par Henri LAFFORGUE | Nov 6, 2012 | Actualité, Réflexions diverses
Le devoir de désobéissance
Des inconditionnels du mariage des homosexuels s’en prennent maintenant aux maires qui veulent refuser de célébrer de telles unions.
Je leur rappelle que l’homme a une conscience et que, lorsqu’un ordre est contraire à sa conscience, il a le devoir de refuser de l’exécuter.
C’est que fit jadis Antigone en refusant d’exécuter les lois de Créon, et en obéissant aux lois non écrites que lui dictait sa conscience. Elle en est morte mais reste pour toujours un exemple dont l’humanité peut être fière.
Avec le mariage des homosexuels, seront détruits les liens sacrés de la filiation. L’enfant adopté ou procréé, n’aura plus un père et une mère dont il pourra être fier et dont il essaiera de se montrer digne, mais un « parent 1 » et « parent 2 » sortis du néant et appelés à y retourner.
Si par malheur et par démagogie, une telle loi passait ce serait un crime pour l’avenir de nos enfants, un crime pour l’avenir de la France.
par Henri LAFFORGUE | Oct 24, 2012 | Actualité, Réflexions diverses
Les médias n’en n’ont pas parlé, ou si peu ! David Pujadas a préféré se faire mousser pendant dix ou quinze minutes lors de son JT avec le scandale de Lance Armstrong ! Et pourtant l’affaire est terriblement dramatique.
Un homme, Alberto Rodriguez, né en Espagne en août 1921, a été retrouvé le 19 octobre mort à son domicile, dans le Vieux Lille. Le décès remonterait à quinze ans !!!
On a là un inimaginable drame de la solitude ! Comment imaginer, en effet, qu’un homme soit à ce point seul, n’ait plus de famille, n’ait pas au moins un ami ou une personne qui le connaisse, soit totalement inconnu des services administratifs (impôts, eau, gaz, électricité, banque, sécurité sociale, retaite, etc.) est reste quinze ans avant que quelqu’un s’aperçoive de sa mort !
Des voisins pensaient qu’il était parti dans le midi. Et il a fallu des problèmes d’infiltrations chez une voisine, pour qu’un agent de la ville, du service des Immeubles Menaçant Ruine (IMR) se présente chez lui.
Ce drame montre la faillite d’une société dans laquelle l’individu peut être complètement seul, privé de tout réseau social.
Les médias nous tiennent informés de malheurs qui se passent aux quatre coins du monde, et quelqu’un, à notre porte, meurt dans la solitude la plus complète sans que personne ne s’en aperçoive.
Je n’accuse personne. Le nombre d’habitants de nos villes et de nos immeubles ne nous permet plus de connaître tous nos voisins. Nous les saluons quand nous les croisons et nous ne nous étonnons pas toujours de ne plus les voir. Et puis, bien souvent, nous ne voulons pas porter atteinte à leur vie privée…
Et c’est ainsi que de tels drames peuvent survenir. Drames qui sont un terrible échec pour notre société.
par Henri LAFFORGUE | Oct 10, 2012 | Actualité, Réflexions diverses
Il se passe peu de jours sans que je ne reçoive une chaîne sur l’Islam et sur les musulmans en France.
Très souvent ces chaînes sont motivées par la peur et incitent au rejet massif de tous les musulmans vivant en France, et parfois dans des termes violents et remplis de haine dont j’ai honte. Aussi, je voudrais faire le point sur cette question.
Tout d’abord, ces aimables internautes font souvent l’amalgame entre Arabes et musulmans. Or, les Musulmans ne sont pas tous Arabes. Loin de là. Le pays du monde où il y a le plus de musulmans est l’Indonésie.
D’autre part, je comprends la peur de certains devant une certaine extension de l’Islam dans notre pays. Mais la peur n’est jamais bonne et la distiller encore moins. C’est bien souvent parce qu’il a peur que le chien mord, et non parce qu’il est méchant.
Il est vrai que la France, pays de tradition chrétienne, a le sentiment, parfois, d’être envahie par une communauté qui nous impose de plus en plus ses us et coutumes.
