par Henri LAFFORGUE | Nov 4, 2014 | Actualité
Quels idéaux notre société propose-t-elle à nos jeunes, hormis l’argent, le sexe, la drogue, les matchs de foot ?…
Les scandales qui éclaboussent chaque semaine le monde politique, quels que soient les partis, des plus petites aux plus hautes sphères, les détournent de la foi en notre patrie et les poussent à la stérilité de l’individualisme ambiant.
Aussi, j’applaudis des deux mains et félicite grandement le Général Pierre Chavancy, Gouverneur militaire de Lyon, et le lieutenant Michel Auvert, chef de section au 92e RI, d’avoir donné une conférence le jeudi 23 octobre, aux étudiants en droit et en sciences politiques, à la Faculté Jean-Moulin à Lyon. Conférence à laquelle j’ai eu la chance d’assister.
L’amphithéâtre – de 450 à 500 places – était plein, si bien qu’une vidéo-conférence eut lieu en même temps dans l’amphithéâtre voisin. C’est dire l’intérêt que portent tous ces jeunes à notre armée.
Le Général Chavancy a décrit, avec une grande clarté, l’éventail des missions confiées à l’armée, à l’intérieur et à l’extérieur, et a dévoilé toute la chaîne de décision, du Président de la république, Chef des armées, au simple soldat.
Il a insisté sur la nécessité « d’apprendre et de comprendre » et sur l’importance capitale de connaître l’histoire et la géographie. Les découpages, aujourd’hui, de certains territoires, les conflits régionaux, prennent leurs racines dans un passé qu’il est impératif de connaître.
Il a montré que le soldat est au service de la Paix et qu’il ne prend jamais plaisir à tuer – même si l’ennemi qui est en face de lui est un « salopard ». Le but n’est pas de « flinguer un salopard », mais de tout faire pour éviter qu’un « salopard » mettre en péril toute la population. De tout faire pour que les populations des territoires où il intervient, puissent vivre en paix dans un Etat de droit.
Il a rappelé que l’armée intervenait toujours dans un cadre légal, à la demande de l’ONU et à l’appel de gouvernements démocratiquement élus, pour rétablir la paix entre les hommes.
Ancien chef des forces françaises en Afghanistan, il a expliqué que le drame de ce pays provenait de la suppression, par les Russes, puis par les Talibans, des cultures vivrières remplacées par la culture du pavot. Une des missions de nos hommes, entre autres, était de sécuriser le pays pour ramener les populations aux cultures vivrières.
On était loin, là, des clichés trop souvent diffusés de va-t-en-guerre et de têtes brûlées.
Le lieutenant Michel Auvert, 32 ans, rentré dans l’armée après un cursus universitaire de haut niveau, a retracé la vie de sa section, 40 hommes, en opération pendant un mois au Mali. La moyenne d’âge des soldats et sous-officiers sous ses ordres est de 23 ans, et la moitié ont le bac.
Il a insisté sur le « savoir être » qui demande le plus grand respect pour tous les personnes que les soldats sont appelés à rencontrer. Sur l’importance du plus petit geste – comme porter la main à son arme – qui peut avoir des répercussions dramatiques pour toute la suite des opérations. Et il a insisté également sur le « savoir-faire », c’est-à-dire sur la connaissance et la maîtrise parfaites de son métier, du combat spécifique en plein désert où la température peut s’élever à plus de 50 degrés le jour et descendre la nuit à seulement 30 ou 40 degrés. Il faut alors boire 10 à 15 litres d’eau par jour, et être accompagné d’une logistique sans faille.
Avec sa section, il a parcouru pour rejoindre le Mali 5 000 kms en bateau, 3 000 kms en camion, et fait sur le terrain 2 000 kms à pied.
Il précise que tout le monde ne peut pas faire ce métier et que les militaires passent des tests sévères pour voir, entre autres, s’ils peuvent rester opérationnels sans avoir dormi pendant trois ou quatre jours et nuits de suite.
Le lieutenant Michel Auvert et ses hommes ont participé à des réunions de réconciliation. Ils ont eu la satisfaction de voir la réinstallation du gouverneur de Gao et la réouverture du marché.
Au terme de sa mission, la section a bénéficié d’un temps de décompression. Séjour de trois jours dans un hôtel cinq étoiles à Chypre où tous ont goûté le bonheur de pouvoir prendre des douches dont ils ont été privés, de pouvoir dormir dans un lit et sans arme à ses côtés, etc. Puis c’est le retour en France avec une permission de trois semaines, au terme de laquelle la section peut être rappelée à tout moment pour une nouvelle mission.
