Ils s’appelaient Abdelaziz, Ahmed, Fayçal….

Leurs épouses s’appelaient Fatima, Jalila, Lina…

Et leurs enfants s’appelaient Brahim, Djibril, Zineb…

Ils étaient une soixantaine et leur lieutenant s’appelait François.

Ils l’appelaient «  Krouia », « Mon frère »…

Ce dernier avait fait construire pour chaque couple une mechta.

Des appelés apprenaient à lire, à écrire et à compter à tous ces enfants.

Une équipe médico-sociale passait régulièrement dans le camp,

Soignait les malades, donnait aux femmes des leçons d’hygiène.

……………………………………………………….

Hélas ! Hélas ! cette France qu’ils aimaient les trahit honteusement !…

Hélas ! Hélas ! muté en métropole, quelques mois avant l’indépendance,

Le lieutenant François ne put les ramener en France.

Ceux-là trouvèrent donc la mort en déminant la frontière algéro-tunisienne !…

Et ce ne furent pas les seuls harkis, lâchement abandonnés par la France, à trouver la mort.

…………………………………………………….

Les plus chanceux – grâce des officiers qui désobéirent aux ordres de leur hiérarchie

Et virent leur carrière brisée – purent venir en France, mais dans quelles conditions !

La plupart furent parqués dans des camps insalubres où ils restèrent des années…

Les autres, restés en Algérie, furent considérés comme des traitres par leurs frères,

Et connurent, après d’horribles tortures, une mort atroce et barbare.

Souvent, dans la nuit et dans le dernier versant d’une vie,

L’ancien lieutenant François pense avec déchirement

A ces familles qu’il aimait. Il a su la mort des hommes qui l’avaient suivi par amour.

Mais il ignore le sort de leurs épouses et de leurs enfants…

…………………………………………………

Plus de cinquante ans ont passé. Les injustices et les souffrances d’hier

Ne sauraient être oubliées.

Mais le temps de la réconciliation entre les descendants

De ces combattants des deux rives de la Méditerranée, n’est-il pas venu ?…

Il y a un  temps pour haïr et un temps pour aimer.

Un temps pour la guerre et un temps pour la paix.

Les jeunes d’aujourd’hui ne sont pas responsables des conflits passés.

Il ne saurait être question de repentance à sens unique,

Comme le souhaitent certains politiques, ignorant tout de l’Histoire.

Mais il s’agit d’une fraternité retrouvée entre deux peuples qui se respectaient

Et qui doivent impérativement abandonner tout sentiment de rancune et de haine.

Les descendants des harkis vivant en France souhaitent cette amitié

Et vous, jeunes Algériens, quand prendrez-vous cette main fraternelle qu’ils vous tendent ?…

 

 

 

Comment croire encore,
Dans l’hiver du monde,
Dans l’hiver de nos vies
En l’Espérance de Noël ?!…
Jamais peut-être, l’humanité
N’a connu une telle détresse…
Guerres, terrorisme,
Violences de toutes sortes,
Dérèglements climatiques
Migrations massives et incontrôlées !…

Comment croire encore
A cette petite et fragile étoile
Apparue voici deux mille ans
et à ses promesses ?!…
Que de promesses, en effet,
Dans un enfant qui vient de naître !

Souvenons-nous cependant
Que la JOIE de Noël
A été suivie du sacrifice de la Croix
Et pour les croyants
du mystère de la Résurrection…

Mon Dieu ! Mon Dieu !
Les Evangiles ne seraient-ils
Que des contes pour les âmes candides ?…

Croyants ou non croyants,
Athées ou agnostiques,
Refusons la désespérance stérile !
En cette nuit de Noël
Laissons notre cœur s’attendrir.
Pensons à toutes les personnes
Chez qui nul ne viendra frapper à la porte.
Pensons à tous les malades,
En attente de réconfort.
Aux victimes de toutes les guerres.
Aux SDF de toute la terre,
Sans toit et sans avenir !

Oh ! Nous ne pourrons pas soulager
Toute la misère du monde !
Jésus, lui-même n’a pu le faire.
Mais il nous montré les miracles de l’Amour.
De l’Amour qui ne supprime pas
Les infirmités, les maladies,
Mais qui donne le courage
De les supporter.

