par Henri LAFFORGUE | Août 24, 2011 | Actualité
J’ai assisté, voici près d’un an, à deux procès d’assise. J’avoue que leur déroulement et leur verdict, qui m’ont paru exemplaires, m’avaient réconcilié avec la Justice. Mais l’affaire DSK me montre à quel point la Justice peut aussi être bafouée.
Après avoir traité DSK comme le pire des criminels, l’avoir menotté, l’avoir enfermé dans la plus terrible prison des Etats-Unis, et l’avoir menacé de 70 ans de prison, voilà que le procureur Cyrus Vance abandonne toute poursuite contre lui et le relâche comme si rien ne s’était passé. Tout ça pour ça !…
On découvre là une justice américaine impulsive et excessive, balançant entre les pires sanctions et le laxisme le plus complet.
Nous ne saurons jamais ce qui s’est passé exactement, le 14 mai, dans cette suite du 2806 du Sofitel de Manhattan.
Mais, je ne puis croire que Dominique Strauss-Kahn ait été très respectueux envers Nafissatou Diallo. Son message à Anne Sinclair en se rendant à l’aéroport : « Il s’est passé quelque chose de grave » tend à prouver qu’il ne s’est pas comporté en gentleman !…
Le tout ou rien de la justice américaine ne pourra donc que rassurer tous les harceleurs et violeurs de la planète, et murer dans le silence le plus profond et la honte toutes les femmes victimes de leurs excès. Ne portez surtout pas plainte, mesdames, les hommes auront toujours raison, et s’ils se sont mal conduits envers vous, c’est de votre faute, c’est vous qui les avez aguichés !…
Voilà donc la leçon que je retiens de cette affaire DSK et du fonctionnement de la justice américaine. J’ajoute que les puissants réseaux de DSK et sa fortune ne sont certainement étrangers à l’issue de cette affaire. Si le supposé coupable n’avait été qu’un modeste chauffeur de taxi, il a aurait probablement été privé à jamais de liberté !!!…
Comme le disait très justement La Fontaine : « Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir. »
par Henri LAFFORGUE | Août 22, 2011 | Réflexions diverses
Voilà des années que je cherche un mot pour définir mes rapports à Dieu.
Elevé dans une famille profondément chrétienne, j’ai dû longtemps et durement cheminer pour me défaire des dogmes de la religion catholique – qui me semblent aujourd’hui totalement abracadabrantesques – et je ne puis donc plus me qualifier de « croyant ».
Me dirais-je pour autant « athée » ? Certainement pas. Il y a dans ce mot, un sectarisme, un rejet de la transcendance, une prétention souvent à détenir la Vérité, que je refuse.
J’ai longtemps travaillé sur le terme « agnostique ». Serais-je « agnostique » ? Non plus. Car pour l’agnostique, si je ne dis pas de bêtise, la question de l’existence ou non de Dieu ne se pose pas. Or, pour moi, cette question se pose. Et de façon cruciale ! Mais, nous n’aurons la réponse qu’au soir de cette vie.
Je ne suis donc ni croyant, ni athée, ni agnostique. Alors que suis-je ?…
Loin de rejeter l’héritage de mon enfance et de mon adolescence, et les traditions religieuses dans lesquelles ma famille a baigné pendant des siècles, je dirai simplement que je suis un chrétien de cœur.
C’est-à-dire, un chrétien qui ne croit plus en cette kyrielle de dogmes que l’Eglise a forgés pendant deux mille ans. Ou plus exactement un chrétien pour lequel ces dogmes n’ont aucune importance. N’ont rien d’essentiel.
Le péché originel, la conception de Jésus par l’Esprit Saint, la Virginité de Marie, et la Résurrection de Pâques, tout cela pour moi aujourd’hui est secondaire. J’ai grandi dans l’ignorance totale des choses de la vie, et leur découverte brutale à l’adolescence m’a plongé dans un désarroi dont je porte encore les séquelles. La procréation est déjà pour moi quelque chose d’extraordinaire, de fantastique, alors pourquoi en rajouter avec cette conception virginale du Christ ?
