraire à toutes les lois éthiques plurimillénaires ? N’auriez-vous jamais entendu parler du « serment d’Hippocrate » par lequel tous les médecins et soignants s’engagent à ne jamais donner la mort ?…

La France manque cruellement d’unités de soins palliatifs. Elles ne couvriraient malheureusement que 50 % de nos besoins. Or c’est là la seule réponse fraternelle et humaine pour accompagner des personnes dans leurs derniers moments. Mais, bien sûr, une simple piqûre létale est plus économique pour l’Etat, que des soins prolongés qui permettent à des personnes à l’approche de la mort, de s’éteindre paisiblement et avec le moins de souffrances possibles.

Je vous prie croire, Monsieur le Président, en ma profonde contrariété et inquiétude devant ces dernières lois qui touchent à l’intimité profonde des familles, à la conscience des médecins et des soignants et ne se justifient en aucun cas.

Fin de vie…

Visiblement, Emmanuel Macron, semble se complaire dans les éloges funèbres. Lui qui depuis des mois endort les Français en leur présentant les avantages indiscutables de l’euthanasie et du suicide assisté, fera-t-il marche arrière, après la mort de Robert Badinter qu’il a encensé, à juste titre, lors de l’hommage national qu’il lui a rendu ce 14 février ?…

En effet, la psychologue Marie de Hennezel rappelle dans sa chronique du Figaro du 13 février, que ce dernier lui avait dit, lors d’un entretien avec elle : « Je ne pense pas qu’Emmanuel Macron ira jusqu’à légaliser l’euthanasie, en tout cas pas de mon vivant. » Hélas ! Badinter mort, on peut craindre que cette ligne rouge ne soit franchie.

Depuis des mois l’opinion est formatée et conditionnée, par une troupe d’intellectuels bien portants pour – au nom d’une pseudo liberté – pousser les Français à accepter une loi sur « la fin de vie » qui leur permettrait de décider de leur mort et d’en choisir l’heure.

Il est vrai que le 30 janvier dernier, Gabriel Attal – dans son discours de politique générale – a promis avant l’été un renforcement des soins palliatifs, mais… en même temps il a promis à l’ADMD (Association pour le Droit à Mourir dans la Dignité) pour la même échéance, une loi qui permettra à chaque individu de choisir sa fin de vie dans la « dignité ».

Mourir dans la « dignité » ! Voilà le mot clé de tous les partisans de l’euthanasie et du suicide assisté. Selon eux, du fait de la maladie, de la vieillesse ou autres, certaines personnes auraient perdu toute dignité et c’est pour cela qu’il faudrait les rayer du monde des vivants. Comment peut proférer un argument si mensonger ?!

C’est oublier que la dignité d’une personne ne vient pas de son été physique, de sa condition sociale, ou autres, mais avant tout du regard plein de respect que l’on porte sur elle.

De même toute société apaisée, ne l’oublions pas, a besoin d’une parcelle d’amour. Alors accordons le plus grand respect aux personnes victimes de l’âge, ou du « mal être » et n’hésitons pas à les entourer de notre amour

C’est bien sûr, une infinie tristesse qui nous envahit quand nous voyons des proches – ou nous-mêmes – touchés des maladies comme Alzheimer, Parkinson ou des maladies dégénératives. Pourtant notre vie conserve toujours un sens, même s’il nous échappe, et toute vie jusqu’à sa dernière heure a un caractère sacré.

Aussi, encourager l’euthanasie et le suicide assisté est – disons-le – un crime qui aura tôt fait de s’étendre aux personnes les plus vulnérables, aux personnes considérées comme inutiles, crime comme le monde l’a connu aux heures les plus sombres du nazisme.

     Bien sur la mort est une épreuve – mais c’est la condition même de la vie et nous ne pouvons pas en faire économie. Epreuve pour chacun de nous, pour un conjoint, un compagnon ou une compagne, des enfants, des petits-enfants, etc., mais quel indicible réconfort pour eux tous, de pouvoir être « là » en cet ultime et mystérieux instant du passage naturel de la vie à la mort, du dernier souffle qui nous conduit dans le mystère de l’Au-delà.

Alors, Monsieur Macron, ne cédez pas aux chants des sirène de la mort, finissez-en avec votre loi sur la fin de vie, et écoutez Robert Badinter dont toute l’existence aura été un combat pour la vie !

Le prochain voyage…

Depuis des années le gouvernement avec la complicité des médias fait tout pour banaliser l’euthanasie et le suicide-assisté. Mercredi dernier, 11 octobre, France 2 en a « rajouté une couche » avec le téléfilm « Le prochain voyage »      Dans ce téléfilm, on assiste, en effet, au suicide d’un couple d’octogénaires – incarnés par Line Renaud et Jean Sorel – qui viennent se donner la mort dans la chambre d’hôtel, où ils avaient passé leur première nuit d’amour, 63 ans plus tôt.

