Nul – s’il a une âme – ne peut rester insensible devant les drames qui déchirent notre pauvre monde. Drames dus aux déchaînements d’une nature en folie – comme les ouragans aux Antilles – et drames dus à la folie des hommes – comme tous ces attentats et crimes qui nous endeuillent.

Si naturellement, spontanément, nous avons de l’empathie pour toutes les victimes de ces drames, cette empathie redouble, triple, décuple dès que ces victimes appartiennent à notre pays, notre région, notre ville et encore plus notre village.

Il en est ainsi avec l’assassinat barbare de cette petite Laura, le dimanche 1er octobre, à Marseille. Quand j’ai su qu’elle habitait Rillieux, comme moi, ma peine a décuplé.

Ma sympathie est allée tout de suite à sa famille. J’ai participé, avec plusieurs centaines de personnes, au très bel et très digne hommage qui lui a été rendu, le mardi suivant, par le maire de Rillieux, devant la mairie. Et participé également à la veillée organisée par les scouts, le vendredi suivant, dans l’église Saint-Pierre Chanel, de Rillieux. Laura était cheftaine de louveteaux.

Le samedi, eurent lieu les obsèques, en l’église Saint-Denis, en présence du cardinal Barbarin. Sachant que la famille souhaitait que cette dernière cérémonie se déroule dans l’intimité, je n’y ai pas assisté, mais je sais que, là encore, il y avait beaucoup de monde.

Les journaux ont fait les plus grands éloges de Laura qui, avec ses beaux yeux bleus, rayonnait de générosité, était ouverte aux autres, toujours prête à rendre service, était adorée de ses louveteaux, etc.

Elle était riche des promesses du printemps. Un avenir splendide s’ouvrait devant elle. Et voilà que ce dimanche 1er octobre, tout a basculé. Par la folie d’un homme. Par la folie meurtrière d’une idéologie, qui ne sait que semer la désolation et la mort…

Aussi, à la compassion, à l’empathie pour toute sa famille, s’ajoute un sentiment de révolte contre les carences de la Justice, et de haine envers ces fous de Dieu qui, au nom d’une idéologie criminelle, sèment la mort et les larmes.

La révolte contre une Justice en France qui ne fait pas son travail est légitime et saine. Et je voudrais que ce crime odieux oblige cette Justice à mettre un terme au laxisme dont elle fait preuve depuis des années. Cette Justice qui laisse impunis les crimes, et n’offre que bien peu de mesures préventives pour les éviter.

Mais la haine ? La haine est une terre stérile qui n’engendre que la peine et les larmes. Le message laissé par Laura est un message d’Amour et elle ne veut pas que nous cédions à la haine.

Elle n’est pas morte. Elle vit dans le cœur de ses parents, dans le cœur de son frère, dans le cœur de ce jeune dont elle était amoureuse et avec qui elle venait de se mettre en ménage, dans le cœur de tous ses louveteaux, dans le cœur de tous ceux qu’elle aimait et dont elle a croisé la route.

La Justice, que tous exigent impérativement et qui seule peut mettre un terme à tous ces crimes, a besoin de la force, de la fermeté et de la sévérité. Mais elle ne peut pas se passer, non plus, d’une pincée d’Amour.

C’est le message que nous laisse Laura. Ne l’oublions pas.

 PS : pour des raisons de proximité géographique et du fait que je n’ai eu des informations que sur Laura, je ne parle pas ici de sa cousine Mauranne, assassinée en même temps qu’elle à Marseille. Mais il est bien évident que j’éprouve la même compassion pour la famille de cette dernière, comme pour les familles de toutes ces victimes d’un terrorisme aveugle et monstrueux.

 

Particulièrement attaché à cette « fraternité » figurant dans notre devise républicaine, je suis également très attaché à la Justice.

Je pense que chacun, sur cette terre, a droit à sa place au soleil – ou à l’ombre, serais-je tenté de dire en cette période de canicule !…

Le monde est profondément injuste, et je m’attriste en voyant les guerres qui déchirent certains pays, et la misère dans laquelle beaucoup sont plongés.

Mais je refuse de céder à cette compassion facile, lancée par certaines ONG et relayée par certains journalistes et médias, envers ces milliers de « sans-papiers » et de « migrants », pour lesquels on abuse injustement – et dangereusement – de notre sensibilité !

