Assignation de députés en cour d’assises…

Profitant des vacances, les députés ont adopté sans bruit, dans la nuit du vendredi 31 juillet au samedi 1er août, un peu avant 4 heures du matin, un amendement criminel, dans le cadre de la révision des lois de bioéthique, qui mériterait la cour d’assises à ceux qui l’ont voté.

101 députés étaient présents dans l’hémicycle – sur 577 ! – 60 ont voté pour ; 37 contre.

Il s’agissait d’autoriser l’infanticide ! En effet, cet amendement – n°524 – s’il est adopté après son retour du Sénat – permettra dans le cadre de l’IMG (Interruption Médicale de Grossesse) de mettre un terme à une grossesse au neuvième mois, pour cause de « détresse psychosociale de la mère » !

Il s’agit là d’un meurtre, ni plus ni moins, et j’aimerais que les noms des députés qui ont voté un tel amendement soient publiés et que ces derniers soient poursuivis.

La loi autorisant l’IVG – Interruption Volontaire de Grossesse – avait été portée par Simone Veil et adoptée le 17 janvier 1975. La ministre de la santé avait la conviction que l’avortement était et resterait toujours un drame. Elle voulait qu’il reste l’exception, l’ultime recours pour des situations sans issues.

Il est très difficile de connaître le nombre des avortements clandestins effectués par les « faiseuses d’anges », avant cette loi. Simone Veil évoquait le nombre de 300 000. Toujours est-il que – loin de les encourager ou de les banaliser – Simone Veil voulait les encadrer et les contrôler.

Il y en aurait actuellement plus de 200 000 et ils sont autorisés jusqu’à la fin de la douzième semaine de grossesse.

Cette loi sur l’IVG a ses détracteurs, bien sûr. Au nom du respect sacré de la vie et au rappel du serment d’Hippocrate, prêté par les médecins.

Certes tuer une vie en devenir n’est pas un acte innocent. Cependant soigneusement encadrée, autorisée en des cas précis et limitée dans le temps, comme elle l’était jusqu’à présent, elle constitue, à mon avis, un bien contre un mal.

Non seulement les députés qui viennent d’adopter un tel amendement, n’ont visiblement pas conscience du drame terrible que constitue pour toute femme un avortement, mais ne réalisent pas le traumatisme irréparable pour une mère de voir mis à mort l’enfant qu’elle aura porté pendant neuf mois !…

Oui, comme je l’ai dit plus haut, ces députés sont des criminels et méritent la Cour d’assises. Hélas ! ces mesures soi-disant de « bioéthique » n’ont plus le moindre rapport avec les notions élémentaires de morale, qui ont été enseignées pendant des siècles dans nos sociétés, en ont été le fondement, et laissent présager les pires lendemains.

Dans le passé, des civilisations sacrifiaient de jeunes enfants pour s’attirer la faveur des dieux. Je pensais ces temps révolus. Et je constate que notre civilisation, qui se prétend supérieure à toutes celles qui l’ont précédée, si elle a acquis infiniment plus de connaissances, est en train de perdre complètement de son âme.

Or, comme le disait très justement François Rabelais, voici 500 ans : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme ».

La morale a-t-elle encore une place dans notre monde ?…

Au risque de passer pour un affreux conservateur et réactionnaire, j’ose dire que j’ai été scandalisé par les affiches de la campagne contre le VIH placardées ici et là, au vu de tous, y compris des plus jeunes, et que je suis atterré par la disparition complète de la morale dans notre société.

Je l’ai dit souvent, j’ai le plus grand respect pour les homosexuels mais quand je lis sur des affiches – concernant les homosexuels comme les hétérosexuels – les messages suivants : « Coup de foudre, coup d’essai, coup d’un soir » – « avec un amant, avec un mari, avec un inconnu » – « s’aimer, s’éclater, s’oublier, pour la vie, pour un week-end, pour une fois. » je dis – pardon pour la vulgarité !- que ce n’est qu’une invitation à la « baise », sans le moindre sentiment, sans la moindre retenue, et répondant exclusivement à des pulsions charnelles non contrôlées.

Où est l’Amour dans ces « coïts » d’un soir et sans lendemain ? Où est la lente et merveilleuse recherche de la connaissance de l’autre ? La lente construction qui rapproche puis unit un couple ?…

Ces rencontres ne sont même pas calquées sur le règne animal, dans lequel mâles et femelles ne s’unissent que pour la reproduction…

Il y a plus encore. Je suis absolument scandalisé quand j’entends, sur certaines stations de radio, des publicités pour des sites de rencontres « extra-conjugales », vantant l’adultère !

