par Henri LAFFORGUE | Déc 2, 2015 | Réflexions diverses
Pour changer un peu des tentatives d’analyse sur la tristesse du terrorisme contemporain, voici quelques réflexions qui me sont venues à l’esprit à l’occasion d’une soirée d’anniversaire…
Samedi 17 octobre 2015 – Minuit – Soirée d’anniversaire…
Soixante ans. Une page qui se tourne dans une vie. Un passé qui devient plus long que l’avenir. Tout cela nous rappelle « l’éphémère » de toute chose.
« L’éphémère » de nos vies dont la durée se limite à quelques dizaines d’années. « L’éphémère » des civilisations qui toutes sont mortelles et qui, après des débuts souvent obscurs et des heures de prospérité, retournent dans l’obscurité dont elles étaient un instant sorties.
« Ephémère » de notre terre emportée dans le silence des espaces infinis. « Ephémère » de notre soleil qui, dans quelques milliards d’années, disparaîtra à jamais. « Ephémère » de notre Univers dont ne savons rien ou si peu. A-t-il eu un commencement ? Aura-t-il une fin ?…
Oui. Tout est « éphémère » et nous ne sommes que l’ombre d’une ombre, déposée un instant sur le sol par le soleil couchant et emportée par la nuit.
Et, au milieu de tout cela, qu’en est-il de l’Eternité et des rêves auxquels elle donne naissance ?…
Longtemps, en effet, le rêve des hommes a été de naître, vivre et mourir sur la même terre, persuadés qu’à leur mort, ils reposeraient à jamais dans la Paix éternelle. Rêve que le caractère « éphémère » de tout vient désormais contredire.
Dans le brouhaha de cette soirée, le cri d’Héraclite retentit à mes oreilles : « Panta rhei » – « Tout passe, tout coule » et « On ne peut se baigner deux fois dans le même fleuve ».
Le poète regarde vers le ciel et accroche sa plume aux étoiles. Ces étoiles qui, pendant des millénaires, ont été des guides pour l’humanité dans sa nuit, des guides qui semblaient immuables, éternels.
Et voilà que les scientifiques désormais expliquent aux hommes que ces étoiles ne sont que d’anciennes boules de gaz et de feu, disparues depuis des milliers d’années-lumière et dont il ne reste que « l’éphémère » incandescence…
Mon Dieu ! Mon Dieu ! Tout n’est-il donc « qu’éphémère » ?!… Non seulement nous sommes appelés à disparaître, mais avec nous tous ceux que nous aimons, tous nos souvenirs, tous lieux que nous aurons marqués de nos pas. Tout. Tout. Absolument tout.
Tristesse ! Grande tristesse ! Mélancolie infinie ! En cette soirée d’anniversaire un trouble immense étreint mon cœur à la pensée du temps que rien n’arrête et qui tout emporte.
Et l’éternelle question se pose une nouvelle fois à moi. Tout cela a-t-il un sens ? Pourquoi, oui, pourquoi, tant de peines, tant de souffrances parfois, si tout retourne au néant ?…
Et tandis que les invités dansent avec insouciance, dans l’ignorance de mes tourments et aux sons d’une musique percutante, une petite, une toute petite voix chuchote à mon oreille : « Ne sois pas triste, petit homme ! Oui, tu es mortel. Oui tout est mortel. Tout est « éphémère ». Mais tu es le seul parmi les créatures à pouvoir goûter et transmettre la JOIE. »
« Ne sois pas triste ! Sois un porteur de JOIE pour tes compagnons de route. La JOIE ne se soucie ni d’hier, ni demain. La JOIE est vieille comme le monde et irradie le cœur de tous ceux qui veulent aimer. »
Musique, chants, danses percent la nuit. Soixante ans. Un instant dans une vie. Mais un instant qui nous rassemble dans la JOIE. La JOIE qui ne pose pas de questions. Qui n’a pas d’états d’âme. Notre seule et éternelle fortune ici-bas.
par Henri LAFFORGUE | Déc 2, 2015 | Actualité
Le terrorisme barbare qui frappe aujourd’hui la France et le monde ont de nombreuses causes et je ne saurais prétendre toutes les avoir identifiées. Tout cela est très complexe. Cependant, après avoir beaucoup lu et m’être beaucoup documenté, je me permets de rappeler les faits suivants.