Il serait bon, tout d’abord, à propos de tous ces migrants, de s’interroger sur la façon dont ils ont payé leurs passeurs. Ces derniers leur demandent des sommes exorbitantes, aussi tout laisse à penser qu’ils sont en fait des terroristes en herbe, financés par des réseaux islamistes, et dont le but est de semer la guerre en France et en Europe.

Certains penseront que je noircis le tableau. Alors pourquoi y a-t-il si peu de femmes et d’enfants dans ces arrivages ? Et pourquoi tous ces hommes, dans la force de l’âge, ne restent-il pas dans leurs pays, et ne s’efforcent-ils pas de renverser les dictateurs qui les oppriment ?…

Autre question : alors que les chrétiens et les juifs sont les premiers persécutés dans les pays musulmans, pourquoi y en-a-t-il si peu parmi les migrants ? Et pourquoi ces musulmans qui arrivent en masse ne vont-ils pas chercher refuge dans les pays de leur confession ?…

Admettons que ces migrants n’aient pas d’intentions belliqueuses – ce qui reste à démontrer… – est-il juste de leur accorder, sans la moindre contrepartie, toutes les aides de l’Etat dont ils bénéficient ?

Alors qu’un grand nombre de nos compatriotes – après avoir travaillé toute une vie – ont des retraites de misère et n’ont droit à aucune aide de l’Etat, il faut avoir le courage de dénoncer les soins gratuits (AME), la CMU, les allocations pour handicapés, les aides au logement, et tutti quanti, auxquels ont droit la plupart des « migrants » et « sans-papiers », sans avoir travaillé, et qui ruinent notre pays.

Alors, mesdames et messieurs les journalistes, cessez de nous faire pleurer et de nous culpabiliser sur cette masse d’arrivants, qui viennent ou pour porter la guerre sur notre sol, ou pour vivre à nos dépens !

Et vous, les élus, ayez le courage de dénoncer ces scandales, et de mettre en place des politiques de retours au pays massifs pour tous ceux qui viennent illégalement sur notre sol.

Monsieur,

J’ai voté pour vous à la primaire de la droite et j’ai vu, en vous, un homme capable de relever une France, que cinq ans de socialisme ont ruinée sur tous les plans.

Je ne vous cache que j’ai été déçu par certaines révélations de la presse, au sujet des rémunérations accordées à certains membres de votre famille. Déception d’autant plus grande, que vous vous présentiez comme un cavalier blanc, pur et sans tache…

J’ai continué cependant à vous soutenir, pour la bonne raison que les fautes, que vous avez pu commettre, ne vous ne empêchaient pas de faire un bon président, et pour la bonne raison, que ceux qui vous les reprochent, sont coupables, bien souvent, de fautes bien plus graves.

J’estime aujourd’hui que vous êtes avant tout victime d’une gauche exécrable, qui veut par tous les moyens, même les plus vils, empêcher la droite d’accéder au pouvoir. Les médias, à la solde de la gauche s’acharnent injustement sur vous, et occultent tous les passe-droits, et toutes les compromissions des politiques de ce camp.

Je partage votre avis sur la partialité de la Justice, et j’ai envie de rire – ou plutôt de pleurer ! – quand j’entends un François Hollande prendre la défense des magistrats, après avoir dit ce qu’il a dit sur eux dans son livre : « Un président ne devrait pas dire ça ».

Oui, Monsieur Fillon, je vous ai soutenu jusqu’à ce jour, et comme je l’ai dit, je considère que vous êtes la victime injuste d’un déchaînement médiatique, rarement vu contre un homme politique.

Cela dit, il me semble que la sagesse, aujourd’hui, dans l’intérêt de la France, et pour donner encore une petite chance à la droite de gagner les présidentielles, est que vous jetiez « l’éponge ». Vos soutiens les plus fidèles se retirent et cette base, sur laquelle vous fondez tous vos espoirs, ne vous permettra plus, à mon avis, de remporter la victoire.

Les choses sont allées trop loin. Un point de non-retour a été franchi.

En vous retirant de la compétition, vous ne vous déshonorerez pas. Vous laisserez simplement une petite chance à la droite encore de l’emporter, et vous éviterez que la France ne tombe dans les dérives de l’extrême droite ou ne replonge dans un socialisme utopique, dont nous venons de connaître les dramatiques méfaits.

