La guerre entre les Israéliens et les Palestiniens – article écrit le 14 juillet

Je n’ai pas de mots assez forts pour dire ma tristesse, ma peine, ma colère devant cette nouvelle flambée de violence qui déchire Israéliens et Palestiniens. Combien de temps ce conflit vieux de 70 ans va-t-il duré ?!… Combien de souffrances, de morts, de blessés, de familles dans le deuil, d’orphelins faudra-t-il avant que la sagesse l’emporte ?!…

La guerre, les guerres, ouvrent des blessures béantes, poussent à la violence, à la haine et à la vengeance stériles. Elles ne résolvent rien.

La guerre, les guerres, sont souvent les réponses à la peur de l’autre, naissent de la méconnaissance de l’autre dont on fait un ennemi.

J’avoue ne pas parvenir à discerner les raisons de cette guerre qui n’en finit pas.

Guerre de religion entre juifs et musulmans ? Guerre territoriale entre Israéliens et Palestiniens ? Guerre idéologique contre des islamistes qui veulent imposer la charia ? Ou autre…

Tout cela est complexe et constitue un ensemble de nœuds inextricables d’où personne ne parvient à sortir.

Mais je le dis et je le répète, seuls l’arrêt des armes, la cessation des combats et le dialogue autour d’une table pourront ramener la Paix à laquelle tous aspirent.

Je salue ici l’initiative de ces couples mixtes israélo-palestiniens, juifs et musulmans, qui montrent sur la toile que l’entente et même l’Amour sont possibles entre personnes de bonne volonté, de confessions et de cultures différentes. Heureuse initiative, mais qui l’écoutera ?…

Cette guerre – comme bien des guerres – est celle de la bêtise et de l’absurdité. C’est la lutte à mort pour la vie – ou la survie – de deux peuples, Israéliens et Palestiniens, qui chacun ont droit à leur place au soleil.

Qui aura le courage, la force de persuasion, le charisme comme hier un Yitzhak Rabin, malheureusement assassiné par un extrémiste, pour faire taire le tumulte mortel des armes, et imposer la discussion qui seule pourra amener cette Paix à laquelle tant de familles aspirent !

Et dire qu’à Jérusalem, cible de tant de tirs meurtriers, voici près de deux mille ans, un homme-Dieu a dévoilé les bienfaits de l’Amour, de la tolérance, du respect de chacun, et donné sa vie pour le salut de tous !…

Faut-il avoir peur de l’Islam ?…

Il se passe peu de jours sans que je ne reçoive une chaîne sur l’Islam et sur les musulmans en France.

Très souvent ces chaînes sont motivées par la peur et incitent au rejet massif de tous les musulmans vivant en France, et parfois dans des termes violents et remplis de haine dont j’ai honte. Aussi, je voudrais faire le point sur cette question.

Tout d’abord, ces aimables internautes font souvent l’amalgame entre Arabes et musulmans. Or, les Musulmans ne sont pas tous Arabes. Loin de là. Le pays du monde où il y a le plus de musulmans est l’Indonésie.

D’autre part, je comprends la peur de certains devant une certaine extension de l’Islam dans notre pays. Mais la peur n’est jamais bonne et la distiller encore moins. C’est bien souvent parce qu’il a peur que le chien mord, et non parce qu’il est méchant.

 

Il est vrai que la France, pays de tradition chrétienne, a le sentiment, parfois, d’être envahie par une communauté qui nous impose de plus en plus ses us et coutumes.

Ce sont les casse-tête dans les cantines de collectivités (écoles, hôpitaux, etc.) avec les viandes hallal et les menus sans porc. Ce sont les rayons de nos supermarchés sur lesquels on ne trouve plus, parfois, que des produits hallal.

Ce sont nos piscines qui sont parfois réservées aux femmes musulmanes. Ce sont ces mêmes femmes qui refusent, dans nos hôpitaux, de se faire examiner par des hommes.

Ce sont des femmes qui – au nom de leur religion – masquent leur visage sous des burqas…

Voilà ce qui motive la peur de beaucoup et entraîne un sentiment de rejet.

 

Je souhaite que la France reste, selon sa vieille tradition, une terre d’accueil. Mais elle doit imposer une certaine discipline à toutes celles et tous ceux qui vivent sur son sol.

Nous avons nos traditions, nos usages, nos croyances que tous – quelles que soient leurs religions et leurs origines – doivent impérativement respecter.

