par Henri LAFFORGUE | Mar 24, 2012 | Actualité, Réflexions diverses
ll n’y a pas mots pour qualifier les tueries de Montauban et de Toulouse, et dire l’horreur de ces actes.
Trois jeunes parachutistes et quatre juifs (un père de famille de 30 ans et ses deux fils 5 et 4 ans, et une fillette de 7 ans) sont morts au petit matin de la vie.
Pourquoi ? Pour se venger de l’engagement de notre armée en Afghanistan et parce qu’ils étaient juifs ?…
Comme à la suite de tout drame apparaissent des polémiques. Le tueur était connu des services de police et de renseignement, et aurait donc dû être arrêté avant ces crimes. Le RAID aurait dû procéder autrement pour arrêter le tueur vivant.
Je ne prendrai pas part à ces polémiques et dirai simplement qu’il y en France et dans le monde des milliers de tueurs potentiels et qu’on ne peut pas arrêter systématiquement des personnes qui présentent un danger virtuel. Et il est trop facile, après un drame, de refaire l’histoire.
Je dirai, sans être fataliste, qu’il y a dans ce drame une part de fatalité qui nous échappe.
Je mesure la peine immense des familles, des amis, et des proches des victimes.
Je ne puis croire que la vie de ces innocents s’arrête à jamais en cette veille d’un nouveau printemps. Pour les croyants, elle se poursuit d’une façon qui nous échappe dans le bonheur et la joie, loin des peines de ce monde.
Que dire du « tueur » ? Un terroriste, un fanatique, un fondamentaliste, un djihadiste, un fou de de Dieu, ou un fou tout cout ?
Un peu tout cela, sans doute. Je ne sais quel mot employer, mais je refuse de le qualifier de « monstre » ! Ce tueur, hélas, est un homme. Un homme qui a basculé dans le mal le plus profond. Un homme qui incarne la face la plus sombre de l’homme.
Après avoir semé la mort, il a choisi la mort, privant les familles des victimes du face à face d’un procès qui leur aurait peut-être permis de comprendre les raisons d’une telle haine, d’une violence…
Dans un monde déchiré par les guerres, par la violence, par la haine, on ne saurait répondre par les mêmes armes à de tels actes. On ne saurait stigmatiser les musulmans qui, dans leur très grande majorité, n’aspirent qu’à la paix.
Ceux qui viennent de nous quitter si tragiquement en laissant des familles éplorées ne nous demandent pas de les venger.
Ils nous rappellent simplement peut-être, que la source de tous nos maux est un manque de dialogue, un manque de communication, un manque d’amour.
A l’heure où l’on parle tant de communication, il semble que nous soyons de plus en plus sourds, que nous vivions presque en autistes, qu’imbus de nos vérités, nous n’écoutons plus l’autre et nous soyons de plus en plus intolérants.
Je n’ai pas à prendre la défense de Mohamed Merah, dont les crimes sont horribles et dépassent l’entendement. Mais, d’après le peu que je sais, il semble avoir une enfance très perturbée et chaotique qui peut expliquer – sans justifier – sa dérive.
Que de choses se forgent dans la petite enfance qui contribuent à faire d’un enfant aujourd’hui un criminel demain !… Et la prison loin de remettre les égarés sur la bonne voie, est trop souvent un lieu de perdition…
Il n’y a qu’une réponse pour éviter que le petit de l’homme ne sombre dans la violence, l’écoute, le dialogue et l’Amour. Ils n’empêcheront jamais, hélas, tous les crimes dus à notre liberté, mais en éviteront beaucoup.
Mes pensées au terme de ces quelques réflexions, vont pour les familles de ces sept victimes. Je partage leur peine, leur souffrance. Je comprends leurs sentiments peut-être de révolte. Je leur souhaite de trouver l’apaisement dont elles ont besoin grâce à leur foi, et grâce à l’aide, à la solidarité de leurs proches.
par Henri LAFFORGUE | Fév 28, 2012 | Actualité, Réflexions diverses
Le monde traverse la plus grave crise économique, financière, sociale, de l’Histoire. Nous le savons tous.
L’injustice du chômage frappe de plus en plus de familles, et personne ne se montre capable d’enrayer un mal qui semble inéluctable.
Chacun propose ses solutions mais, il faut bien le reconnaître, aucune n’est totalement satisfaisante.