Lors de leur mariage, les époux ont lecture du passage du code civil qui leur rappelle qu’ils se doivent mutuellement fidélité, secours et assistance. (Art. 21) On en est bien loin avec les invitations de ces sites de rencontres !

La vie privée des individus s’arrête à la porte de leur chambre à coucher, et il ne m’appartient pas de m’en mêler, ni de la juger. Et je sais que la morale varie avec le temps et que parfois, derrière une apparence de morale, se cache beaucoup d’hypocrisie.

Mais quand même ! Quelle image nos publicitaires donnent-ils de l’Amour à nos jeunes, sinon celle de la facilité, du laxisme, de la permissivité ? Quels idéaux leur proposent-ils ?… Aucun, sinon ceux du plaisir facile et sans contrepartie !…

Face à cette déferlante du tout permis, et du refus de tout engagement, je dois dire ici mon admiration pour l’exemple donné par certains couples, touchés par la maladie ou par les épreuves d’un des deux partenaires, qui restent fidèles l’un à l’autre, contre vents et marées !

Enfin, je dois dire ici, mon effarement devant ces femmes seules, en Grande-Bretagne, qui commandent , sur Internet, le sperme congelé d’un donneur dont elles ont choisi, sur catalogue, la taille, la couleur des yeux et des cheveux, la couleur de peau, la situation, les violons d’Ingres, etc. Quel monde sommes-nous en train de construire ?!…

Ainsi, les unions charnelles se passent désormais de tout sentiment. La conception d’enfants n’a plus besoin de pères, et les enfants ne sont plus que des objets de consommation !

« Si Dieu est mort. Tout est permis ! » lançait Dostoïevski. Je ne sais pas si Dieu est mort. Mais j’estime que tout n’est pas permis. Qu’il faut des règles et garde-fous, sans lesquels, d’ailleurs, nous ne trouverons jamais le bonheur et la plénitude auxquels nous aspirons tous. Et je pense que l’Amour ne se limite pas au frottement de deux épidermes.

Les néologismes. « Sécurisation »…

Les langues sont des êtres vivants. Les mots naissent, vivent un certain temps, meurent, puis parfois renaissent, plus ou moins longtemps après et avec d’autres sens.

D’autre part, les découvertes scientifiques, médicales, techniques, l’apparition de nouveau concepts ou autres, conduisent à créer de nouveaux mots – les néologismes – tirés de mots ou de racines du passé, empruntés à des langues étrangères ou forgés de toute pièce. Certains se justifient. D’autre pas.

Ainsi, j’ai entendu toute la journée d’hier, les journalistes des stations radio parler de « sécurisation » à propos des tentatives des migrants de traverser le tunnel sous la Manche. Pourquoi ce nouveau mot dont s’empare soudain la sphère médiatique, quand on a le terme « sécurité » qui convient parfaitement.

De même, aujourd’hui, quand on rencontre une difficulté, un obstacle, on ne parle plus de « problème » mais de « problématique » !… Pourquoi ce changement ?…

De même encore, il est maintenant dans l’usage de parler « d’éthique » et non plus de « morale », alors que les deux mots, à l’origine, ont le même sens, « d’usages », « d’habitudes », de « mœurs », l’un étant tiré du grec, le second du latin. Il est vrai que les spécialistes donnent aujourd’hui des nuances différentes à chacun. Selon le philosophe Roger-Pol Droit, la morale s’adresse plutôt aux valeurs héritées du passé, de la tradition, de la religion. Et l’éthique, c’est le domaine où les normes et les règles sont à inventer. Dans les deux cas, éthique et morale se préoccupent des valeurs du bien et du mal.

Un mot, pour finir, qui illustre bien la tendance des langues à toujours renforcer les mots dont le sens s’use. « Aujourd’hui » se disait en latin « hoc die » – « ce jour » – qui s’est transformé en « hodie » puis a donné en ancien français « hui ». « Hui » ayant vieilli, n’étant plus assez fort, on s’est mis à dire « au jour d’hui », ce qui est une répétition. Et il n’est pas rare d’entendre, de nos jours, des personnes dire : « au jour d’aujourd’hui », ce qui revient à dire trois fois la même chose !…

Ces phénomènes illustrent l’heureuse et parfois amusante vie des mots. Mais je soupçonne un brin de snobisme chez certains journalistes à utiliser soudainement certains mots, plus ou moins disparus de l’usage, comme ce « sécurisation » objet de cette chronique, et à les remettre en vogue !…

En approfondissant mes recherches, je découvre que « sécurisation » et « sécurisant » sont apparus à la fin des années soixante. Ils sont issus du latin « securitas » qui a donné notre français « sécurité » fin XIIe, et le doublet « sûreté » au XVIe.

