par Henri LAFFORGUE | Déc 23, 2015 | Actualité, Littérature et poésie
D’année en année, les Noëls se succèdent,
Et la Joie et l’Espérance contenues
Dans cette fête,
Deviennent de plus en plus fragiles !
Dans un monde qui marche
De plus en plus sur la tête,
Jamais l’Amour, la Justice et la Paix
N’ont été aussi éloignés…
Le Royaume annoncé voici deux mille ans,
Ne serait-il qu’une illusion destinée
A nous faire accepter notre injuste condition ?
Injuste condition, car si les hommes
Sont responsables des guerres,
Ils ne le sont pas des cataclysmes
Des maladies et de tous les maux
De la Nature…
Dans l’hiver du monde,
Peut-on croire encore en Dieu ?
Peut-on croire encore en la venue du Sauveur
Je refuse la stérilité du désespoir.
Et je me demande si Dieu n’est pas aussi faible
Et fragile que chacun de nous.
Peut-être est-il tout simplement
L’incarnation mystérieuse en nous de l’Amour,
De l’Amour qui seul est capable d’apporter
Un peu de chaleur dans nos cœurs
Et dans les cœurs d’une humanité
Qui manque d’âme.
« Dieu n’est peut-être dans nos mains
Qu’une petite flamme qu’il dépend
De nous d’alimenter
Et de ne pas laisser s’éteindre.
Peut-être sommes-nous
La pointe la plus avancée
A laquelle il parvienne. »
25 décembre 2015. Un nouveau Noël.
Je pense toutes les personnes seules,
Qui attendront vainement un appel
En cette nuit, dont l’enfant que je fus,
Garde de si merveilleux souvenirs !
Je pense à toutes celles qui ne recevront pas
Le moindre présent,
Pas même le témoignage d’affection
D’un proche…
Je pense à toutes celles qui luttent
Contre la maladie.
A toutes celles qui n’ont que la misère
Comme compagne.
A toutes celles qui viennent de perdre
Un proche.
A toutes, cependant, je voudrais apporter
Un peu de Joie.
La chaleur d’un rayon de soleil dans l’hiver.
La Joie et l’Amour de Jésus
Sur les chemins de Galilée.
Oui, il y a deux mille ans,
Une Espérance est née.
Il ne dépend que de nous de lui donner vie.
Les jours sont tissés de peines et de Joies.
Et les peines sont souvent plus nombreuses que les Joies.
Et Jésus, lui-même, a connu la souffrance
Et la solitude de la croix.
Mais il a placé dans le ciel une étoile
Qui ne nous abandonne pas et brille à jamais.
Je souhaite qu’elle apporte à chacun de vous
Un peu de sa clarté.
Que la JOIE de NOEL vous inonde !
par Henri LAFFORGUE | Déc 20, 2015 | Actualité, Politique
Je me suis réjoui, dimanche dernier, en voyant que le Front National n’obtenait aucune présidence de régions.
La droite a gagné sept régions et la gauche cinq. Ce n’est une victoire ni pour l’une, ni pour l’autre.
Lors de la soirée des résultats, les leaders des différents partis se sont tous exprimés. Beaucoup de bla-bla-bla.
La gauche a masqué les échecs de toutes ses politiques – en matière économique (chômage dramatique, fiscalité qui bloque toute activité), sécuritaire (zones de non-droit dans les banlieues, politique pénale aberrante), sanitaire (pénurie de médecins, trou abyssal de la Sécurité sociale), éducative (faillite complète de l’école et du collège), migratoire, dans les domaines du logement (3,5 millions de personnes n’ont pas de logement ou sont mal logées), etc., etc. Mais la droite a une grande part de responsabilité, également, dans tous ces échecs. Notamment dans la baisse des effectifs dans l’armée et dans la police.
Cependant, je reproche à tous les leaders socialistes, au cours de cette soirée, d’avoir complètement occulté les fiascos de leur politique en ne parlant – avec le plus grand triomphalisme – que de la réussite de la COP21 qui s’était achevée la veille à Paris. Réussite montée en épingle par les médias et que, personnellement, je prends avec la plus grande réserve…
Les écologistes ont montré, une nouvelle fois, leur déconnection complète des réalités, obnubilés par leurs utopies.