Précisons – pour être honnêtes – que l’épouse est atteinte d’un cancer généralisé qui la fait terriblement souffrir physiquement et contre lequel la médecine ne peut plus rien ; et que le mari souffre de la maladie d’Alzheimer

Ce téléfilm était suivi d’une interview de Line Renaud, qui insiste pour qu’Emmanuel Macron légalise l’euthanasie et le suicide-assisté, et suivi ensuite d’un débat.

Il ne faut pas se voiler la face : quand une personne souffre de douleurs insurmontables, qu’il est impossible de la soulager ni de la guérir, alors – après avoir recueilli son accord, celui de ses plus proches et de l’Equipe médicale qui la suit – mettre un terme à ce calvaire, en lui donnant la mort ou en lui donnant les moyens de se la donner, semble se justifier. Mais est-il besoin d’une loi pour cela ? Ne suffit-il pas d’une autorisation au cas par cas, sans mettre en place un tout arsenal de lois ?…

Car, que l’on soit croyant ou non, le « Tu ne tueras pas de la Bible » et le « Serment d’Hippocrate » restent une ligne rouge à ne jamais franchir, or le projet de loi sur « Active à Mourir »du gouvernement viole complètement cet interdit plurimillénaire.

Le petit de l’homme, dès le plus petit matin de la vie, a besoin d’être entouré d’Amour et de paroles apaisantes.

Il en est de même pour la personne plus ou moins proche de la mort. Ce dont elle a besoin, ce n’est pas d’une piqûre létale qui la fera passer de vie à trépas, par anticipation, mais d’une main pleine d’affection, qui tienne sa main, d’une personne qui lui glisse quelques mots d’apaisement ou qui recueille ses dernières pensées.

Cela c’est tout à fait possible, avec les Unités de « Soins palliatifs ». Soins méconnus par beaucoup et qui ne sont pas assez nombreux en France. 26 départements en sont dépourvus.

………………………………………………

Pour la première fois, dans la longue histoire de la civilisation, l’humanité se met à désacraliser la mort et la vie ! Quelle honte pour nous aujourd’hui, à l’heure où la médecine et toutes ses spécialités peuvent tout ou presque tout. En effet, on a prolongé l’espérance de vie, on a les moyens, la plupart du temps, d’atténuer les souffrances pour lesquelles, dans le passé, on était totalement impuissant, et enfin on peut accompagner au seuil de l’Eternité, de la façon la plus paisible qui soit, la personne dont les dernières heures sont proches.

Que penseraient de nous nos lointains ancêtres qui, voici environ 100 000 ans, ont, les premiers, commencé à prendre soin de leurs morts et ceux qui, des millénaires plus tard, ont refusé d’abandonner les membres handicapés de leur petite tribu ?!…Des archéo-anthropologues ont, en effet, retrouvé des os de personnes handicapées en cours de recalcification, preuve qu’elles n’avaient pas été abandonnées par leur groupe !

Il y a plus : est-il normal que la plupart des EHPAD soient hors de prix et que, dans beaucoup, les soins qui y sont dispensés, soient souvent d’une qualité si médiocre, voire mauvaise, quand tant de jeunes sont dans l’impossibilité de prendre en charge, chez eux, leurs parents ou leurs grands-parents touchés par la maladie, ?!…

Le montant des retraites, d’un grand nombre de retraités, ne permet pas à ces derniers de payer les prix souvent prohibitifs des EHPAD. Aussi, l’Etat ne pourrait-il encadrer ces prix, ou accorder davantage d’aides aux retraités dont les moyens sont si petits ?

Le rôle du médecin étant avant tout de lutter pour la vie, 800 000 soignants ont déclaré qu’ils refuseraient d’être des agents de la mort, si la loi sur « l’Aide Active à Mourir » était votée !

Pour finir, nous devons adresser ici tous nos éloges et toutes nos félicitations à toutes ces personnes, qui ont le courage et la générosité, de prendre en charge, chez elles, malgré les innombrables difficultés et soucis de tous genres que cela engendre, des proches, touchés par de lourdes maladies et pour lesquelles la mort, selon la médecine, semblait la seule issue à terme.

Emmanuel Macron et toutes ces troupes de pourvoyeurs de morts à bon marché et sans scrupules, feraient bien de prendre modèle sur la conduite exemplaire de ces dernières personnes, qui refusent la facilité de « l’Aide Active à Mourir » et témoignent de tant d’amour pour la vie !

i

L’Amour et la Vie…

L’humanité possède deux valeurs universelles : le « tu ne tueras pas » de la Bible et le « serment d’Hippocrate » que depuis 2500 ans les médecins prêtent au terme leurs études.

