Une nouvelle fois, avec l’affaire Mohamed Merah, je suis surpris et indigné de la façon dont certaines personnes s’affranchissent du secret professionnel et dont les médias, sous prétexte du devoir d’informer, divulguent des informations qui devraient être tues.

Quel est donc ce « devoir d’informer » dont se réclame le directeur de TF1 après avoir diffusé des extraits des entretiens de Mohamed Merah avec des responsables du RAID ?

Autant j’admire ces journalistes de guerre qui risquent – et parfois laissent – leur vie pour informer le monde des drames qui se passent ici et là, qui suscitent la compassion, qui éveillent ou réveillent les consciences endormies, mobilisent l’opinion, et réussissent parfois, par leur courageux témoignage, à renverser le cours de l’histoire, à ramener la paix là où était la guerre, autant je méprise ces journalistes de plateaux télévisés, grassement payés, en quête de scoops, qui ne prennent aucun risque et qui jouent de la souffrance du monde et ne font rien pour la soulager.

Et j’ai le plus grand mépris également pour ceux qui trahissent sans vergogne le secret professionnel, poussés par de vils intérêts.

Quel intérêt y avait-il à révéler les conversations entre Mohamed Merah et les policiers du RAID, si ce n’est gagner du fric pour celui a trahi le secret professionnel et pour les chaînes qui ont diffusé ces entretiens ?

C’est se moquer des familles des victimes, de leurs souffrances. C’est compliquer les enquêtes de police sur un terroriste qui a tué sept personnes et blessé six autres. C’est jeter à la face du monde ce qui pour l’instant doit être tu.

Admettons que ces informations obtenues par des moyens illégaux aient mérité d’être dévoilées. Il eût convenu alors de consulter les familles des victimes, leurs avocats et le CSA (Conseil Supérieur de l’Audovisuel). Certains d’obtenir une réponse négative, les médias ne l’ont pas fait.

J’apprends en achevant ces lignes que le CSA a simplement « mis en garde » TF1. Quelle honte ! Le directeur mériterait une mise à pied et ceux qui ont dévoilé ces enregistrements devraient être activement recherchés et sévèrement sanctionnés.

Dans un monde où tous nos hommes politiques parlent de « rassembler », je pense que le premier devoir du journaliste est de diffuser des informations qui élèvent l’homme et non pas qui sèment le désordre et la division.

Le journalisme devrait répondre à une éthique de justice et de paix.

Hélas il n’en est rien. L’argent pourrit tout et le laxisme permet tout.

Le petit village du Chambon-sur-Lignon et la France tout entière sont bouleversés par le viol et l’assassinat d’Agnès Marin, cette collégienne de 13 ans. Une famille connaît un deuil cruel.

Mathieu, le meurtrier, un jeune collégien de 17 ans, avait déjà été inculpé pour un viol sur mineure en août 2010.

Ce drame soulève une nouvelle fois la question des lenteurs de la justice et du maintien liberté de certains criminels : pourquoi ce jeune, qui avait été inculpé en août 2010, n’avait-il pas encore été jugé et placé dans un centre de détention adapté ?…

Il soulève également la question de la récidive et des expertises psychiatriques. On pose aux psychiatres des questions auxquelles nul ne pourra jamais répondre : comment savoir si un criminel n’est plus dangereux, est guéri et ne recommencera pas ?…

Enfin, nous savons tous que les suivis psychiatriques imposés à certains, très souvent ne se font pas, faute de moyens.

Nos responsables politiques devront répondre à ces questions, mais je voudrais ici en poser d’autres.

Je veux parler de la violence des jeux vidéo, de nombreux films, et de la banalisation de la pornographie. Dès leur plus jeune âge, les jeunes baignent dans cette atmosphère immorale, malsaine et pernicieuse.

Au point qu’ils ne font plus la différence entre la fiction et la réalité, au point qu’ils ne sont plus retenus par la moindre barrière morale.

Les parents et les éducateurs ont une lourde responsabilité dans les crimes que nous rapportent chaque jour les journaux.