Vous êtes un homme intelligent, Monsieur Fillon. Vous aimez la France comme des millions de Français. Alors, je vous le demande : retirez-vous. Je crois exprimer ici l’opinion de très nombreux Français et me faire l’interprète de la voie du bon sens.

Je vous prie d’agréer, Monsieur, mes très respectueuses salutations.

 

Charles Péguy racontait qu’en se rendant en pèlerinage à Chartres, il aperçut un jour, sur le bord de la route, un homme qui cassait des cailloux avec une masse. Cet homme avait la mine sombre et jetait avec rage son outil sur les cailloux.

-Que faites-vous là, demande Péguy ?

– Vous voyez bien : je casse des pierres ! C’est dur ! J’ai mal au dos ! J’ai soif ! J’ai faim et je n’ai trouvé que ce travail pénible et stupide !

Un peu plus loin, Péguy aperçoit un autre homme, qui casse lui aussi des pierres. Mais il a l’air plus serein. Ses gestes sont plus calmes.

– Je gagne ma vie en cassant des pierres. Cela me permet de nourrir ma famille ! C’est dur, mais il y a pire…

Plus loin enfin, Péguy rencontre un troisième casseur de pierres. Il est souriant, manifeste une ardeur belle à voir, et semble rayonner de bonheur.

– Qu’est-ce que je fais ?… Je construis une cathédrale !

…………………………………

Cette histoire nous montre l’importance de donner du sens à nos actions. Dès l’instant qu’elles participent à une œuvre commune, qu’elles s’inscrivent dans un ensemble et que nous en avons conscience, nos actions prennent sens, et du coup deviennent moins lourdes et nous donnent du courage et de la JOIE.

Le plus beau dans cette histoire, c’est que le troisième homme ne verra jamais achevée la cathédrale à la construction de laquelle il participe. Mais il est heureux, car il sait qu’il participe à cette grande œuvre.

Ce dont souffre peut-être le plus notre monde aujourd’hui, c’est de la perte de sens, c’est d’un sentiment d’inutilité engendré par un individualisme de plus en plus grand, et par une absence d’idéaux.

Or nous appartenons tous à une même terre, et nous devrions tout faire, pour que la vie ici-bas soit la meilleure possible pour tous. Dans cette recherche, il n’y pas de tâches inutiles. Toutes, absolument toutes ont – devraient avoir – leur utilité.

Tous nous devrions œuvrer à l’avènement d’un monde dans lequel chacun aurait sa place à part entière, son rôle irremplaçable. Un monde dans lequel il n’y aurait ni « grands », ni « petits », mais seulement des hommes heureux, enthousiastes – comme le troisième homme de la fable de Péguy – de participer à cet avènement. Ici, il s’agit de la construction d’une cathédrale et donc, pour Péguy d’une œuvre divine. Pour les non-croyants la recherche de la Justice et de la Paix peuvent largement combler une vie.

Ne soyons pas trop utopistes : ce monde parfait ne sera jamais achevé. Mais faisons tout pour améliorer le monde existant. Alors nos efforts n’auront pas été vains. Nous aurons la fierté et le bonheur d’avoir été utiles et d’avoir participé à son avancée.

Mes amis lecteurs s’étonnent peut-être de mon silence après l’abominable carnage de Nice, ce 14 juillet.

La raison en est simple : tout a été dit, ou presque, et je risque donc de répéter ce que tout le monde sait déjà.

Je voudrais dire cependant, une nouvelle fois après un drame aussi horrible, mon infinie tristesse et ma compassion pour toutes ces victimes. Je pense, bien sûr, à tous ces innocents, que la mort a fauchés stupidement. Gratuitement. Mais je pense également à tous les blessés, dont certains luttent contre la mort, et qui resteront à jamais marqués dans leur chair et dans leur âme par ce massacre. Et je pense enfin, aux proches de toutes ces victimes, séparés à jamais d’un être cher et pour toujours dans le deuil. Se culpabilisant parfois d’être encore en vie, quand tel ou tel de leur entourage a trouvé la mort…

Que de larmes ! Que de souffrances ! Et tout cela, pourquoi ?…

Nous savons aujourd’hui que l’auteur de ces crimes les préparait depuis plus d’un an. Il s’agit en fait de l’aboutissement de la haine pour la France et pour l’Occident qu’il portait en lui et que diffusent sur les réseaux sociaux – et dans certaines mosquées – les partisans de l’Etat Islamique.

