L’humanité victime des progrès de la médecine…

Le drame « Vincent Lambert », qui déchire une famille au chevet d’un homme entre la vie et la mort, et pour le dénouement duquel appel a été fait à la Cour Européenne des Droits de l’Homme, n’est-il pas une des conséquences des progrès de la médecine ?

Il faut, bien sûr, se réjouir de tous ces progrès qui permettent de guérir davantage de maladies ou d’en retarder de façon significative l’issue fatale. Il faut se réjouir de toutes ces avancées dans la lutte contre la souffrance.

Mais, les moyens de la médecine désormais sont tels, que la limite entre la vie et la mort devient de plus en plus ténue. Et que, ce qui peut sembler au plus grand nombre acharnement thérapeutique, peut être, pour des proches, un devoir impératif d’assistance thérapeutique.

Il ne m’appartient pas de commenter la décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, ni de porter le moindre jugement sur les membres de la famille de Vincent Lambert. Tous vivent une douloureuse épreuve. Tous éprouvent une grande souffrance.

Mais je voudrais dire ici ma profonde tristesse que les membres d’une famille se déchirent à ce point, soient incapables de trouver une décision inspirée par la sagesse et l’humanité face à cet homme aux frontières de la vie et de la mort, et en viennent à faire appel à une Cour Européenne.

Le dénouement d’un tel drame – le maintien en vie de Vincent ou non – doit se décider dans l’intimité des membres de sa famille et avec le concours de toute l’équipe médicale. Décision certes difficile et redoutable à prendre. Mais la publicité et la médiatisation qui entourent cette « affaire » me semblent tout à fait déplacées. Le public et les médias n’ont pas à se substituer aux intéressés.

Je ne sais pas si la Bible est un Livre inspiré ou non. Mais le « Tu ne tueras pas » reste pour une humanité en désarroi, le rempart irremplaçable pour la défense de la vie. La vie est quelque chose de sacré, la plus belle chance qui nous soit donnée par Dieu, le Destin, ou le Hasard – c’est selon – il faut donc tout faire pour la respecter dans ses moments de joie, comme dans ses épreuves douloureuses.

Et la grandeur et la gloire de l’homme, après être parvenu à vaincre la souffrance physique, c’est d’entourer moralement ses malades, quel que soit leur état. De leur dire, par une simple présence quand il nous semble que la parole ne les atteint plus, qu’ils ont toujours leur place parmi nous. Que nous les aimons et que nous serons près d’eux lors de leur passage dans le mystère de l’Eternité.

Mais – et c’est là le nœud de ce drame ! -, il arrive un moment où l’homme a le redoutable pouvoir – quand le patient ne semble plus appartenir à ce monde et qu’il n’y a plus le moindre espoir de l’y ramener – d’avancer ou de retarder de l’heure de ce passage dans l’Eternité…

L’égalité, un mythe – L’égalitarisme, une maladie – La réforme des collèges, une grave erreur

Je l’ai souvent dit : l’Egalité est un mythe. Nous ne sommes pas égaux. Ni devant la vie. Ni devant la mort.

Nous sommes conditionnés par le lieu et l’époque de notre naissance. Par notre famille. Par notre religion. Par notre éducation. Par nos rencontres. Par notre héritage génétique. Etc., etc. Bref, nous n’avons pas tous les mêmes « chances » devant la vie.

Et nous ne sommes pas égaux devant la mort non plus. Certains s’endorment paisiblement, entourés de proches, tandis que d’autres meurent seuls dans les pires souffrances.

Aussi, plus que l’Egalité, doit-on rechercher la Complémentarité, et le rôle de l’école comme du collège est avant tout de donner le maximum de chances à chacun pour s’intégrer au mieux dans la société et avoir un métier où il puisse donner le meilleur de lui-même.

Il me semble que le projet de réforme des collèges présenté par Mme Najat Vallaud Belkacem, oublie cette complémentarité et sombre dans la maladie de l’égalitarisme, en voulant ramener au même niveau tous les collégiens.

Et comme il n’est pas possible de faire accéder tous les collégiens au niveau le plus haut – celui des élites – elle veut les mettre au niveau le plus bas.

Ce nivellement par le bas est une catastrophe.

