A propos des attentats de Bruxelles…

Tout a été dit sur l’horreur des attentats qui frappent quasi quotidiennement le monde – et qui ont atrocement frappé Bruxelles hier – et sur la barbarie sans nom des djihadistes de l’Etat Islamique qui torturent, violent, décapitent leurs prisonniers.

Que dire de plus ?

Adolescent je rêvais de guerres en casoar et gants blancs, et je me réjouissais de donner ma vie pour ma Patrie dans des combats chevaleresques et sans haine… La vie et surtout l’actualité m’apprennent qu’il n’en est rien.

Je ne puis comprendre que des hommes et des femmes sèment ainsi le mal et la mort autour d’eux.

Une nouvelle fois, j’entends autour de moi la volonté de ne pas faire d’amalgame entre ces « fous de Dieu » et la masse des musulmans. Soit.

Mais une nouvelle fois, je rappelle que l’islam dans ses origines est une religion de guerre et non de paix, et que le salafisme, auquel se réfère l’Etat Islamique, prône une charia littérale, dans laquelle l’amputation de la main des voleurs, la flagellation, la lapidation, la décapitation sont prises à la lettre.

Et là, se trouve toute la différence entre le Christ et Mahomet. Le Christ a toujours prêché l’amour entre les hommes. Je le sais, au cours de l’histoire, les chrétiens se sont livrés aux pires violences mais, je le redis, ils se sont écartés alors du message du Christ qui, lui, est mort seul sur la croix, sans perdre l’un des siens et sans avoir jamais tué personne.

Je me répète, mais je ne comprends pas que les musulmans, s’ils désapprouvent la barbarie des kamikazes et des djihadistes de l’Etat Islamique, ne s’en désolidarisent pas massivement et publiquement. Doit-on voir dans leur silence un consentement à tous ces crimes ?

L’Etat Islamique veut imposer la charia à la communauté musulmane, et pratique des attentats en Occident en représailles des bombardements en Irak et en Syrie. Il est bien évident qu’on ne peut changer de politique sur la seule menace de représailles.

Mais ces frappes aériennes contre l’Etat Islamique sont-elles vraiment appropriées ? Je n’en suis pas certain. Je ne suis pas sûr que l’on puisse vaincre une idéologie par les armes classiques. Et les victimes de nos frappes accentuent la haine de certains musulmans contre l’Occident, et les poussent à grossir les rangs de l’Etat Islamique… Alors que faire ?!…

Je n’ai bien évident pas plus de solution que quiconque. Mais je pense que cette guerre contre le terrorisme se gagnera dans la clandestinité, par le travail silencieux, souterrain et peu gratifiant des services secrets. Ces derniers déjouent certainement de nombreux attentats. Remontent, infiltrent et neutralisent d’importantes filières. Il faut leur faire confiance. Je leur fais confiance, quels que soient les échecs inévitables de leur action.

Enfin cette guerre se gagnera également par l’éducation des jeunes. En leur proposant d’autres idéaux que la consommation et l’acquisition de biens matériels que l’Occident leur présente comme les biens suprêmes et qui ne combleront jamais une vie d’homme. Biens d’ailleurs dont de nombreux jeunes se sentent frustrés, car ils ne peuvent pas les acquérir.

Il convient de remettre à l’honneur les valeurs du service, de la solidarité, de la fraternité, du don de soi. Les jeunes qui rejoignent les rangs de l’Etat Islamique y trouvent sans doute ces valeurs qu’ils ne trouvaient pas en Occident. Malheureusement ils les mettent au service de la mort et non de la Vie !…

Mise à mort d’un cardinal…

Je ne sais pas si le cardinal Philippe Barbarin a commis des fautes ou non, mais j’estime qu’il est victime d’un lynchage médiatique scandaleux.

Les médias font et défont l’opinion. A partir de rien ou si peu, ils imposent « leur » Vérité et le public les suit souvent aveuglément, les yeux fermés, incapable de distinguer le vrai du faux.

Je pense que cette affaire relève de la Justice et non des médias. Aussi Manuel Valls n’a pas à s’en mêler, et il est tout à fait déplacé de sa part de déclarer que le cardinal Barbarin doit « prendre ses responsabilités ». Il en est de même pour la secrétaire d’Etat de l’aide aux victimes, Juliette Méadel, qui a demandé la démission de ce dernier, ce jeudi matin, 17 mars, sur Radio Classique et Paris Première.

