Je suis surpris de l’impulsivité de notre Président et de nos ministres qui, comme d’habitude, réagissent dans l’émotionnel et cherchent ainsi l’appui de l’opinion…

Loin de moi l’idée de défendre les porteuses de burka qui nous méprisent et nous provoquent, pendant que des femmes meurent dans de nombreux pays pour ne pas porter le voile et alors que le Prophète n’en a jamais imposé le port.

Mais, nous sommes dans une démocratie et, que l’on soit ministre ou Président, on doit se plier aux lois de notre pays.

Ainsi, quand je vois Brice Hortefeux chercher arbitrairement à déchoir de la nationalité française l’époux de la porteuse de burka nantaise, il enfreint nos lois qui ne prévoient une telle sanction que pour des crimes de la plus grande gravité. Tel n’est pas le cas dans cette affaire.

Toute la publicité faite à cette affaire et l’urgence avec laquelle Nicolas Sarkozy veut faire passer une loi sur l’interdiction totale de la burka, occultent des problèmes bien plus graves et plus urgents, tels que le chômage, la pauvreté et la misère qui s’installent de plus en plus dans notre pays… Mais, il est plus facile de prendre des boucs émissaires et de mobiliser l’opinion avec des fibres de xénophobie…

Je note que lorsque nos politiques ont ramené le problème de la burka à la surface, voici quelques semaines, on estimait seulement à quelques centaines les femmes qui la portaient. Aujourd’hui, elles seraient environ 2000 et je ne doute pas que demain elles feront des émules !!!

Je note enfin l’empressement avec lequel un Jean-François Copé a demandé une loi sur cette question, en janvier, alors qu’une commission planchait depuis plusieurs mois sur le problème et était sur le point de rendre ses conclusions ! Tous les moyens sont bons pour arriver à la Présidence, même si l’objectif n’est fixé que pour 2017 !…

En discutant avec un marchand de pizzas, j’apprends avec stupéfaction que les revenus qu’il déclare au fisc sont majorés d’office de 25% ! C’est-à-dire que s’il déclare 20.000 € de revenus, il est imposé sur 25.000 !… Et une telle mesure serait prise envers tous les artisans – ou certaines catégories seulement ? – qui n’adhèrent pas à un Centre de Gestion, pour compenser le travail au noir qu’ils sont supposés effectuer !…

Il y a là, de la part du Fisc, quelque chose d’absolument scandaleux ! Une présomption de culpabilité dans une démocratie qui se veut la championne de la présomption d’innocence. Une pénalisation des artisans honnêtes – et il y en a ! – que le fisc encourage – oblige ! – ainsi à travailler au noir.

Dans quel pays vivons-nous ?!… Comment s’étonner que tant de jeunes n’aient plus de morale !…

Les socialistes caressant toujours le peuple dans le sens du poil, s’élèvent contre le recul de l’âge légal de départ en retraite et Martine Aubry promet de le remettre à 60 ans si le PS gagne les présidentielles de 2012.

Mais, comment peut-on refuser une évidence aussi incontournable : l’espérance de vie était, en 1945, de 60 ans. Elle est aujourd’hui de plus de 77 ans pour les hommes, et 83 ans pour les femmes.

Travailler plus longtemps semble donc un passage obligé et ceux qui soutiennent le contraire sont des menteurs, des esprits retors ou des idéalistes totalement coupés des réalités.

Pour moi, la messe est dite : il faut impérativement reculer l’âge de la retraite.

Mais, je voudrais aborder cette question sous un autre angle. Alors que beaucoup attendent avec impatience l’âge de le retraite – et je fus de ceux-là – il en est d’autres qui, aimant leur travail, souhaitent y rester le plus longtemps possible.

Nous passons plus du tiers de notre vie au travail. La solution serait donc que chacun puisse s’y épanouir, s’y réaliser. Que chacun ait conscience de participer – si minime que soit sa place – à la vie de la communauté. Que chacun se sente utile, là où il est, et soit reconnu à sa juste valeur.

S’il est une réforme à faire de toute urgence, elle est là. Si le travail doit être un moyen de gagner décemment sa vie, il faut en même temps, qu’il soit un moyen de s’intégrer dans la vie du pays. Il faudrait que tous soient heureux, en se levant le matin, d’aller travailler. Je ne sus pas sûr que ce soit le cas le plus fréquent, et c’est-là où le bât blesse.

Aussi, il conviendrait de mettre un frein à la recherche exclusive de rentabilité et de productivité, et remettre l’homme au centre de la vie économique, politique et sociale…

Si demain chacun se sent bien intégré là où il est, s’il n’est pas exploité, s’il a des conditions de travail décentes, s’il se sent utile et est respecté, s’il a l’espoir, au fil des ans de voir sa situation s’améliorer, alors tous accepteront de partir plus tard en retraite.

C’est-là, me semble-t-il, une simple question de bon sens. Mais, contrairement à ce que disait Descartes, le bon sens n’est pas la chose la plus partagée du monde !…