par Henri LAFFORGUE | Mar 21, 2015 | Réflexions diverses
Notre monde est de plus en plus individualiste, et paradoxalement les leaders politiques appellent tous au rassemblement ! La montée des « communautarismes » qui disloquent la communauté nationale, montre l’impérieuse nécessité, pour tout individu, d’être rattaché à une communauté, quelle qu’elle soit.
En effet est difficile de vivre sans être rattaché ou intégré à une communauté, dont on partage les valeurs, dans laquelle on se sent bien, dans laquelle on est reconnu et pour laquelle on est prêt à donner de sa personne, voir, dans les cas extrêmes, à sacrifier sa vie.
L’attirance des sectes et des troupes de djihadistes provient peut-être, entre autres, de ce besoin.
Les combattants de 14-18, dans l’enfer des tranchées, étaient frères d’une même communauté – celle de leur village, de leur canton, de leur département et finalement d’une même Patrie pour laquelle ils acceptaient de donner leur vie.
Or les mots Patrie et France, qui représentaient pour tous, quelque chose de concret, ont été supplantés aujourd’hui par les entités plus vagues et sans âme d’Europe et de Monde.
Une Europe et un Monde dominés par les dieux Argent et Commerce, et sous le signe de l’uniformité.
Je regrette et m’inquiète profondément de voir notre patrimoine national – aéroports, vignobles, hôpitaux, musées, entreprises, etc. – racheté par des puissances étrangères. Dans ces opérations à courte vue, la France perd son identité et son indépendance ! Ses richesses, son passé, sa culture se diluent dans une marée mondialiste dangereuse. Notre communauté se dissout.
Et cette marée apporte avec elle une uniformité insipide. Que l’on aille désormais à Paris, à Londres, à New York, ou dans quelque autre grande ville du monde, on retrouve partout les mêmes enseignes, les mêmes chaînes, les mêmes services, les mêmes produits, etc.
Où sont les épiceries de nos villages d’antan où l’enfant que j’étais trouvait mille trésors à nuls autres pareils ?…
Qu’on ne s’y trompe pas ! Je ne condamne ni l’Europe, ni le Monde et j’aurais envie de me dire, comme Diogène, « citoyen du monde ». Mais citoyen du monde fier de mon pays, de ma Patrie, souhaitant sa grandeur. En un mot un Français qui aime la France et qui est prêt à s’engager pour elle.
Comme je le dis souvent on ne peut vivre à 7 milliards et à l’heure de la communication instantanée, comme on vivait à quelques centaines de milliers ou de millions, à la vitesse du cheval !
On ne peut fermer les frontières. On ne peut se replier fébrilement chez soi. On ne peut rester indifférents aux misères du monde. La France fait beaucoup pour les soulager et je m’en réjouis. Je souhaite une France qui soit toujours généreuse et prête à partager. Mais hélas, on ne peut donner ni partager ce que l’on n’a pas. Aussi le bon sens exige que dans le don et dans le partage on donne la priorité aux membres les plus proches.
On pourrait croire que l’individualisme est né après la Seconde Guerre mondiale. Curieusement on en trouve la première trace dans l’épitre aux Galates de l’apôtre Paul écrite vers l’an 50 de notre ère : « Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. » (Galates 3,28)
Dans ce cas, l’individu s’efface dans la communauté d’une Eglise qui se veut universelle, forte aujourd’hui de deux milliards de baptisés. Cette communauté – qui n’a pas toujours donné au monde le meilleur d’elle-même – si elle évite de sombrer dans le sectarisme et l’intégrisme, est peut-être, pour le monde d’aujourd’hui et pour celui de demain, une chance.
Je n’en partage plus les dogmes mais, chrétien de cœur, je crois en la puissance infinie l’Amour, de la générosité et de la fraternité dont le Christ a donné l’exemple au monde et dont l’Eglise cherche à s’inspirer. Aussi, je pense que l’Eglise peut rassembler les hommes en recherche d’idéaux, des hommes que le matérialisme ne comble pas et qui sont assoiffés de Justice et de Paix.
par Henri LAFFORGUE | Mar 6, 2015 | Réflexions diverses
Le bus qui me conduit ce matin à Lyon est bondé. Plein à craquer.