Mais plus que les parents encore, les responsables d’un grand nombre de dérives de nos adolescents, sont ceux qui commercialisent ces jeux, ces films, et tous les médias qui rapportent chaque jour des crimes et des scènes de guerre.

Nous avons deux petits-enfants de 5 et 3 ans. Ils viennent souvent chez nous. Là nous jouons avec eux au jeu de l’oie, aux petits chevaux, aux dames. Nous leur lisons ou racontons de saines histoires et, quand nous leur mettons des dessins animés, c’est pour regarder « Choupi et Doudou », la « Panthère rose », « Boule et Bill », « Tintin au Tibet » et autres.

Bref, des dessins animés dans lesquels il n’y a pas de scènes de violence, ni de viol. Pas des scènes de guerre. Pas de sang.

D’aucuns diront que nous sommes ringards. Je ne crois pas.

La personnalité du petit l’homme se forge dès ses premières années. Et c’est en baignant dès le plus jeune âge dans une atmosphère harmonieuse d’amour et de fraternité, qu’il deviendra un être droit, honnête et respectueux des autres.

Bien évidemment cela n’empêchera pas certains de sombrer dans la délinquance, la drogue et le crime. Il est, hélas, des adultes qui rejettent les valeurs apprises dans leur enfance. C’est là la rançon de la liberté.

Mais cela limitera le nombre des dérives à l’heure de l’adolescence.

Au nom de la sacro-sainte liberté, la censure est interdite et pourtant tout n’est pas bon pour les enfants. Loin de là.

Il appartient bien sûr aux parents de faire cette censure. Mais, bien souvent – trop souvent ! – pris par le temps et la fatigue, ils adoptent la solution de facilité et laissent leurs enfants jouer à la guerre sur leurs consoles ou regarder n’importe quoi à la télévision.

Et il y a de plus en plus de familles monoparentales dont le responsable n’a plus le temps de veiller aux activités de ses enfants.

Je prétends donc que les créateurs de jeux violents, les producteurs de certains films qui banalisent la cruauté et la barbarie, les médias – TV et radios – qui se repaissent de scènes morbides ou qui incitent à la débauche avec des numéros de téléphone où joindre des prostituées, ont une grande part de responsabilité dans les drames de notre triste époque !…

Pour finir, je rappellerai que les habitants de ce petit village du Chambon-sur-Lignon si cruellement marqué aujourd’hui, ont sauvé un très grand nombre de juifs pendant la dernière guerre.

C’est cette image de dévouement aux autres, avec tous les dangers qu’il comportait, que je veux garder. Et qu’il faut garder. C’est cet exemple de fraternité courageuse qu’il faut avant tout rappeler.

Il faut dans la vie de la persévérance mais pas de l’obstination La première est une qualité alors que la seconde est un défaut.

La persévérance permet, grâce à sa patience, à sa volonté, à sa ténacité d’atteindre le but que l’on s’est fixé. Mais elle tient compte des événements qui surviennent sur sa route, et invite s’il le faut, à corriger le cap, voire à abandonner.

L’obstination, au contraire, pousse à foncer tête baissée vers l’objectif de départ, sans tenir compte des données nouvelles qui incitent, par sagesse, au changement ou au renoncement. C’est de l’entêtement pur et simple avec tout ce que cela a de mauvais.

Vingt ans après les faits, qu’apporte le procès de Jacques Chirac à la France ? Curieuse leçon de démocratie. Faut-il s’acharner, s’obstiner à poursuivre, pour des faits qui devraient être couverts par la prescription, un ancien Président qui n’est plus capable de comparaître devant la justice ?

Est-ce vraiment la justice que l’on cherche, ou la volonté d’avoir, à n’importe quel prix, la peau d’un homme ?

