par Henri LAFFORGUE | Mai 20, 2014 | Actualité


Le 8 mai, le sergent Marcel Kalafut, 26 ans, du 2e REP de Calvi, trouvait la mort « au service de la France », dans le Nord du Mali.
Le 13 mai, des hommes de la Force Sangaris, trouvent le corps de la photographe Camille Lepage, 26 ans, tuée sans doute dans un guet-apens.
Le 13 mai également, plus 300 mineurs (bilan à ce jour) trouvent la mort à la suite d’une explosion survenue dans une mine à Soman à l’Ouest de la Turquie !
La liste de tous ceux qui trouvent une mort tragique qu’elle soit due aux guerres ou à des accidents qui auraient pu être évités, s’allonge chaque jour, hélas, et la mort des uns entraîne aussitôt dans l’oubli, la mort des autres.
Je voudrais m’arrêter quelques instants ici sur ces trois drames qui ne sont nullement dus à la fatalité.
Je pense tout d’abord à ce jeune sergent, Marcel Kalafut, emporté au printemps de la vie. J’avoue mal saisir les nuances entre les mentions « Mort pour la France » et « Mort au service de la Nation. Pour moi, ce jeune sous-officier, qui servait depuis sept ans dans l’armée française, est mort pour « la Liberté, la Justice et la Paix » dont la France veut être la championne.
Je veux rappeler ici que nos soldats ne font pas la guerre par amour de la guerre, mais par haine de la guerre. S’ils ont recours à la violence, c’est parce que c’est hélas la dernière arme pour neutraliser une violence plus grande. Ils ont le redoutable pouvoir de tuer et, en contrepartie, ils acceptent d’être tués.
Il est donc légitime que la France leur rende les honneurs et ils ont besoin d’être soutenus et aimés. Et il faut penser également, à tous nos soldats qui sont blessés en opérations et qu’on oublie un peu trop facilement…
La mort de la jeune photojournaliste, Camille Lepage – 26 ans – dont le corps a été retrouvé mardi dernier, 13 mai, par des hommes de la force Sangaris, à l’extrême ouest de la Centrafrique, nous rappelle une nouvelle fois les risques courus par les correspondants de guerre. Il faut féliciter et remercier ces femmes et ces hommes qui risquent leur vie pour informer le monde des injustices, des violences, des massacres qui ont lieu à tel ou tel endroit de la planète. C’est grâce à eux que l’opinion internationale peut se mobiliser pour essayer de ramener la paix là où se trouve la guerre.
Enfin, la mort de plus de trois cents mineurs, à la suite d’une explosion à plusieurs centaines de mètres de profondeur, dans une mine de charbon à Soma, à l’extrême ouest de la Turquie, nous interpelle sur les conditions d’insécurité totale dans lesquelles travaillent d’innombrables mineurs dans le monde. Le PDG de Soma Holding, se félicitait en 2012, d’avoir réduit par plus de cinq les coûts de production depuis la mine était gérée selon « les méthodes du privé ». On voit le résultat. La Turquie occupe la troisième place dans le triste record des accidents miniers dans le monde ! On voit là les conséquences d’une économie au service de la productivité et de la rentabilité et non plus au service de l’homme.
J’arrête là cette triste énumération. D’autres drames sont survenus depuis, hélas, à la suite des guerres, du terrorisme, et d’accidents qui auraient pu être évités.
J’ai une pensée émue pour tous ces morts que je viens citer. Je pense à eux et à leurs familles dans la peine. Elles ne liront sans doute jamais ces lignes. Puissent-elles trouver un peu de réconfort dans leur malheur auprès de leurs proches et auprès des autorités civiles, militaires et religieuses ! Puisse enfin le monde écouter un peu la voix de la sagesse et de la mesure ! Mais n’est-ce pas là un vœu pieux ?!….
par Henri LAFFORGUE | Mai 13, 2014 | Actualité
Le monde s’émeut – et moi le premier – de l’enlèvement d’une centaine de jeunes filles au Nigeria, pour être mariées de force.
