Retraites : proposition d’amendement

Je connais très mal les questions entourant les retraites et les réponses proposées par le Gouvernement.

Mais, j’ai du mal à comprendre l’hostilité des syndicats au recul de l’âge de départ en retraite. Cette hostilité me semble idéologique et démagogique. La durée moyenne de la vie s’étant considérablement allongée en l’espace de cinquante ans, la logique et le simple bon sens, me semble-t-il, sont qu’on rallonge la durée du temps de travail… Et 62 ans au lieu de 60 ans me semble une sage et juste mesure.

Et je l’ai déjà dit, le fond du problème, ce n’est pas de partir en retraite à tel ou tel âge – mis à part pour les travaux pénibles – mais c’est de pouvoir s’accomplir, se réaliser, dans sa vie professionnelle, de s’y sentir utile et d’y être reconnu. Pour moi, tout le problème est là. Et j’en veux pour preuve que certains cadres, passionnés par leur job, souhaitent partir en retraite le plus tard possible – souhait motivé par l’intérêt qu’ils portent à leur activité et non pas pour des raisons financières…

Il y a encore un autre problème que je voudrais évoquer, à propos de cette réforme et qui mériterait un amendement.

Les personnes qui n’auront pas tous leurs trimestres, devront partir en retraite à 67 ans au lieu de 65 ans aujourd’hui. Voilà qui risque de pénaliser beaucoup de femmes. Beaucoup parmi elles, en effet, connaissent de nombreux arrêts dans leur carrière et sont déjà victimes de salaires inférieurs à ceux des hommes pour les mêmes tâches. Les obliger à attendre 67 ans pour avoir une retraite à taux plein me semble donc profondément injuste.

Voilà ce que je voulais dire sur cette réforme. Une nouvelle fois, je ne prétends pas posséder toute la vérité. J’émets des opinions et je suis prêt à écouter d’autres avis s’ils sont sereinement et impartialement émis…

Nicolas Sarkozy et l’épouvantail des Roms…

Vraiment Nicolas Sarkozy a l’art de retourner les situations. D’accusé – à propos des expulsions massives de Roms – voici qu’il devient victime – après les déclarations de Viviane Reding, la secrétaire européenne en charge de la justice, et après la condamnation de sa politique sécuritaire par de nombreux parlementaires européens.

La circulaire du ministre de l’Intérieur visant les Roms était discriminatoire ? Ce n’est rien, il en pond aussitôt une autre produisant les mêmes effets.

Rien n’arrête sa politique odieuse et mensongère. Il est en campagne électorale. Il utilise la peur viscérale de l’étranger qu’il y a au fond de chacun de nous, pour essayer de prendre nos voix.

Les Roms sont d’excellents boucs-émissaires et masquent les vrais problèmes que Nicolas Sarkozy est incapable de résoudre : le chômage ; la fermeture et la délocalisation de nombreuses entreprises ; le vieillissement de la population et le problème des retraites ; la baisse du pouvoir d’achat ; la baisse des remboursements de la sécurité sociale ; la hausse de nombreuses taxes ; la paupérisation de nombreux citoyens ; le manque de logements sociaux ; l’angoisse croissante des jeunes face à l’avenir (diplômés ou non, ils ne trouvent pas de travail), etc., etc.

Et je ne parle pas de la montée de la violence que Nicolas Sarkozy se montre incapable de d’enrayer, malgré une avalanche de lois spectaculaires et jamais appliquées (une vingtaine de lois sur la sécurité depuis 2002, trois lois sur la récidive criminelle depuis 2005 et une quatrième en préparation !)

Non ! les Roms ne sont pas responsables de tout ce qui va mal en France. Nicolas Sarkozy les stigmatise et ne cherche aucune solution pour résoudre leurs problèmes. A Bruxelles, il a joué les Présidents outragés, mais il n’a à aucun moment invité l’Europe à trouver une solution communautaire humaine à cette grave question ! Il est bien plus facile et plus spectaculaire de les renvoyer en Roumanie et de les refiler aux autres comme on se refile une « patate chaude », pour parler familièrement.

Vraiment, notre pays est dirigé par un narcissique dépourvu d’humanité.

J’ai honte pour la France, mon pays que j’aime.

Brûler le Coran, une odieuse provocation…

Quels croyants, quels athées, quels agnostiques, peuvent se reconnaître dans cette menace d’un pasteur de Floride, de brûler des exemplaires du Coran ?

Les religions sont faites pour rapprocher les hommes, et tous ceux qui les utilisent pour inciter à la haine, à la violence, à la vengeance n’en sont pas dignes.

On assiste là à une escalade que les musulmans, les chrétiens, les fidèles de toute religion, tous les hommes croyant en Dieu ou non, tous les hommes de bonne volonté, ne peuvent que condamner.

Les fondamentalistes, les intégristes, les fanatiques, les sectaires, tous ceux qui manquent de tolérance, ne représentent que des minorités, mais font le plus grand tort à la grande majorité des croyants qui, eux, ne demandent qu’à vivre en paix.

Le pasteur Terry Jones qui veut brûler le Coran n’est pas digne d’être pasteur, et il risque d’embraser un peu plus le monde en faisant le jeu des extrémistes de tout poil.

Il veut, par cet acte sacrilège, s’élever contre le projet de construire une mosquée à proximité du site des attentats du 11 septembre 2001.

Personnellement, je trouve la construction de cette mosquée en cet endroit, malheureuse, et je pense qu’elle peut heurter beaucoup de gens. J’aurais préféré à cet emplacement, la construction d’un Centre œcuménique dans lequel toutes les religions du monde auraient eu leur place.

Tel ne semble pas l’avis des décideurs. Je le regrette mais le respecte. Et en aucun cas, pour aucun motif, on ne saurait brûler un livre sacré.