Deux personnalités se sont élevées au-dessus du lot. Alain Juppé, qui a tenu un discours de véritable homme d’Etat, et Bruno Lemaire dont j’apprécie le franc-parler et la courtoisie. Xavier Bertrand, également, qui m’avait déçu quand il était ministre, est remonté dans mon estime.
Nicolas Sarkozy n’a pas le vent en poupe. Mais il fait tout pour s’accrocher, au risque de faire perdre la droite, une nouvelle fois, aux prochaines présidentielles. Quant à François Fillon, il a été inexistant, et je n’oublie pas qu’il a cautionné la politique de Nicolas Sarkozy pendant cinq ans. Il ne peut, maintenant, s’en désolidariser…
Après un long suspens, j’ai appris avec la plus grande joie la victoire de Valérie Pécresse. Je partage les espoirs que fondent sur elle les habitants de l’Ile de France. Claude Bartolone s’était comporté de façon totalement honteuse et indigne avec elle.
Le Front National n’a obtenu aucune présidence de région et pourtant, pour moi, c’est le grand vainqueur de ces élections. Avec plus de 6,8 millions de voix et une augmentation de 450 000 voix au second tour, il a battu son record de 2012 aux présidentielles, et il aura 358 conseillers dans les différentes régions – contre 355 conseillers socialistes !
J’avais été scandalisé par la diabolisation à outrance que Manuel Valls avait fait de ce parti, en laissant craindre une guerre civile en cas de victoire de sa part ! Nous sommes en démocratie et ce parti a le droit de siéger au même titre que l’extrême-gauche de Jean-Luc Mélanchon.
Je me réjouis donc qu’il ait des conseillers élus dans plusieurs régions. IIs forceront peut-être certains élus à revenir sur terre, à prendre conscience des aberrations des politiques suivies depuis trente ans. Car toutes les idées du Front National ne sont pas à rejeter, et les lois d’urgence actuelles ne font que reprendre, en matière de sécurité, les idées qu’il préconise depuis des années.
Je ne souhaite pas qu’il parvienne au pouvoir suprême – son programme économique ne tient pas la route – mais je pense que l’on peut s’inspirer de certaines de ses idées.
Je m’interroge sur cette République « exemplaire » que nous avait annoncée François Hollande. Jean-Yves le Drian cumule le poste de ministre de la Défense et de président de la région de Bretagne ! Claude Bartolone est reconduit au « Perchoir » malgré son échec en Ile de France ! Il faut dire que les émoluments attachés à toutes ces fonctions sont attractifs !… Tout cela n’est guère sérieux.
Pour finir, je qualifierai de piège aux alouettes, ce « front républicain » proposé entre les socialistes et le centre. Les socialistes n’ont rien fait de bon au cours des trois années écoulées, et les réformes auxquelles ils se sont attachés – mariage pour tous, réforme des rythmes et des programmes scolaires, suppression des bourses au mérite, de l’étude du latin du grec, etc. – n’ont fait que diviser les Français, détruire leurs racines, niveler par le bas notre culture. Les centristes oscillent au gré des vents, n’ont pas de convictions. François Bayrou est un opportuniste qui espère arriver au pouvoir après une longue traversée du désert. Aussi, il n’y a rien à attendre de bon de ce « front républicain », qui n’est qu’une tentative désespérée des socialistes pour se maintenir au pouvoir, et des centristes pour y accéder.
par Henri LAFFORGUE | Déc 8, 2015 | Actualité, Réflexions diverses
Je ne sais pas s’il y a une justice divine ou non, mais j’ai de plus en plus de mal à croire en la justice des hommes.
Comment y croire, en effet, quand une femme de 66 ans, Jacqueline Sauvage, battue pendant 47 ans par son mari, victime de viols de sa part – viols dont ont été également victimes ses trois filles – vient d’être condamnée en appel par la cour d’assises du Loir-et-Cher, pour avoir tué son mari de trois coups de fusil.
Il est vrai que les trois coups de fusil ont été tirés dans le dos de la victime et qu’on ne peut donc invoquer la légitime défense. Mais quand même !