Les Etats-Unis – et plus spécialement George W. Bush – sont responsables en grande partie du chaos du Proche-Orient, de la création de Daesh et du terrorisme qui frappe le monde.
La guerre d’Irak a été déclenchée sur un mensonge de George W. Bush : les soi-disant armes de destruction massive détenues par Saddam Hussein. George W. Bush se croyait investi d’une mission divine et priait Dieu de lui donner la victoire. Pendant ce temps Saddam Hussein demandait la même chose à Allah. Même détournement de la religion.
George W. Bush s’en est pris à l’Irak pour châtier Ben Laden alors que Ben Laden et la majorité des terroristes du 11 septembre 2001 étaient… saoudiens ! Encore une des inconséquences de ce chef d’Etat dont l’Histoire retiendra le rôle très néfaste pour le monde. !…
Certes, l’Irak de Saddam Hussein n’était pas un modèle de démocratie. Mais il faut savoir que les peuples arabes ne sont pas mûrs pour nos régimes démocratiques occidentaux, et qu’ils ont besoin de régimes autoritaires. On peut le regretter, mais c’est un fait.
Les Etats-Unis ont remplacé un régime sunnite par un régime chiite. Résultats des milliers de soldats aguerris de l’armée irakienne ont été démissionnés, et sont venus grossir les rangs des combattants de Daesh.
Les Etats-Unis – et les Occidentaux – ont pour alliés l’Arabie Saoudite, le Qatar et la Turquie, Etats qui soutiennent Daesh !
Parce que l’Arabie Saoudite regorge de pétrole, les Occidentaux la courtisent et commercent avec elle. La France laisse son patrimoine tomber petit à petit dans les mains de ce royaume Moyenâgeux. Elle laisse, en plus, l’Arabie Saoudite, financer l’ouverture de mosquées salafistes sur notre territoire et, à la remorque des Etats-Unis, elle accepte cette alliance avec un pays qui, en sous mains, soutient Daesh.
La politique étrangère de la France est aberrante. Nous soutenons Al-Nostra (groupe armé salafiste djihadiste affilié à Al-Qaïda) et l’ASL (Armée Syrienne de Libération) pour la bonne raison que ces deux groupes cherchent à renverser Bachar al-Assad, dont nous avons fait l’ennemi numéro un. Laurent Fabius, qui navigue au gré du vent, a déclaré en août 2012 que ce dernier « ne mériterait pas d’être sur la terre »…
Certes Bachar al-Assad n’est pas un saint, mais le régime syrien n’est pas pire que celui de l’Arabie Saoudite que nous soutenons, et le groupe islamiste Al-Nostra, auquel nous fournissons des armes, n’est autre qu’une horde de sauvages qui tuent, assassinent, torturent, violent, pillent, etc. Violences devant lesquelles la France ferme les yeux !…
Le battage médiatique qui présente Bachar al-Assad comme « le boucher qui massacre son peuple » encourage fortement nos jeunes à aller combattre dans les rangs de Daesh et à se lancer dans le terrorisme.
Il faut savoir identifier l’ennemi commun et s’allier avec ceux qui ont la volonté de le détruire, même si nous ne partageons pas toutes leurs idées. Sans l’alliance avec l’Union Soviétique, en 1941, les Occidentaux n’auraient jamais gagné la Seconde Guerre mondiale.