La vérité, c’est que personne n’a de solution, et que chaque remède a des effets pervers parfois pires que le mal.
La vérité, c’est que le monde traverse peut-être la plus grande crise spirituelle de son histoire.
Pendant des siècles, le christianisme a été la colonne vertébrale du monde occidental. Or, Mai 68, a balayé un grand nombre de nos certitudes, et n’a rien mis à place. Il a démoli d’un revers de main et sans discernement ce que des siècles avaient construit et n’a rien rebâti.
Des ruines de Mai 68 sont sortis un monde du doute, de la désespérance. Un monde où la vie s’arrête au terme de notre séjour ici-bas et n’a plus aucun sens. Un monde où les valeurs de fidélité, de confiance, de sacrifice sont hélas rejetées par de plus en plus d’individus. Un monde où l’Honneur n’a plus sa place. Un monde où Religion se confond avec aliénation mentale. Un monde où les idéaux sont de plus en plus matériels. Un monde où l’individualisme est roi.
Or, on ne pourra résoudre cette terrible crise, sans un retour aux valeurs de la spiritualité.
Biens souvent – trop souvent – les religions sont cause de divisions et de guerres sans merci, alors qu’elles devraient rassembler.
Mais elles sont aussi porteuses de valeurs d’altruisme, de générosité, de solidarité, d’Amour et d’Espérance dont on ne peut se passer.
Je le sais, l’Amour ne redonne pas ses jambes à un cul-de-jatte, ou ses bras à un manchot. Il ne redonne pas sa famille à un orphelin dont les parents viennent d’être emportés par un un tsunami, ou un fils trop tôt disparu à ses parents brisés.
Mais l’Amour et l’Espérance sont les seuls capables de rendre plus supportables les épreuves dues de notre condition.
Comme l’a dit André Malraux, « le XXIe sera spirituel ou ne sera pas ». Le grand malheur actuellement c’est qu’on ne propose aux peuples que des aspirations matérielles qui jamais ne les combleront.
Quand un quart de l’humanité vit dans la misère totale et manque du strict nécessaire, notre devoir, bien sûr, est de l’aider à profiter des progrès matériels qui rendent moins lourd le poids des jours.
Mais les biens matériels appellent toujours d’autres biens matériels et ne sauraient combler une vie d’homme. A quoi sert d’allonger sans cesse la durée de la vie, si au moment de la quitter, on ne sait jamais interrogé sur son sens, sur sa finalité ?…
Tout cela pour dire que les remèdes proposés pour résoudre la crise que connaît le monde aujourd’hui, ne pourront se limiter à l’économique, au financier, au politique, etc., mais doivent impérativement donner leurs places aux valeurs spirituelles qui sont les marques évidentes et indispensables de notre humanité.
par Henri LAFFORGUE | Nov 30, 2011 | Réflexions diverses
Un psychanalyste de notre entourage affirmait dernièrement que le stress n’existe pas ! Dieu l’entende, le brave homme ! Mais, l’étudiant qui attrape un ulcère à l’estomac à l’approche de l’examen, et tous ceux qui souffrent de mille maux à la suite des agressions de la vie quotidienne, auront du mal à croire cet homme de science. Peut-être, tout simplement, parce qu’ils ne parlent pas la même langue.
Dans la langue courante, le stress désigne les réponses de l’organisme aux agressions physiologiques et psychologiques qui nécessitent une adaptation ; il désigne également l’action brutale sur un organisme d’un agent capable de produire une tension.
Etonnante histoire que celle de ce mot ! Il sent à plein nez les brumes britanniques. Et pourtant, il a vu le jour sous… le ciel méditerranéen de la Rome antique ! Il y a bien longtemps. Le verbe latin « stringo » [participe passé « strictus »] d’où il est issu signifiait, entre autres, « serrer, oppresser, presser ». Deux mille ans plus tard, on retrouve ce sens avec le « stress », cet étau qui « serre » à la gorge. Extraordinaire et merveilleuse pérennité des mots !..
Avec les légions romaines, le verbe latin arrive en Gaule, puis d’altération en altération, se retrouve en ancien français dans les mots :
– « destrece » ou « destresse », « chose étroite, étroitesse » puis « situation désespérée, angoisse, détresse ».
– « estrece », « étroitesse, oppression ».
Comme il arrive souvent dans l’histoire de notre langue, l’un de ces deux mots passe la Manche et donne au XIIème l’anglais « distress » signifiant « affliction ».
