par Henri LAFFORGUE | Mai 28, 2011 | Actualité, Réflexions diverses
Alors que les musulmans de France réclament et obtiennent la construction de nouvelles mosquées, je lis dans le Courrier des lecteurs du Progrès de Lyon du 27 mai, qu’un préfet d’une région d’Algérie, vient d’ordonner la fermeture de sept églises.
Ainsi, les musulmans de France ont toute liberté pour pratiquer leur culte, mais les chrétiens d’Algérie sont réduits à la clandestinité…
Pourtant, la liberté de cultes autres que celui de l’islam, est reconnue par la Constitution algérienne.
Voilà qui donne à réfléchir sur la tolérance des autorités musulmanes en terres d’islam…
par Henri LAFFORGUE | Fév 1, 2011 | Actualité

Je n’ai rien écrit sur la crise qui secoue le monde arabe. Mes lecteurs s’en étonneront peut-être. La raison de mon silence est simple : je ne sais rien de plus de ce que nous disent les médias, et je ne sais pas quoi en penser.
Je dirai simplement, que j’ai été scandalisé par la proposition de Mme Alliot-Marie d’envoyer des renforts de police en Tunisie, et par sa pirouette, quelques jours plus tard, devant le Parlement. Vraiment, les politiques ont l’art de la dénégation, et quelle effronterie chez notre Ministre des Affaires étrangère que de soutenir, après que le vent eut tourné, que ses propos avaient été déformés et mal compris !
L’Algérie avec son pétrole, la Tunisie avec son tourisme et l’Egypte avec le canal de Suez, ses ressources en gaz et en pétrole, et son tourisme, sont des pays riches. Malheureusement, leurs richesses ne sont pas redistribuées à la population et restent dans les mains de quelques-uns.
Le pouvoir algérien a étouffé le vent de contestation en diminuant ou supprimant, du jour au lendemain, toutes les taxes qui pesaient sur les produits de première nécessité. La fronde est-elle éteinte pour autant ?…
En Tunisie, Ben Ali a pris la fuite. Un gouvernement de transition s’est mis en place. Des élections doivent avoir lieu dans quelques mois. J’espère de tout mon cœur qu’une juste démocratie verra le jour. Mais, je m’indigne en voyant, au moment où ce pays a le plus besoin de l’aide internationale, les taux d’intérêt des prêts augmenter et risquer de tuer l’économie. On a eu le même problème, voici quelques mois, avec la Grèce que la communauté internationale, peu généreuse, asphyxie avec des taux exorbitants !…
C’est l’Egypte, pour l’instant, qui m’inquiète le plus. C’est un régime totalitaire et le peuple aspire à la liberté. Mais c’est aussi un pilier de stabilité dans le monde arabe… Et que se passera-t-il si on le renverse brusquement. J’ai peur que les démocrates ne soient balayés par les frères musulmans, et que ces derniers instaurent la charia et fassent de l’Egypte un nouvel Iran…
La grande faiblesse des démocraties, c’est qu’un parti bien structuré, faisant preuve d’une grande démagogie, peut prendre légalement le pouvoir, et mettre en place une dictature…
En 1989, nous avons assisté à l’effondrement du rideau de fer. Il a laissé place à des démocraties – même si le terme de démocratie me semble impropre pour parler de la Russie…
Nous assistons peut-être aujourd’hui à l’effondrement du monde arabe. A quoi va-t-il donné naissance ?…
Lecteurs, n’hésitez pas à laisser vos commentaires. Car, sur ces questions, encore plus que sur d’autres, je suis très perplexe. Tout mon être souhaite la justice et la paix, et elles ne m’ont jamais semblé aussi fragiles….
par Henri LAFFORGUE | Nov 9, 2010 | Actualité, Histoire
C’est aujourd’hui le quarantième anniversaire de la mort du général de Gaulle. Les éloges ne tarissent pas et chacun se dit gaulliste et voit en lui, l’homme du rassemblement.
Pourtant, de Gaulle, s’il a été un homme hors du commun – qui peut le nier ? – a été le plus grand diviseur que la France n’ait jamais connu.
S’il était bien qu’un Français, le 18 juin 1940, porte haut nos couleurs et appelle à la Résistance, il est très regrettable que cet homme ait cherché, avant la victoire militaire contre l’Allemagne, le pouvoir politique en France.
Contrairement à ce que prétendre nos gaullistes d’aujourd’hui, qui ne risquent rien sinon leur place confortable d’élus, de Gaulle a divisé les Français pendant toute la guerre, les a montés les uns contre les autres, et est pour beaucoup dans la guerre civile qui a accompagné la Libération.
Tout le monde a la nostalgie de Radio Londres. Mais qui se rappelle – derrière les messages d’espoir envoyés par cette radio – l’émission « Les traites au pilori » au cours de laquelle les porte-parole de de Gaulle désignaient nommément les Français à abattre, au mépris des règles élémentaires de Justice, de la présomption d’innocence de tout citoyen et de son droit à se défendre ? Combien ont été lâchement exécutés à la Libération ou avant, sans aucun procès, alors que secrètement, sous une apparence de collaborateur, ils travaillaient pour la libération de la France !
Que dire encore de la parodie du procès de Pierre Laval et de son ignoble exécution. Peut-être méritait-il une condamnation à mort. Mais il avait le droit de se défendre et les magistrats l’on empêché de s’exprimer. Et alors qu’il s’était empoisonné avec une ampoule de cyanure, on lui a fait un lavage d’estomac puis on l’a conduit, sur une civière, jusqu’au poteau d’exécution. Ô la honte, la grande honte pour la France et pour de Gaulle qui a accepté de telles choses !…
Que dire enfin de cette politique algérienne faite d’atermoiements et de mensonges, qui a déchiré la France et l’Algérie et dont les blessures, cinquante ans après, ne sont toujours pas refermées. En revenant au pouvoir en 1958, de Gaulle a porté les espoirs de tous, et il les trahis lamentablement. Il avait toutes les cartes en main pour rassembler fraternellement les communautés d’Algérie et de France et il a semé, une nouvelle fois, la haine et la désolation.
Alors, de Gaulle homme de rassemblement ? De Gaulle grand français ? Qu’on me permette de répondre NON, même si je dois mettre un bémol aux éloges dithyrambiques du jour !…
Et j’ai fait court. Je n’ai pas parlé de cette réflexion de Georges Bidault à François Mauriac : « Si vous saviez comment il nous traite… nous, ses ministres ! » (parole rapportée par Claude Mauriac – 3 janvier 1946 – Un autre de Gaulle).