Nous avons besoin d’élites et il faut tout faire pour les encourager. Mais tous ne peuvent pas en faire partie.

Que serait une armée composée uniquement de généraux, ou une armée composée uniquement de soldats, sans officiers et sans généraux ? Tous sont complémentaires. Chacun a sa place, mérite le même respect, et il serait suicidaire de supprimer les uns au profit des autres.

Il faut cesser de mettre des qualificatifs de valeur devant les métiers. Tous ont leur utilité et tous doivent recevoir la même considération.

Le proverbe affirme avec raison : « Il n’est pas de sot métier, il n’est que de sottes gens », et je pense qu’il n’y a pas de grands et de petits dans l’échelle sociale, ou plus exactement que chacun doit y remplir au mieux son rôle et y faire valoir ses compétences, le but de l’éducation et de l’enseignement étant de permettre à chacun de donner le meilleur de lui-même, là où il est.

L’école primaire doit permettre à chacun d’apprendre à lire, à écrire et à compter. Tel n’est pas le cas, hélas, actuellement. 20 % des élèves entrant sixième ne maîtrisent pas ces domaines fondamentaux !

Le collège devrait permettre au plus grand nombre d’acquérir un bagage intellectuel et culturel valable toute la vie, et surtout d’apprendre à penser, à réfléchir par soi-même, sans « gober » toutes les informations et les mensonges des médias et du monde moderne.

Dans le domaine de l’Histoire, seul l’enseignement chronologique permet de comprendre les causes et les conséquences des événements, et d’en tirer les leçons pour le présent et le futur. C’est là un fait reconnu par le plus grand nombre. Or Mme Najat Vallaud Belkacem s’obstine à un enseignement thématique.

La réduction à une peau de chagrin des élèves qui pourront apprendre le latin et le grec est une grave erreur. Ils sont actuellement de 20 % et 3 % respectivement du nombre d’élèves. Le français, notre belle langue française, est issue de ces deux langues. Rien de tel que leur connaissance pour posséder le sens et les nuances des mots, pour maîtriser notre langue et toutes ses subtilités. A l’heure des texto, il importe de préserver cet enseignement.

De même, la suppression des classes bilangues, entraînera fatalement une baisse du niveau des élèves étudiant les langues étrangères.

Enseigner, c’est avant tout éveiller la curiosité et apprendre à aimer : à aimer l’histoire, le français, le latin, le grec, le sport, etc. Faire partager son amour pour une discipline et donner aux élèves le goût de l’effort. Or je vois surtout, dans cette réforme une recherche ludique – et non de l’effort !

Je suis surpris, en lisant des articles sur cette réforme, ou en écoutant des débats, de voir la façon dont est « zappée » le but de de l’enseignement et de l’éducation.

Or les parents et les professeurs ont pour but « d’élever » – au sens propre et figuré – physiquement et moralement leurs enfants et leurs « élèves ». De les conduire vers un « métier » où ils pourront participer le mieux possible à la vie de la société selon leurs compétences, et s’épanouir pleinement.

Je rappelle que « métier » au sens originel signifie « service ». Et, par la même occasion, qu’un « ministre », au sens propre, est un « serviteur ». On en est loin, hélas, dans la réalité !

Souvent, trop souvent, le métier visé est celui qui est le plus lucratif, ou celui qui est socialement le plus considéré…

Voilà quelques réflexions dans le désordre qui me viennent à l’esprit à propos de cette réforme que le Gouvernement vient de décréter à la va-vite, privant les élus de débats utiles.

Comment accorder le moindre crédit aux intellectuels qui l’ont « pondue », quand on voit le « charabia » de certaines de leurs définitions.

Ainsi, pour apprendre nager, il faudra apprendre « à se déplacer de façon autonome dans un milieu aquatique profond standardisé » !

Ou pour jouer au badminton ou au tennis, il faudra « rechercher le gain d’un duel médié par une balle ou un volant » !

Et j’en passe et des meilleures !

On est loin ici des recommandations de Nicolas Boileau qui disait « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément »…

Dieu après Katmandou et après tout le reste…

Est-il encore possible de croire en Dieu en voyant les malheurs du monde, de notre monde ? En un dieu de Justice et d’Amour, qui a le souci des hommes ?…

D’y croire quand la nature se déchaîne comme avec ce le tremblement de terre au Népal, hier, qui sème la mort et la désolation ?