Appuyé contre une porte, deux gros écouteurs sur les oreilles, un Noir écoute de la musique. Et emporté par le rythme, sans tenir compte de la foule qui est autour de lui, il hurle, toutes les deux ou trois minutes, le refrain de la chanson qu’il écoute.
Certains sourient, mais la plupart sont importunés par un tel sans-gêne. Où se croit-il ? Il n’est pas chez lui. Il y a du monde. Des personnes qui partent travailler, qui vont faire leurs courses. Toutes avec leur fatigue et leurs soucis quotidiens, emportées et secouées dans ce bus inconfortable, et qui aimeraient un peu de silence…
Des passagers se plaignent sans doute auprès de la conductrice et, quelques arrêts plus loin, quatre contrôleurs attendent notre ténor du petit matin, et le font descendre…
Quelle sera la suite ? Je l’ignore. Mais je suis triste.
Je suis triste pour ce Noir, perdu dans ce monde. Perdu dans sa nuit. D’où vient-il ? Où va-t-il ? A-t-il de la famille ? Des amis ? Visiblement il est dérangé. Il n’est pas dans un état normal. Il a « pété les plombs » pour parler familièrement…
Le silence est revenu dans le bus. Chacun peut poursuivre en paix sa nuit. Mais quelque part, à un arrêt, un Noir essaie d’expliquer sa dérangeante extravagance. Où voulait-il aller ? Je l’ignore, mais la trajectoire de sa route a été déviée. Je souhaite que sur son chemin, dans sa nuit, il trouve une bonne âme qui l’écoute et le comprenne.
par Henri LAFFORGUE | Mar 3, 2015 | Actualité, Histoire
L’Histoire a ses périodes et ses lois auxquels les hommes ne peuvent échapper. C’est ainsi qu’il y eut un temps pour la colonisation et un temps pour la décolonisation. Et c’est ainsi sans doute qu’il était inéluctable que l’Algérie devint un jour indépendante. Mais nous ne pouvons que nous indigner – je dirais même pleurer de tristesse et de de honte – devant la façon dont cette indépendance a été octroyée.
Les personnes honnêtes ne peuvent le nier : la France avait apporté de nombreux bienfaits à l’Algérie, au cours de ses cent trente ans de présence. Mise en valeur de sols, construction de routes, de voies ferrées, de ports, d’écoles, d’hôpitaux, développement sanitaire et social, etc.
Mais, il faut le reconnaître, il y avait aussi beaucoup d’injustices dans l’Algérie d’avant l’indépendance. L’une des plus grandes, peut-être, était un système électoral tout à fait inégalitaire, avec deux collèges, l’un musulman (représentant 9 millions de personnes), l’autre européen (1 million de personnes). Une voix européenne valait alors neuf voix de musulmans.
L’instauration d’un collège unique en 1957, et le plan de Constantine, en 1958, venaient corriger les injustices et les inégalités existantes.
Rappelons que le plan de Constantine prévoyait la construction de 200 000 logements, la redistribution de 250 000 hectares de terres agricoles, le développement de l’irrigation, la création de 400 000 emplois industriels, la scolarisation de tous les enfants en âge d’être scolarisés à l’horizon de 1966, l’emploi d’une proportion accrue de Français musulmans d’Algérie dans la fonction publique (10 %), et l’alignement des salaires et revenus sur la métropole.
Les efforts entrepris pour réduire et supprimer les inégalités entre Européens et musulmans étaient prometteurs, et on aurait pu espérer que l’accession à l’indépendance de l’Algérie se réalisât le plus sereinement possible, en conservant des liens d’amitié et de fraternité avec la France.
Mais il faut dénoncer ici le régime de terreur que le FLN mit en place pour obtenir cette indépendance. Terreur à l’encontre des Européens et encore plus des musulmans favorables à la France. Il faut rappeler que les harkis – que le FLN a accusés de traîtrise et a massacré impitoyablement – se sont ralliés pour la plupart à la France par dégoût pour les crimes innommables perpétrés par le FLN.