Aujourd’hui, l’ennemi commun, ce sont le salafisme et le fondamentalisme wahhabite, terreaux de haine, de violence et de barbarie qu’il faut impérativement abattre. La première chose, peut-être, serait de nous désolidariser des Etats-Unis auxquels nous sommes inféodés, et de nous allier avec la Russie.
Au nom de la moralité, nos dirigeants ont mis hier Saddam Hussein, puis Kadhafi, et aujourd’hui Bachar al-Assad au ban des nations. Le chaos a remplacé les régimes des deux premiers, et remplacera demain le régime du dernier si nous persistons dans cette erreur diabolique.
Or je le dis et le redis, rien n’est pire que le chaos, et c’est dans le chaos que prend naissance le terrorisme international qui frappe toute la planète.
Il est donc impératif de revoir nos alliances et de nous détacher de l’Arabie Saoudite, du Qatar et de la Turquie. Cette dernière demande la reprise des négociations pour intégrer l’Europe. J’espère que cette demande sera définitivement enterrée. L’Europe ne peut pas s’adjoindre un pays qui joue double jeu et dont l’adhésion amènerait plus de 70 millions de musulmans ! Malheureusement la cécité – et la stupidité ! – de tant de dirigeants laissent craindre le pire !…
Enfin, le gouvernement de cesse de marteler que nous sommes « en guerre » et il a raison. Mais en guerre on prend des mesures de guerre. Aussi, il est absolument inadmissible que l’adjudante de gendarmerie qui a fourni des renseignements à un complice du terroriste Coulibaly – attentats de janvier 2015 – ait seulement été radiée des cadres et n’ait pas été accusée de trahison. Militaire – et en temps de guerre en plus – cette adjudante mérite, comme tout traître à la nation, la réclusion criminelle à perpétuité. Mais là encore, nous sommes victimes du laxisme viscéral de nos dirigeants. Quand comprendront-ils ? Et comprendront-ils un jour ?…
par Henri LAFFORGUE | Nov 24, 2015 | Actualité
La violence appelle la violence, et la guerre appelle la guerre.
La meilleure arme pour lutter contre ces fléaux aussi vieux que le monde est le dialogue. De nombreux conflits – tous ? – naissent en effet de non-dits, de malentendus, de l’impossibilité de mettre des mots sur des souffrances, sur des divergences.
Aussi, un dialogue fait d’écoutes réciproques attentives et désireux de trouver la paix, peut dénouer bien des crises, éviter l’échec de toute guerre.
Mais il est une condition indispensable pour qu’un dialogue s’établisse : il faut être au moins deux et, pour qu’il soit fructueux, il faut que les interlocuteurs aient la volonté de trouver une entente, et d’aboutir à la paix.
Quand le philosophe Michel Onfray déclare que la solution n’est pas de bombarder Daech, que ça ne calmera pas les mille personnes susceptibles de prendre les armes en France, je partage son point de vue.
Je comprends également son désir de sauver la paix et ses interrogations pour savoir – dans la mesure où nous négocions des terrains de foot avec le Qatar, des affaires avec l’Arabie Saoudite et la Turquie, Etats qui ne sont pas des modèles de démocratie – s’il ne serait pas possible de trouver une entente diplomatique avec Daech.
Ces propos ont valu à Michel Onfray de passer pour islamophile, alors que voici peu de temps on le traitait d’islamophobe ! Qualifications aussi déplacées l’une que l’autre en ce qui le concerne. Michel Onfray est un philosophe, qui souhaite la paix entre les hommes et qui, comme moi, croit aux vertus du dialogue.