Cette femme avait connu son mari quand elle avait 14/15 ans. Il sortait d’une maison de correction et, selon son avocate, elle en était « follement amoureuse ».
Le tribunal lui a reproché sa passivité, le fait de n’avoir jamais dénoncé les coups et les viols dont elle et ses filles étaient victimes. Et a refusé que la peine prononcée soit « un permis de tuer ».
Certes tuer quelqu’un n’est jamais un acte innocent, et ne doit pas être banalisé. Mais dans le cas présent, le tribunal n’aurait-il pas dû donner une peine avec sursis et laisser en liberté cette femme qui a déjà tant souffert ?!…
J’ajoute enfin, que le fils de cette femme – lui aussi victime de violences de la part de son père – s’était suicidé la veille du jour où cette femme a tué son mari. Ce suicide n’a-t-il pas été le facteur déclenchent du passage à l’acte de sa mère ?…
Je lis dans la presse que l’avocat général aurait influencé les jurés en leur laissant entendre que cette femme pourrait être libérable en janvier 2017, grâce aux remises de peine et au système de liberté conditionnelle. Calculs qui, selon certains journalistes, s’avéreraient faux.
A la lecture des informations que je rapporte ici, ce jugement me semble un déni total de justice et j’éprouve la plus grande souffrance pour cette femme et pour ses trois filles. Comment croire encore, après cela, en la justice des hommes ?…
par Henri LAFFORGUE | Déc 8, 2015 | Actualité, Réflexions diverses
Selon moi, les Français ont voté massivement pour le FN par dépit. Ils ne croient plus dans aucun parti, sont las de la démagogie, des promesses jamais tenues, et se sont donc tournés vers l’extrême-droite.
Que se passera-t-il dans deux ans, si on a un face à face Marien Le Pen, François Hollande ?…
La droite et la gauche s’accusent mutuellement de la montée et de la percée du FN. Mais elles en sont toutes deux aussi responsables.
Elles ont fermé les yeux sur les problèmes dramatiques de l’immigration et ont tout accepté, même l’inacceptable. Quoi de plus normal que les gens de Calais confrontés depuis des années à une jungle à laquelle personne ne trouve de solution, aient voté massivement pour Marine Le Pen ?…
Droite et gauche ont montré leur incapacité à assurer notre sécurité ; les derniers attentats marquent la faillite de leurs politiques.
Comment accepter également qu’une personne au chômage gagne souvent plus qu’en travaillant ? Que des agriculteurs en retraite gagnent moins qu’un immigré qui n’a jamais travaillé en France ?!… Et tutti quanti…
Comment s’étonner, dans de telles conditions, face à de telles faillites de partis de droite comme de gauche, face à de telles injustices, que les électeurs se soient massivement tournés vers l’extrême-droite qui leur promet monts et merveilles.
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Hélas, si le Front National – grâce à sa démagogie et à son populisme, et du fait de la lassitude d’une majorité d’électeurs – prend la tête de plusieurs régions, il ne faut pas croire que nous aurons des « lendemains qui chantent » !
Le programme économique de Front National est catastrophique. La sortie de l’euro et le retour au franc, loin de doper l’économie sera suivie d’une dévaluation qui se soldera par un appauvrissement et une explosion de la dette publique.
D’autre part, le protectionnisme et la quasi-autarcie proposés par Marine Le Pen ne s’accompagneront pas d’une croissance vigoureuse et d’une industrie florissante. D’autant plus que nous faisons la moitié de notre commerce extérieur avec la zone euro et que nos partenaires ne manqueront pas de riposter durement.
Enfin, jamais le Front National ne pourra tenir ses promesses concernant l’augmentation des bas salaires, la revalorisation des retraites, le rétablissement de la retraite à 60 ans, la baisse des tarifs du gaz, de l’électricité, du train, des prix de l’essence, etc. Ce sont là des promesses purement démagogiques et absolument irréalisables, à moins de ruiner à jamais les finances publiques, déjà si mal en point…
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Je ne sais pas si les électeurs du Front National ont conscience de tout cela, et j’ai peur qu’ils se laissent berner par des promesses sécuritaires fondées souvent sur le rejet de l’autre et sur l’émotion.
