par Henri LAFFORGUE | Sep 3, 2013 | Actualité, Histoire
Chers Amis internautes,
Je vous prie de trouver ci-dessous un hommage au commandant Hélie Denoix de Saint Marc aux obsèques duquel j’ai assisté vendredi dernier 30 août.
C’était là un très grand homme, un homme de grande valeur, et je regrette que les médias le présentent trop souvent comme un officier « putschiste ». Ce qualificatif risque, pour ceux qui ne le connaissent pas ou qui le connaissent mal, de le discréditer en le faisant passer pour un aventurier, pour un officier félon et ambitieux, ce qu’il n’était pas.
Comme il l’avait très bien dit au cardinal Barbarin lors d’une rencontre en décembre dernier : « J’avais le choix entre un « crime d’illégalité » (le putsch de 1961) et un « crime d’inhumanité » (l’abandon des Algériens qui avaient cru à nos promesses). »
Or, pour lui qui avait déjà vécu tragiquement l’abandon par l’armée française des populations d’Indochine, la France ne pouvait trahir ceux qui avaient placé leur confiance en elle. Il savait que les harkis seraient massacrés et ne l’a pas accepté.
Le commandant de Saint Marc vécut le déchirement que connurent tant d’officiers en Algérie, déchirement très bien résumé par le général Henri de Pouilly – commandant le corps d’armée d’Oran et resté légaliste – lors du procès du général Salan en 1962 : « En choisissant la discipline, j’ai choisi de partager avec mes concitoyens et la nation française, la honte de l’abandon. Ceux qui n’ont pu supporter cette honte se sont révoltés. L’Histoire dira peut-être que leur erreur était moins grave que la nôtre. »
Voilà ce qu’il faut rappeler autour de nous. Le commandant Hélie Denoix de Saint Marc, grand résistant, rescapé de Buchenwald, incarnait les plus belles qualités de l’officier français.
Hommage au commandant Hélie Denoix de Saint Marc
Je ne crois guère en la justice en ce monde et pourtant, hier, lors des obsèques du commandant Hélie Denoix de Saint Marc, j’ai rarement ressenti un tel sentiment de justice pleinement accomplie.
Oui, quiconque sait les épreuves que cet homme de paix a connues, son courage, sa fidélité à la parole donnée, et sa capacité à pardonner, n’a pu que se réjouir de la magnifique cérémonie qui a accompagné son départ, en la cathédrale Saint-Jean, à Lyon, en présence d’une assistance nombreuse et émue. La cathédrale était pleine et il y avait beaucoup de monde à l’extérieur.
Il y avait là, dans la beauté de cette messe présidée par le cardinal Barbarin et dans les honneurs militaires qui l’ont suivie, le juste hommage rendu à un grand homme dont la droiture reste et restera un exemple pour tous.
Les autorités civiles et militaires étaient présentes, et cinquante, soixante – ou plus encore ? – porte-drapeaux ont accompagné Hélie Denoix de Saint Marc dans son dernier voyage.
J’ai particulièrement apprécié au cours de la messe, la JOIE plus forte que la tristesse et que la peine. JOIE que les paroles du chant d’entrée résument : « Jubilez ! Criez de joie ! Acclamez le Dieu trois fois Saint ! » Vraiment on a assisté au retour auprès du Père du serviteur fidèle, retour émouvant, bien sûr, mais plein de sérénité.
Notons enfin la grande dignité de Madame de Saint-Marc et de toute sa famille, le bel hommage rendu à son père par une de ses filles, le bel et sobre hommage rendu également par le général Bruno Dary, président de l’Association des anciens légionnaires parachutistes et ancien gouverneur de Paris, et enfin la majesté de ces honneurs militaires rendus avec ces légionnaires qui portaient le cercueil et les décorations du 2°REP et la musique du 1er régiment étranger d’Aubagne.
Oui, commandant Hélie de Saint Marc, MERCI de cette belle vie que vous nous laissez en exemple à tous, et aidez-nous à répondre toujours fidèlement à la voix de notre conscience.
par Henri LAFFORGUE | Août 31, 2013 | Actualité
Depuis deux ans et demi, plus de 120 000 Syriens ont péri dans la guerre civile, et on ne compte pas le nombre des blessés, des réfugiés, des personnes chassées de leur foyer !
