L’humanité bientôt dominée par ses robots…

Emoi dans les milieux scientifiques et dans les médias : l’intelligence artificielle est-elle sur le point de supplanter l’intelligence humaine, après la victoire de l’ordinateur AlphaGo contre le Sud-Coréen Lee Sedol, n°3 mondial de go ?

Sur le plan des calculs, de la rationalité, il n’y a aucun doute : l’homme ne fait pas le poids par rapport aux machines qu’il arrive à créer.

Mais l’homme n’est pas seulement un être de calculs et de rationalité. C’est aussi un être de sentiments, d’émotions, un être de chair et de sang, en un mot, un être de cœur. Un être qui a une conscience et dont la conduite obéit – ou désobéit – à des règles morales.

Les robots les plus perfectionnés resteront toujours incapables de prendre des décisions que seule une conscience évoluée peut prendre.

C’est ainsi qu’on cite l’exemple de cette voiture sans chauffeur – Google-car – qui a provoqué un accident pour ne pas avoir su déroger au code de la route au moment où il aurait fallu le faire, et où un être humain responsable l’aurait fait.

Non ! la machine ne remplacera jamais l’homme, mais il convient cependant que l’usage des robots soit limité et sérieusement encadré.

Qu’adviendrait-il si un robot – après une série d’analyses poussées et d’une logique implacable – décidait de lancer une bombe atomique contre un ennemi menaçant et risquait de provoquer une nouvelle mondiale qui détruirait toute la planète ?…

On le voit, avec ce dernier cas, rien ne peut remplacer l’intelligence humaine, sa capacité à peser le bien et le mal et son art de négocier dans les situations les plus tendues. Nous le savons, l’informatique raisonne par oui et par non. Or l’être humain est beaucoup plus complexe et ne peut se satisfaire de ces seuls raisonnements binaires…

Le mythe de la croissance…

A croire les médias et tous les économistes, la source de tous nos maux vient d’un manque de croissance. Voire.

Nous connaissons tous – ou presque tous – que nous soyons croyants, athées ou agnostiques, cette injonction de Dieu, dans la Genèse : « Croissez et multipliez-vous ! » et cette promesse faite à Abraham : « Ta descendance sera aussi nombreuse que les étoiles ».

Voilà qui devrait réjouir les chantres de la croissance à tout prix. Je voudrais cependant apporter ici un bémol important.

Notre planète est gravement menacée par la surpopulation. L’Inde et la Chine comptent chacune plus d’un 1,3 milliards d’habitants ; la population de l’Afrique est actuellement de 1,2 milliards d’habitants, et selon les prévisions atteindra 2 milliards en 2050 et 4,2 milliards en 2100 ! En 2050, un quart de la population mondiale vivra en Afrique…

Ces chiffres donnent le vertige et, sans sombrer dans un malthusianisme simpliste, invitent à réfléchir.

A croître indéfiniment le monde court à sa perte. D’autant plus qu’il se montre incapable de nourrir tous ses habitants. Environ 800 millions de personnes souffrent de la faim et plus de trois millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de malnutrition ! Il y a là une injustice flagrante dont sont essentiellement victimes les pays du Sud.

Face à cette explosion démographique – surtout dans l’hémisphère Sud – je sais l’inquiétude de certains pays, comme la Chine, ou l’Allemagne, devant le vieillissement de leur population… Il faut veiller à ce que de nouvelles générations puissent prendre en charge et nourrir les plus âgées…

Le but de la croissance devrait être, me semble-t-il, de veiller à ce que chaque famille, chaque individu, dans le monde entier, aient accès aux biens matériels indispensables à une bonne qualité de vie, et également aux bienfaits de l’instruction et de la culture tout aussi nécessaires. Là – et là seulement – se justifie pour moi la recherche de croissance.

Quand ces objectifs auront été atteints, il nous restera alors à lutter contre la maladie, la vieillesse et tous les maux sortis jadis de la boîte de Pandore…

Malheureusement, la croissance aujourd’hui n’est qu’une fuite en avant, qui conduit à produire toujours davantage, à créer toujours plus de besoins – au détriment de plus en plus souvent de la Nature – dans une course effrénée à la consommation qui ne profite qu’aux plus riches et qui laisse toujours insatisfait et ne comblera jamais une vie d’homme…

On a un exemple flagrant de l’absurdité de cette course à produire toujours plus, avec la production des voitures. Les pouvoirs publics font tout pour en réduire le nombre dans les villes et pour rendre ces dernières aux piétons. Or, dans le même temps, paradoxalement, ils font tout pour que les usines en sortent le plus grand nombre. Trouvez l’erreur…

Liste de 20 000 djihadistes fournie par un déserteur…

Révélation par les médias, voici quelques jours, d’une liste de 22 000 djihadistes qu’un déserteur de Daesh aurait donnée à une chaîne britannique.

J’ignore si ces documents sont authentiques ou sont des faux.

Mais, dans les deux cas, on assiste une nouvelle fois à l’irresponsabilité complète des médias en quête permanente de scoops.

En diffusant cette liste, ils vont permettre à tous les djihadistes inscrits dessus de se cacher et d’échapper à une éventuelle arrestation.