Personnellement, au terme de longues réflexions, je suis partisan de la peine de mort, sans croire pour autant qu’elle ait un pouvoir dissuasif et sans en faire un instrument de vengeance. Je pense seulement que la peine de mort est la seule peine à la mesure de certains crimes, par lesquels leurs auteurs se sont exclus de la communauté et ne peuvent la réintégrer
Mais j’estime qu’elle doit être sérieusement encadrée. Que les criminels doivent avoir droit à des procès équitables en étant assistés d’avocats. Et je pense qu’il reviendrait, en dernier lieu, au Président de la République, le droit de les gracier ou non. Peut-être alors ce dernier s’investirait-il davantage dans sa fonction, en ce moment sublime ou la vie et la mort d’un homme seraient entre ses mains.… On est loin ici, en tout cas, d’une justice expéditive et émotionnelle, comme le prône Marine Le Pen, par pure démagogie, pour récolter des voix.
D’autre part, gauche et droite ont montré leur incapacité totale et égale, à gérer le problème de l’immigration, et Marine Le Pen en fait maintenant ses « choux gras », surfant sur les inquiétudes et les peurs légitimes devant les vagues migratoires.
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Pour finir, je me demande également si le vote massif des électeurs pour le Front National ne traduit pas un rejet de Nicolas Sarkozy qui s’est imposé chef de l’opposition, qui brigue à nouveau la présidence de la République alors que les Français l’ont rejeté en 2012, et qu’ils ne veulent plus au sommet de l’Etat !…
Le vote de dimanche a été un vote de dépit et de sanction. Il faut attendre maintenant le vote de dimanche prochain. Mais quels qu’en soient les résultats, je doute que gauche et droite modifient pour autant leurs politiques. Les candidats – élus ou non – tireront des leçons stratégiques pour se maintenir en place ou pour l’emporter une prochaine fois, mais nous serons toujours les victimes et les jouets de leurs ambitions personnelles, de leur boulimie de pouvoir, et du peu d’intérêt qu’ils portent aux pauvres citoyens que nous sommes, passé les élections.
par Henri LAFFORGUE | Déc 2, 2015 | Actualité
Le terrorisme barbare qui frappe aujourd’hui la France et le monde ont de nombreuses causes et je ne saurais prétendre toutes les avoir identifiées. Tout cela est très complexe. Cependant, après avoir beaucoup lu et m’être beaucoup documenté, je me permets de rappeler les faits suivants.
Les Etats-Unis – et plus spécialement George W. Bush – sont responsables en grande partie du chaos du Proche-Orient, de la création de Daesh et du terrorisme qui frappe le monde.
La guerre d’Irak a été déclenchée sur un mensonge de George W. Bush : les soi-disant armes de destruction massive détenues par Saddam Hussein. George W. Bush se croyait investi d’une mission divine et priait Dieu de lui donner la victoire. Pendant ce temps Saddam Hussein demandait la même chose à Allah. Même détournement de la religion.
George W. Bush s’en est pris à l’Irak pour châtier Ben Laden alors que Ben Laden et la majorité des terroristes du 11 septembre 2001 étaient… saoudiens ! Encore une des inconséquences de ce chef d’Etat dont l’Histoire retiendra le rôle très néfaste pour le monde. !…
Certes, l’Irak de Saddam Hussein n’était pas un modèle de démocratie. Mais il faut savoir que les peuples arabes ne sont pas mûrs pour nos régimes démocratiques occidentaux, et qu’ils ont besoin de régimes autoritaires. On peut le regretter, mais c’est un fait.
Les Etats-Unis ont remplacé un régime sunnite par un régime chiite. Résultats des milliers de soldats aguerris de l’armée irakienne ont été démissionnés, et sont venus grossir les rangs des combattants de Daesh.
Les Etats-Unis – et les Occidentaux – ont pour alliés l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie, Etats qui soutiennent Daesh !