Malheureusement je crois que Daech est allé trop loin dans le crime et dans la barbarie pour qu’on puisse dialoguer avec lui. Comment discuter avec Etat qui sème la mort et la haine autour de lui, qui décapite, crucifie, torture, viole ses victimes, et tue chaque semaine des dizaines d’innocents dans le monde, dans des attentats odieux, à l’issue desquels ses kamikazes se donnent la mort ! Oui, comment dialoguer après de tels crimes ?!…
Le philosophe s’inscrit dans le temps et dans la durée, ce que ne fait pas toujours le politique qui réagit souvent dans l’immédiateté. Et je partage cette pensée d’Ajax dans la pièce de Sophocle du même nom « L’on ne doit haïr son ennemi qu’avec l’idée qu’on l’aimera plus tard. » (v.678). Il faudra que tôt ou tard vienne le temps du pardon et de la réconciliation.
Mais il est trop tôt. Bien trop tôt. Seul le temps pourra apaiser – peut-être ? et pour les générations suivantes… – les blessures et conduire au pardon. Pour l’heure, la Justice et le respect des victimes exigent un châtiment exemplaire des auteurs et des commanditaires de ces crimes sans nom.
Je me demande si la mort n’est pas le seul châtiment à la hauteur de crimes aussi effroyables perpétrés sur des innocents. Une mort qui n’est pas vengeance, mais qui est la seule peine pour des individus qui se sont à tel point coupés de la vie, et avec lesquels aucune discussion n’est envisageable.
« Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23,34). J’ai toujours en mémoire ce cri de Jésus sur la croix. Mais seules les victimes et leurs proches peuvent pardonner l’impardonnable. Personnellement, si j’avais perdu une épouse, un fils, une fille ou autre, dans ces attentats, je ne sais pas si je pourrais pardonner à leurs assassins. Aussi je dois dire mon admiration devant ces proches de victimes qui font preuve d’une grandeur d’âme magnifique, et déclarent ne pas en vouloir aux tueurs. Voir le témoignage du journaliste Antoine Leiris qui a perdu sa femme au Bataclan : « Vous n’aurez pas ma haine. »
Chrétien de cœur, non pratiquant et essayant de mettre mes pas dans ceux de Jésus de Galilée, je connais bien sûr cette phrase : «Si quelqu’un te frappe sur la joue droite, présente-lui aussi l’autre. » (Matthieu 5,39). Mais je me demande si c’est là, la meilleure réponse. Si la meilleure réponse n’est pas de donner en retour à l’antagoniste une gifle juste et proportionnée, suivie aussitôt de la main de la paix et de la réconciliation.
L’un des drames de la politique française actuelle, en effet, est le laxisme et le fait d’accepter, d’excuser, de tolérer toutes les fautes, tous les délits, tous les crimes, sans leur donner leur juste châtiment.
Or tout coupable – quelle que soit sa faute – mérite une peine, et cette peine est le prix qu’il doit payer pour s’amender et pour être réintégrer pleinement dans la société dont il s’est mis à l’écart. Dans le cas des criminels de Daech aucune réintégration ne me semble possible, vu l’horreur et la barbarie de leurs crimes.
par Henri LAFFORGUE | Nov 21, 2015 | Actualité
Les odieux attentats de Paris, le 13 novembre, s’inscrivent, hélas, dans une longue liste qui touche tous les pays du monde ou presque. Que ce soient le Liban, la Turquie, l’Afghanistan, le Pakistan, l’Egypte, le Yémen, le Mali, la Russie, etc.
La France se réveille, hagarde, après un long sommeil, dont beaucoup avaient essayé – vainement – de la tirer. Le Président de la République a décidé, dans l’émotion, d’intensifier les frappes aériennes sur Daech. Malheureusement la politique d’une nation ne se décide pas dans l’émotion, et les campagnes aériennes n’ont jamais suffi pour gagner une guerre….
La France veut jouer les gendarmes du monde. En l’espace de cinquante ans, elle s’est engagée en quarante opérations extérieures en Afrique ! Sans compter ses engagements en Yougoslavie, en Afghanistan, au Liban et maintenant en Syrie. Or elle n’a pas les moyens de telles opérations.
Sait-on qu’au Mali, elle déploie 3 000 hommes pour assurer la sécurité d’un territoire de 5 millions de km², alors que 150 000 Américains n’ont pas réussi à ramener la paix en Afghanistan grand seulement de 600 000 km² ?
