Colonel Arnaud Beltrame

Tout a été dit sur le sacrifice du Colonel Arnaud Beltrame et je ne puis qu’ajouter mon admiration à celle de tous.

Ce gendarme était chrétien et il avait certainement récité plus d’une fois cette prière du gendarme dans laquelle se trouvent les paroles suivantes :

Et si je dois armer mon bras pour faire respecter la loi
garde mon âme dans la sérénité Seigneur.
Car c’est mon devoir, d’assurer la Paix, l’ordre et la sécurité,
de sauver des vies menacées, celles des autres ou la mienne.
Ouvre alors, Seigneur, les esprits et les cœurs
à la compréhension de mon service exigeant,
ceux de mon conjoint et de mes enfants,
ceux de mes amis et de mes compatriotes,
ceux même de mes adversaires.
Et s’il me faut aller jusqu’au sacrifice de ma fierté,
de mon bien-être, de ma vie,
donne-moi une confiance profonde en toi Seigneur.

Dans un monde de plus en plus individualiste, matérialiste et dans lequel le leitmotiv général est la consommation pour satisfaire tous ses désirs, ce sacrifice nous rappelle les valeurs éternelles du service et du don de soi. Les seules valeurs capables de combler une vie.

Nous sommes là, loin des faux idéaux de ce mai 1968 dont certains nostalgiques voudraient célébrer le cinquantenaire : « Jouir sans entrave. » – « Tout, tout de suite et pour toujours. »

Il est une autre valeur que m’inspire ce sacrifice : celle de l’abnégation. Cette abnégation peut conduire le gendarme « jusqu’au sacrifice de sa fierté, de son bien-être, de sa vie. » comme le dit cette prière, ce qui force notre admiration.

Comme nous le savons, les militaires sont au service de la nation et, pour la protéger, ils peuvent donner la mort. En retour ils ont le redoutable privilège – si l’on peut parler de privilège ! – de la recevoir. On ne peut donc que s’incliner devant ce gendarme qui a été fidèle  jusqu’au bout aux devoirs de son métier.

Rappelons au passage que le sens premier de « métier » est précisément « service », et que celui de son doublet, « ministre » est « serviteur »…

Il est une personne dont les médias ne parlent pas – et je le comprends – c’est cette jeune femme de quarante ans, je crois, dont le colonel Arnaud Beltrame a sauvé la vie. J’imagine à quel point elle doit être choquée. Toute sa vie elle se sentira redevable à cet homme et ce sera sans doute pour elle, une lourde croix à porter.

Je souhaite que, de cette Eternité dans laquelle il est entré si brusquement, le colonel Arnaud Beltrame, donne à tous ses proches et à tous ses frères d’armes, le courage dont ils auront besoin pour surmonter cette terrible épreuve. Et qu’il montre à notre jeunesse en quête d’idéaux, les seuls idéaux valables sur cette terre : ceux du service et du don de soi.

J’ajoute enfin que, le 7 septembre 2005, en Irak, « dans des conditions particulièrement dégradées en termes de sécurité, [ce gendarme] avait conduit, au péril de sa vie, une mission complexe de récupération d’un ressortissant français menacé par un groupe terroriste, qui lui vaut d’être décoré de la croix de la valeur militaire avec citation à l’ordre de la brigade ». –  (information communiquée par la Direction générale de la Gendarmerie nationale).

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