Parce que l’Arabie Saoudite regorge de pétrole, les Occidentaux la courtisent et commercent avec elle. La France laisse son patrimoine tomber petit à petit dans les mains de ce royaume Moyenâgeux. Elle laisse, en plus, l’Arabie Saoudite, financer l’ouverture de mosquées salafistes sur notre territoire et, à la remorque des Etats-Unis, elle accepte cette alliance avec un pays qui, en sous mains, soutient Daesh.
La politique étrangère de la France est aberrante. Nous soutenons Al-Nostra (groupe armé salafiste djihadiste affilié à Al-Qaïda) et l’ASL (Armée Syrienne de Libération) pour la bonne raison que ces deux groupes cherchent à renverser Bachar al-Assad, dont nous avons fait l’ennemi numéro un. Laurent Fabius, qui navigue au gré du vent, a déclaré en août 2012 que ce dernier « ne mériterait pas d’être sur la terre »…
Certes Bachar al-Assad n’est pas un saint, mais le régime syrien n’est pas pire que celui de l’Arabie Saoudite que nous soutenons, et le groupe islamiste Al-Nostra, auquel nous fournissons des armes, n’est autre qu’une horde de sauvages qui tuent, assassinent, torturent, violent, pillent, etc. Violences devant lesquelles la France ferme les yeux !…
Le battage médiatique qui présente Bachar al-Assad comme « le boucher qui massacre son peuple » encourage fortement nos jeunes à aller combattre dans les rangs de Daesh et à se lancer dans le terrorisme.
Il faut savoir identifier l’ennemi commun et s’allier avec ceux qui ont la volonté de le détruire, même si nous ne partageons pas toutes leurs idées. Sans l’alliance avec l’Union Soviétique, en 1941, les Occidentaux n’auraient jamais gagné la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd’hui, l’ennemi commun, ce sont le salafisme et le fondamentalisme wahhabite, terreaux de haine, de violence et de barbarie qu’il faut impérativement abattre. La première chose, peut-être, serait de nous désolidariser des Etats-Unis auxquels nous sommes inféodés, et de nous allier avec la Russie.
Au nom de la moralité, nos dirigeants ont mis hier Saddam Hussein, puis Kadhafi, et aujourd’hui Bachar al-Assad au ban des nations. Le chaos a remplacé les régimes des deux premiers, et remplacera demain le régime du dernier si nous persistons dans cette erreur diabolique.
Or je le dis et le redis, rien n’est pire que le chaos, et c’est dans le chaos que prend naissance le terrorisme international qui frappe toute la planète.
Il est donc impératif de revoir nos alliances et de nous détacher de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie. Cette dernière demande la reprise des négociations pour intégrer l’Europe. J’espère que cette demande sera définitivement enterrée. L’Europe ne peut pas s’adjoindre un pays qui joue double jeu et dont l’adhésion amènerait plus de 70 millions de musulmans ! Malheureusement la cécité – et la stupidité ! – de tant de dirigeants laissent craindre le pire !…
Enfin, le gouvernement de cesse de marteler que nous sommes « en guerre » et il a raison. Mais en guerre on prend des mesures de guerre. Aussi, il est absolument inadmissible que l’adjudante de gendarmerie qui a fourni des renseignements à un complice du terroriste Coulibaly – attentats de janvier 2015 – ait seulement été radiée des cadres et n’ait pas été accusée de trahison. Militaire – et en temps de guerre en plus – cette adjudante mérite, comme tout traître à la nation, la réclusion criminelle à perpétuité. Mais là encore, nous sommes victimes du laxisme viscéral de nos dirigeants. Quand comprendront-ils ? Et comprendront-ils un jour ?…
par Henri LAFFORGUE | Nov 24, 2015 | Actualité
La violence appelle la violence, et la guerre appelle la guerre.
La meilleure arme pour lutter contre ces fléaux aussi vieux que le monde est le dialogue. De nombreux conflits – tous ? – naissent en effet de non-dits, de malentendus, de l’impossibilité de mettre des mots sur des souffrances, sur des divergences.
Aussi, un dialogue fait d’écoutes réciproques attentives et désireux de trouver la paix, peut dénouer bien des crises, éviter l’échec de toute guerre.
