Le devoir de désobéissance

Le devoir de désobéissance

Des inconditionnels du mariage des homosexuels s’en prennent maintenant aux maires qui veulent refuser de célébrer de telles unions.

Je leur rappelle que l’homme a une conscience et que, lorsqu’un ordre est contraire à sa conscience, il a le devoir de refuser de l’exécuter.

C’est que fit jadis Antigone en refusant d’exécuter les lois de Créon, et en obéissant aux lois non écrites que lui dictait sa conscience. Elle en est morte mais reste pour toujours un exemple dont l’humanité peut être fière.

Avec le mariage des homosexuels, seront détruits les liens sacrés de la filiation. L’enfant adopté ou procréé, n’aura plus un père et une mère dont il pourra être fier et dont il essaiera de se montrer digne, mais un « parent 1 » et « parent 2 » sortis du néant et appelés à y retourner.

Si par malheur et par démagogie, une telle loi passait ce serait un crime pour l’avenir de nos enfants, un crime pour l’avenir de la France.

 

Oublié du monde pendant quinze ans !…

Les médias n’en n’ont pas parlé, ou si peu ! David Pujadas a préféré se faire mousser pendant dix ou quinze minutes lors de son JT avec le scandale de Lance Armstrong ! Et pourtant l’affaire est terriblement dramatique.

Un homme, Alberto Rodriguez, né en Espagne en août 1921, a été retrouvé le 19 octobre mort à son domicile, dans le Vieux Lille. Le décès remonterait à quinze ans !!!

On a là un inimaginable drame de la solitude ! Comment imaginer, en effet, qu’un homme soit à ce point seul, n’ait plus de famille, n’ait pas au moins un ami ou une personne qui le connaisse, soit totalement inconnu des services administratifs (impôts, eau, gaz, électricité, banque, sécurité sociale, retaite, etc.) est reste quinze ans avant que quelqu’un s’aperçoive de sa mort !

Des voisins pensaient qu’il était parti dans le midi. Et il a fallu des problèmes d’infiltrations chez une voisine, pour qu’un agent de la ville, du service des Immeubles Menaçant Ruine (IMR) se présente chez lui.

Ce drame montre la faillite d’une société dans laquelle l’individu peut être complètement seul, privé de tout réseau social.

Les médias nous tiennent informés de malheurs qui se passent aux quatre coins du monde, et quelqu’un, à notre porte, meurt dans la solitude la plus complète sans que personne ne s’en aperçoive.

Je n’accuse personne. Le nombre d’habitants de nos villes et de nos immeubles ne nous permet plus de connaître tous nos voisins. Nous les saluons quand nous les croisons et nous ne nous étonnons pas toujours de ne plus les voir. Et puis, bien souvent, nous ne voulons pas porter atteinte à leur vie privée…

Et c’est ainsi que de tels drames peuvent survenir. Drames qui sont un terrible échec pour notre société.

 

Faut-il avoir peur de l’Islam ?…

Il se passe peu de jours sans que je ne reçoive une chaîne sur l’Islam et sur les musulmans en France.

Très souvent ces chaînes sont motivées par la peur et incitent au rejet massif de tous les musulmans vivant en France, et parfois dans des termes violents et remplis de haine dont j’ai honte. Aussi, je voudrais faire le point sur cette question.

Tout d’abord, ces aimables internautes font souvent l’amalgame entre Arabes et musulmans. Or, les Musulmans ne sont pas tous Arabes. Loin de là. Le pays du monde où il y a le plus de musulmans est l’Indonésie.

D’autre part, je comprends la peur de certains devant une certaine extension de l’Islam dans notre pays. Mais la peur n’est jamais bonne et la distiller encore moins. C’est bien souvent parce qu’il a peur que le chien mord, et non parce qu’il est méchant.

 

Il est vrai que la France, pays de tradition chrétienne, a le sentiment, parfois, d’être envahie par une communauté qui nous impose de plus en plus ses us et coutumes.

Ce sont les casse-tête dans les cantines de collectivités (écoles, hôpitaux, etc.) avec les viandes hallal et les menus sans porc. Ce sont les rayons de nos supermarchés sur lesquels on ne trouve plus, parfois, que des produits hallal.