Les règles d’engagement et de déclenchement des tirs sont strictement encadrées. Et le général Chavancy a toujours dit à ses hommes : « Ne faites jamais rien que vous ne puissiez raconter le soir à vos petits-enfants » ce qui résume bien la sagesse de nos soldats.
A la fin de conférence, la parole est donnée aux étudiants.
A une étudiante qui l’interroge sur la baisse des effectifs de 36 000 hommes d’ici 2019, il répond que le livre blanc de l’armée a été fait en concertation avec les responsables politiques, et que la puissance de notre armée ne sera pas affectée par cette diminution, mais simplement qu’il faudra se retirer de certains théâtres d’opérations extérieures.
A un étudiant qui lui demande quelle est la pertinence de la dissuasion nucléaire, il rappelle qu’un automobiliste peut rouler sans assurance, mais qu’il en découvrira l’utilité le jour où il aura un accident. Et il sera alors trop tard, hélas. Il faut donc essayer de se prémunir contre tous les dangers, et il est des dangers que personne ne voit venir. Il rappelle à ce sujet que seule Hélène Carrère d’Encausse avait prédit la chute du mur de Berlin et que personne ne l’a crue alors…
Une étudiante l’interroge sur la présence des femmes dans l’armée, il répond qu’il n’y a aucune discrimination pour qu’elles en fassent partie. L’armée de terre compte 12% de femmes dans ses rangs. Le 92° RI, 5%. Sans être machiste, le général déclare avec humour que, s’il se trouve pris dans un coup dur, il préfère être appuyé par « six gaillards bien musclés », mais s’il se trouve blessé sur un brancard, il appréciera davantage le sourire d’une jeune femme.
Que retenir de tout cela ? Que notre armée et nos soldats sont l’émanation du peuple français et sont au service de la nation. Que si nous avons la chance de vivre aujourd’hui dans un pays libre et en paix, c’est parce que nos anciens ont accepté de faire, quand il l’a fallu, le sacrifice de leur vie et que nos soldats, aujourd’hui, acceptent de risquer – et donnent encore s’il le faut – leur vie pour notre sécurité.
Cet héritage, n’est jamais définitivement acquis, et il appartient aux jeunes générations de s’engager pour le défendre.
L’armée est un chemin, mais il n’y pas qu’elle. Il y a mille façons d’être utile à la France et au monde. Le mot patrie semble à beaucoup suranné, désuet. N’oublions pas sa valeur. L’Amour de France nous concerne tous et nous invite à sortir de cet individualisme dans lequel la société contemporaine veut nous enfermer.
Si j’en juge par les applaudissements qui ont suivi vos interventions, mon Général et mon lieutenant, je pense que vos messages ont été reçus 5 sur 5. MERCI pour votre engagement et pour vos témoignages.
par Henri LAFFORGUE | Oct 3, 2014 | Littérature et poésie

Sous un ciel chargé de nuages, le vétéran contemple l’océan et ses vagues qui,
depuis des millions d’années et pour des millions d’années encore,
viennent s’écraser sur la plage sauvage…
Là, il y a un soixante-dix ans – une infinitésimale fraction de seconde dans l’histoire de l’Univers ! –
il débarquait avec les soldats de la plus grande armada de tous les temps !
Il pense à tous ses camarades disparus dans les flots au cours de l’opération,
Ou abattus au moment où ils touchaient le rivage.
Des hommes, au printemps de la vie, comme lui, fauchés, emportés pour toujours avec leurs rêves,
leurs espoirs, les amours de leurs vingt ans…
Une indicible tristesse l’envahit. Pourquoi, oui pourquoi, tous ces morts ?!…
La vie est courte. Si courte. Avec ses peines, ses souffrances inévitables, ses chagrins,
alors pourquoi rajouter l’horreur, la barbarie, la violence des guerres et leurs déchirures
que rien ne peut effacer, pas même le temps ? Le temps qui pourtant atténue tant de peines…
Indicible tristesse devant cette fatalité à laquelle semble inéluctablement soumise l’humanité…
Les marées et les années ont emporté le sang versé de tous ces jeunes,
et les ennemis qui se sont entretués hier ont fait la Paix
Mais le temps emporte les amours et les haines.
Du lointain des âges retentit le cri d’Ajax :
« On ne doit haïr son ennemi qu’avec l’idée qu’on l’aimera plus tard,
et pour l’ami, il faut l’assister, le servir qu’avec l’idée qu’il ne restera pas notre ami à jamais… »
Cruelle et implacable alternance des sentiments, des passions !
Panta rhei ! Tout passe ! comme disait Héraclite d’Ephèse, voici vingt-cinq siècles…
Pourtant, plus grands que la tristesse, plus bruyants que le tumulte des flots,
résonnent la fierté du devoir accompli et l’Honneur qui l’accompagne !