Qu’a donc fait la communauté internationale pendant tout ce temps pour ramener la Paix ? Rien ou si peu. Des parlottes. Des bavardages sans effet. !
Et maintenant, elle se réveille parce que des armes chimiques ont été utilisées. Cela est certes un pas de plus dans l’horreur. Doit-on pour autant lancer une expédition punitive contre Achar el-Assad ?
Il ne faut surtout pas croire qu’il y ait les bons d’un côté, les rebelles, et les méchants de l’autre, Assad et ses partisans. La situation est beaucoup plus complexe.
Le rôle d’une punition est de sanctionner une faute, au nom de la Justice, de servir d’exemple et d’inciter le fautif à ne pas recommencer.
Or, en quoi une intervention punitive en Syrie incitera-t-elle les coupables à apporter un bémol dans l’escalade de la guerre, en quoi participera-t-elle au retour de la Paix dans ce pays si bouleversé ?
En rien ! Elle ajoutera de la guerre à la guerre. De la violence à la violence. Elle fera des victimes supplémentaires et poussera les va-t-en-guerre de tout poil à se retourner contre l’Occident et contre les minorités religieuses,dont les chrétiens, par de nouveaux massacres ou de lâches attentats.
Les exemples passés de l’Afghanistan, de l’Irak, de la Libye ne nous ont-ils pas servi de leçons ?…
S’il vous plait, M. Hollande, ne nous lancez pas dans cette aventure funeste pour la France et pour le monde, et – pour une fois – respectez la démocratie (deux Français sur trois sont contre toute intervention) !
La Syrie et les Syriens pas besoin de violences supplémentaires mais de mains généreuses qui leur tendent des rameaux d’olivier. Alors, si nous devons intervenir en Syrie que ce soit par un renforcement des aides humanitaires auprès des victimes de cette guerre horrible qui en ont tant besoin.
par Henri LAFFORGUE | Août 31, 2013 | Actualité, Réflexions diverses
Vivant en société, nous avons tous des obligations les uns envers les autres, obligations dont les plus importantes sont éternelles et universelles. Ces obligations peuvent se résumer au respect total de l’autre, dans son intégrité physique et morale.
La transgression de ces obligations mérite un châtiment plus ou moins important selon la gravité de la faute ou du crime.
Par sa faute ou son crime, une personne s’exclut de la société et le châtiment qui lui est infligé confirme cette exclusion.
Ce ne sera donc qu’après un temps de purification qu’elle pourra être réintégré dans cette société dont elle s’est elle-même exclue.
Comme l’écrivait la philosophe Simone Weil : « De même que la seule manière de témoigner du respect à celui qui souffre de la faim est de lui donner à manger, de même le seul moyen de témoigner du respect à celui qui s’est mis hors la loi est de le réintégrer dans la loi en le soumettant au châtiment qu’elle prescrit. » (L’enraciment).
La privation de liberté d’un fautif ou d’un criminel doit lui permettre de se purifier et doit constituer en même temps une sorte dédommagement pour les torts qu’il a commis et pour la victime qu’il a touchée. Elle doit enfin avoir un effet dissuasif.
Malheureusement, il apparaît clairement aujourd’hui que nos prisons françaises ne constituent pas un juste châtiment et ne permettent pas une véritable expiation.
Surpeuplées, elles sont trop souvent une école du crime et de la récidive. D’autre part il est évident que de nombreux détenus souffrent de troubles psychiatriques, sont déséquilibrés, que leur place serait dans un centre spécialisé pour des soins, et non pas dans le surpeuplement et la promiscuité de nos prisons qui accentuent encore leur déséquilibre.
Il faut que le châtiment s’accompagne d’un sentiment de justice. Or trop souvent la justice est bafouée, et l’échelle des peines est injuste.