Ce sont nos piscines qui sont parfois réservées aux femmes musulmanes. Ce sont ces mêmes femmes qui refusent, dans nos hôpitaux, de se faire examiner par des hommes.

Ce sont des femmes qui – au nom de leur religion – masquent leur visage sous des burqas…

Voilà ce qui motive la peur de beaucoup et entraîne un sentiment de rejet.

 

Je souhaite que la France reste, selon sa vieille tradition, une terre d’accueil. Mais elle doit imposer une certaine discipline à toutes celles et tous ceux qui vivent sur son sol.

Nous avons nos traditions, nos usages, nos croyances que tous – quelles que soient leurs religions et leurs origines – doivent impérativement respecter.

 

Je voudrais dire quelques mots, pour finir sur l’Islam qui est loin de se résumer à la folie de quelques fanatiques. Les médias prennent un malin plaisir à s’étendre sur les attentats ou menaces d’attentats de réseaux d’intégristes. Je condamne sans appel ces attentats, mais ils ne doivent pas nous pousser à rejeter en masse tous les musulmans et nous ne devons pas nous laisser prendre par la peur qu’ils inspirent.

Dans leur très grandes majorité, les musulmans n’aspirent qu’à vivre en paix et ceux, qui au nom de liberté d’expression, bafouent leurs croyances par des caricatures ou des films humiliants ne sont que des provocateurs inconscients de tout le mal qu’ils font.

Personnellement, je suis chrétien et ma foi s’enracine dans les paroles d’Amour de l’Evangile. Je laisse à chacun la liberté de croire ou de ne pas croire aux dogmes de l’Eglise. Et je constate que sur de nombreux points je suis plus proche de l’Islam que de l’Eglise.

L’Islam n’a pas de dogmes. L’Islam ne reconnaît qu’un seul Dieu et l’Eglise a bien du mal à me faire admettre que sa Trinité ne représente qu’un seul Dieu et non pas trois !…

Les musulmans reconnaissent Jésus mais pour eux il s’agit d’un prophète et non pas du fils de Dieu.

Pendant des siècles, d’ailleurs, les chrétiens se sont déchirés à propos de la nature humaine ou divine de Jésus.

Contrairement à ce qu’on pense bien souvent – et à ce que laisse croire certains musulmans machos – la femme a une très grande liberté dans la religion islamique. Elle a droit par exemple de demander le divorce – alors que le divorce est interdit dans l’Eglise catholique.

Le Coran impose aux femmes d’être vêtues décemment mais il ne leur a jamais dit de se mettre un voile sur le visage.

A ma connaissance – et contrairement à l’Eglise catholique – l’Islam ne connaît pas l’Enfer éternel. Et qu’un être humain soit condamné éternellement à l’Enfer me semble totalement incompatible avec un Dieu d’Amour.

Le ramadan – qui personnellement me semble une coutume archaïque et non adaptée aux exigences de la vie moderne – peut très bien accepter des dérogations.

L’aumône prescrite par le Coran est une forme de solidarité dont on ne peut que se féliciter.

Le djihad, cette « guerre sainte » qui fait tant de victimes dans le monde, est au départ, une lutte contre soi-même. Un effort de la volonté pour se maîtriser.

Comme l’écrivait le sage Mohamed Iqbal : « L’Islam n’enseigne pas la renonciation au monde d’ici-bas, mais il condamne l’attachement au matérialisme. Il est estime que l’homme peut aspirer au bien-être dans cette vie et au bien-être dans l’au-delà. »

J’invite mes lecteurs soucieux de mieux connaître l’Islam à lire le livre « Islam, l’autre visage », une série d’entretien avec Eva de Vitray Meyerovitch, une scientifique et mystique chrétienne qui, après des années de recherches, se convertit à l’Islam.

 

Pour finir, je dirai que mon christianisme personnel et la plénitude qu’il m’apporte, me comblent largement sans que j’éprouve le besoin de mon convertir à quelque autre religion. Mais je dirai que l’islam et le christianisme, vécus avec intelligence et cœur, sont parfaitement compatibles.

Entre les fous de Dieu qui commettent les pires crimes au nom de leur foi, et le sectarisme de certains athées qui prétendent être les seuls à détenir La Vérité, il y a le chemin silencieux de tous ceux qui sont en quête de sens pour cette vie ici-bas. A tous je rappelle qu’il est difficile de ne pas penser, en voyant un simple spermatozoïde devenir Mozart ou Einstein, qu’il y ait une intelligence derrière tout cela.