Quel plus beau sacrifice que de donner sa vie pour la Justice, la Liberté, la Paix !
Dormez en paix et soyez fiers, soldats de tous les temps,
qui avez versé votre sang pour la Liberté de tous !
Les vagues viennent mourir sur la plage. Aujourd’hui comme il y a soixante-dix ans.
Au seuil de l’Eternité, ce vétéran pense à ses camarades morts sur cette plage hier,
et à tous nos soldats dans le monde qui, aujourd’hui encore,
risquent et donnent parfois leur vie pour la Liberté.
Dans un monde où l’Honneur ne compte plus guère, ou l’individualisme est roi,
soyez fiers, soldats de France de vos sacrifices !
La France profonde, la France éternelle, la France qui se redresse toujours quand on la croit perdue,
ne vous oublie pas et sait tout ce qu’elle vous doit.
par Henri LAFFORGUE | Août 4, 2014 | Actualité
Les médias semblent – enfin ! – s’inquiéter du sort des chrétiens d’Irak et du Proche-Orient. Il est bien tard ! Implantés dans ce pays bien avant les musulmans, ils étaient plus d’un million avant la première guerre du Golfe ; ils ne sont plus 400 000 aujourd’hui !
Avant la création de l’EI (Etat Islamique), ils étaient 60 000 à Mossoul. La majorité d’entre eux a fui avec l’arrivée des fous de Dieu, et sur les 25 000 restants, seules quelques familles seraient encore à Mossoul après l’ultimatum lancé par les djihadistes.
Ils sont chassés de chez eux par ces terroristes. Ils n’ont pour issue que de se convertir à l’islam ou payer une taxe spéciale ou s’exiler. Sinon, ils risquent d’être exécutés.
J’ai toujours refusé l’amalgame entre ces fondamentalistes et la grande majorité des musulmans. Mais j’avoue être profondément déçu par le silence de ces derniers. Qu’attendent-ils pour se désolidariser de ces terroristes et les condamner publiquement. Doit-on voir dans leur silence assourdissant une marque de consentement ?…
Musulmans de France, si vous ne voulez pas que la guerre de religion s’installe dans notre pays, si vous souhaitez un respect réciproque entre les communautés chrétiennes, juives et musulmanes, il est urgent que vous condamniez ces fondamentalistes qui, au nom du Prophète, se rendent coupables des pires crimes, des pires exactions.
Cela n’enrayera sans doute pas la progression des djihadistes en Irak et au Proche-Orient. Mais cela aura le grand mérite de clarifier les choses, de montrer que vous êtes contre la charia et que vous souhaitez la paix entre les hommes de confessions différentes.
par Henri LAFFORGUE | Juil 30, 2014 | Actualité, Réflexions diverses

Mon adjudant-chef,
Survenue dans le cours des « grandes » vacances, en cette période estivale où beaucoup ne pensent qu’au repos et aux loisirs, survenue entre des catastrophes aériennes et au moment où une nouvelle flambée de violence déchire Israéliens et Palestiniens, j’ai peur que votre mort ne soit passée inaperçue. Et j’ai peur que la France ne banalise la mort de ses soldats qui donnent leur vie pour elle, si loin d’elle.
Vous êtes mort pour la France au Mali, le 14 juillet, jour de notre fête nationale. Vous aviez 45 ans, et vous vous étiez engagé dans la Légion à l’âge de 19 ans.
Vous avez participé à de nombreuses missions à l’étranger dont six OPEX (Opérations Extérieures) : trois en Afghanistan, une en ex-Yougoslavie, une au Liban avant d’être désigné en 2014 pour l’opération Serval au Mali.
Le 3 juillet, vous aviez fêté, par colis interposés, le troisième anniversaire de votre rencontre avec votre compagne, Nathalie. Quelques semaines plutôt, vous lui aviez envoyé un SMS avec ces mots : « Veux-tu m’épouser ? ». Et dans son dernier paquet, Nathalie avait glissé votre alliance…
De vous, votre fiancée dit : c’était un homme « au grand cœur, qui faisait tout pour nous rendre la vie belle ». Elle vous qualifie de « beau-père extraordinaire… Il aurait donné sa vie pour mon fils François, comme il était capable de la donner pour la France ». Quel magnifique hommage !
Je laisse à vos supérieurs et à vos frères d’armes rappeler vos qualités de soldats et tout le courage et le dévouement dont vous avez fait preuve pour notre Patrie, au cours de votre carrière.