Ce sont les casse-tête dans les cantines de collectivités (écoles, hôpitaux, etc.) avec les viandes hallal et les menus sans porc. Ce sont les rayons de nos supermarchés sur lesquels on ne trouve plus, parfois, que des produits hallal.
Ce sont nos piscines qui sont parfois réservées aux femmes musulmanes. Ce sont ces mêmes femmes qui refusent, dans nos hôpitaux, de se faire examiner par des hommes.
Ce sont des femmes qui – au nom de leur religion – masquent leur visage sous des burqas…
Voilà ce qui motive la peur de beaucoup et entraîne un sentiment de rejet.
Je souhaite que la France reste, selon sa vieille tradition, une terre d’accueil. Mais elle doit imposer une certaine discipline à toutes celles et tous ceux qui vivent sur son sol.
Nous avons nos traditions, nos usages, nos croyances que tous – quelles que soient leurs religions et leurs origines – doivent impérativement respecter.
Je voudrais dire quelques mots, pour finir sur l’Islam qui est loin de se résumer à la folie de quelques fanatiques. Les médias prennent un malin plaisir à s’étendre sur les attentats ou menaces d’attentats de réseaux d’intégristes. Je condamne sans appel ces attentats, mais ils ne doivent pas nous pousser à rejeter en masse tous les musulmans et nous ne devons pas nous laisser prendre par la peur qu’ils inspirent.
Dans leur très grandes majorité, les musulmans n’aspirent qu’à vivre en paix et ceux, qui au nom de liberté d’expression, bafouent leurs croyances par des caricatures ou des films humiliants ne sont que des provocateurs inconscients de tout le mal qu’ils font.
Personnellement, je suis chrétien et ma foi s’enracine dans les paroles d’Amour de l’Evangile. Je laisse à chacun la liberté de croire ou de ne pas croire aux dogmes de l’Eglise. Et je constate que sur de nombreux points je suis plus proche de l’Islam que de l’Eglise.
L’Islam n’a pas de dogmes. L’Islam ne reconnaît qu’un seul Dieu et l’Eglise a bien du mal à me faire admettre que sa Trinité ne représente qu’un seul Dieu et non pas trois !…
Les musulmans reconnaissent Jésus mais pour eux il s’agit d’un prophète et non pas du fils de Dieu.
Pendant des siècles, d’ailleurs, les chrétiens se sont déchirés à propos de la nature humaine ou divine de Jésus.
Contrairement à ce qu’on pense bien souvent – et à ce que laisse croire certains musulmans machos – la femme a une très grande liberté dans la religion islamique. Elle a droit par exemple de demander le divorce – alors que le divorce est interdit dans l’Eglise catholique.
Le Coran impose aux femmes d’être vêtues décemment mais il ne leur a jamais dit de se mettre un voile sur le visage.
A ma connaissance – et contrairement à l’Eglise catholique – l’Islam ne connaît pas l’Enfer éternel. Et qu’un être humain soit condamné éternellement à l’Enfer me semble totalement incompatible avec un Dieu d’Amour.
Le ramadan – qui personnellement me semble une coutume archaïque et non adaptée aux exigences de la vie moderne – peut très bien accepter des dérogations.
L’aumône prescrite par le Coran est une forme de solidarité dont on ne peut que se féliciter.
Le djihad, cette « guerre sainte » qui fait tant de victimes dans le monde, est au départ, une lutte contre soi-même. Un effort de la volonté pour se maîtriser.
Comme l’écrivait le sage Mohamed Iqbal : « L’Islam n’enseigne pas la renonciation au monde d’ici-bas, mais il condamne l’attachement au matérialisme. Il est estime que l’homme peut aspirer au bien-être dans cette vie et au bien-être dans l’au-delà. »
J’invite mes lecteurs soucieux de mieux connaître l’Islam à lire le livre « Islam, l’autre visage », une série d’entretien avec Eva de Vitray Meyerovitch, une scientifique et mystique chrétienne qui, après des années de recherches, se convertit à l’Islam.
