par Henri LAFFORGUE | Jan 20, 2012 | Politique
L’un des avantages des transports en commun, dont on ne parle jamais, c’est qu’ils permettent des rencontres.
Ainsi lundi matin, en prenant le bus, j’ai eu le plaisir de discuter un long moment, avec un ami que je n’aperçois que rarement.
Nous parlons de nos familles, de nos enfants, de la crise, de politique, etc.
Nous constatons tous les deux que Nicolas Sarkozy a beaucoup promis et peu tenu.
Il avait promis qu’il n’y aurait plus de sans-abris ! Ils sont environ 133 000 !… Et quelle belle fumisterie que cette loi sur le logement opposable ! Connaissez-vous un seul SDF qui ait attaqué à l’Etat pour trouver un logement ?!…
Il avait promis de prendre des mesures en faveur des personnes dépendantes. Nous les attendons toujours…
A propos du chômage, il s’était engagé à ramener le nombre des chômeurs à 5% à la fin de son mandat, au lieu de 10% en 2007. Le taux est actuellement de 9,8% ! Et il avait déclaré que s’il n’y arrivait pas ce serait un échec et ce serait « aux Français d’en tirer les conséquences ». Je sais que depuis il y a eu cette fameuse crise, mais quand même !..
A propos de la crise, nous disons qu’il a beaucoup joué de son éloquence, s’est beaucoup affiché, s’est beaucoup agité, mais a peu agi ! Il s’est donné l’image d’un homme providentiel, mais je ne suis pas sûr qu’il ait été le meilleur.
Nous parlons de cette TVA sociale qui n’a de social que le nom et qui appauvrira un peu plus les classes moyennes et les pauvres.
Nous parlons de ce triple « A ». Il y a quelques semaines, il était capital, pour la France, de le maintenir. Maintenant qu’on l’a perdu, ce n’est plus une catastrophe !…
Mon ami pense que la crise c’est avant tout un problème de répartition des richesses. J’ajoute que c’est aussi un problème de confiance : plus personne n’a confiance dans personne !…
Face à l’avalanche de promesses de nombreux candidats, mon ami déclare qu’il votera pour celui qui en fera le moins. Excellente idée. Mais personnellement je pense que l’élu, quel qu’il soit, n’aura jamais les coudées franches : il sera sous la dépendance des marchés financiers, des banques, des trusts internationaux, etc., et d’une Europe où chacun tire la couverture à soi, et dans laquelle manque une véritable solidarité…
Voilà le terminus. Déjà ! Il met un terme à notre discussion. A regret. J’en fais profiter ici mes lecteurs et, quelles que soient leurs opinions, je les invite à la poursuivre. C’est dans le dialogue et dans un respect réciproques qu’on approche le plus possible d’une vérité si difficile à appréhender, et dont nous sommes chacun porteur d’une petite parcelle…
par Henri LAFFORGUE | Juil 15, 2011 | Actualité
Je sais la complexité des phénomènes économiques et l’impuissance du simple bon sens à les résoudre. Mais quand même ! Sachons regarder les choses en face et classer les problèmes par ordre d’importance.
Quand les bourses mondiales s’effondrent, que la Grèce, l’Italie, le Portugal sont au bord de la faillite, et que les Etats-Unis – la première économie du monde – croulent sous la dette – c’est aussi le pays le plus endetté du monde – dans le même temps, dans la Corne de l’Afrique, une sécheresse persistante et catastrophique déplace des millions de personnes et en tue des centaines, des milliers ?
517 000 réfugiés somaliens ont fui leur pays et s’entassent dans des camps de fortune au Kenya et en Ethiopie !
Pouvons-nous accepter un tel drame ?
Pour rétablir nos économies, il nous faut de la confiance, de la générosité et de la solidarité. Il faudra tôt ou tard que les créanciers et les boursiers de tout poil soient moins gourmands, et acceptent de remettre leurs créances ou d’en différer le remboursement. Sinon, nous courons à la catastrophe.
Et il convient de se rappeler que lorsque les prix augmentent en Occident, dans les pays en voie de développement c’est le prix de la farine ou du blé qui augmente, c’est pour des millions de gens le minimum vital qui est amputé…
Le bateau prend l’eau de toutes parts et si les puissants de ce monde ne font pas preuve d’intelligence, nous coulerons tous avec lui. Les riches comme les pauvres.
par Henri LAFFORGUE | Déc 10, 2010 | Actualité
L’argent et les banques seraient-ils à l’origine de tous les maux que nous connaissons ? Beaucoup le pensent en voyant se creuser l’écart entre les riches et les pauvres et en constatant que les banques ne cherchent souvent que le profit.
Pourtant argent et banque font partie des plus grandes inventions de l’humanité.
Grâce à l’argent on peu évaluer la valeur des biens, les échanger, en évitant les lourdeurs d’un troc qui de nos jours serait impossible, et différer dans le temps des dépenses.
Les banques en collectant l’argent du plus grand nombre, permettent aux particuliers, aux entreprises et aux collectivités, de financer des investissements que seuls, ils n’auraient pas les moyens de faire, ou ne pourraient le faire qu’après biens des années d’attente.
Le drame aujourd’hui, c’est que l’argent n’est plus un moyen mais une fin. Il n’est plus, bien souvent, pour les plus riches, la contrepartie d’un travail ou de services mais un bien virtuel dans une économie elle aussi virtuelle, cinquante fois plus importante que l’économie réelle.
Nous sommes dans des systèmes totalement viciés où tout est transformé en produits financiers, dans lesquels les actionnaires font la pluie et beau temps et cherchent avant tout à s’enrichir sans se soucier d’améliorer, grâce à leur argent, la condition de leurs frères humains.
Argent, banques et économies ont pour fondement la confiance. Or, aujourd’hui cette confiance est fortement ébranlée. La crise que connaît le monde aujourd’hui – et dont, on l’oublie souvent, les plus grandes victimes sont les pays pauvres pour lesquels les produits de première nécessité atteignent des prix exorbitants – est avant tout une crise de confiance.
Doit-on condamner l’argent et les banques, et suivre le mot d’ordre ridicule d’un Eric Cantona de retirer tout son argent des banques ? Encore faudrait-il en avoir ! Beaucoup ne vivent que prêts et de découverts… Et pour ceux qui en ont, que feront-ils de toutes ces liquidités, où les mettront-ils pour échapper à la menace des voleurs ?!…
Non, ce ne sont pas l’argent et les banques qu’il faut condamner. C’est l’usage qui en est fait.
Je crois à la solidarité. Je prends la défense des riches qui gagnent honnêtement leur vie et partagent leurs richesses avec les plus pauvres. Je crois aux banques et aux banquiers qui sont au service de la communauté, et non pas seulement de quelques privilégiés.
Serais-je en train de rêver ?… Je sais que l’homme, malgré son égoïsme foncier, est capable du meilleur. Beaucoup sont généreux et même très généreux, et il faudrait quelques lois simples – avec des jeux d’encouragements et de contraintes, la carotte et le bâton pour parler familièrement – pour répartir équitablement les richesses et pour qu’argent et banques jouent le rôle bénéfique et régulateur qu’ils peuvent et qu’ils doivent avoir.