Mais, les mots sont comme les hommes. Ils vont et viennent. Ils naissent, vivent, meurent et renaissent. Ceux qui veulent les enfermer dans le carcan impérissable d’une nation, n’ont rien compris. Voilà donc, en 1950, « distress » qui franchit à nouveau la Manche, en sens contraire, cette fois, et sous la forme abrégée de « stress ».
Tout n’est pas dit encore. On retrouve le verbe latin « stringo » dans notre « prestige » qui n’est autre qu’une « pression sur les yeux » pour « éblouir. Enfin, les légionnaires romains chargés de leur lourd équipement, étaient loin d’imaginer que « stringo », après plusieurs voyages de part et d’autre du Chanel, allait faire un nouveau retour sur notre continent, sous une forme bien allégée, avec le… « string » ! très en vogue chez certaines de nos contemporaines et qui n’est autre qu’une ficelle « serrée ».
par Henri LAFFORGUE | Nov 29, 2011 | Réflexions diverses
Dans mon article « Mosquées : deux poids, deux mesures », du 28 mai dernier, je déplorais que les musulmans de France aient toute liberté pour pratiquer leur culte, tandis que les chrétiens d’Algérie sont réduits à la clandestinité.
Un de mes lecteurs me met le commentaire suivant : « Les islamistes ont tout pouvoir sur notre sol – la France – qu’ils aillent dans leur pays faire leur loi et nous laissent tranquilles ! »
Chercheur de Dieu, chrétien d’avant l’Eglise et des chemins de Galilée, chrétien de cœur, je veux voir en tout homme un frère et refuse un renvoi massif et arbitraire de tous les musulmans de France.
Mais je pense que ceux qui ne veulent pas respecter nos lois, qui nous imposent tous leurs dicktats, que ces femmes qui nous provoquent avec leurs burkas moyenâgeuses – quand des femmes dans les pays musulmans risquent leur vie en refusant de porter le voile ! – devraient effectivement être expulsés de notre sol.
Malheureusement, le laxisme et la démagogie l’emportent depuis des années en France, et seule une Marine Le Pen, dont je condamne l’extrémisme et le populisme, propose de telles les mesures.
Quand donc des hommes politiques gardiens de nos libertés, auront-ils le courage tout en restant modérés, nuancés, humains, de faire respecter nos droits de pays de tradition humaniste et chrétienne, et oseront condamner ceux qui bafouent ostensiblement nos lois ?…
L’expulsion de quelques extrémistes et provocateurs ferait sûrement réfléchir tous les musulmans de France qui, dans leur grande majorité, ne demandent qu’à vivre en paix et auxquels nous accorderons toujours la liberté de pratiquer leur religion aux seules conditions qu’ils respectent les nôtres et la tradition laïque de notre République, ainsi que nos us et coutumes…
par Henri LAFFORGUE | Oct 30, 2011 | Actualité, Réflexions diverses

La France et un grand nombre de pays européens – qui se disent victimes de la mondialisation – sont tentés de se replier sur soi et de fermer leurs frontières.
Mais tel n’est pas le cas des pays émergents comme la Chine, l’Inde ou le Brésil qui représentent presque la moitié de la population mondiale et dont la quasi-totalité des habitants souhaite la mondialisation.
Quand donc nos politiques, économistes et financiers de tout poil, renonceront-ils au rêve dépassé d’une France première puissance économique mondiale. Nous représentons moins de 1% de la population mondiale ! Pourquoi voudrions-nous avoir encore la primauté commerciale et industrielle ?!…
La roue tourne. Notre population vieillit et les pays émergents – dont la population est jeune – veulent leur place au soleil. Ce n’est qu’un juste retour des choses.
Après l’échec d’une Europe qui s’est développée beaucoup trop vite et qui a été bâtie presque exclusivement sur le « fric », la France dont la grandeur repose avant tout dans le rayonnement de ses idées, de sa culture, de ses arts, de son humanisme, devrait s’atteler maintenant à la création du Monde-Uni.
Un monde dans lequel il est évident que nous sommes tous interdépendants et à la construction duquel chaque pays, chaque individu doit apporter sa pierre.
Un monde où l’on cessera de voir en l’autre un rival ou un ennemi à éliminer, mais un frère de la terre ayant les mêmes droits et les mêmes devoirs que chacun de nous.