J’avoue ne pas comprendre… Et j’aimerais savoir combien cette procédure qui s’éternise, qui mobilise tant de monde, coûte à la France, c’est-à-dire à tous les contribuables que nous sommes ?… Cela, les médias ne nous le disent pas…

Cécile, une internaute, a mis ce commentaire à la suite de mon article du 15 juillet sur l’effondrement des bourses : « Je suis d’accord sur le principe, mais c’est malheureusement plus compliqué que ça… »

Voici ma réponse :

J’ai conscience de la complexité de tout cela. En Somalie, par exemple, les rebelles occupent les deux tiers du territoire et empêchent l’aide internationale d’arriver aux personnes touchées par la famine. De même, le gouvernement somalien accaparerait la plus grande partie de cette aide… On ne saurait donc parler d’égoïsme et de manque de générosité des pays occidentaux.

De même les problèmes provoqués par les dettes colossales de la plupart des pays du monde, dépassent les pauvres citoyens que nous sommes, et s’il y avait une solution simple pour les résoudre, elle serait connue et appliquée. Là encore, il est un peut trop simple, voire simpliste de ramener exclusivement ces problèmes à une lutte entre riches et pauvres, comme j’ai peut-être tendance à le faire dans mes articles.

Les écarts de richesse entre riches et pauvres sont souvent injustes et scandaleux. Je les pointe du doigt, mais je sais qu’il n’y a pas que de mauvais riches. Il y a des richesses honnêtement acquises et mises au service de la communauté. Il convient donc d’être nuancé.

Nous sommes totalement impuissants face à la complexité des problèmes qui se posent au monde aujourd’hui. Et les grands – ceux qui détiennent les pouvoirs politiques, économiques et financiers – ne peuvent pas tout, eux non plus.

Nous sommes victimes du nombre. Dès qu’on est plusieurs, il faut faire des efforts pour s’entendre, pour s’accorder. Alors à près de sept milliards et demi d’individus !…

Nous sommes totalement impuissants à résoudre les problèmes de la planète. Mais doit-on pour autant baisser les bras, renoncer, démissionner ?!… Non ! non et non !

Je l’ai souvent dit : le tort des médias, aujourd’hui, c’est précisément de nous montrer en permanence ce qui va mal, ce qui nous dépasse, ce à propos de quoi nous sommes totalement impuissants.

Aussi, je le redis, je crois aux petites choses. A la contagion des petits gestes, des petits efforts, de la générosité de proximité. Agissons là où nous sommes, avec notre conviction et nos petits moyens… Je crois aux pouvoir de la fraternité, du partage des peines et des joies de chaque jour avec ceux qui nous entourent…

Cela ne résoudra pas le problème de la dette grecque, italienne, portugaise, américaine, etc ?… Qui sait ?!… L’effet boule de neige existe. Quand une charge est trop lourde, les efforts de chacun contribuent à l’alléger. L’océan a besoin de chaque goutte d’eau. Sans chacune d’elles, il ne connaîtrait pas sa plénitude…

Comme la plupart des Internautes, j’ai été scandalisé par la menace de licenciement de Kader, cet employé d’un Monoprix de Marseille qui avait pris six melons et deux salades dans une benne à ordures et destinés à être jetés.

Qu’un règlement intérieur interdise de le faire pour éviter la consommation de produits avariés et les risques que cette consommation entraîne, c’est une chose.

Mais de là à licencier cet employé, c’est une honte ! Ces quelques melons et salades étaient destinés à nourrir une famille nombreuse et ne mangeant sans doute pas tous les jours à sa faim.…

Pendant le même temps, nos sénateurs, à l’abri du besoin, loin des difficultés de la vie quotidienne, ignorant la faim et les fins de mois difficiles, s’octroyaient une prime de 3 531,61 euros !

Je critique souvent les médias, mais là je me félicite de la résonnance médiatique qui a été donnée à ces deux affaires. Elle a permis d’enrayer deux injustices – Kader a été sanctionné d’une mise à pied symbolique d’un jour et les sénateurs ont dû rembourser cette prime.

Mais il y a quand même sur cette terre des nantis auxquels un séjour dans une famille pauvre ferait le plus grand bien !…