L’Histoire a ses périodes et ses lois auxquels les hommes ne peuvent échapper. C’est ainsi qu’il y eut un temps pour la colonisation et un temps pour la décolonisation. Et c’est ainsi sans doute qu’il était inéluctable que l’Algérie devint un jour indépendante. Mais nous ne pouvons que nous indigner – je dirais même pleurer de tristesse et de de honte – devant la façon dont cette indépendance a été octroyée.

Les personnes honnêtes ne peuvent le nier : la France avait apporté de nombreux bienfaits à l’Algérie, au cours de ses cent trente ans de présence. Mise en valeur de sols, construction de routes, de voies ferrées, de ports, d’écoles, d’hôpitaux, développement sanitaire et social, etc.

Mais, il faut le reconnaître, il y avait aussi beaucoup d’injustices dans l’Algérie d’avant l’indépendance. L’une des plus grandes, peut-être, était un système électoral tout à fait inégalitaire, avec deux collèges, l’un musulman (représentant 9 millions de personnes), l’autre européen (1 million de personnes). Une voix européenne valait alors neuf voix de musulmans.

L’instauration d’un collège unique en 1957, et le plan de Constantine, en 1958, venaient corriger les injustices et les inégalités existantes.

Rappelons que le plan de Constantine prévoyait la construction de 200 000 logements, la redistribution de 250 000 hectares de terres agricoles, le développement de l’irrigation, la création de 400 000 emplois industriels, la scolarisation de tous les enfants en âge d’être scolarisés à l’horizon de 1966, l’emploi d’une proportion accrue de Français musulmans d’Algérie dans la fonction publique (10 %), et l’alignement des salaires et revenus sur la métropole.

Les efforts entrepris pour réduire et supprimer les inégalités entre Européens et musulmans étaient prometteurs, et on aurait pu espérer que l’accession à l’indépendance de l’Algérie se réalisât le plus sereinement possible, en conservant des liens d’amitié et de fraternité avec la France.

Mais il faut dénoncer ici le régime de terreur que le FLN mit en place pour obtenir cette indépendance. Terreur à l’encontre des Européens et encore plus des musulmans favorables à la France. Il faut rappeler que les harkis – que le FLN a accusés de traîtrise et a massacré impitoyablement – se sont ralliés pour la plupart à la France par dégoût pour les crimes innommables perpétrés par le FLN.

Et il faut dénoncer haut et fort, le cessez-le-feu du 19 mars 1962, que seule respecta l’armée française – qui avait été victorieuse militairement sur le terrain – et que le FLN viola impunément, enlevant et tuant plusieurs centaines de soldats français et massacrant dans les pires supplices des dizaines de milliers d’harkis et de musulmans qui avaient eu des sympathies pour la France. Il faut rappeler tous les massacres qui suivirent le 19 mars 1962. Il faut rappeler les centaines de civils massacrés à Oran, le 5 juillet 1962, jour de l’indépendance, ou encore tous les harkis qui ont trouvé la mort en enlevant, pieds et mains nus, les mines et les barbelés le long des frontières avec la Tunisie et le Maroc !…

Pour ces raisons, le 19 mars ne saurait marquer en aucun cas la fin de la guerre d’Algérie, comme la gauche française l’a décidé de façon totalement arbitraire.

Je suis pour la paix et pour la fraternité entre les peuples et entre les hommes. Pour moi, la guerre est la pire des choses. Il faut tout faire pour les éviter et, ensuite, pour réconcilier les ennemis d’hier.

Mais pour faire la paix, il faut être deux à la vouloir et il faut une mémoire objective et honnête. Or l’Algérie refuse de joindre sa main à celle tendue par la France. Or l’Algérie a du passé, une mémoire partiale et sectaire.

L’Algérie de Bouteflika dénonce les crimes de la colonisation et de l’armée françaises, mais ils ne sont rien à côté de l’horreur de ceux commis par le FLN pendant toute la guerre et après. La France n’a aucune repentance à faire à l’Algérie.

Les guerres naissent bien souvent de l’humiliation. J’ai lu quelque part que le général Giap qui a fait tant de mal aux soldats français d’Indochine et qui s’est montré si cruel envers eux, avait perdu sa femme dans les prisons françaises, des suites des tortures qu’elle y avait subies. Ceci explique peut-être cela…

Pour en revenir à la réconciliation de la France et de l’Algérie, elle ne se fera pas, hélas, tant que les autorités algériennes inculqueront la haine de la France à leurs enfants, et ne voudront pas reconnaître les crimes du FLN.

La France et l’Allemagne présentent une mémoire apaisée, sereine et sans passion, sur les drames qui les ont déchirés au cours des deux dernières guerres.