Que notre prière s’unisse à celles
De tous nos frères de la Terre
Et que malgré les peines,
La JOIE l’emporte !
La JOIE et l’Espérance
De tout enfant qui vient de naître !
Sursum Corda ! Haut les cœurs !

allée Marcel Pagnol – Noël 2018 – HL

 

 

 

 

Nul – s’il a une âme – ne peut rester insensible devant les drames qui déchirent notre pauvre monde. Drames dus aux déchaînements d’une nature en folie – comme les ouragans aux Antilles – et drames dus à la folie des hommes – comme tous ces attentats et crimes qui nous endeuillent.

Si naturellement, spontanément, nous avons de l’empathie pour toutes les victimes de ces drames, cette empathie redouble, triple, décuple dès que ces victimes appartiennent à notre pays, notre région, notre ville et encore plus notre village.

Il en est ainsi avec l’assassinat barbare de cette petite Laura, le dimanche 1er octobre, à Marseille. Quand j’ai su qu’elle habitait Rillieux, comme moi, ma peine a décuplé.

Ma sympathie est allée tout de suite à sa famille. J’ai participé, avec plusieurs centaines de personnes, au très bel et très digne hommage qui lui a été rendu, le mardi suivant, par le maire de Rillieux, devant la mairie. Et participé également à la veillée organisée par les scouts, le vendredi suivant, dans l’église Saint-Pierre Chanel, de Rillieux. Laura était cheftaine de louveteaux.

Le samedi, eurent lieu les obsèques, en l’église Saint-Denis, en présence du cardinal Barbarin. Sachant que la famille souhaitait que cette dernière cérémonie se déroule dans l’intimité, je n’y ai pas assisté, mais je sais que, là encore, il y avait beaucoup de monde.

Les journaux ont fait les plus grands éloges de Laura qui, avec ses beaux yeux bleus, rayonnait de générosité, était ouverte aux autres, toujours prête à rendre service, était adorée de ses louveteaux, etc.

Elle était riche des promesses du printemps. Un avenir splendide s’ouvrait devant elle. Et voilà que ce dimanche 1er octobre, tout a basculé. Par la folie d’un homme. Par la folie meurtrière d’une idéologie, qui ne sait que semer la désolation et la mort…

Aussi, à la compassion, à l’empathie pour toute sa famille, s’ajoute un sentiment de révolte contre les carences de la Justice, et de haine envers ces fous de Dieu qui, au nom d’une idéologie criminelle, sèment la mort et les larmes.

La révolte contre une Justice en France qui ne fait pas son travail est légitime et saine. Et je voudrais que ce crime odieux oblige cette Justice à mettre un terme au laxisme dont elle fait preuve depuis des années. Cette Justice qui laisse impunis les crimes, et n’offre que bien peu de mesures préventives pour les éviter.

Mais la haine ? La haine est une terre stérile qui n’engendre que la peine et les larmes. Le message laissé par Laura est un message d’Amour et elle ne veut pas que nous cédions à la haine.

Elle n’est pas morte. Elle vit dans le cœur de ses parents, dans le cœur de son frère, dans le cœur de ce jeune dont elle était amoureuse et avec qui elle venait de se mettre en ménage, dans le cœur de tous ses louveteaux, dans le cœur de tous ceux qu’elle aimait et dont elle a croisé la route.

La Justice, que tous exigent impérativement et qui seule peut mettre un terme à tous ces crimes, a besoin de la force, de la fermeté et de la sévérité. Mais elle ne peut pas se passer, non plus, d’une pincée d’Amour.

C’est le message que nous laisse Laura. Ne l’oublions pas.

 PS : pour des raisons de proximité géographique et du fait que je n’ai eu des informations que sur Laura, je ne parle pas ici de sa cousine Mauranne, assassinée en même temps qu’elle à Marseille. Mais il est bien évident que j’éprouve la même compassion pour la famille de cette dernière, comme pour les familles de toutes ces victimes d’un terrorisme aveugle et monstrueux.

 

Au risque de passer pour un affreux conservateur et réactionnaire, j’ose dire que j’ai été scandalisé par les affiches de la campagne contre le VIH placardées ici et là, au vu de tous, y compris des plus jeunes, et que je suis atterré par la disparition complète de la morale dans notre société.