Il est injuste en effet que des personnes de milieux favorisés, des personnes privilégiées par leur condition sociale, des personnes haut placées dans la société, des notables, qui devraient donner l’exemple de l’honnêteté et de la droiture, puissent faire de graves malversations, détourner des fonds, par exemple, en quasi-impunité, tandis que des personnes qui n’ont reçu aucune éducation, qui ont été élevées dans la rue, sont systématiquement punies.
Oh, je le sais : l’injustice dont on a été victime, ne justifie pas l’injustice que l’on cause. Nous avons tous une conscience du Bien et du mal, cependant cette conscience peut-être faussée par le manque d’éducation.
Le rôle de la Justice et de la prison devrait précisément être de réveiller cette conscience et d’élever vers le Bien ceux qui sont sur la pente du mal.
Encore conviendrait-il pour cela que les magistrats, la police, et tous ceux qui ont pour mission de faire respecter les lois, soient irréprochables. Tel n’est pas le cas malheureusement.
Encore faudrait-il que la condamnation du fautif ou du criminel soit rendue avec une certaine solennité, un certain cérémonial qui montre la gravité de la faute ou du crime, et que la souffrance occasionnée par la privation de liberté s’accompagne d’un sentiment de justice.
Toutes ces conditions ne sont malheureusement pas respectées actuellement et ne permettent de rétablir l’ordre dont toute société a besoin.
La première condition serait donc le respect de la loi et l’irréprochabilité de tous les notables et de tous les agents de la Justice.
Il conviendrait enfin que nos prisons, sans être des clubs méd., soient des lieux décents, dans lesquels les détenus puissent se purifier de leurs fautes ou de leurs crimes et se reconstruire.
par Henri LAFFORGUE | Août 18, 2013 | Actualité
Monsieur le Président de la République,
J’ai appris avec stupeur que le quotidien le Monde avait publié dans ses colonnes une lettre que vous avait adressée personnellement M. Manuel Valls, ministre de l’Intérieur, quelques heures à peine après son envoi.
Il est inadmissible que de telles fuites puissent avoir lieu en si haut lieu. Aussi un chef de l’Etat qui se respecte doit impérativement prendre des mesures pour que l’auteur – ou les auteurs – soient démasqués et sévèrement condamnés.
Le respect du secret professionnel est un devoir qui est hélas, de nos jours, de plus en plus galvaudé dans toutes les professions et ceux qui le trahissent – quels que soient leurs mobiles, le plus souvent mercantiles – doivent être recherchés et châtiés.
Vous, qui vous êtes fait le chantre d’une République exemplaire et irréprochable, vous avez le devoir de mettre un terme à ces dérives inacceptables.
Je vous prie d’agréer, Monsieur le Président de la République, mes respectueuses salutations.
par Henri LAFFORGUE | Août 18, 2013 | Actualité
Je l’avoue, un sentiment d’espoir m’a envahi lorsque l’armée, soutenue par le peuple, a pris le pouvoir en Egypte et a évincé les frères musulmans. Car, il faut bien le savoir, les frères musulmans n’incarnent pas la liberté et la démocratie. Avec eux ce sont la charia et l’asservissement de la femme.
J’espérais donc que l’armée aurait mis sa force et sa discipline au service de l’ordre, de la justice et de la démocratie, et aurait rétabli dans ses droits le peuple dont les frères musulmans avaient confisqué la révolution.
Il n’en est hélas rien. L’armée a établi un régime de terreur, tire à balles réelles sur ses opposants, fait des centaines de morts, des milliers de blessés et a lancé une spirale infernale de haine, de violence et de vengeance qui provoque de profondes et injustes blessures.
Egypte ! Pauvre Egypte, terre plurimillénaire des dieux ! Terre des premières églises chrétiennes ! Pays où se pressaient des milliers de touristes pour visiter tes temples et contempler tes pyramides antiques ! Te voilà en proie à la stérilité d’une guerre civile, de toute guerre civile.
Combien de temps le sang va-t-il couler ? Combien de temps faudra-t-il pour refermer les immenses blessures engendrées par la guerre ? Combien de victimes innocentes devront-elles mourir avant que la paix ne revienne ?…