L’Algérie et la France parviendront-elles un jour au même apaisement, à la même sérénité ? Je le souhaite ardemment, mais ce n’est pas en falsifiant l’Histoire et en prenant le 19 mars 1962 comme date de fin de la guerre, qu’elles y parviendront.

Chers Amis internautes,

Je vous prie de trouver ci-dessous un hommage au commandant Hélie Denoix de Saint Marc aux obsèques duquel j’ai assisté vendredi dernier 30 août.

C’était là un très grand homme, un homme de grande valeur, et je regrette que les médias le présentent trop souvent comme un officier « putschiste ». Ce qualificatif risque, pour ceux qui ne le connaissent pas ou qui le connaissent mal, de le discréditer en le faisant passer pour un aventurier, pour un officier félon et ambitieux, ce qu’il n’était pas.

Comme il l’avait très bien dit au cardinal Barbarin lors d’une rencontre en décembre dernier : « J’avais le choix entre un « crime d’illégalité » (le putsch de 1961) et un « crime d’inhumanité » (l’abandon des Algériens qui avaient cru à nos promesses). »

Or, pour lui qui avait déjà vécu tragiquement l’abandon par l’armée française des populations d’Indochine, la France ne pouvait trahir ceux qui avaient placé leur confiance en elle. Il savait que les harkis seraient massacrés et ne l’a pas accepté.

Le commandant de Saint Marc vécut le déchirement que connurent tant d’officiers en Algérie, déchirement très bien résumé par le général Henri de Pouilly – commandant le corps d’armée d’Oran et resté légaliste – lors du procès du général Salan en 1962 : « En choisissant la discipline, j’ai choisi de partager avec mes concitoyens et la nation française, la honte de l’abandon. Ceux qui n’ont pu supporter cette honte se sont révoltés. L’Histoire dira peut-être que leur erreur était moins grave que la nôtre. »

Voilà ce qu’il faut rappeler autour de nous. Le commandant Hélie Denoix de Saint Marc, grand résistant, rescapé de Buchenwald, incarnait les plus belles qualités de l’officier français.

Hommage au commandant Hélie Denoix de Saint Marc

Je ne crois guère en la justice en ce monde et pourtant, hier, lors des obsèques du commandant Hélie Denoix de Saint Marc, j’ai rarement ressenti un tel sentiment de justice pleinement accomplie.

Oui, quiconque sait les épreuves que cet homme de paix a connues, son courage, sa fidélité à la parole donnée, et sa capacité à pardonner, n’a pu que se réjouir de la magnifique cérémonie qui a accompagné son départ, en la cathédrale Saint-Jean, à Lyon, en présence d’une assistance nombreuse et émue. La cathédrale était pleine et il y avait beaucoup de monde à l’extérieur.

Il y avait là, dans la beauté de cette messe présidée par le cardinal Barbarin et dans les honneurs militaires qui l’ont suivie, le juste hommage rendu à un grand homme dont la droiture reste et restera un exemple pour tous.

Les autorités civiles et militaires étaient présentes, et cinquante, soixante – ou plus encore ? – porte-drapeaux ont accompagné Hélie Denoix de Saint Marc dans son dernier voyage.

J’ai particulièrement apprécié au cours de la messe, la JOIE plus forte que la tristesse et que la peine. JOIE que les paroles du chant d’entrée résument : « Jubilez ! Criez de joie ! Acclamez le Dieu trois fois Saint ! » Vraiment on a assisté au retour auprès du Père du serviteur fidèle, retour émouvant, bien sûr, mais plein de sérénité.

Notons enfin la grande dignité de Madame de Saint-Marc et de toute sa famille, le bel hommage rendu à son père par une de ses filles, le bel et sobre hommage rendu également par le général Bruno Dary, président de l’Association des anciens légionnaires parachutistes et ancien gouverneur de Paris, et enfin la majesté de ces honneurs militaires rendus avec ces légionnaires qui portaient le cercueil et les décorations du 2°REP et la musique du 1er régiment étranger d’Aubagne.

Oui, commandant Hélie de Saint Marc, MERCI de cette belle vie que vous nous laissez en exemple à tous, et aidez-nous à répondre toujours fidèlement à la voix de notre conscience.