Est-il normal qu’au Mali, encore, viennent s’enrichir des hommes d’affaires et des sociétés du monde entier, et que les Etats d’où ils viennent ne participent pas à la sécurité de cette nation, et abandonnent à nos malheureux soldats cette mission ?…
Le commencement du commencement serait de remettre de l’ordre dans nos banlieues et dans les zones de non droit où se terrent de nombreux ennemis de la France, prêts à passer à l’action. Il faut également faire la traque aux mosquées salafistes, aux imams à double langage, à tous ceux qui répandent une idéologie de terreur et de haine, etc. Il faut en finir avec le laxisme, dont nos dirigeants font preuve depuis des dizaines d’années et, lorsqu’on a des juges compétents – tel le juge antiterroriste Marc Trévidic, muté aux affaires familiales à Lille, pour raison de mobilité (il était en place depuis dix ans) – les laisser à leur place et leur donner les moyens d’agir !
Les kamikazes, qui se font sauter avec leurs bombes, se font passer pour des héros auprès des jeunes qu’ils recrutent. Or les héros font le sacrifice de leur vie, pour le bien commun et en épargnant celle des autres. Mais ces gens-là haïssent la vie. Ils haïssent la France, sa civilisation, sa culture, ses plaisirs, ses chants, ses danses, sa gaîté, etc. Ils sèment la mort et la haine.
Oui, les héros font tout pour défendre la vie. L’ancien ministre Luc Ferry rappelait dans une chronique, dernièrement, le sacrifice de ce pilote de la RAF qui précipita son avion contre un V1, missile allemand, qui allait détruire une école. Il y avait dans ce suicide la seule volonté de sauver des enfants. Rien à voir avec les suicides de ces terroristes au service exclusif de la haine et de la mort.
Le drame, c’est que tous ces djihadistes pensent servir une cause sacrée et pensent qu’en semant la mort, en faisant couler le sang et les larmes, ils vont atteindre les jouissances éternelles de ce paradis promis par leur religion. Quelle aberration !
J’ai du mal à croire que l’islam soit une religion de paix. Mais admettons. Alors pourquoi les musulmans de France ne manifestent-ils pas massivement dans les rues pour condamner les crimes des djihadistes, et se contentent de communiqués lénifiants des représentants de leur culte ? Et puis pourquoi voyons-nous encore dans nos rues ces femmes en niqab, qui bafouent en toute impunité nos lois, et qui représentent précisément l’islam dans ce qu’il a de pervers, dans son mépris de la femme ?…
Les chrétiens ont commis bien des crimes au cours des deux milles ans passés – les croisades, l’Inquisition, la Saint-Barthélemy, etc. – Mais, que l’on soit croyant ou non, il faut reconnaître que Jésus-Christ a prêché la paix, et est mort seul sur la croix, sans entraîner la mort d’aucun de ses disciples. Tel n’est pas le cas de Mahomet qui fut un chef de guerre, qui a pris les armes pour propager sa religion et qui est à l’origine du djihad, ou guerre sainte ?…
Je ne sais pas comment l’on viendra à bout du terrorisme, ni même si l’on en viendra à bout, quelles que soient les promesses de victoire affichées par tant de nos dirigeants. Mais il y a beaucoup à dire sur la politique étrangère de la France et des Occidentaux.