La mort vous a fauché. Mais vous le savez, la mort fait partie de la vie du soldat. Le soldat a l’exorbitant pouvoir de tuer, et en retour il sait qu’il peut être tué. Et comme l’écrit le général Henri Bentégeat (ancien chef d’état-major des armées françaises) : « On meurt pour la France, bien sûr, mais elle est parfois si lointaine. Alors on meurt pour les copains, pour la Légion, parce qu’on est fier d’être Commando Marine, Cocoye ou Marsouin. On meurt pour soi-même, pour l’idée qu’on se fait de l’honneur. » (Aimer l’armée – Une passion à partager).
C’est parce que vous aviez le sens de l’honneur et parce que vous aimiez la France que vous avez donné votre vie pour elle.
A votre amie et à son fils, dans la peine, je veux simplement dire qu’ils peuvent être fiers de vous. Vous êtes mort pour que la Paix, la Justice et la Liberté l’emportent dans un Mali déchiré par la guerre. Votre sang n’a pas coulé en vain. Votre nom s’ajoute à ceux de vos huit camarades qui ont déjà trouvé la mort sur cette terre lointaine d’Afrique que nous ne devons pas oublier.
Reposez désormais en Paix dans cette Eternité où vous nous précédez. Et donnez à tous ceux qui vous pleurent le Courage nous avons tous tant besoin, par moment, pour rester fidèles à nos idéaux.
J’ai une pensée, enfin, pour tous vos camarades qui sont blessés au cours de ces campagnes. Les médias n’en parlent pas. Et certains d’entre eux sont handicapés à vie, ne retrouveront jamais une vie normale. Je les salue ici et souhaiterais que la France pense davantage à eux et à leurs familles dans la peine.
par Henri LAFFORGUE | Juil 30, 2014 | Réflexions diverses
Un journaliste d’un grand quotidien notait dernièrement dans son éditorial : « Nos compatriotes découvrent, jour après jour, que leur pays abrite de plus en plus de Français – puisque la plupart le sont – qui détestent la France. Et ne s’en cachent pas. »
Et il rappelait toutes ces flambées de violence – à la suite des matches de la coupe du monde avec l’Algérie, à la suite des manifestations pro-palestiniennes – dont les auteurs sont des jeunes gens « issus de l’immigration de l’Afrique du Nord et de l’Afrique subsaharienne ».
Il usait là d’un euphémisme pour ne pas dire « maghrébins ». Car enfin, osons le dire, au risque de passer pour un odieux raciste, ces jeunes qui cassent tout, qui brisent tout, qui pillent tout, sont la plupart du temps des maghrébins !
Ils haïssent la France mais profitent par contre, sans vergogne, de tous les avantages sociaux, économiques, financiers, etc., qu’elle leur octroie généreusement et sans contrepartie.
Ils bénéficient du laxisme des autorités qui au nom de l’intégration acceptent tout, tolèrent tout, même le plus insupportable et qui nous interdisent d’appeler chat un chat.
Il faut vraiment se faire violence pour ne pas devenir raciste, et pour ne pas faire un amalgame injuste et déplacé entre ces jeunes dévoyés et tous les jeunes issus du Maghreb.
Dire que la plupart des problèmes que nous rencontrons avec les étrangers ou avec les Français issus de l’immigration, viennent des maghrébins nous expose à des poursuites pour racisme.
Il s’agit là pourtant, me semble-t-il, d’une évidence.
Personnellement, chrétien de cœur, je considère tous les hommes de la terre, comme mes frères et je les respecte. Il n’en est pas hélas de même avec certains musulmans qui imposent leurs lois dans une France de tradition chrétienne, avec la bénédiction du de ceux qui nous gouvernent
Inutile de rappeler une nouvelle fois notre calendrier scolaire dans lequel les vacances de Noël et de Pâques, sont devenues les vacances d’hiver et de printemps ; les cantines halal ; certains supermarchés dans lesquels il n’y a plus ou presque plus que des produits halal ; l’expansion du voile et de la burqa, qui ne sont nullement prescrits par le Coran, et sont pour moi une évidente provocation ; les discours partisans sur la repentance dans lesquels on prétend que les Français n’auraient fait que du mal en Algérie – alors que c’est totalement faux – et dans lesquels on occulte les atrocités innommables commises par le FLN, et tutti quanti.
Je suis fermement opposé à l’escalade de la violence et de la haine, et je souhaite l’entente entre tous les hommes. Mais je me demande comment faire pour enrayer l’engrenage auquel nous assistons actuellement. Le laxisme ne donne – et ne donnera jamais – rien de bon. Seule la fermeté peut mettre un frein à tous ces désordres. Nos dirigeants politiques en auront-ils le courage ? J’en doute quand je vois les tentatives de certains d’établir le droit de vote pour les étrangers…