Pour finir, je dirai que mon christianisme personnel et la plénitude qu’il m’apporte, me comblent largement sans que j’éprouve le besoin de mon convertir à quelque autre religion. Mais je dirai que l’islam et le christianisme, vécus avec intelligence et cœur, sont parfaitement compatibles.
Entre les fous de Dieu qui commettent les pires crimes au nom de leur foi, et le sectarisme de certains athées qui prétendent être les seuls à détenir La Vérité, il y a le chemin silencieux de tous ceux qui sont en quête de sens pour cette vie ici-bas. A tous je rappelle qu’il est difficile de ne pas penser, en voyant un simple spermatozoïde devenir Mozart ou Einstein, qu’il y ait une intelligence derrière tout cela.
Il est urgent de cesser à nous monter les uns contre les autres. Que l’on croit en la Vie éternelle ou non, toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté ont le devoir de se rassembler pour construire ce monde fraternel dont nous rêvons tous.
par Henri LAFFORGUE | Sep 21, 2012 | Actualité, Réflexions diverses
Liberté d’expression ! Les médias, les hommes politiques n’ont que ce mot à la bouche. Soit. La liberté d’expression est le privilège des états démocratiques et il faut à tout prix le préserver.
Mais j’ajouterai les mots RESPONSABILITE, DEVOIR de RAPPROCHER les HOMMES et non de les DIVISER et RESPECT du SACRE !
Or, que font les journalistes du Charlie-Hebdo en publiant les caricatures de Mahomet ?
Ils se montrent irresponsables en jetant de l’huile sur le feu, en offensant délibérément tous les musulmans, en faisant peser des menaces sur des milliers de Français vivant à l’étranger.
Loin de rapprocher les hommes, d’essayer de désamorcer un engrenage infernal de peurs et de violences, ils les divisent encore davantage, les montent les uns contre les autres.
Enfin, je regrette qu’il n’y ait plus aucun sens du sacré, aucun respect pour celles et ceux qui croient encore que nous ne sommes pas les seuls fruits du hasard, qu’il y a une transcendance, qu’il y a quelque part un Dieu, quel que soit le nom que nous lui donnions.
Charlie-Hebdo ne mérite qu’une condamnation sans appel. Au nom de la liberté d’expression et du droit au blasphème, il se montre plus soucieux de s’enrichir commercialement – les ventes ont explosé ! – que d’aider les hommes de bonne volonté de cette terre qui cherchent à vivre en paix dans le respect mutuel de chacun !
Je fais mienne cette phrase d’Antigone : « Je ne suis pas née pour partager la haine mais l’Amour ». Nos donneurs de leçons en matière de liberté d’expression feraient bien de s’en inspirer…
par Henri LAFFORGUE | Sep 14, 2012 | Actualité, Réflexions diverses
Incapable de trouver des remèdes aux terribles problèmes économiques de la France – et qui le serait ? – notre gouvernement fait diversion en remettant à l’ordre du jour le mariage des homosexuels.
La nature veut que, pour venir à la vie, un enfant ait besoin d’un père et d’une mère.
Je sais que toute référence à la nature n’est pas bonne à prendre. Par exemple, la nature a voulu que, pendant des millénaires, des gamines de 14 ou 15 ans, meurent en mettant au monde leur premier enfant. On ne saurait donc condamner les progrès faits par l’obstétrique sur la nature, et il en est de mêmes d’innombrables conquêtes de la médecine et de la science sur toutes les épreuves auxquelles nous condamnait une vie réduite l’état de pure nature.
D’aucuns affirment donc aujourd’hui que les mœurs – d’où vient notre mot « morale » – ont évolué, et qu’il n’y a plus de raison – si ce n’est du sectarisme, de l’intégrisme, du passéisme – pour que deux hommes ou deux femmes ne se marient pas et d’adoptent pas des enfants.
Personnellement, j’ai le plus grand respect pour les homosexuels, hommes ou femmes. S’ils éprouvent une attirance charnelle et de l’amour pour une personne de même sexe, je ne saurais les juger et encore moins les condamner comme ce fut le cas dans l’Europe des nazis.