Et il faut dénoncer haut et fort, le cessez-le-feu du 19 mars 1962, que seule respecta l’armée française – qui avait été victorieuse militairement sur le terrain – et que le FLN viola impunément, enlevant et tuant plusieurs centaines de soldats français et massacrant dans les pires supplices des dizaines de milliers d’harkis et de musulmans qui avaient eu des sympathies pour la France. Il faut rappeler tous les massacres qui suivirent le 19 mars 1962. Il faut rappeler les centaines de civils massacrés à Oran, le 5 juillet 1962, jour de l’indépendance, ou encore tous les harkis qui ont trouvé la mort en enlevant, pieds et mains nus, les mines et les barbelés le long des frontières avec la Tunisie et le Maroc !…
Pour ces raisons, le 19 mars ne saurait marquer en aucun cas la fin de la guerre d’Algérie, comme la gauche française l’a décidé de façon totalement arbitraire.
Je suis pour la paix et pour la fraternité entre les peuples et entre les hommes. Pour moi, la guerre est la pire des choses. Il faut tout faire pour les éviter et, ensuite, pour réconcilier les ennemis d’hier.
Mais pour faire la paix, il faut être deux à la vouloir et il faut une mémoire objective et honnête. Or l’Algérie refuse de joindre sa main à celle tendue par la France. Or l’Algérie a du passé, une mémoire partiale et sectaire.
L’Algérie de Bouteflika dénonce les crimes de la colonisation et de l’armée françaises, mais ils ne sont rien à côté de l’horreur de ceux commis par le FLN pendant toute la guerre et après. La France n’a aucune repentance à faire à l’Algérie.
Les guerres naissent bien souvent de l’humiliation. J’ai lu quelque part que le général Giap qui a fait tant de mal aux soldats français d’Indochine et qui s’est montré si cruel envers eux, avait perdu sa femme dans les prisons françaises, des suites des tortures qu’elle y avait subies. Ceci explique peut-être cela…
Pour en revenir à la réconciliation de la France et de l’Algérie, elle ne se fera pas, hélas, tant que les autorités algériennes inculqueront la haine de la France à leurs enfants, et ne voudront pas reconnaître les crimes du FLN.
La France et l’Allemagne présentent une mémoire apaisée, sereine et sans passion, sur les drames qui les ont déchirés au cours des deux dernières guerres.
L’Algérie et la France parviendront-elles un jour au même apaisement, à la même sérénité ? Je le souhaite ardemment, mais ce n’est pas en falsifiant l’Histoire et en prenant le 19 mars 1962 comme date de fin de la guerre, qu’elles y parviendront.
par Henri LAFFORGUE | Fév 24, 2015 | Actualité, Politique
Ainsi les démolisseurs et les pourfendeurs de la chrétienté avancent insidieusement leurs pions. Dans l’ombre et dans le silence. Dans l’ignorance – ou l’indifférence ? – du plus grand nombre. Et un matin, la France se réveillera ayant perdu toutes ses racines chrétiennes, vieilles de deux mille ans !
De quoi s’agit-il ?
Tout simplement d’un amendement dans la loi Macron demandé par la députée de la Réunion Ericka Bareigts, et permettant aux départements d’Outre-mer de célébrer des fêtes musulmanes ou hindoues, en échange de jours fériés chrétiens.
Amendement passé inaperçu et adopté en catimini par l’Assemblée nationale, le 14 février, dans un hémicycle presque vide !…
Qu’on ne s’y trompe pas. Ce sont aujourd’hui les départements d’Outre-mer, mais ce sera demain la métropole !
La loi permet de remplacer tous les jours fériés – à l’exception des jours fériés républicains (1er et 8 mai, 14 juillet et 11 novembre). On ne parle ni de Noël ni de la Saint-Sylvestre …
Ainsi, le lundi de Pâques, l’Ascension, le lundi de Pentecôte, l’Assomption et la Toussaint perdent leur statut de jours fériés. Ils pourraient être remplacés par l’Aïd-el-Kebir, qui célèbre la fête d’Abraham et marque la fin du pèlerinage à La Mecque ; par le 14 avril, le jour de l’an tamoul, ou par le Divali, « la Fête de la lumière »…
Nous voici donc de plus en plus loin de cette République « Une et indivisible » construite par nos pères. Voici, non pas un encouragement mais une rampe de lancement, pour le communautarisme qui brise notre unité nationale !