Mais j’apprends ce matin, sur une station de radio catholique – radio Espérance – que mille jeunes filles chrétiennes et hindoues seraient enlevées chaque année au Pakistan pour être converties et, elles aussi, mariées de force. Certaines seraient droguées, violées puis vendues comme esclaves sexuelles ! Pourquoi ce silence des médias ? Pourquoi les dirigeants de ce monde n’en parlent pas ?!…
De même, j’ai appris hier, par une déclaration de Monseigneur Di Falco, évêque de Gap et d’Embrun, en voyant une vidéo diffusée par lepoint.fr, que des chrétiens, en Syrie, qui refusaient la faire la profession de foi musulmane étaient crucifiés et qu’ensuite leurs bourreaux les décapitaient et jouaient au foot avec leurs têtes !!! Quoi de plus odieux, de plus abominable !!! Il n’y pas de mots pour qualifier de telles monstruosités !… Et là encore, silence radio des médias !!!
On voit là, une nouvelle fois, combien nous sommes manipulés par la partialité des médias qui font la une sur tel ou tel événement, et occultent complètement certains faits encore plus dramatiques !…
par Henri LAFFORGUE | Mai 10, 2014 | Actualité
Non ! L’islam ne commande pas d’enlever des jeunes filles et de les marier de force ou de les vendre comme esclaves !
Tous les hommes de bonne volonté ici-bas, quelle que soit leur religion, condamnent cet abominable enlèvement.
Il s’agit là des dérives d’une secte macho qui veut interdire à des jeunes filles d’avoir accès à l’éducation occidentale, de sortir de l’ignorance et de l’obscurantisme dans lesquels veut les maintenir un islam moyenâgeux, contraire à tout ce que devrait être les religions éclairées, et contraire à toutes les lois humaines.
Je l’ai dit souvent, les religions doivent rapprocher les hommes et les respecter quels qu’ils soient, quelles que soient leurs croyances. Face à l’inexplicable et à l’invisible, elles doivent tenter de proposer une approche divine. Mais elles ne doivent jamais imposer des lois inhumaines et leurs dogmes. Chacun doit être libre de croire ou non.
Personnellement, chrétien de cœur comme je le dis souvent, ma religion m’invite à respecter et aimer tous mes frères de la terre, et à essayer d’avoir pour eux la même tendresse qu’a incarnée le Christ des Evangiles.
J’ajoute que cette secte Boko Haram qui fait tant de tort aux religions et qui vient de s’illustrer par cet odieux kidnapping, sème le sang et les larmes au Nigéria par des attentats-suicides qui ont déjà fait plus de 1 500 morts depuis le début de l’année.
par Henri LAFFORGUE | Mai 10, 2014 | Actualité

Les médias en ont à peine parlé. Deux mots à la radio et à la TV. Un ou deux entrefilets dans la presse écrite. Et puis plus rien.
Un gigantesque glissement de terrain a emporté, le 2 mai, le village d’Aab Barek, dans le distict d’Argo, une région pauvre et montagneuse du Badakhstan en Afghanistan. Le nombre des victimes ? 300 ou plus de 2 000 morts ? Sans compter les centaines de sinistrés qui ont perdu leurs proches et tous leurs biens. Des agences humanitaires et des ONG ont fourni 80 tonnes de nourriture pour les sinistrés qui se sont réfugiés sur les hauteurs et ne veulent plus retourner dans leur village. De quoi tenir quelques semaines.
J’ai une pensée émue pour tous ces pauvres malheureux. Dans un pays déjà déchiré par trois décennies de guerre, dans lequel il faut davantage parler de survie que de vie, voilà qu’une nature hostile se déchaîne encore davantage contre eux.