Ou que, par suite de la perversité humaine, des milliers de migrants sont jetés sur une mer hostile d’où les survivants sont condamnés à un long parcours de souffrances ?

Ou encore, qu’au nom précisément de Dieu, des terroristes torturent, tuent, massacrent chaque jour ?

Alors, comme le disait Nietzsche, devons-nous nous résigner au triste constat que « Dieu est mort » ?…

Constat que les avancées spectaculaires de la science viendraient confirmer…

Le fantastique télescope Hubble, dont on fête les vingt-cinq ans, nous permet de connaître avec de plus en plus de précision l’Univers et la date de sa naissance. Grâce à lui, nous voyons naître et mourir les étoiles les plus lointaines. Mais sur les centaines de milliers de photos qu’il a prises, pas la moindre trace de Dieu !

Déjà, Youri Gagarine, le premier cosmonaute à avoir fait le tour de la Terre, déclarait : « J’étais dans le ciel et j’ai bien regardé partout : je n’ai pas vu Dieu. »

J’ai la certitude que la science pourra progresser sans fin dans l’infiniment grand, comme dans l’infiniment petit, Dieu lui échappera toujours, quelles que soient les performances des télescopes et des microscopes.

Serait-ce là le signe – la preuve ? – que Dieu n’est qu’une invention des hommes ?…

La Vérité est que nous ne savons rien – ou si peu – et que nous devons rester toujours pleins d’humilité face aux mystères de l’Univers et de la Vie.

Dieu est partout et nulle part. Il n’a pas sa place en un coin particulier de l’Univers. Il se cache au plus profond, au plus secret de notre cœur. Il est l’ESPOIR contre le désespoir. Il est le refus de l’absurde.

Sa toute-puissance et son intérêt pour les hommes, c’est l’AMOUR qui seul est capable de donner sens à une vie, qui semble n’en avoir point. Qui semble vouée au néant.

Je refuse le chant de désespoir des chantres de l’absurde. J’admire le divin élan de solidarité et de générosité qui se porte vers les victimes de Katmandou. Je condamne le Dieu inhumain des terroristes. Je laisse les savants avoir l’honnêteté et l’humilité d’avouer que, quelles que soient l’étendue de leurs connaissances ou découvertes, ils ne possèderont jamais la clé du sens de la Vie…

A propos de ruines de Tipasa que « beaucoup d’années ont ramené à la maison de leur mère », Albert Camus évoquait « ces hommes que beaucoup de science ramène à Dieu. »

Je souhaite pour finir que, quels que soient leurs malheurs, et quel que soit le silence apparent de Dieu, les hommes prêtent à nouveau l’oreille à son message d’AMOUR dont la transmission dépend de chacun de nous. Dieu ne peut vivre sans les hommes. Et les hommes ne peuvent vivre sans Lui.

Déchristianisation des jours fériés…

le samedi 11 avril de l’An de Grâce 2015

Je vous salue avec respect, Monsieur Thomas Guénolé. J’ignorais jusqu’à ce jour votre nom et votre existence, mais je vois que vous êtes un éminent docteur en Sciences politiques, maître de conférences à l’Institut d’études politiques de Paris, chroniqueur politique au Plus du Nouvel Obs, conseiller politique indépendant, et j’en passe.

Bref, vous êtes une « pointure » devant laquelle, simple petit employé de banque en retraite, je m’incline humblement.

Permettez-moi cependant de vous interroger sur vos raisons à vouloir avec tant d’acharnement déchristianiser les jours fériés de notre calendrier.

Je viens en effet de découvrir votre plaidoyer. Sur huit jours fériés en France, six sont d’origine chrétienne : le lundi de Pâques, le jeudi de l’Ascension, le lundi de la Pentecôte, le jour de l’Assomption de la Vierge (15 août), le jour de la Toussaint (1er novembre) et Noël (25 décembre). Et à ces six-là, vous ajoutez la Saint-Pierre-Chanel à Wallis-et-Futuna et la Saint-Etienne en Alsace-Moselle.