Médias : formatage des consciences…

Insidieusement, pas à pas, jour après jour, sans que nous nous en rendions compte, les médias formatent notre façon de penser, modifient notre conscience et notre perception des choses. Je pendrai deux exemples : l’homosexualité et la GPA.

J’ai toujours eu le plus grand respect pour les homosexuels, hommes ou femmes. Contrairement à ce que j’ai longtemps pensé, je sais aujourd’hui que l’homosexualité touche également le monde animal, mais il faut reconnaître humblement que nous ne connaissons pas l’origine de cette inclination sexuelle.

Il n’empêche, il me semble qu’elle ne touche, chez les humains et chez les animaux, qu’une minorité. Qu’elle n’est pas la règle, s’il doit y avoir une règle en ce domaine.

Or, je constate que, depuis que la loi sur le mariage gay a été votée, il y a, dans un grand nombre de téléfilms et feuilletons télévisés, des couples d’homosexuels. Que ce qui était l’exception devient la règle.

C’est une façon de vanter le mariage gay qui pour moi est une faute. Je l’ai souvent dit ici, le mot « mariage » concerne un homme et une femme, et non pas deux personnes de même sexe. Et s’il était souhaitable de consacrer l’union de deux personnes de même sexe, de leur permettre une protection sociale lors de la maladie ou du décès de l’un d’eux, il importait de donner à cette union un autre nom que celui de « mariage ».

Parlons maintenant de la GPA ou « Grossesse Pour Autrui ». Pour moi, tout ce qui est possible n’est pas permis. Cette obstination de couples à recourir à des mères porteuses pour avoir un enfant qui soit génétiquement le leur – couples hétérosexuels ou homosexuels – me semble, je ne crains pas de le dire, contre nature.

Une femme ne saurait louer son ventre comme un garagiste loue des voitures. Porter un enfant pendant neuf mois dans son ventre n’est pas anodin. Et si un couple, pour de multiples raisons ne peut pas donner la vie à enfant, il a maintes façons de donner un sens à sa vie, et peut en adopter.

Je le dis, moralement la GPA est condamnable. Mais je constate, en regardant les journaux télévisés, que les médias banalisent de plus en plus cette forme de procréation et la prive de toutes ses attaches morales – ou éthiques pour employer le mot à la mode.

Ainsi, les téléspectateurs lambda que nous sommes, finissons par trouver tout à fait « normales » des pratiques qui ne le sont pas.

« Si Dieu n’existe pas, tout est permis » déclare Ivan Karamazov dans Les frères Karamazov de Dostoïevski. Personnellement, je ne sais pas si Dieu existe, et l’on range tellement de « choses » sous ce nom ! Mais, qu’il existe ou non, j’estime que tout n’est pas permis. Que nous avons une conscience et une morale qui nous imposent des limites.

Hélas, nos médias aujourd’hui foulent au pied notre conscience et notre morale, et les limites qui les accompagnent. Et nous conduisent aux pires désordres.

Pour en finir avec la GPA que la France condamne à bon escient, je dois dire ici mon embarras pour les enfants qui en sont issus. Il est bien évident qu’on ne peut priver un être humain d’identité. Mais l’on pourrait peut-être pénaliser, d’une façon ou d’une autre, les parents qui défient la loi.

A propos des cours de morale et de la suppression des notes dans les écoles.

Notre ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud Belkacem, a décidé de remettre à l’ordre du jour les cours de morale dans les écoles, et souhaite supprimer les notes qui traumatisent certains élèves.

Rétablir les cours de morale. Excellent idée. Mais je veux rappeler à cette excellente dame que la morale s’apprend moins par des belles formules que par l’exemple.

Pour que nous jeunes aient, dès leur plus jeune âge et plus tard dans la vie, une conduite morale, il est indispensable qu’ils aient l’exemple au-dessus d’eux de personnes menant une vie droite.