Cette liste n’aurait jamais dû sortir des services de renseignements.

BRAVO ! une nouvelle fois aux médias et à leurs informateurs, qui ignorent tout du secret professionnel et de la confidentialité, et qui, pour avoir la primeur d’une information, ne cessent de contribuer – et de beaucoup ! – au désordre du monde !

Le plus grand paquebot du monde…

Les armateurs sont fiers de leur dernière création : le plus grand paquebot du monde, « L’Harmony of the seas », qui sera livré par la Chambre des Métiers de Saint-Nazaire, le 12 mai prochain, à son propriétaire américain, la Compagnie américaine de croisière Royal Carribbean.

Long de 362 mètres et possédant 16 ponts, ce paquebot pourra transporter 8 000 passagers et hommes d’équipage.

Personnellement j’appelle cela de la démesure complète, ce que les Grecs anciens dans leur sagesse avaient baptisé « hubris ».

Je ne doute pas des compétences de tous les ingénieurs, techniciens et ouvriers qui ont participé à la conception, puis à la réalisation de ce géant des mers.

Mais ils oublient que nos plus belles embarcations ne sont que des fétus de paille devant la force sans limite des océans, et seront balayés en un instant avec leurs 8 000 occupants le jour où les flots se déchaîneront !…

J’en reviens donc au Grecs anciens et à cette inscription qu’ils avaient mise sur le fronton du temple d’Apollon à Delphes : « Méden agan » – « Rien de trop ». Bien des malheurs et des drames proviennent de l’oubli de cette sage recommandation…

A propos du centenaire de Verdun…

Qui – mis à part quelques exaltés – peut aimer la guerre ?

Le centenaire de la bataille de Verdun avec ses 300 jours et 300 nuits d’enfer, avec ces centaines de milliers de morts, de blessés et de disparus, nous rappelle les indicibles souffrances de tous ces combattants, emportés malgré eux dans ce maelström infernal, dans cette apocalypse.

Et nous avons tous en mémoire le cri des survivants : « Plus jamais ça ! »

Paradoxalement les guerres et leur folie voient apparaître les plus grandes vertus humaines : le courage, l’abnégation, le dévouement, la fraternité, la solidarité, etc. Vertus incarnés par des hommes qui ont été des héros sans le vouloir. Vertus cependant que beaucoup pratiquent – de façon moins spectaculaire – en temps de paix et face aux épreuves de la vie : la maladie, la vieillesse, la mort, la douleur des séparations, des amours non partagés, etc.

Chaque commune de France a son monument aux morts qui rappelle combien notre Patrie a été saignée par la Grande Guerre – puis vingt ans plus tard par la guerre 1939-1945.

C’est toujours avec émotion que je m’incline devant ces monuments – et que j’incline le drapeau que je porte lors des commémorations – en pensant à tous ces morts qui aimaient la vie, et qui ont laissé dans la peine un père, une mère, des frères, des sœurs, une épouse, une compagne, une fiancée, des enfants.

J’ai le plus grand respect pour tous ceux qui sont « morts pour la France », ses héros involontaires, et grâce au sacrifice desquels nous avons la chance de vivre dans un pays libre et en paix.

Non, je n’aime pas la guerre et ne saurais l’exalter. Aussi j’avoue mon extrême embarras en pensant aux mutins de la Grande Guerre, fusillés « pour l’exemple », après une parodie de jugement bien souvent, et en voyant les quelques monuments « pacifistes » érigés après ce cataclysme et sur lesquels on peut lire, entre autres : « Maudite soit la guerre ! », « Contre la guerre ! », « Guerre à la Guerre, Paix entre tous les peuples ! »

Et je suis profondément ému devant cette plaque, dans le cimetière de Royère-en-Vassivière (dans la Creuse) apposée sur la tombe d’un soldat fusillé en 1915 et réhabilité en 1934, réalisée par ses amis maçons, et portant cette inscription: « Maudite soit la guerre – Maudits soient ses bourreaux – Baudy n’est pas un lâche – Mais un martyr. ».

Je ne saurais me désolidariser de tous mes frères de la terre qui sont contre la guerre. Mais je veux rappeler ici une nuance essentielle entre deux mots que l’on confond de nos jours, entre « pacifiste » et « pacifique ».

Le « pacifiste » est prêt à tous les renoncements, à toutes les lâchetés pour la paix. Le « pacifique » sait que la Paix a un prix et des exigences qui peuvent conduire au sacrifice suprême.

Le « pacifisme » a donné Munich en 1938 et la Deuxième Guerre mondiale avec ses dizaines de millions de morts, de blessés, de veuves, d’orphelins et combien de ruines !…

Je voudrais trop la Paix pour notre pauvre monde. Mais il faut refuser l’angélisme et il est des moments, hélas, où la guerre est le seul moyen de vaincre la guerre. Où la mort, paradoxalement, est le seul moyen d’assurer la vie…

Triste réalité, j’en conviens. Mais réalité incontournable et seul chemin, hélas, pour assurer la Paix des peuples qui souhaitent vivre Libres et en Paix.