La prise d’otages de Manille

Quel triste et lamentable dénouement que celui de cette prise d’otages dans un car à Manille ! La police a fait preuve d’un amateurisme pitoyable et huit otages ont payé de leur vie son incompétence. L’assaut a duré une heure ! et s’est terminé par un bain de sang.

Et puis l’on doit s’interroger sur le rôle des radios et des TV qui retransmettaient en direct les opérations.

Ainsi, le preneur d’otages pouvait suivre en direct les opérations sur les postes TV du car, être au courant de toutes les manœuvres de la police, et s’exprimer à la radio.

Ainsi, dans le monde entier, quand la plus grande discrétion s’imposait, un drame devenait un spectacle, un divertissement avec suspense, comme une fiction captivante, qui tient le spectateur en haleine, et on oubliait que des vies humaines étaient réellement en jeu.

Le respect des otages et de leurs familles, voulait que les médias s’abstiennent de toute retransmission en direct.

On a là, une nouvelle fois, le rôle malsain des médias qui toujours cherchent la primeur de l’information, et font tout pour caresser la fibre émotionnelle des téléspectateurs.

La France et les Roms…

Certes, c’est une évidence, la France ne peut accueillir toute la misère du monde. Il faut des lois pour encadrer l’accueil des étrangers sur notre sol, et veiller à ce que ceux que nous accueillons respectent nos lois, nos traditions, notre culture. Tel n’est pas toujours le cas.

Mais, de là à se lancer dans une traque systématique et médiatique de tous les Roms, je dis attention. Ne réveillons nos instincts toujours prêts à renaître de xénophobie, de peur de l’étranger et évitons de prendre des boucs émissaires.

Apparemment, Nicolas Sarkozy a trouvé un bon filon. Pendant qu’on détruit sans ménagement les camps de roms, on ne parle ni du chômage, ni de la crise économique, problèmes pourtant d’actualité et autrement plus importants…

Violences urbaines : l’éternelle surenchère de Nicolas Sarkozy

« La nature incite les Etats comme les particuliers à commettre de fautes. Aucune loi ne les empêchera. On a parcouru toute la série des peines, en en ajoutant toujours de nouvelles pour réduire le nombre des crimes.

« Vraisemblablement, autrefois, les peines étaient plus douces pour les plus grands crimes. Mais, comme on finissait à la longue par les affronter, elles ont presque toujours abouti à la peine de mort. Et celle-ci même on la brave. Force est de trouver un châtiment qui cause plus d’effroi à l’homme ; ou bien il faut avouer que la peine de mort n’empêche aucun crime.

« En un mot, il est impossible, il est d’une extrême naïveté de croire que l’homme, quand il se porte avec ardeur à quelque entreprise, peut être arrêté par la force des lois ou par quelque autre crainte » (Thucydide, historien grec Vème siècle avant Jésus-Christ)

Nicolas Sarkozy ferait bien de méditer cette pensée de Thucydide. Depuis huit ans, il ne cesse de faire de la surenchère sur les peines à appliquer aux délinquants et aux criminels. Ce langage fait sans doute plaisir à un certain électorat, mais il faut reconnaître qu’il ne résout en rien les problèmes des violences urbaines.

Et ce n’est pas la menace de peines de trente ans de prison incompressibles, ou de la perte la nationalité française qui arrêteront les assassins dans leur folie meurtrière.

Qui croit encore en l’efficacité de ces menaces et à celle de cette vingtaine de lois sur la sécurité prises depuis 2002 !…

Non ! Nicolas Sarkozy n’est plus crédible. Il désigne des boucs émissaires à la vindicte populaire, il s’en prend aux gens du voyage, aux roms, il démissionne un préfet. Il lance des coups d’épée dans l’eau, et espère gagner des voix pour la prochaine campagne présidentielle.

Je n’ai pas de solution pour stopper la délinquance, les trafics de drogues, les assassinats de toute sorte. Mais, j’ai la certitude qu’on n’arrêtera pas ces fléaux par une escalade de peines dont se moquent les criminels quand ils sont emportés par le feu de la passion, de la déraison ou de la haine…

Karim Boudada, le braqueur tué par les policiers de Grenoble alors qu’il les menaçait avec un fusil d’assaut, aurait été condamné trois fois aux Assises pour vols à main armée. Un individu aussi dangereux n’avait pas à être en liberté. C’est évident.

Malheureusement, depuis 2002 et le passage de Nicolas Sarkozy au Ministère de l’Intérieur, les policiers sont obligés de faire du « chiffre ». Aussi, le nombre des gardes à vue – pour les infractions les plus petites telles qu’une voiture mal garée ou une rue prise en sens interdit par un cycliste – ne cesse d’augmenter d’année en année, pour atteindre le nombre incroyable de près de 900.000 en 2009 !

En agissant ainsi, les forces de l’ordre s’écartent de leur mission véritable et se coupent totalement de la population qui en vient à les détester.

Nos banlieues peuvent exploser à tout moment, suite à un incident malheureux. Et quand dans une banlieue – Rillieux-la-Pape – des gendarmes ont gagné la confiance de la population et font respecter avec tact la loi, Nicolas Sarkozy décide, arbitrairement, par idéologie, de les remplacer par des policiers. C’est vraiment jouer avec le feu et jouer également avec l’argent des contribuables, l’implantation de policiers étant estimée à plusieurs millions d’euros !

Et naturellement, tous les ministres, tous les députés UMP sont à sa botte, s’aplatissent devant lui comme des carpettes ! Mon Dieu ! dans quel Etat vivons-nous ! Nicolas Sarkozy voudrait préparer une guerre civile, il ne s’y prendrait pas mieux…