Mais il est une condition indispensable pour qu’un dialogue s’établisse : il faut être au moins deux et, pour qu’il soit fructueux, il faut que les interlocuteurs aient la volonté de trouver une entente, et d’aboutir à la paix.
Quand le philosophe Michel Onfray déclare que la solution n’est pas de bombarder Daech, que ça ne calmera pas les mille personnes susceptibles de prendre les armes en France, je partage son point de vue.
Je comprends également son désir de sauver la paix et ses interrogations pour savoir – dans la mesure où nous négocions des terrains de foot avec le Qatar, des affaires avec l’Arabie Saoudite et la Turquie, Etats qui ne sont pas des modèles de démocratie – s’il ne serait pas possible de trouver une entente diplomatique avec Daech.
Ces propos ont valu à Michel Onfray de passer pour islamophile, alors que voici peu de temps on le traitait d’islamophobe ! Qualifications aussi déplacées l’une que l’autre en ce qui le concerne. Michel Onfray est un philosophe, qui souhaite la paix entre les hommes et qui, comme moi, croit aux vertus du dialogue.
Malheureusement je crois que Daech est allé trop loin dans le crime et dans la barbarie pour qu’on puisse dialoguer avec lui. Comment discuter avec Etat qui sème la mort et la haine autour de lui, qui décapite, crucifie, torture, viole ses victimes, et tue chaque semaine des dizaines d’innocents dans le monde, dans des attentats odieux, à l’issue desquels ses kamikazes se donnent la mort ! Oui, comment dialoguer après de tels crimes ?!…
Le philosophe s’inscrit dans le temps et dans la durée, ce que ne fait pas toujours le politique qui réagit souvent dans l’immédiateté. Et je partage cette pensée d’Ajax dans la pièce de Sophocle du même nom « L’on ne doit haïr son ennemi qu’avec l’idée qu’on l’aimera plus tard. » (v.678). Il faudra que tôt ou tard vienne le temps du pardon et de la réconciliation.
Mais il est trop tôt. Bien trop tôt. Seul le temps pourra apaiser – peut-être ? et pour les générations suivantes… – les blessures et conduire au pardon. Pour l’heure, la Justice et le respect des victimes exigent un châtiment exemplaire des auteurs et des commanditaires de ces crimes sans nom.
Je me demande si la mort n’est pas le seul châtiment à la hauteur de crimes aussi effroyables perpétrés sur des innocents. Une mort qui n’est pas vengeance, mais qui est la seule peine pour des individus qui se sont à tel point coupés de la vie, et avec lesquels aucune discussion n’est envisageable.
« Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23,34). J’ai toujours en mémoire ce cri de Jésus sur la croix. Mais seules les victimes et leurs proches peuvent pardonner l’impardonnable. Personnellement, si j’avais perdu une épouse, un fils, une fille ou autre, dans ces attentats, je ne sais pas si je pourrais pardonner à leurs assassins. Aussi je dois dire mon admiration devant ces proches de victimes qui font preuve d’une grandeur d’âme magnifique, et déclarent ne pas en vouloir aux tueurs. Voir le témoignage du journaliste Antoine Leiris qui a perdu sa femme au Bataclan : « Vous n’aurez pas ma haine. »
Chrétien de cœur, non pratiquant et essayant de mettre mes pas dans ceux de Jésus de Galilée, je connais bien sûr cette phrase : «Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. » (Matthieu 5,39). Mais je me demande si c’est là, la meilleure réponse. Si la meilleure réponse n’est pas de donner en retour à l’antagoniste une gifle juste et proportionnée, suivie aussitôt de la main de la paix et de la réconciliation.
L’un des drames de la politique française actuelle, en effet, est le laxisme et le fait d’accepter, d’excuser, de tolérer toutes les fautes, tous les délits, tous les crimes, sans leur donner leur juste châtiment.
Or tout coupable – quelle que soit sa faute – mérite une peine, et cette peine est le prix qu’il doit payer pour s’amender et pour être réintégrer pleinement dans la société dont il s’est mis à l’écart. Dans le cas des criminels de Daech aucune réintégration ne me semble possible, vu l’horreur et la barbarie de leurs crimes.