Ne nous y trompons pas : nous sommes en face d’une guerre de religion et le but des djihadistes est de massacrer les infidèles et d’imposer au monde l’asservissement de la charia. Ce but, la haine qui l’accompagne et la certitude de gagner le Paradis en tuant le maximum de personnes, séduisent des fanatiques, les attirent comme des miroirs aux alouettes. Et en même temps, par une sorte d’engrenage, ils entraînent vers le crime des esprits fragiles qui pensent donner ainsi un sens à leur vie – ou plutôt à leur mort !

Pour l’Etat Islamique, Dieu commande de se sacrifier soi-même en tuant le plus possible de gens. Il fait croire à ceux dont la vie est un échec que cet échec est la faute des autres, et qu’il faut donc les éliminer

Il n’est pas impossible que l’Etat Islamique cherche à introduire la guerre civile en France. Et il condamne les musulmans modérés, qu’il appelle les « tièdes »… La France se trouve donc dans une situation inextricable : comment séparer le bon grain de l’ivraie ?…

Face à ces criminels qui n’hésitent pas à massacrer leurs semblables, qui les décapitent et diffusent sur la toile ces horribles scènes, je le dis haut et fort, non pas sous le coup de la colère, mais au nom de la justice élémentaire, seule la mort est à la hauteur de tels crimes.

Il faut donc mettre un terme à un sentimentalisme de bon marché et un humanisme funeste. Il faut que notre gouvernement en finisse avec ce laxisme qui le caractérise, avec ses atermoiements qui, au nom de la sacro-sainte Liberté, profitent avant tout aux criminels.

Est-il normal, qu’un an et demi après les attentats de Charlie Hebdo, les policiers municipaux n’aient pas le droit de procéder à des contrôles d’identité ? Qu’ils ne puissent pas avoir les mêmes armes que les policiers nationaux ? Que les policiers aient besoin d’une autorisation préalable pour fouiller les véhicules ? Qu’on laisse des puissances étrangères financer les lieux de culte ? Qu’on ne ferme pas les mosquées salafistes et celles dans lesquelles les imams prêchent la haine ? Que les binationaux soient autorisés à revenir en France à leur retour du djihad ? Que les terroristes bénéficient des mêmes réductions de peine que les simples délinquants ? Etc., etc.

On a là quelques exemples du laxisme coupable de notre gouvernement.

Pour en revenir à Nice, je sais combien il est facile, après un drame, de dire : « Il fallait faire ci… Il aurait fallu faire ça. » J’éviterai donc, faute d’éléments avérés et par risque de manquer d’objectivité ou d’impartialité, de renchérir sur les polémiques concernant les mesures de sécurité qui auraient été prises – ou n’auraient pas été prises – avant le drame. Mais j’avoue m’interroger sur le fait qu’un camion de 19 tonnes ait pu faire, sans être inquiété, plusieurs allers et retours dans Nice, avant le 14 juillet, alors que la circulation de tels véhicules est strictement interdite dans la ville…

Je sais enfin qu’il est à la mode de demander pardon à ses bourreaux et je connais les tentations du syndrome de Stockholm à la suite duquel des otages se prennent d’empathie pour leurs geôliers. Je refuse de céder à de tels appels.

Chrétien de cœur, comme je l’ai souvent avoué dans mes chroniques, croyant à la puissance de l’Amour prêché par le Christ, je refuse cependant de tendre la joue gauche à celui qui me frappe sur la joue droite. Mais je pense qu’il faut toujours une réponse proportionnée au degré des attaques, et qu’il faut toujours avoir dans l’esprit que l’ennemi d’aujourd’hui pourra – dans certaines conditions, bien sûr, et s’il ne se livre pas à certains excès impardonnables – devenir l’ami de demain…

C’est pourquoi, à ceux qui pourrait me trouver très dur, très sévère dans cette chronique vis-à-vis des terroristes, je précise que je souhaite un « juste » châtiment des criminels. Je rappelle que la Justice ne peut se passer de la Force et de la Sévérité, mais elle ne doit jamais oublier, non plus, l’Amour.

Aussi, il me semble que nous ne pouvons pas nous contenter d’une justice froide, cérébrale, et qu’il faut toujours l’accompagner d’une part d’humanité et d’amour. C’est ce qui fait trop grandeur d’être homme.