Cela concerne leurs parents, bien sûr, mais aussi tous nos responsables politiques – de gauche comme de droite – qui se doivent d’avoir une conduite irréprochable. Tel n’est malheureusement pas le cas !

Pourquoi ne pas tricher, ne pas voler, quand on voit des secrétaires d’Etat, des députés, frauder le fisc, sans être inquiétés le moins du monde et même en reprenant leur place à l’Assemblée nationale, comme si de rien n’était, avec l’assentiment de tous leurs pairs – et je dirais même, si j’osais, de leurs complices ?

Pourquoi ne pas mentir, quand on voit un conseiller d’Etat, Jean-Pierre Jouyet, mentir effrontément aux journalistes à propos de prétendues demandes de François Fillon d’accélérer les procédures judiciaires contre Nicolas Sarkozy, et conserver son poste sans le moindre problème ?…

Pourquoi enfin, et je ne crains pas de le rappeler ici, essayer de se dépasser, de s’élever dans le respect des valeurs qui font notre dignité d’hommes, quand on voit un Président de la République, en janvier 2014, envoyer nos soldats risquer leur vie en Centre-Afrique, et dans le même temps sacrifier aux plaisir de la « bagatelle » – comme aurait dit le Général de Gaulle – dans les bras de sa maîtresse ?

Non ! n’en déplaise à Madame Najat Vallaud Belkacem, ce n’est pas ainsi qu’on incitera nos jeunes à mener une vie droite ! Elle pourra multiplier les cours de morale, tant que nos jeunes auront de tels exemples, et des exemples impunis, rien ne les poussera sur les chemins de la vertu.

Quant à la suppression des notes, on a là, une fois de plus la volonté d’égalitarisme de nos idéologues de gauche.

Un enfant, plus que tout autre, a pour grandir besoin de racines. Il a besoin de situer dans le temps et il faut rappeler ici la stupidité de certains intellectuels qui ont voulu remplacer l’enseignement chronologique de l’Histoire, par un enseignement par thèmes.

Il a besoin de se situer parmi les élèves de sa classe, de son école, de son collège. Une note dans la mesure où elle est équitable et juste n’a jamais tué personne.

Elle crée au contraire une saine émulation entre les meilleurs qui rivalisent, comme dans un jeu, pour les meilleures places, et elle invite les derniers à faire des progrès et – éventuellement – s’ils n’en sont pas capables – questionneront leurs parents sur une nouvelle orientation à prendre.

Personnellement, il m’est arrivé, au cours de toutes mes études, d’avoir de très mauvaises notes. Elles ne m’ont jamais découragé, car je les savais méritées. Loin de là, je me suis « accroché », et j’ai remonté jusqu’à la moyenne et souvent davantage au cours de mois suivants, pour ma plus grande satisfaction et souvent pour la plus grande surprise de mes professeurs.

J’ajouterai qu’une note, qu’un devoir doivent toujours s’accompagner d’annotations. Félicitations pour l’ensemble, ou pour tel ou tel passage. Rectification pour les erreurs éventuelles. Mention des omissions. Et toujours encouragements pour les plus faibles. J’ai toujours été déçu, même lorsque j’avais une très bonne note, qu’un professeur ne mette pas le moindre commentaire à côté de cette note. J’avais l’impression qu’il n’avait pas lu mon devoir…

Je dirai également qu’un enfant et un maître doivent être unis par un sentiment d’amour. Que les mauvais esprits ne déforment pas ici le sens de mes propos ! Je pense qu’un maître doit aimer les matières qu’il enseigne et doit chercher à faire partager cet amour à ses élèves. Et qu’un élève donnera des résultats d’autant meilleurs qu’il aime et qu’il se sent aimé de son maître. Tel fut en tout cas, mon cas.

Enfin, il faut en finir avec cette idéologie ridicule et dangereuse de l’égalitarisme. Nous ne sommes pas égaux mais complémentaires ! L’école doit essayer de donner des bases fondamentales à tous – la maîtrise de la lecture, de l’orthographe, et du calcul – qui serviront à chacun toute sa vie. Mais elle devrait également arriver à déceler et développer les aptitudes personnelles de chacun.

Certains diront que je suis en train de refaire le monde. Soit. Mais je demande à tous ceux qui veulent supprimer les notes, quand et comment on sélectionnera ensuite les cadres et les dirigeants de notre société, les ingénieurs, les techniciens, les professeurs, etc., toutes les personnes dont l’intelligence, les connaissances, les compétences sont indispensables aux avancées de notre monde…