Mais bien avant cela, nous avons les preuves que nos lointains ancêtres de la Préhistoire, voici plus de 300 000 ans, prenaient soin de leurs blessés et des personnes handicapées de leur clan. Sur plusieurs sites préhistoriques, on a retrouvé des marques de cicatrices sur des os, qui prouvaient que ces blessés n’avaient pas été abandonnés !

Au XXI° siècle -avec toutes les connaissances et les moyens scientifiques et médicaux que nous avons acquis- serons-nous donc la première civilisation à vouloir voter des lois pour légaliser le « suicide-assisté » et « l’euthanasie » ?!!!…

…………………………………..

Il faut avant tout avoir conscience que, de sa conception à son retour dans le Mystère de l’Eternité, le petit de l’homme a besoin d’Amour. Rien n’est plus précieux, pour un enfant, pendant ses premières années, que de partager l’Amour d’une mère et d’un père. Une grande partie de son destin se joue alors.

Il en est de même pour toutes ces personnes qui -quel que soit leur âge- souffrent physiquement et moralement, qu’elles soient grandement handicapées, totalement dépendantes, ou simplement vulnérables….

Toutes ont besoin d’être entourées d’affection et d’Amour. Il suffit de quelques mots chaleureux, d’encouragement lors des soins quotidiens. C’est alors un rayon de soleil dans la nuit. Un rayon de soleil qui permet de mieux supporter l’insupportable.

Il serait tentant de dire que le personnel soignant et les aides-soignantes, dans les EHPAD, sont « surbookés » et n’ont pas le temps d’accorder aux patients ces petits gestes de réconfort. C’est ce qui manque tellement au vu et au su de tout le monde…

La vérité semble être que tout ce personnel a souvent tendance à se limiter à des soins mécaniques, et manque de motivation, de formation et également de rémunérations décentes.

…………………………..

Quant aux souffrances physiques, la médecine dispose aujourd’hui de moyens importants pour les soulager et -pour les personnes en fin de vie- il faut impérativement faire connaître et développer les unités de soins palliatifs.

A propos de toutes les personnes frappées par la maladie d’Alzheimer, de parkinson, qui ne reconnaissent plus leur proches, il importe de préserver toute leur place dans la communauté humaine et toute leur dignité.

Personnellement j’ai connu un couple très âgé, dont l’épouse ne reconnaissait plus son mari. Ce dernier allait la voir tous les après-midis, la faisait goûter, lui tenait la main en lui glissant des mots affectueux. Lorsque je leur rendais visite, j’étais vraiment touché, ému par ces marques d’affection et d’Amour.

Je n’oublierai jamais ce renoncement, cette abnégation exemplaires d’un mari pour entourer son épouse aux portes de l’Eternité. Et c’est là, pour moi, un exemple parmi beaucoup d’autre.

On voit là preuve éclatante que la vie, que toute vie, a un sens qu’on ne saurait lui arracher 

Loin d’être un progrès pour la société, la possibilité de choisir sa mort sera une inéluctable régression.

Il faut rappeler encore ici l’importance des proches pour entourer les personnes dans les HEPAD. Toutes ne sont pas en mesure de le faire, et pourtant leur rôle est essentiel. C’est là encore la place de l’Amour dans toutes les étapes de la vie, évoquée ci-dessus.

…………….…………………

Par ailleurs, sans renoncer à la défense de la vie, il importe d’avoir une approche plus intelligente et plus humaine de la mort. Que dire, en effet, de toutes ces personnes âgées condamnées à l’isolement le plus complet, dans les EHPAD, au moment des deux confinements ?!…

Pourquoi les avoir privées de la visite d’enfants et de petits-enfants qui aurait été pour elles une JOIE incommensurable ?!… Cette privation a été un drame pour ces personnes, comme cette impossibilité totale, pour une fille ou pour un fils, de tenir, une dernière fois, la main d’une mère ou d’un père, au moment de leur retour dans l’Eternité.

On voit là jusqu’où peuvent aller des ministres dépourvus de toute humanité. Certes le corps médical était loin de tout savoir sur le Covid et sur les mesures préventives, mais quand même ! Et que dire de ces inhumations à la sauvette, auxquelles seuls un ou deux proches pouvaient assister ?…

…………………………………..

Les partisans du « suicide-assisté » et de « l’euthanasie », victimes pour beaucoup du matérialisme et de l’individualisme ambiants, tentés par les solutions de facilité, oubliant la valeur du don de soi, feraient bien de prendre conscience de la valeur sacrée de la vie, de toute vie.

Toutes les civilisations qui nous ont précédés, depuis des millénaires, ont défendu cette valeur sacrée. La France, championne des nations, pour toutes ses valeurs, va-t-elle brader la plus importante, celle de la VIE ?…

Le vote de cette loi criminelle -appelons les choses par leur nom !- sur « la fin de vie », marquerait un irréversible recul civilisationnel.