Lettre ouverte à Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé

Madame la Ministre,

Suivant l’avis de la Haute Autorité de Santé (HAS), vous venez de décider le déremboursement total de l’homéopathie à partir du 1er janvier 2021.

Cette décision a pour origine une tribune publiée dans le Figaro le 18 mars 2018, signée par 124 praticiens, prétendant que l’homéopathie n’avait rien de scientifique et surtout n’avait d’autre efficacité que l’effet placebo.

Cependant, comme vous le savez, environ 7 millions de Français l’utilisent pour se soigner.

J’ai lu avec beaucoup d’attention l’interview que vous avez accordée au Parisien le 9 juillet dernier sur cette question.

Je vous avoue être très sceptique quand vous affirmez que les gros consommateurs d’homéopathie ont tendance à utiliser plus de soins en général, et surtout que la majorité des maladies se guérissent toutes seules !… Cette dernière affirmation de la part d’une femme médecin est pour le moins surprenante !…

Toujours est-il que je regrette profondément votre décision de ne plus rembourser ce type de soins. Cela me semble avant tout une décision économique, qui va permettre à l’Assurance maladie de faire une économie annuelle dérisoire de 126,8 millions d’euros sur un budget de plusieurs milliards. Et qui va pénaliser les personnes qui ont recours à ce type de soins – d’autant plus que la TVA sur l’homéopathie va passer de 2,1 % à 10 % ! – et qui risque d’entraîner le licenciement de nombreuses personnes travaillant dans ce type de  laboratoires.

Tout cela, vous le savez parfaitement, et je ne vous apprends rien. Mais je dois vous dire que votre décision de ne plus rembourser ce qui est un médicament – dont l’efficacité est peut-être discutable mais ne coûte pas cher à la Sécurité sociale – me scandalise profondément quand vous décidez, dans le même temps, de rembourser la PMA – pour les femmes seules ou pour les couples d’homosexuelles !

Il ne s’agit là nullement des soins thérapeutiques, destinés à guérir une maladie, mais de la réponse à un désir égoïste d’enfant, dont on sait à l’avance qu’ils n’auront pas de père. Ainsi, l’enfant devient un objet, qu’on se procure comme on achèterait un animal de compagnie ou autre !

Comment pouvez-vous cautionner – en tant que médecin – de tels actes et en imposer le coût à la société ?!…

Non seulement donner naissance à des enfants dont on sait par avance qu’ils n’auront pas de père n’est pas un acte thérapeutique, mais est une transgression des lois éthiques fondamentales.

Cela, vous le savez également. Comme moi. Mais cela ne vous empêche pas, le Président de la République et vous-même, de transgresser ces lois qui sont le fondement de la famille et de toute société. Et, au train où vont les choses, j’ai bien peur que demain, le Président de la République et vous-même, ne légalisiez et ne remboursiez, la GPA qui transforme les naissances en une marchandisation diabolique !

Je vous adresse ici mes salutations, Madame la Ministre, et je vous exprime mon indignation d’autant plus grande que ces mesures viennent d’une femme « médecin ».

Un Français parmi tant d’autres.

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