 

Je voudrais dire quelques mots, pour finir sur l’Islam qui est loin de se résumer à la folie de quelques fanatiques. Les médias prennent un malin plaisir à s’étendre sur les attentats ou menaces d’attentats de réseaux d’intégristes. Je condamne sans appel ces attentats, mais ils ne doivent pas nous pousser à rejeter en masse tous les musulmans et nous ne devons pas nous laisser prendre par la peur qu’ils inspirent.

Dans leur très grandes majorité, les musulmans n’aspirent qu’à vivre en paix et ceux, qui au nom de liberté d’expression, bafouent leurs croyances par des caricatures ou des films humiliants ne sont que des provocateurs inconscients de tout le mal qu’ils font.

Personnellement, je suis chrétien et ma foi s’enracine dans les paroles d’Amour de l’Evangile. Je laisse à chacun la liberté de croire ou de ne pas croire aux dogmes de l’Eglise. Et je constate que sur de nombreux points je suis plus proche de l’Islam que de l’Eglise.

L’Islam n’a pas de dogmes. L’Islam ne reconnaît qu’un seul Dieu et l’Eglise a bien du mal à me faire admettre que sa Trinité ne représente qu’un seul Dieu et non pas trois !…

Les musulmans reconnaissent Jésus mais pour eux il s’agit d’un prophète et non pas du fils de Dieu.

Pendant des siècles, d’ailleurs, les chrétiens se sont déchirés à propos de la nature humaine ou divine de Jésus.

Contrairement à ce qu’on pense bien souvent – et à ce que laisse croire certains musulmans machos – la femme a une très grande liberté dans la religion islamique. Elle a droit par exemple de demander le divorce – alors que le divorce est interdit dans l’Eglise catholique.

Le Coran impose aux femmes d’être vêtues décemment mais il ne leur a jamais dit de se mettre un voile sur le visage.

A ma connaissance – et contrairement à l’Eglise catholique – l’Islam ne connaît pas l’Enfer éternel. Et qu’un être humain soit condamné éternellement à l’Enfer me semble totalement incompatible avec un Dieu d’Amour.

Le ramadan – qui personnellement me semble une coutume archaïque et non adaptée aux exigences de la vie moderne – peut très bien accepter des dérogations.

L’aumône prescrite par le Coran est une forme de solidarité dont on ne peut que se féliciter.

Le djihad, cette « guerre sainte » qui fait tant de victimes dans le monde, est au départ, une lutte contre soi-même. Un effort de la volonté pour se maîtriser.

Comme l’écrivait le sage Mohamed Iqbal : « L’Islam n’enseigne pas la renonciation au monde d’ici-bas, mais il condamne l’attachement au matérialisme. Il est estime que l’homme peut aspirer au bien-être dans cette vie et au bien-être dans l’au-delà. »

J’invite mes lecteurs soucieux de mieux connaître l’Islam à lire le livre « Islam, l’autre visage », une série d’entretien avec Eva de Vitray Meyerovitch, une scientifique et mystique chrétienne qui, après des années de recherches, se convertit à l’Islam.

 

Pour finir, je dirai que mon christianisme personnel et la plénitude qu’il m’apporte, me comblent largement sans que j’éprouve le besoin de mon convertir à quelque autre religion. Mais je dirai que l’islam et le christianisme, vécus avec intelligence et cœur, sont parfaitement compatibles.

Entre les fous de Dieu qui commettent les pires crimes au nom de leur foi, et le sectarisme de certains athées qui prétendent être les seuls à détenir La Vérité, il y a le chemin silencieux de tous ceux qui sont en quête de sens pour cette vie ici-bas. A tous je rappelle qu’il est difficile de ne pas penser, en voyant un simple spermatozoïde devenir Mozart ou Einstein, qu’il y ait une intelligence derrière tout cela.

Il est urgent de cesser à nous monter les uns contre les autres. Que l’on croit en la Vie éternelle ou non, toutes les femmes et tous les hommes de bonne volonté ont le devoir de se rassembler pour construire ce monde fraternel dont nous rêvons tous.