Il est urgent de cesser à nous monter les uns contre les autres. Que l’on croit en la Vie éternelle ou non, toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté ont le devoir de se rassembler pour construire ce monde fraternel dont nous rêvons tous.

 

De la liberté d’expression.

Liberté d’expression ! Les médias, les hommes politiques n’ont que ce mot à la bouche. Soit. La liberté d’expression est le privilège des états démocratiques et il faut à tout prix le préserver.

Mais j’ajouterai les mots RESPONSABILITE, DEVOIR de RAPPROCHER les HOMMES et non de les DIVISER et RESPECT du SACRE !

Or, que font les journalistes du Charlie-Hebdo en publiant les caricatures de Mahomet ?

Ils se montrent irresponsables en jetant de l’huile sur le feu, en offensant délibérément tous les musulmans, en faisant peser des menaces sur des milliers de Français vivant à l’étranger.

Loin de rapprocher les hommes, d’essayer de désamorcer un engrenage infernal de peurs et de violences, ils les divisent encore davantage, les montent les uns contre les autres.

Enfin, je regrette qu’il n’y ait plus aucun sens du sacré, aucun respect pour celles et ceux qui croient encore que nous ne sommes pas les seuls fruits du hasard, qu’il y a une transcendance, qu’il y a quelque part un Dieu, quel que soit le nom que nous lui donnions.

Charlie-Hebdo ne mérite qu’une condamnation sans appel. Au nom de la liberté d’expression et du droit au blasphème, il se montre plus soucieux de s’enrichir commercialement – les ventes ont explosé ! – que d’aider les hommes de bonne volonté de cette terre qui cherchent à vivre en paix dans le respect mutuel de chacun !

Je fais mienne cette phrase d’Antigone : « Je ne suis pas née pour partager la haine mais l’Amour ». Nos donneurs de leçons en matière de liberté d’expression feraient bien de s’en inspirer…

Du mariage des homosexuels

Incapable de trouver des remèdes aux terribles problèmes économiques de la France – et qui le serait ? – notre gouvernement fait diversion en remettant à l’ordre du jour le mariage des homosexuels.

La nature veut que, pour venir à la vie, un enfant ait besoin d’un père et d’une mère.

Je sais que toute référence à la nature n’est pas bonne à prendre. Par exemple, la nature a voulu que, pendant des millénaires, des gamines de 14 ou 15 ans, meurent en mettant au monde leur premier enfant. On ne saurait donc condamner les progrès faits par l’obstétrique sur la nature, et il en est de mêmes d’innombrables conquêtes de la médecine et de la science sur toutes les épreuves auxquelles nous condamnait une vie réduite l’état de pure nature.

D’aucuns affirment donc aujourd’hui que les mœurs – d’où vient notre mot « morale » – ont évolué, et qu’il n’y a plus de raison – si ce n’est du sectarisme, de l’intégrisme, du passéisme – pour que deux hommes ou deux femmes ne se marient pas et d’adoptent pas des enfants.

Personnellement, j’ai le plus grand respect pour les homosexuels, hommes ou femmes. S’ils éprouvent une attirance charnelle et de l’amour pour une personne de même sexe, je ne saurais les juger et encore moins les condamner comme ce fut le cas dans l’Europe des nazis.

Qu’ils bénéficient d’une protection de la loi pour pouvoir hériter des biens l’un de l’autre en cas de décès, cela ne me choque pas.

Mais qu’ils puissent se marier et adopter des enfants, je dis non et non.

Le mariage consacre l’union d’un homme et d’une femme, et leur faculté à procréer, ce qui n’est pas le cas des homosexuels. Ces derniers ont le Pacs pour sceller leur union.

Quant aux enfants, ce ne sont pas des objets qu’on s’offre pour satisfaire des désirs personnels. Quel modèle, quelle référence auront des enfants élevés par deux hommes ou par deux femmes qui ne sont ni leur père, ni leur mère ? A qui vont-ils s’identifier ?…

Je ne dis pas que certains couples d’homosexuels ne soient pas capables de bien s’occuper, de s’occuper avec amour d’enfants. Et même certains s’en occuperont parfois mieux que des couples hétérosexuels.