Nous sommes les alliés de l’Arabie Saoudite. Or les pratiques de ce pays sont les mêmes que celles de Daech : des dizaines de décapitations publiques chaque année, de nombreuses amputations, la lapidation des femmes adultères, l’interdiction de pratiquer tout autre culte que l’islam, etc. On ne peut pas dire que ce soit là des pratiques d’un pays libre et démocratique !…
Nous sommes les alliés de la Turquie, or la Turquie cherche plus à lutter contre les Kurdes que contre Daech. La preuve en est qu’elle laisse passer librement sur son territoire les terroristes qui rejoignent ou quittent Daech…
Voilà quelques réflexions dans le désordre, à la suite des derniers événements. Pour finir, je dirai que nous payons le laxisme des décennies passées. Il est urgent de se réveiller, et ce réveil bien tardif n’empêchera pas, hélas, d’autres attentats. Et je m’inquiète en voyant des politiques français, malgré l’urgence de la situation, s’insurger contre la restriction nécessaire des libertés individuelles pour renfoncer la sécurité de tous. Il faut savoir ce que nous voulons. Ces utopistes n’ont sans doute perdu aucun proche au Bataclan ou dans les terrasses de restaurants et de cafés, vendredi dernier, à Paris…
par Henri LAFFORGUE | Nov 16, 2015 | Actualité
Ils s’appelaient Thomas, Elodie, Nicolas, Guillaume, Alban, Elsa, Patricia, Fabrice, Grégory, Matthieu, Pierre, Cédric, Marie, Quentin, Hélène, David, Aurélie, Manu, Valentin, Lola, Patricia, Hugo, Valérie, Anna, Véronique, Guillaume, Victor, Halima, Houda, Asta, et tous les autres…
Ils étaient venus assister à un concert de rock, fêter un anniversaire à la terrasse d’un café, boire un verre avec quelques amis, etc.
Ils étaient fonctionnaires, étudiants, musiciens, artistes, avocats, etc.
Ils avaient vingt, trente, quarante ans et plus.
Ils aimaient la vie. Ne souhaitaient que vivre en paix.
Et voici que la mort les a fauchés ce vendredi 13 novembre. La mort plus odieuse, la plus abominable qui soit. Une mort que rien ne pourra jamais justifier, fruit d’une haine stérile et d’un mépris de la vie que tous nous condamnons.
Et ils laissent dans les larmes qui un mari, qui une épouse, qui un frère, qui une sœur, qui un ami ou amie, et qui sais-je ? Et ils laissent des enfants à l’aube d’une vie, privés à jamais d’un père, d’une mère !
Ô l’injustice qui frappe tous ces innocents ! Ô la stupidité de tous ces terroristes qui sèment la mort, le sang et les larmes, et sont incapables de se laisser attendrir par le visage d’une jeune fille au printemps de la vie, ou d’un jeune homme fêtant ses vingt ans ! Se sont-ils jamais laissé attendrir par l’amour d’une mère pour son enfant ?…
Ils tuent, tuent et tuent encore, de sang-froid, sans état d’âme, comme on tire sur des cibles dans une fête foraine…
Des heures et des heures – nuits et jours d’horreurs ! – des familles, des proches, cherchent en vain à savoir si tel ou tel est encore en vie. Ils téléphonent ici et là. Appels désespérés dans la nuit.
Puis la nouvelle tant redoutée tombe. Apportée par un proche, par la presse, par la TV ou autre. Un tel est mort. Larmes. Pleurs. Indicible souffrance qui accompagne la perte de tout être aimé.
Ou alors, miracle ! nouvelle inespérée après des heures d’angoisse : un tel est vivant. Blessé mais pas gravement. JOIE ! JOIE à nulle autre pareille ! MERCI mon Dieu !
Tristesse. Désespoir. Incompréhension devant tout ce carnage, tout ce massacre, en cette nuit d’un automne si beau, si doux !
Pourquoi ? Oui, pourquoi tant de haine ? Pourquoi tout ce sang innocent répandu ?…
Puissions-nous cependant, malgré notre désir légitime de vengeance, ne pas céder à la stérilité de la haine !
Refusons également de nous plier devant ces terroristes sans âme. Restons debout. Unis dans le malheur et la souffrance.
Et gardons au fond de notre cœur tous les souvenirs des moments heureux partagés avec ceux que la mort vient de faucher.