Qu’ils bénéficient d’une protection de la loi pour pouvoir hériter des biens l’un de l’autre en cas de décès, cela ne me choque pas.
Mais qu’ils puissent se marier et adopter des enfants, je dis non et non.
Le mariage consacre l’union d’un homme et d’une femme, et leur faculté à procréer, ce qui n’est pas le cas des homosexuels. Ces derniers ont le Pacs pour sceller leur union.
Quant aux enfants, ce ne sont pas des objets qu’on s’offre pour satisfaire des désirs personnels. Quel modèle, quelle référence auront des enfants élevés par deux hommes ou par deux femmes qui ne sont ni leur père, ni leur mère ? A qui vont-ils s’identifier ?…
Je ne dis pas que certains couples d’homosexuels ne soient pas capables de bien s’occuper, de s’occuper avec amour d’enfants. Et même certains s’en occuperont parfois mieux que des couples hétérosexuels.
Mais je dis qu’une telle situation n’est pas un bien. Tout enfant a besoin de racines. De racines spirituelles et aussi charnelles. Or, tôt au tard, l’absence de racines charnelles créera un vide, un manque.
L’enfant voudra savoir d’où il vient. Voudra connaître ses origines. Et alors il se trouvera né de mère porteuse, ou de père par procuration, et ne pourra pas reconstituer une filiation. C’est là pour moi un mal.
Pour finir, je pense que cette question est trop grave pour être expédiée en une séance de vote à l’Assemblée nationale. Elle devrait faire l’objet d’un comité d’éthique composé de médecins, de théologiens de toutes confessions, de philosophes, et de scientifiques ne dépendant absolument d’aucune autorité de tutelle et rendant donc leurs avis en totale indépendance.
Je redis enfin – ce que j’ai déjà dit dans de précédentes chroniques – que je trouve vraiment paradoxal l’entêtement des homosexuels à vouloir se marier à tout prix à l’heure où un mariage sur deux se termine par un divorce !…
par Henri LAFFORGUE | Août 31, 2012 | Actualité
La libération de Michelle Martin (ex Dutroux) provoque un grand émoi et une grande effervescence en Belgique.
Comme dit l’Ecclésiaste (chapitre 3), il est temps pour tout. Un temps pour aimer et un temps pour haïr. Et j’ajouterai un temps pour la colère et un temps pour le pardon.
Une société ne peut avancer sans le pardon. Et il ne peut y avoir de justice sans amour.
Cependant, dans le cas d’une femme complice de séquestration, de viols et de morts – et dans quelles conditions ?! – de quatre fillettes, je pense qu’une libération anticipée au bout de 16 ans de prison, alors qu’elle a été condamnée à 30 ans, est vraiment choquante et révoltante.
La blessure des parents de ces quatre fillettes n’est pas refermée – et ne se refermera jamais. Cette libération ravive la haine et le désir de vengeance. Le cœur ne peut pas pardonner.
Michelle Martin dit avoir retrouvé la foi. Soit. Mais comment, elle, qui a fait tant de mal à des enfants innocentes, peut-elle demander à vivre dans la prison dorée d’un couvent ? Son devoir, son Dieu, ne lui demandent-t-il pas d’expier l’inexpiable, et pour cela d’endurer, sans demander d’élargissement, les 14 années de prison qu’il lui reste à faire ?…
D’aucuns admirent les religieuses qui vont l’héberger. Je ne partage pas cette admiration. Cela me rappelle trop la complicité des gens d’Eglise à la fin de la guerre qui aidèrent les pires criminels nazis à échapper à la justice.
Etre chrétien ne demande pas de céder à la sensiblerie et la pusillanimité, mais exige, en plus de l’Amour recommandé par les Evangiles, la fermeté vis-à-vis des criminels et le respect des victimes.
En résumé, je dirai que cette libération est prématurée et que les policiers qui sont obligés d’assurer la sécurité de Michelle Martin seraient certainement plus utiles ailleurs si cette dernière était restée en prison.