Une pensée émue ? C’est bien peu. Mais je voudrais que mes lecteurs aient aussi une pensée pour eux. Que cette terrible catastrophe, loin de nos contrées, s’inscrive dans notre cœur et nous invite à relativiser nos propres malheurs, nos propres infortunes quand nous avons la chance d’avoir toujours un toit où nous mettre à l’abri et profitons de toutes les aides de notre pays quand nous sommes dans le besoin.
J’ai enfin une pensée de gratitude pour toutes ces femmes et tous ces hommes des agences humanitaires et des ONG qui font tant pour venir en aide à tous ces sinistrés.
par Henri LAFFORGUE | Avr 28, 2014 | Réflexions diverses
Un magnifique soleil inonde cette première journée de printemps. Une lumière vive et une chaleur délicieuse emplissent notre séjour.
Le bourdonnement d’une mouche se fait entendre. L’insecte va et vient dans la pièce, puis finit pas se jeter sur la baie vitrée, qui la sépare de l’extérieur. Il bute contre cette frontière invisible qu’il voudrait franchir à tout prix pour rejoindre l’immensité des espaces ensoleillés.
La mouche va. Vient. Recule puis revient et se heurte plus fort encore contre l’obstacle. Elle insiste. Son intelligence de mouche – ou plutôt son instinct – ne lui permet pas de comprendre pourquoi son vol est entravé en cet endroit.
Elle insiste et insiste encore, et va sans doute mourir d’épuisement devant cette invisible et infranchissable barrière.
C’est alors que se produit le miracle, c’est-à-dire cet événement que son intelligence de mouche ne peut comprendre et qui va la sauver.
Il se trouve que je n’ai jamais pu supporter de voir souffrir le moindre être vivant, quelle que soit sa taille. A tel point qu’il m’arrive souvent, en période de pluie, de remettre sur une plate-bande un escargot ou un simple ver de terre égarés sur le goudron d’un trottoir.
J’ouvre donc la baie vitrée. Mais la mouche veut forcer le passage en se collant contre la partie fermée. Il me faut donc prendre un journal et, après bien des efforts, je réussis à la mettre sur le chemin de la liberté.
Si cette mouche pouvait parler, elle raconterait sûrement à ses congénères son aventure extraordinaire : une barrière invisible qui se dressait devant elle, qu’elle n’arrivait pas à franchir, et derrière laquelle elle allait sans doute mourir. Puis soudain, le miracle : l’obstacle infranchissable a disparu !
Elle ignore à qui ou à quoi elle doit son salut. Mais elle l’attribuera au Hasard, à la Chance, à la Providence, voire au Dieu des mouches dont j’aurai été l’humble instrument.
N’en est-il pas de même pour nous, les hommes, à propos des phénomènes qui dépassent notre intelligence, le dénouement heureux et inattendu de telle ou telle situation, une guérison inespérée, etc.
Là où l’athée et l’agnostique ne verront que Chance et Hasard, je veux voir la main d’un Dieu d’Amour, la Providence bienveillante d’un père pour son enfant.
Je sais pertinemment qu’en progressant sans cesse, la science finit par expliquer bien des phénomènes, et que ce qui paraît miracle aujourd’hui trouvera une explication parfaitement rationnelle demain.
Qu’importe ! Je sais aussi que nul ne pourra jamais m’expliquer le miracle de la Vie, ni le miracle de l’Amour. L’indicible bonheur d’aimer et d’être aimé. Et à défaut d’autre mot, j’en attribue humblement la paternité à la Providence et à Dieu, qui accompagnent inlassablement et fidèlement mes pas depuis bientôt soixante-sept ans, et à cette petite étoile du ciel qui brille dans mon cœur, sous les ciels clairs comme dans les nuits le plus sombres.
PS : Rendons à César ce qui revient à César : cette chronique a été inspirée par un article de Rémi Brague intitulé « Le Seigneur des mouches » et paru dans le Monde des Religions de novembre-décembre 2013