Là encore, je constate le sectarisme des médias : aucun d’eux n’a réclamé la démission de la ministre de l’Education nationale après la découverte d’enseignants pédophiles…

Je ne serais pas surpris que les médias et la gauche profitent de cette affaire et l’amplifient, pour faire payer au cardinal Philippe Barbarin ses engagements connus contre le mariage pour tous et contre l’avortement…

Triste affaire dans laquelle je pense avant tout aux victimes et dont l’Eglise n’a, hélas, pas l’exclusivité. Il ne faudrait pas croire que le célibat imposé aux prêtres – et sur lequel il est permis de s’interroger – soit responsable de tous les actes de pédophilie. Des hommes vivant en couple se rendent également coupables de ces genres de viols que l’on ne peut que condamner…

L’humanité bientôt dominée par ses robots…

Emoi dans les milieux scientifiques et dans les médias : l’intelligence artificielle est-elle sur le point de supplanter l’intelligence humaine, après la victoire de l’ordinateur AlphaGo contre le Sud-Coréen Lee Sedol, n°3 mondial de go ?

Sur le plan des calculs, de la rationalité, il n’y a aucun doute : l’homme ne fait pas le poids par rapport aux machines qu’il arrive à créer.

Mais l’homme n’est pas seulement un être de calculs et de rationalité. C’est aussi un être de sentiments, d’émotions, un être de chair et de sang, en un mot, un être de cœur. Un être qui a une conscience et dont la conduite obéit – ou désobéit – à des règles morales.

Les robots les plus perfectionnés resteront toujours incapables de prendre des décisions que seule une conscience évoluée peut prendre.

C’est ainsi qu’on cite l’exemple de cette voiture sans chauffeur – Google-car – qui a provoqué un accident pour ne pas avoir su déroger au code de la route au moment où il aurait fallu le faire, et où un être humain responsable l’aurait fait.

Non ! la machine ne remplacera jamais l’homme, mais il convient cependant que l’usage des robots soit limité et sérieusement encadré.

Qu’adviendrait-il si un robot – après une série d’analyses poussées et d’une logique implacable – décidait de lancer une bombe atomique contre un ennemi menaçant et risquait de provoquer une nouvelle mondiale qui détruirait toute la planète ?…

On le voit, avec ce dernier cas, rien ne peut remplacer l’intelligence humaine, sa capacité à peser le bien et le mal et son art de négocier dans les situations les plus tendues. Nous le savons, l’informatique raisonne par oui et par non. Or l’être humain est beaucoup plus complexe et ne peut se satisfaire de ces seuls raisonnements binaires…

Liste de 20 000 djihadistes fournie par un déserteur…

Révélation par les médias, voici quelques jours, d’une liste de 22 000 djihadistes qu’un déserteur de Daesh aurait donnée à une chaîne britannique.

J’ignore si ces documents sont authentiques ou sont des faux.

Mais, dans les deux cas, on assiste une nouvelle fois à l’irresponsabilité complète des médias en quête permanente de scoops.

En diffusant cette liste, ils vont permettre à tous les djihadistes inscrits dessus de se cacher et d’échapper à une éventuelle arrestation.

Cette liste n’aurait jamais dû sortir des services de renseignements.

BRAVO ! une nouvelle fois aux médias et à leurs informateurs, qui ignorent tout du secret professionnel et de la confidentialité, et qui, pour avoir la primeur d’une information, ne cessent de contribuer – et de beaucoup ! – au désordre du monde !

Le plus grand paquebot du monde…

Les armateurs sont fiers de leur dernière création : le plus grand paquebot du monde, « L’Harmony of the seas », qui sera livré par la Chambre des Métiers de Saint-Nazaire, le 12 mai prochain, à son propriétaire américain, la Compagnie américaine de croisière Royal Carribbean.

Long de 362 mètres et possédant 16 ponts, ce paquebot pourra transporter 8 000 passagers et hommes d’équipage.

Personnellement j’appelle cela de la démesure complète, ce que les Grecs anciens dans leur sagesse avaient baptisé « hubris ».