 

Algérie Française : un rendez-vous manqué…

J’avais dix ans en mai 1958. Je rêvais d’une Algérie, française et j’étais persuadé que le général de Gaulle allait donner vie à ce rêve. On connaît la suite…

Cinquante-quatre ans plus tard, je ne renie pas mes rêves d’enfant. Mais l’Algérie française dont je rêvais était une Algérie fraternelle, une terre sur laquelle tous, quelle que fussent la couleur de leur peau, leur origine ethnique et leur religion, musulmans, chrétiens, juifs et autres, auraient eu les mêmes droits. A tel point qu’un Arabe aurait très bien pu devenir ministre, voire président de la République…

Etait-ce possible ? Quand il est arrivé au pouvoir le général de Gaulle, a été poussé par un formidable élan populaire, et il pouvait tout, ou presque tout. Malheureusement, il ne voulait pas d’une Algérie française – pour de multiples et peut-être bonnes raisons – et il a laissé pourrir la situation et l’Algérie est devenue algérienne dans le sang, avec l’exil d’un million de pieds-noirs, avec le massacre de milliers de harkis, et avec des plaies qui, aujourd’hui encore, ne sont pas refermées…

L’Algérie française, un rêve d’enfant irréalisable ? Je pense aujourd’hui que les élans de fraternité qui ont uni les Français et les Arabes, en mai 1958, étaient surtout des élans émotionnels, dus à la lassitude d’une guerre qui durait depuis quatre ans et à l’espoir de tous se rassembler dans la paix. Mais, l’émotion retombée, le quotidien revenu, les Français étaient-ils vraiment prêts à partager leurs pouvoirs avec les Arabes ? Etaient-ils prêts à ce que les Arabes deviennent des Français « à part entière » ? Je n’en suis pas certain, même si le général de Gaulle, avec son charisme et son autorité, aurait pu imposer cette égalité…

Il y a plus. En 130 ans de colonisation, la France avait commis bien des injustices vis-à-vis de la population autochtone, avait commis bien des fautes, parfois des crimes, et avait ouvert de profondes blessures. On avait, par exemple, exproprié les Arabes de leurs meilleures terres pour les donner aux colons. On avait fait appel aux Arabes pour libérer la France en 14-18, puis en 39-45. Combien avaient laissé leur vie dans ces deux guerres – qui ne les concernaient pas – et qu’avaient-ils eu en retour ? Rien. Les appels légitimes à l’indépendance de certains d’entre eux, à la fin de la guerre, avaient été réprimés dans le sang.

Toutes ces injustices, toutes ces blessures, les massacres comme celui de Sétif en 1945, et – il ne faut pas l’oublier – les exactions des partisans de l’indépendance avaient sans doute provoqué un point de non retour, et fait naître des haines et des rancunes inexpiables…

Ma tristesse, aujourd’hui, c’est de voir que l’indépendance de l’Algérie n’a rien résolu. Le peuple algérien – riche de son pétrole et de son gaz – vit dans la misère ou la pauvreté. Et pour moi, les problèmes de nos banlieues, de la délinquance, des voitures brûlées, sont une des conséquences d’un ressentiment né de la colonisation et de la guerre d’indépendance…

Combien de temps faudra-t-il pour qu’Arabes et Français regardent sereinement un passé dont ils ne sont pas responsables et acceptent de construire un avenir fraternel et paisible ? Nous appartenons à un même monde, et nous ne pouvons indéfiniment ressasser les fautes, les crimes commis par ceux qui nous ont précédés. Nous ne pouvons rien construire dans la négation du passé, sans un respect réciproque, sans le dialogue.

Alors n’oublions pas le passé, mais dépassons-le. Unissons nos efforts pour redonner vie à cette amitié en entre l’Algérie et la France à laquelle nous devons tous aspirer et pour construire ce monde fraternel et sans haine dont nous rêvons tous.

Un monde fraternel et sans haine ?… N’est-ce pas, encore et toujours, mes rêves d’enfant qui me poursuivent ?… Non ! c’est l’Espérance inébranlable qui m’habite et que je veux partager avec le plus grand nombre…

 

Le monde arabe face à la crise…

Je n’ai rien écrit sur la crise qui secoue le monde arabe. Mes lecteurs s’en étonneront peut-être. La raison de mon silence est simple : je ne sais rien de plus de ce que nous disent les médias, et je ne sais pas quoi en penser.

Je dirai simplement, que j’ai été scandalisé par la proposition de Mme Alliot-Marie d’envoyer des renforts de police en Tunisie, et par sa pirouette, quelques jours plus tard, devant le Parlement. Vraiment, les politiques ont l’art de la dénégation, et quelle effronterie chez notre Ministre des Affaires étrangère que de soutenir, après que le vent eut tourné, que ses propos avaient été déformés et mal compris !