Je l’ai dit souvent, j’ai le plus grand respect pour les homosexuels mais quand je lis sur des affiches – concernant les homosexuels comme les hétérosexuels – les messages suivants : « Coup de foudre, coup d’essai, coup d’un soir » – « avec un amant, avec un mari, avec un inconnu » – « s’aimer, s’éclater, s’oublier, pour la vie, pour un week-end, pour une fois. » je dis – pardon pour la vulgarité !- que ce n’est qu’une invitation à la « baise », sans le moindre sentiment, sans la moindre retenue, et répondant exclusivement à des pulsions charnelles non contrôlées.

Où est l’Amour dans ces « coïts » d’un soir et sans lendemain ? Où est la lente et merveilleuse recherche de la connaissance de l’autre ? La lente construction qui rapproche puis unit un couple ?…

Ces rencontres ne sont même pas calquées sur le règne animal, dans lequel mâles et femelles ne s’unissent que pour la reproduction…

Il y a plus encore. Je suis absolument scandalisé quand j’entends, sur certaines stations de radio, des publicités pour des sites de rencontres « extra-conjugales », vantant l’adultère !

Lors de leur mariage, les époux ont lecture du passage du code civil qui leur rappelle qu’ils se doivent mutuellement fidélité, secours et assistance. (Art. 21) On en est bien loin avec les invitations de ces sites de rencontres !

La vie privée des individus s’arrête à la porte de leur chambre à coucher, et il ne m’appartient pas de m’en mêler, ni de la juger. Et je sais que la morale varie avec le temps et que parfois, derrière une apparence de morale, se cache beaucoup d’hypocrisie.

Mais quand même ! Quelle image nos publicitaires donnent-ils de l’Amour à nos jeunes, sinon celle de la facilité, du laxisme, de la permissivité ? Quels idéaux leur proposent-ils ?… Aucun, sinon ceux du plaisir facile et sans contrepartie !…

Face à cette déferlante du tout permis, et du refus de tout engagement, je dois dire ici mon admiration pour l’exemple donné par certains couples, touchés par la maladie ou par les épreuves d’un des deux partenaires, qui restent fidèles l’un à l’autre, contre vents et marées !

Enfin, je dois dire ici, mon effarement devant ces femmes seules, en Grande-Bretagne, qui commandent , sur Internet, le sperme congelé d’un donneur dont elles ont choisi, sur catalogue, la taille, la couleur des yeux et des cheveux, la couleur de peau, la situation, les violons d’Ingres, etc. Quel monde sommes-nous en train de construire ?!…

Ainsi, les unions charnelles se passent désormais de tout sentiment. La conception d’enfants n’a plus besoin de pères, et les enfants ne sont plus que des objets de consommation !

« Si Dieu est mort. Tout est permis ! » lançait Dostoïevski. Je ne sais pas si Dieu est mort. Mais j’estime que tout n’est pas permis. Qu’il faut des règles et garde-fous, sans lesquels, d’ailleurs, nous ne trouverons jamais le bonheur et la plénitude auxquels nous aspirons tous. Et je pense que l’Amour ne se limite pas au frottement de deux épidermes.

Mes amis lecteurs s’étonnent peut-être de mon silence après l’abominable carnage de Nice, ce 14 juillet.

La raison en est simple : tout a été dit, ou presque, et je risque donc de répéter ce que tout le monde sait déjà.

Je voudrais dire cependant, une nouvelle fois après un drame aussi horrible, mon infinie tristesse et ma compassion pour toutes ces victimes. Je pense, bien sûr, à tous ces innocents, que la mort a fauchés stupidement. Gratuitement. Mais je pense également à tous les blessés, dont certains luttent contre la mort, et qui resteront à jamais marqués dans leur chair et dans leur âme par ce massacre. Et je pense enfin, aux proches de toutes ces victimes, séparés à jamais d’un être cher et pour toujours dans le deuil. Se culpabilisant parfois d’être encore en vie, quand tel ou tel de leur entourage a trouvé la mort…

Que de larmes ! Que de souffrances ! Et tout cela, pourquoi ?…

Nous savons aujourd’hui que l’auteur de ces crimes les préparait depuis plus d’un an. Il s’agit en fait de l’aboutissement de la haine pour la France et pour l’Occident qu’il portait en lui et que diffusent sur les réseaux sociaux – et dans certaines mosquées – les partisans de l’Etat Islamique.