Je ne doute pas des compétences de tous les ingénieurs, techniciens et ouvriers qui ont participé à la conception, puis à la réalisation de ce géant des mers.

Mais ils oublient que nos plus belles embarcations ne sont que des fétus de paille devant la force sans limite des océans, et seront balayés en un instant avec leurs 8 000 occupants le jour où les flots se déchaîneront !…

J’en reviens donc au Grecs anciens et à cette inscription qu’ils avaient mise sur le fronton du temple d’Apollon à Delphes : « Méden agan » – « Rien de trop ». Bien des malheurs et des drames proviennent de l’oubli de cette sage recommandation…

A propos du centenaire de Verdun…

Qui – mis à part quelques exaltés – peut aimer la guerre ?

Le centenaire de la bataille de Verdun avec ses 300 jours et 300 nuits d’enfer, avec ces centaines de milliers de morts, de blessés et de disparus, nous rappelle les indicibles souffrances de tous ces combattants, emportés malgré eux dans ce maelström infernal, dans cette apocalypse.

Et nous avons tous en mémoire le cri des survivants : « Plus jamais ça ! »

Paradoxalement les guerres et leur folie voient apparaître les plus grandes vertus humaines : le courage, l’abnégation, le dévouement, la fraternité, la solidarité, etc. Vertus incarnés par des hommes qui ont été des héros sans le vouloir. Vertus cependant que beaucoup pratiquent – de façon moins spectaculaire – en temps de paix et face aux épreuves de la vie : la maladie, la vieillesse, la mort, la douleur des séparations, des amours non partagés, etc.

Chaque commune de France a son monument aux morts qui rappelle combien notre Patrie a été saignée par la Grande Guerre – puis vingt ans plus tard par la guerre 1939-1945.

C’est toujours avec émotion que je m’incline devant ces monuments – et que j’incline le drapeau que je porte lors des commémorations – en pensant à tous ces morts qui aimaient la vie, et qui ont laissé dans la peine un père, une mère, des frères, des sœurs, une épouse, une compagne, une fiancée, des enfants.

J’ai le plus grand respect pour tous ceux qui sont « morts pour la France », ses héros involontaires, et grâce au sacrifice desquels nous avons la chance de vivre dans un pays libre et en paix.

Non, je n’aime pas la guerre et ne saurais l’exalter. Aussi j’avoue mon extrême embarras en pensant aux mutins de la Grande Guerre, fusillés « pour l’exemple », après une parodie de jugement bien souvent, et en voyant les quelques monuments « pacifistes » érigés après ce cataclysme et sur lesquels on peut lire, entre autres : « Maudite soit la guerre ! », « Contre la guerre ! », « Guerre à la Guerre, Paix entre tous les peuples ! »

Et je suis profondément ému devant cette plaque, dans le cimetière de Royère-en-Vassivière (dans la Creuse) apposée sur la tombe d’un soldat fusillé en 1915 et réhabilité en 1934, réalisée par ses amis maçons, et portant cette inscription: « Maudite soit la guerre – Maudits soient ses bourreaux – Baudy n’est pas un lâche – Mais un martyr. ».

Je ne saurais me désolidariser de tous mes frères de la terre qui sont contre la guerre. Mais je veux rappeler ici une nuance essentielle entre deux mots que l’on confond de nos jours, entre « pacifiste » et « pacifique ».

Le « pacifiste » est prêt à tous les renoncements, à toutes les lâchetés pour la paix. Le « pacifique » sait que la Paix a un prix et des exigences qui peuvent conduire au sacrifice suprême.

Le « pacifisme » a donné Munich en 1938 et la Deuxième Guerre mondiale avec ses dizaines de millions de morts, de blessés, de veuves, d’orphelins et combien de ruines !…

Je voudrais trop la Paix pour notre pauvre monde. Mais il faut refuser l’angélisme et il est des moments, hélas, où la guerre est le seul moyen de vaincre la guerre. Où la mort, paradoxalement, est le seul moyen d’assurer la vie…

Triste réalité, j’en conviens. Mais réalité incontournable et seul chemin, hélas, pour assurer la Paix des peuples qui souhaitent vivre Libres et en Paix.