J’avais dix ans en mai 1958. Je rêvais d’une Algérie, française et j’étais persuadé que le général de Gaulle allait donner vie à ce rêve. On connaît la suite…

Cinquante-quatre ans plus tard, je ne renie pas mes rêves d’enfant. Mais l’Algérie française dont je rêvais était une Algérie fraternelle, une terre sur laquelle tous, quelle que fussent la couleur de leur peau, leur origine ethnique et leur religion, musulmans, chrétiens, juifs et autres, auraient eu les mêmes droits. A tel point qu’un Arabe aurait très bien pu devenir ministre, voire président de la République…

Etait-ce possible ? Quand il est arrivé au pouvoir le général de Gaulle, a été poussé par un formidable élan populaire, et il pouvait tout, ou presque tout. Malheureusement, il ne voulait pas d’une Algérie française – pour de multiples et peut-être bonnes raisons – et il a laissé pourrir la situation et l’Algérie est devenue algérienne dans le sang, avec l’exil d’un million de pieds-noirs, avec le massacre de milliers de harkis, et avec des plaies qui, aujourd’hui encore, ne sont pas refermées…

L’Algérie française, un rêve d’enfant irréalisable ? Je pense aujourd’hui que les élans de fraternité qui ont uni les Français et les Arabes, en mai 1958, étaient surtout des élans émotionnels, dus à la lassitude d’une guerre qui durait depuis quatre ans et à l’espoir de tous se rassembler dans la paix. Mais, l’émotion retombée, le quotidien revenu, les Français étaient-ils vraiment prêts à partager leurs pouvoirs avec les Arabes ? Etaient-ils prêts à ce que les Arabes deviennent des Français « à part entière » ? Je n’en suis pas certain, même si le général de Gaulle, avec son charisme et son autorité, aurait pu imposer cette égalité…

Il y a plus. En 130 ans de colonisation, la France avait commis bien des injustices vis-à-vis de la population autochtone, avait commis bien des fautes, parfois des crimes, et avait ouvert de profondes blessures. On avait, par exemple, exproprié les Arabes de leurs meilleures terres pour les donner aux colons. On avait fait appel aux Arabes pour libérer la France en 14-18, puis en 39-45. Combien avaient laissé leur vie dans ces deux guerres – qui ne les concernaient pas – et qu’avaient-ils eu en retour ? Rien. Les appels légitimes à l’indépendance de certains d’entre eux, à la fin de la guerre, avaient été réprimés dans le sang.

Toutes ces injustices, toutes ces blessures, les massacres comme celui de Sétif en 1945, et – il ne faut pas l’oublier – les exactions des partisans de l’indépendance avaient sans doute provoqué un point de non retour, et fait naître des haines et des rancunes inexpiables…

Ma tristesse, aujourd’hui, c’est de voir que l’indépendance de l’Algérie n’a rien résolu. Le peuple algérien – riche de son pétrole et de son gaz – vit dans la misère ou la pauvreté. Et pour moi, les problèmes de nos banlieues, de la délinquance, des voitures brûlées, sont une des conséquences d’un ressentiment né de la colonisation et de la guerre d’indépendance…

Combien de temps faudra-t-il pour qu’Arabes et Français regardent sereinement un passé dont ils ne sont pas responsables et acceptent de construire un avenir fraternel et paisible ? Nous appartenons à un même monde, et nous ne pouvons indéfiniment ressasser les fautes, les crimes commis par ceux qui nous ont précédés. Nous ne pouvons rien construire dans la négation du passé, sans un respect réciproque, sans le dialogue.

Alors n’oublions pas le passé, mais dépassons-le. Unissons nos efforts pour redonner vie à cette amitié en entre l’Algérie et la France à laquelle nous devons tous aspirer et pour construire ce monde fraternel et sans haine dont nous rêvons tous.

Un monde fraternel et sans haine ?… N’est-ce pas, encore et toujours, mes rêves d’enfant qui me poursuivent ?… Non ! c’est l’Espérance inébranlable qui m’habite et que je veux partager avec le plus grand nombre…

 

Pour des raisons purement électoralistes – les Arméniens sont environ 500 000 en France et leurs voix peuvent assurer la victoire à celui qui les obtiendra – Nicolas Sarkozy ramène la France aux périodes les plus sombres de la pensée unique.

Au IIIe siècle de notre ère, le prêtre Alexandre Arius nia la nature divine du Christ. L’empereur Constantin défendit de lire ses ouvrages et ordonna des les détruire. « Si quelqu’un est surpris ayant caché un livre d’Arius et ne le brûle pas sur-le-champ, il subira la peine de mort. Le supplice capital suivra immédiatement la découverte de la faute. »

Nous avons tous en mémoire les massacres de l’Inquisition et les luttes sanglantes entre catholiques et protestants.

Nous savons tous à quels excès mène aujourd’hui l’intolérance de fanatiques, d’exaltés et d’extrémistes.

La loi votée par le Parlement vendredi dernier, 23 décembre, en condamnant à un an de prison et 45 000 euros d’amende ceux qui nient le génocide des Arméniens par les Turcs en 1915, procède de la même intolérance.