Enfin – il y a longtemps au Moyen-âge que j’aurais fini dans les flammes d’un bûcher ! – je n’ai pas besoin de voir un Dieu dans le Christ. Peut-être l’est-il. Peut-être ne l’est-il pas. C’est pour moi une question sans importance.
En tout cas, il incarne pour moi le parfait et véritable héros. Il a donné sa vie sans mettre en danger celle de celles et ceux qui l’ont suivi.
La beauté, la pureté des Evangiles. Le message de justice et de paix qu’ils contiennent. L’invitation à aimer nos frères en humanité. La plus belle prière qui soit au monde, le Notre Père, tout cela m’éblouit, me fascine. Comme je suis ébloui et fasciné par le miracle de l’Univers et de la Vie.
Je resterai des heures à contempler un ciel étoilé. Sans être scientifique, je me demande comment, infime poussière perdue dans l’espace et dans le temps, je pouvais être en germe dans cette minuscule tête d’épingle qui est apparue voici 14 milliard d’années, lors du Big-bang ?… N’est-ce pas merveilleux ? N’est pas fantastique ?…
J’admire. Je m’émerveille. Mais je ne tire aucune conclusion. Je dis simplement « Que sais-je ? » et je refuse les croyances sectaires et à l’emporte-pièce.
Je me définirais donc comme un chrétien des chemins de Galilée, d’avant l’Eglise et tous ses dogmes. Un chrétien de cœur, disais-je, pour lequel l’essentiel, est d’essayer de vivre le plus droitement et justement possible – avec mes limites, bien évidemment – en m’efforçant d’être généreux avec tous mes frères humains. Un chrétien persuadé qu’il n’y a qu’une seule et unique réponse à tous les problèmes de l’humanité, l’Amour.
Certes, l’Amour ne redonne pas leurs bras et leurs jambes à un manchot et à un cul-de-jatte. Mais, quel merveilleux réconfort pour eux de se savoir aimés et d’aimer en retour !
Je n’ai plus peur de l’Enfer. S’il y en a un, il est sur cette terre. Et quant au Paradis, s’il y en a un, je pense que nous nous y retrouverons tous dans la JOIE, au soir de cette vie, et je m’en réjouis. Voilà tout.
par Henri LAFFORGUE | Juin 26, 2011 | Actualité, Réflexions diverses
L’acquittement, vendredi soir, de Loïc Sécher, accusé fin 2000 de viols et d’agressions sexuelles par une adolescente de 14 ans, condamné en 2003 à 16 ans de prison, peine confirmée en appel en 2004 puis plus tard en Cassation, cet acquittement réconcilie avec la justice des hommes. Mais que de souffrances pour y parvenir ! Quel chemin de croix que rien ne pourra complètement effacer.
Loïc Sécher, bien qu’il eût toujours clamé son innocence, a fait sept ans de prison pour des viols qu’il n’a jamais commis. C’est pour un homme une terrible épreuve. A la perte de ses amis, aux doutes de ses proches, s’ajoutent les humiliations et les coups des codétenus qui ne supportent pas les « pointeurs » (délinquants sexuels) !
Et il est probable que si cette adolescente, mal dans sa peau et au psychisme fragile, ne s’était pas rétractée en 2008 et n’avait pas avoué qu’elle avait menti, Loïc Sécher serait encore en prison. Mais, il lui fallut encore attendre le 13 avril 2010 – soit deux ans après cette rétractation – pour que la Cour de révision ordonne sa libération et la tenue d’un nouveau procès.
Et il lui a fallu attendre encore ce 24 juin 2011, pour que la Cour d’assises d’appel de Paris annule sa condamnation et l’acquitte, sans l’ombre d’un doute. Entre temps, son père est mort, qui n’aura pas la joie de voir son fils reconnu innocent…
J’admire la sérénité de cet homme. Pas la moindre trace de haine pour celle qui l’a si injustement accusé et qui est à l’origine de son calvaire. Chapeau ! Il souhaite que ce procès soit pour elle l’occasion de se « reconstruire ». Il pense que cela va « lui apporter une libération ».