L’Algérie avec son pétrole, la Tunisie avec son tourisme et l’Egypte avec le canal de Suez, ses ressources en gaz et en pétrole, et son tourisme, sont des pays riches. Malheureusement, leurs richesses ne sont pas redistribuées à la population et restent dans les mains de quelques-uns.

Le pouvoir algérien a étouffé le vent de contestation en diminuant ou supprimant, du jour au lendemain, toutes les taxes qui pesaient sur les produits de première nécessité. La fronde est-elle éteinte pour autant ?…

En Tunisie, Ben Ali a pris la fuite. Un gouvernement de transition s’est mis en place. Des élections doivent avoir lieu dans quelques mois. J’espère de tout mon cœur qu’une juste démocratie verra le jour. Mais, je m’indigne en voyant, au moment où ce pays a le plus besoin de l’aide internationale, les taux d’intérêt des prêts augmenter et risquer de tuer l’économie. On a eu le même problème, voici quelques mois, avec la Grèce que la communauté internationale, peu généreuse, asphyxie avec des taux exorbitants !…

C’est l’Egypte, pour l’instant, qui m’inquiète le plus. C’est un régime totalitaire et le peuple aspire à la liberté. Mais c’est aussi un pilier de stabilité dans le monde arabe… Et que se passera-t-il si on le renverse brusquement. J’ai peur que les démocrates ne soient balayés par les frères musulmans, et que ces derniers instaurent la charia et fassent de l’Egypte un nouvel Iran…

La grande faiblesse des démocraties, c’est qu’un parti bien structuré, faisant preuve d’une grande démagogie, peut prendre légalement le pouvoir, et mettre en place une dictature…

En 1989, nous avons assisté à l’effondrement du rideau de fer. Il a laissé place à des démocraties – même si le terme de démocratie me semble impropre pour parler de la Russie…

Nous assistons peut-être aujourd’hui à l’effondrement du monde arabe. A quoi va-t-il donné naissance ?…

Lecteurs, n’hésitez pas à laisser vos commentaires. Car, sur ces questions, encore plus que sur d’autres, je suis très perplexe. Tout mon être souhaite la justice et la paix, et elles ne m’ont jamais semblé aussi fragiles….

Eric Zemmour : délit d’opinion et liberté d’expression

Les hommes politiques, les journalistes, tous ceux qui peuvent influencer l’opinion, ont le devoir de mesurer leurs propos. Tout n’est pas à dire et avant de parler ils devraient s’assurer que ce qu’ils vont dire est vrai et utile pour notre pays.

Cela dit, il convient aussi de respecter la liberté d’expression et de refuser le monde de la pensée unique propre aux régimes totalitaires.

La frontière entre les deux est étroite. Mais il faut veiller à la maintenir.

J’ignore quels propos a exactement tenus Eric Zemmour et dans quel contexte il les a prononcés. Sont-ils vrais ? Dire que la plupart des trafiquants sont noirs et arabes, est peut-être vrai. Il suffit de regarder les statistiques de la population carcérale. Est-ce utile de le rappeler ? Ne risque-t-on pas d’attiser la haine raciale en le disant ? C’est une autre affaire…

Je ne connais pas assez cette affaire pour prendre partie et dire s’il convenait de citer Eric Zemmour en justice. Mais, je trouve que trois jours de procès, avec tous les frais que cela entraîne, c’est peut-être excessif…

J’ajoute cependant que, s’il est peut-être exact qu’il y a beaucoup de Noirs et d’Arabes en prison, il faudrait chercher pourquoi. Ce sont des personnes qui ont droit au respect comme toute personne. Et il serait bon de voir quel a été leur passé. Quelle éducation elles ont reçue ? Quelle a été leur famille ? Quelle a été leur scolarité ? Dans quel environnement elles ont grandi ? N’ont-elles pas été rejetées systématiquement par la société qui les condamne aujourd’hui ?…

Certes, les injustices dont on a été victime, ne justifient pas celles dont on se rend coupable. Mais, elles les expliquent.

Et peut-être que ces Noirs et ces Arabes qui sont dans nos prisons, s’ils avaient rencontré sur leur route un peu plus de générosité, un peu plus d’amour, n’en seraient pas là. Et ce n’est pas en les livrant à la vindicte populaire, comme le fait Eric Zemmour ou d’autres personnalités médiatiques, qu’on les aidera à se remettre sur le droit chemin.