Championne dans le domaine de la législation, la France décide désormais de ce qui est vrai en histoire.

Or cette question n’appartient pas aux gouvernants mais aux historiens, et à eux seuls, chacun ayant la liberté de les croire ou non.

Cette loi du 23 décembre nous rappelle les heures dramatiques de l’URSS, sa pensée unique et ses goulags…

Un Etat qui nie la liberté de pensée commet un crime.

Personnellement, mes connaissances en histoire me laissent penser que les Turcs ont effectivement commis un génocide envers les Arméniens en 1915.

Mais la France n’a pas à condamner ceux qui le nient.

Il appartient aux historiens – et non à la Justice – de faire de façon apaisée toute la lumière sur ce drame.

L’intolérance de Nicolas Sarkozy – qui ferait bien de balayer devant sa porte – risque – sous de fallacieux prétextes de défense des droits de l’Homme – de nous brouiller avec la Turquie et discrédite gravement la diplomatie française.

En imposant cette loi, le président Sarkoy et en la votant, le Parlement, droite et gauche confondues, ont fait faire à la France, terre des droits de l’Homme, un bond de plusieurs siècles en arrière…

 

Une assistance nombreuse se pressait ce 11 novembre au monument pour la Paix à Rillieux. Voici le discours lu par le vice-président du Souvenir Français de Rillieux, lors de cette cérémonie. N’oublions pas nos morts tombés pour la France !

Le 11 novembre 1918, à onze heures, les cloches de toutes les églises de France ont sonné, pour annoncer la fin de la guerre.

Ce furent un peu partout des larmes de joie et des larmes de tristesse.

Larmes de joie, pour célébrer la fin d’un enfer qui avait duré quatre ans.

Et larmes de tristesse dans d’innombrables foyers marqués par un deuil cruel.

Tout a été dit sur terrible guerre : 1,5 million de morts pour la France, 4 millions de blessés, 700 000 veuves et 650 000 orphelins.

Tout a été dit sur cette Première Guerre mondiale et ses 20 millions de morts et 21 millions de blessés !

Tout a été dit, enfin, sur cet Armistice malheureux qui portait en germe la Deuxième Guerre mondiale.

Le maréchal Foch eut cette parole prophétique, après le Traité de Versailles : « Ce n’est pas une paix, c’est un armistice de vingt ans. »

Oui, tout a été dit sur cette guerre meurtrière. Et pourtant, il ne faut pas craindre de se répéter.

Il faut se souvenir de tous ces hommes qui sont devenus des héros sans l’avoir voulu. Il faut se souvenir de leur sacrifice et perpétuer leur mémoire.

Mais ce regard vers le passé doit être aussi tourné vers l’avenir et nous donner la force, le courage, l’audace dont nous avons tant besoin pour construire ce monde fraternel que nos aînés n’ont pas réussi à construire.

Ce n’est pas pour rien que Verdun avec ses 306 000 morts et ses 400 000 blessés, est devenue capitale mondiale de la Paix.

Il dépend de nous, de chacun de nous, que le sang versé hier devienne une source de Paix.

Notre monde est déchiré par d’innombrables conflits devant lesquels nous pouvons nous croire impuissants.

Que de morts et de blessés, chaque jour, en Afghanistan, en Syrie, en Irak, en Libye et dans combien de pays du monde ! Que pouvons-nous faire pour éviter toutes ces souffrances qui appellent sans cesse à la haine et à la vengeance ?…

Devenons accepter cet engrenage de la violence comme une fatalité contre laquelle nous ne pourrions rien ?…

La guerre est contagieuse. Nous la savons. Mais souvenons-nous que la Paix est tout aussi contagieuse.

Nos poilus d’hier nous disent : « Faites la paix dans vos foyers, dans vos familles, avec vos amis, avec vos proches, avec toutes celles et tous ceux que vous rencontrez chaque jour. »

Si nous savons faire la Paix dans notre entourage, alors elle se répandra de proche en proche et inondera le monde.

Enfin, dans un monde touché par la désespérance, nos poilus nous répètent : « Ne désespérez pas ! »

Le monde connaît la plus grave crise économique et financière qu’il n’ait jamais connue. Veillons à ce que cette crise n’engendre pas des replis sur soi égoïstes et frileux, mais qu’elle soit l’occasion de fortifier notre générosité, notre solidarité et notre sens de la justice.

Voilà la leçon que nous donnent nos morts de 14-18. Le Souvenir Français nous invite à la suivre fidèlement. Alors nos morts pourront dormir en paix. Alors leur sang n’aura pas coulé en vain. Alors ils seront fiers de nous.