Ne nous y trompons pas : nous sommes en face d’une guerre de religion et le but des djihadistes est de massacrer les infidèles et d’imposer au monde l’asservissement de la charia. Ce but, la haine qui l’accompagne et la certitude de gagner le Paradis en tuant le maximum de personnes, séduisent des fanatiques, les attirent comme des miroirs aux alouettes. Et en même temps, par une sorte d’engrenage, ils entraînent vers le crime des esprits fragiles qui pensent donner ainsi un sens à leur vie – ou plutôt à leur mort !

Pour l’Etat Islamique, Dieu commande de se sacrifier soi-même en tuant le plus possible de gens. Il fait croire à ceux dont la vie est un échec que cet échec est la faute des autres, et qu’il faut donc les éliminer

Il n’est pas impossible que l’Etat Islamique cherche à introduire la guerre civile en France. Et il condamne les musulmans modérés, qu’il appelle les « tièdes »… La France se trouve donc dans une situation inextricable : comment séparer le bon grain de l’ivraie ?…

Face à ces criminels qui n’hésitent pas à massacrer leurs semblables, qui les décapitent et diffusent sur la toile ces horribles scènes, je le dis haut et fort, non pas sous le coup de la colère, mais au nom de la justice élémentaire, seule la mort est à la hauteur de tels crimes.

Il faut donc mettre un terme à un sentimentalisme de bon marché et un humanisme funeste. Il faut que notre gouvernement en finisse avec ce laxisme qui le caractérise, avec ses atermoiements qui, au nom de la sacro-sainte Liberté, profitent avant tout aux criminels.

Est-il normal, qu’un an et demi après les attentats de Charlie Hebdo, les policiers municipaux n’aient pas le droit de procéder à des contrôles d’identité ? Qu’ils ne puissent pas avoir les mêmes armes que les policiers nationaux ? Que les policiers aient besoin d’une autorisation préalable pour fouiller les véhicules ? Qu’on laisse des puissances étrangères financer les lieux de culte ? Qu’on ne ferme pas les mosquées salafistes et celles dans lesquelles les imams prêchent la haine ? Que les binationaux soient autorisés à revenir en France à leur retour du djihad ? Que les terroristes bénéficient des mêmes réductions de peine que les simples délinquants ? Etc., etc.

On a là quelques exemples du laxisme coupable de notre gouvernement.

Pour en revenir à Nice, je sais combien il est facile, après un drame, de dire : « Il fallait faire ci… Il aurait fallu faire ça. » J’éviterai donc, faute d’éléments avérés et par risque de manquer d’objectivité ou d’impartialité, de renchérir sur les polémiques concernant les mesures de sécurité qui auraient été prises – ou n’auraient pas été prises – avant le drame. Mais j’avoue m’interroger sur le fait qu’un camion de 19 tonnes ait pu faire, sans être inquiété, plusieurs allers et retours dans Nice, avant le 14 juillet, alors que la circulation de tels véhicules est strictement interdite dans la ville…

Je sais enfin qu’il est à la mode de demander pardon à ses bourreaux et je connais les tentations du syndrome de Stockholm à la suite duquel des otages se prennent d’empathie pour leurs geôliers. Je refuse de céder à de tels appels.

Chrétien de cœur, comme je l’ai souvent avoué dans mes chroniques, croyant à la puissance de l’Amour prêché par le Christ, je refuse cependant de tendre la joue gauche à celui qui me frappe sur la joue droite. Mais je pense qu’il faut toujours une réponse proportionnée au degré des attaques, et qu’il faut toujours avoir dans l’esprit que l’ennemi d’aujourd’hui pourra – dans certaines conditions, bien sûr, et s’il ne se livre pas à certains excès impardonnables – devenir l’ami de demain…

C’est pourquoi, à ceux qui pourrait me trouver très dur, très sévère dans cette chronique vis-à-vis des terroristes, je précise que je souhaite un « juste » châtiment des criminels. Je rappelle que la Justice ne peut se passer de la Force et de la Sévérité, mais elle ne doit jamais oublier, non plus, l’Amour.

Aussi, il me semble que nous ne pouvons pas nous contenter d’une justice froide, cérébrale, et qu’il faut toujours l’accompagner d’une part d’humanité et d’amour. C’est ce qui fait trop grandeur d’être homme.