Mais je dis qu’une telle situation n’est pas un bien. Tout enfant a besoin de racines. De racines spirituelles et aussi charnelles. Or, tôt au tard, l’absence de racines charnelles créera un vide, un manque.

L’enfant voudra savoir d’où il vient. Voudra connaître ses origines. Et alors il se trouvera né de mère porteuse, ou de père par procuration, et ne pourra pas reconstituer une filiation. C’est là pour moi un mal.

Pour finir, je pense que cette question est trop grave pour être expédiée en une séance de vote à l’Assemblée nationale. Elle devrait faire l’objet d’un comité d’éthique composé de médecins, de théologiens de toutes confessions, de philosophes, et de scientifiques ne dépendant absolument d’aucune autorité de tutelle et rendant donc leurs avis en totale indépendance.

Je redis enfin – ce que j’ai déjà dit dans de précédentes chroniques – que je trouve vraiment paradoxal l’entêtement des homosexuels à vouloir se marier à tout prix à l’heure où un mariage sur deux se termine par un divorce !…

 

Si près du but…

Wimereux. Vous ne connaissez pas ?… Il s’agit d’une petite station balnéaire de la côte d’Opale. Une petite ville sympathique de huit mille habitants, blottie confortablement dans sa vallée aux portes de Boulogne-sur-Mer et dont on vante le charme et la mer.

Pourquoi vous parlé-je de cette ville dont il y a quelques minutes encore je n’avais jamais entendu le nom ?

Tout simplement parce que j’ai entendu – par hasard, lors d’un bulletin d’information sur France Info – qu’on avait retrouvé morte, là-bas, au pied d’une falaise, une jeune femme d’origine asiatique, d’environ trente-cinq ans.

L’autopsie a révélé que cette femme était morte à la suite d’une chute naturelle – non provoquée par un tiers. Et on sait qu’elle était revêtue d’une combinaison de nageur – probablement achetée à Paris – sous laquelle elle avait glissé des vêtements secs. Qu’elle s’était enduit les aisselles de vaseline. Qu’elle avait une sacoche étanche avec des aliments énergisants. Et enfin qu’elle avait une boussole accrochée à son cou.

Il s’agit très certainement d’une migrante, sans papier, qui voulait gagner l’Angleterre à la nage et dont le rêve s’est brisé au pied de cette falaise, en ce dimanche 12 août 2012.

Ô femme dont le nom demeurera à jamais inconnu, quelles furent votre solitude et vos souffrances, combien de kilomètres avez-vous parcouru avant de venir mourir là ?…

Que de dangers avez-vous bravés ! Vous avez connu la faim, la soif, l’obligation de vivre cachée dans des pays dont vous ignoriez la langue et où vous n’aviez personne pour vous secourir. Vous avez dû franchir, dans les pires conditions, maintes et maintes frontières, en vous en remettant au bon vouloir de passeurs plus ou moins honnêtes. Et vous avez connu tout au long de votre long parcours la peur et le risque permanent d’être refoulée.

Et puis votre périple a pris fin là, sur cette plage du Pas-de-Calais, si prêt du but, persuadée que vous alliez franchir l’infranchissable.

Je pense à votre père, à votre mère, à vos frères, à vos sœurs qui attendront désespérément un mot de vous, et qui ne sauront jamais ce que vous êtes devenue.

Qui viendra se recueillir sur votre tombe sans nom ? Qui viendra y verser une larme ? Y déposer une fleur ? Y dire une prière ?

Que la vie est injuste ! Mais si les mots ont un sens et si les souffrances de cette terre ne sont pas vaines, je demande à Dieu de vous ouvrir tout grand les portes de son Paradis. Lui n’a pas besoin de papiers et se moque des couleurs de peau, des lieux de naissance, de l’appartenance à telle ou telle religion, etc. Dans Son infinie bonté, Il accueille tous ceux qui souffrent.

Et je Lui demande, enfin, d’adresser un signe à celles et ceux qui vous avez quittés, que vous aimiez et qui vous aimaient. Qu’ils sachent, dans le secret de leur cœur et dans le mystère de l’Espérance, que vous avez atteint des rivages où il n’y plus ni souffrances, ni peur, mais félicité éternelle ! Qu’ils sachent que désormais vous veillez sur eux !