Attention : je respecte toutes les religions dans la mesure où elles prônent la fraternité entre les hommes et se montrent respectueuses des croyances de chacun. Mais la France a une culture et un passé judéo-chrétiens qu’on ne saurait gommer et jeter aux oubliettes de l’histoire.
La France s’est bâtie sur cette culture, et nos iconoclastes sont en train de couper ses racines et de détruire par là, le ciment qui nous unit.
L’idée n’est pas nouvelle. Madame Eva Joly, en 2012, voulait supprimer deux fêtes catholiques pour les remplacer par le Yom Kippour et l’Aïd-el-Kébir, juif et musulman.
La France est un Etat laïc. Cela veut dire qu’elle est neutre en matière de religion, mais respecte toutes les croyances. Elle ne saurait donc encourager un communautarisme qui ne peut être que funeste.
Voilà tout ce dont sont capables nos femmes et nos hommes de gauche. Briser l’unité nationale forgée au cours des siècles. Et pendant ce temps ils se montrent totalement incapables d’endiguer et de réduire le chômage et la précarité qui explosent !…
par Henri LAFFORGUE | Fév 18, 2015 | Actualité, Réflexions diverses
Les fleurs déposées à l’endroit où Omar-el-Hussein, le tueur de Copenhague, a été abattu, m’interpellent, et comme la plupart, me scandalisent.
Comment peut-on rendre le moindre hommage à un homme qui vient de tuer et blesser plusieurs innocents !…
La raison peut-être vient du matérialisme dans lequel s’est enfermé l’Occident, de son rejet de toutes valeurs spirituelles, et de l’attrait, en contrepartie, des idéaux mortifères des djihadistes.
Je ne suis pas en train de défendre, des terroristes qui tuent des innocents, les torturent odieusement, et veulent imposer au monde un régime de terreur.
Mais force de constater que ces despérados attirent de plus en plus d’Occidentaux refusant la médiocrité, la facilité, le laxisme de notre civilisation. Pour eux la mort est la plus belle récompense qu’ils puissent recevoir. Et ils n’ont peur ni de la recevoir, ni de la donner.
Nos responsables politiques ne cessent de condamner « fermement » tous les attentats et leurs auteurs. De dire que la justice sera impitoyable. Qu’ils prendront des peines « exemplaires », etc. Paroles dans le vent qui traduisent hélas leur totale impuissance.
La vérité est qu’il faut redonner à l’Occident des valeurs qui vaillent, autres que l’argent, le sport et le sexe ! Il est quand même significatif que le Danemark, qui est l’un des pays les plus riches du monde, est aussi celui qui, proportionnellement au nombre d’habitants, fournit le plus de djihadistes à la Syrie !
C’est la preuve que le matérialisme ne suffit pas à combler des jeunes en quête d’idéaux.
Je sais les dangers et les excès des religions : l’islamisme en est un triste exemple. Mais l’islamisme n’est pas l’islam. Et je pense que les religions – les vraies religions – quand elles se montrent respectueuses de toutes les croyances, quand elles refusent l’obscurantisme, quand elles prêchent l’Amour et la Fraternité entre les hommes, peuvent donner du sens à une vie et éviter les dérives redoutables que notre monde connaît aujourd’hui.
Dans ce domaine, la France, en reniant ses racines judéo-chrétiennes, en gommant les rappels chrétiens des noms des vacances scolaires (Toussaint, Noël et Pâques devenus vacances d’automne, d’hiver et de printemps) en sombrant dans une laïcité sectaire et intolérante, glisse sur pente tragique.
Bien des jeunes ne se retrouvent pas dans les valeurs que leur propose l’Occident et c’est pour cette raison qu’ils sont attirés par le fondamentalisme des djihadistes qui les conduit à se dépasser et à aller au-delà d’eux-mêmes.
Je m’attriste des fleurs déposées pour rendre hommage au tueur de Copenhague. Je regrette ce geste. Mais il est pour moi révélateur d’une jeunesse en perte de sens.