Il déclare n’avoir pas d’ennemi, sinon lui-même et déclarait en avril 2010, au moment de sa libération : « Je suis en paix avec moi-même, je n’en veux à personne ; j’en veux à l’institution judiciaire, pas à des personnes en particulier ». Et aujourd’hui, il n’a qu’un souhait « rester en paix et retourner dans l’anonymat ». Souhait qu’il partage avec cette adolescente devenue jeune femme, rongée par le remords et avec qui il a pu s’entretenir dans un huis clos certainement émouvant.
On a là – par delà une terrible erreur judiciaire – un magnifique exemple de ce que devrait être la Justice. Un retour à la paix, à la sérénité. Une réconciliation.
Je lis, ici et là, que la vie de cet homme est foutue. Comment peut-on dire des âneries pareilles ! Il a mûri. Il a grandi. Et une nouvelle vie commence pour lui que je souhaite inondée des plus beaux rayons de soleil.
par Henri LAFFORGUE | Mai 29, 2011 | Littérature et poésie

Il y a longtemps. Bien longtemps.
Quand tous les maux se furent échappés
de la boîte de Pandore,
la guerre qui déchire le monde,
la jalousie, l’envie, la colère
la vengeance stérile
la méchanceté, la folie
l’amour non partagé,
et aussi la maladie et la mort,
alors, quand tous ces maux
se furent répandus sur la terre,
apparut du fond de la boîte maudite
l’Espérance !
Ah ! l’Espérance !…
Petite flamme fragile
qui accompagne les hommes
tout au long de leur vie.
L’Espérance qui brise les chaînes
du prisonnier.
L’Espérance plus forte que la raison.
L’Espérance qui donne le succès
quand tout semble perdu.
L’Espérance plus forte que la maladie,
plus forte que la mort.
L’Espérance qui assure toujours
le triomphe de la Liberté.
Ah ! quelle Espérance et quelle Foi,
fallait-il à nos pères et à nos mères,
dans la nuit de l’Occupation,
dans les souffrances et l’obscurité
des cachots
pour savoir qu’un jour
la Liberté et la Paix triompheraient.
Gardons toujours l’Espérance
au fond de nos cœurs !
C’est le bien le plus précieux
que nous ayons sur cette terre,
et personne ne peut nous l’arracher.
Dans un monde où il est si tentant
de céder au désespoir.
Dans un monde où les médias
se complaisent à nous dire
tout ce qui va mal,
gardons,
enracinée au plus profond
de nous-mêmes,
l’Espérance qui triomphe de tout.
L’Espérance avec laquelle nous construirons
ce monde d’Amour, de Justice,
de Liberté et de Paix,
dont nous rêvons tous !
par Henri LAFFORGUE | Mai 20, 2011 | Actualité
J’ai souhaité que Dominique Strauss-Kahn soit traité comme un homme et j’ai été révolté par la façon dont la Justice américaine et les médias l’ont humilié.
Mais je souhaite ardemment aujourd’hui qu’il n’utilise pas la puissance de sa fortune et de ses réseaux pour imposer sa vérité et étouffer la vérité de la victime ou la Vérité tout court.
Certes Dominique Strauss-Kahn est, aux yeux de notre Justice française, présumé innocent et nous ignorons le témoignage de la victime.
Mais, je ne voudrais pas que les rôles soient inversés et qu’il se place à son tour en victime.
Deux phrases dans sa lettre de démission adressée au FMI m’inquiètent : « A tous, je veux dire que je réfute avec la plus extrême fermeté tout ce qui m’est reproché.
[…] et surtout, surtout, je veux consacrer toutes mes forces, tout mon temps et toute mon énergie à démontrer mon innocence ».
Ne risque-t-on pas d’assister maintenant à la lutte du pot de terre contre le pot de fer et de voir Dominique Strauss-Kahn acheter à coup de centaines de milliers de dollars – qui apparemment ne lui coûtent guère ! – le témoignage de la victime ?…
Je demande donc à cette Justice américaine où les plus fortunés peuvent retrouver la liberté en échange de millions de dollars, de défendre les droits de cette malheureuse femme de chambre qui a tout contre elle : la pauvreté, la religion – elle est musulmane – et l’absence de puissants réseaux sociaux…