Un monde où l’argent, les banques, les bourses seront au service de l’homme tout entier et non plus le contraire, comme c’est le cas aujourd’hui.
Un monde où l’on s’attellera aux problèmes les plus urgents : veiller à ce que chacun ait de quoi se nourrir, se vêtir et se loger décemment.
Un monde dans lequel chaque enfant sera scolarisé et dans lequel chacun pourra profiter des bienfaits de la médecine, de toutes les sciences et de toutes les techniques anciennes et modernes.
La recherche de tous ces objectifs essentiels, procurera du travail à chacun et les compétences de chacun seront exploitées.
S’agit-il d’un rêve ? NON !
La dramatique crise mondiale que nous connaissons actuellement –qui frappe les riches sur leur superflu et les pauvres sur le nécessaire – nous invite à remettre les pendules à l’heure !
Il est impératif et urgent de mettre un terme aux écarts scandaleux entre les pays riches – dont nous sommes – et les pays pauvres. Ecarts d’espérance de vie, d’accès aux soins, d’éducation, écarts dans la vie quotidienne, etc.
Il appartient à la France d’aujourd’hui, à la France des droits de l’homme, à la France éternelle, de jeter des ponts entre tous les pays pour construire ce monde de justice, de paix et de fraternité auquel nous aspirons tous.
Il s’agit là d’une tâche surhumaine, mais comme le disait Albert Camus : « On appelle surhumaines les tâches que les hommes mettent longtemps à accomplir, voilà tout. » (L’été).
par Henri LAFFORGUE | Sep 23, 2011 | Actualité, Réflexions diverses
Ainsi, Troy Davis, condamné à mort en 1989, vient d’être exécuté en Géorgie, montrant la barbarie de la justice américaine.
Trois fois déjà la peine avait failli être exécutée, et cette fois encore, l’exécution a eu lieu avec quatre heures de retard.
Quel calvaire pour cet homme, indigne d’une nation civilisée !
Personnellement, au risque de passer pour un affreux réactionnaire, je suis partisan de la peine de mort. Mais dans des cas bien précis. Tout d’abord quand il n’y a pas l’ombre d’un doute sur la culpabilité du criminel. Et ensuite, pour des crimes si odieux qu’aucune peine ne peut être à leur mesure.
Mais je suis absolument scandalisé par une justice qui fait languir pendant vingt ans un condamné dans les couloirs de la mort, entre espoir et désespoir, pour finalement l’exécuter. C’est de la pure barbarie.
Je pense, je viens de le dire, que dans des cas très précis et très limité, la peine de mort peut se justifier. Mais je ne suis en aucun cas motivé par la vengeance. Condamner un criminel à la perpétuité, en le privant absolument de tout espoir d’être libéré un jour et de pouvoir se racheter répond davantage, à mon avis, à de la vengeance qu’à de la justice.
Car toute peine de prison doit répondre à l’acquittement d’une dette contractée envers des victimes ou envers la société, et doit en même temps être une période de rédemption, de préparation à un nouveau départ dans la vie et à une réintégration dans la société dont les condamnés se sont exclus.
Une peine à perpétuité qui ne comporte pas cette lueur espoir de pouvoir se racheter et d’être réintégré un jour dans la société est totalement inhumaine.
Il est bien évident que tout criminel – même pour des crimes particulièrement odieux (meurtres d’enfants ou de personnes âgées, assassinats précédés de tortures, etc.) – doit avoir droit à un avocat qui essaiera de sauver sa tête et – si les juges le condamnent à la peine capitale – il devra pouvoir demander sa grâce, en dernier ressort, au Chef de l’Etat.
L’abolition en France de la peine de mort, a déchargé les Chefs d’Etat de ce droit de vie et de mort qui était leur plus lourde responsabilité…
Et, en tout cas, si la peine capitale est décidée, elle devra être exécutée rapidement, et non pas après vingt ans d’atermoiements inhumains comme c’est si souvent le cas aux Etats-Unis et comme ça vient d’être le cas en Géorgie avec Troy Davis.
D’ailleurs, qu’il soit coupable ou non, l’homme qui a été condamné à mort vingt plus tôt, n’est plus le même homme, il a eu le temps de mûrir, de regretter sa faute – s’il est coupable – de l’expier, et ne peut être que gracié…
Telle est ma conception d’une justice humaine qui laisse une chance à ses condamnés…