Au nom de cette sacro-sainte laïcité à laquelle les socialistes, les agnostiques, les athées et les francs-maçons sont tant attachés, vous vous indignez des privilèges injustes accordés aux chrétiens qui bénéficient de ces fêtes religieuses, quand les juifs, les musulmans, les francs-maçons doivent poser un jour de congé s’ils veulent fêter Hanoucca, l’Aïd el Kébir, ou la Saint-Jean d’Été, etc.

Encore un coup de poignard lancé contre les chrétiens de France ! Vous niez la tradition chrétienne de la France, et faites appel à ses racines juives, musulmanes, athées, et remontez même à ses racines druidiques, à l’époque où nos ancêtres les Gaulois pratiquaient les sacrifices humains, et même à la période des Saturnales à Rome, Noël ayant remplacé cette antique fête qui marquait le solstice d’hiver.

A vous lire, je pense que vous devriez réclamer, au nom de la laïcité, la mise en place d’un nouveau calendrier, le nôtre étant éminemment chrétien, puisqu’il remonte à la naissance du Christ !…

Je vous propose donc de compter les années à partir de la Révolution française qui a jeté aux oubliettes tant de traditions, ou de mai 1968 où des anarchistes ont détruit, en bloc et en quelques semaines, tout un passé – dans lequel il y avait certes lieu de faire le ménage mais dans lequel il y avait un précieux et inestimable héritage -. C’est ce qu’on appelle familièrement jeter le bébé avec l’eau du bain ! Vous n’étiez pas né alors – je vois que vous êtes né en 1982 – mais je ne serais pas surpris que vous soyez le fils spirituel de cette révolution, si l’on peut parler d’un élément « spirituel » dans un courant exclusivement matérialiste qui nie toute transcendance.

Il est vrai que la France n’a pas toujours été chrétienne, et a connu – et connaît encore – d’autres courants religieux. Mais de grâce, ne privez pas ses habitants – croyants ou non croyants – de fêtes instaurées depuis des siècles et qui font partie – que vous le vouliez ou non – de notre patrimoine !

Vous rappelez que la France est éminemment, d’après sa constitution de 1946, une « République laïque ». Soit. Mais laïque ne veut pas dire qui interdit les religions. Cela veut dire qu’elle ne se réclame d’aucune religion, mais qu’elle les respecte toutes dans la mesure où elles ne troublent pas l’ordre public.

Le christianisme est implanté depuis des siècles en France. Il a droit, me semble-t-il, à conserver les fêtes qui ont été fixées par nos aînés et dont tous les citoyens profitent – quelles que soient leur religion, et qu’ils soient croyants ou non. Et, dans la mesure où les pratiquants d’autres religions que la religion chrétienne, ont tous la liberté de poser des jours de congés pour leurs fêtes particulières, je ne vois là pas la moindre trace de discrimination ou d’injustice.

Pour finir, je ne serais pas surpris que vous souteniez, le président du Conseil français du culte musulman, Dalil Boubakeur, quand il réclame le doublement du nombre des mosquées en France d’ici à deux ans, car je constate chez tous les gauchistes, dont vous faites sans doute partie, l’hostilité, voire la haine, les plus profondes contre les chrétiens, et la plus grande bienveillance pour les musulmans qui, si l’on n’y prend garde, auront complètement étouffé, dans quelques années, notre grande et belle civilisation judéo-chrétienne qui a tant apporté au monde.

Je vous salue.

PS : Vous verrez encore une insupportable allusion au christianisme dans cet An de « Grâce » 2015 noté au début de cette lettre ! Je vous rappelle cependant que cette mention aurait été portée dans les années qui suivirent l’An mil, les contemporains, persuadés que la fin du monde allait avoir lieu, considéraient que les années qui suivaient était des années de « grâce ».

Une sépulture collective pour toutes les victimes de catastrophes…

Je comprends le désir de nombreuses familles de rapatrier, dans le cimetière familial, le corps de leurs proches, victimes d’une catastrophe (accident d’avion, de train, de car ou autres.)

Mais je me demande souvent si le plus sage et le plus simple ! – et surtout dans le cas de corps disloqués en innombrables morceaux éparpillés çà et là, comme pour cet Airbus A320 qui s’est écrasé près de Barcelonnette – ne serait pas de regrouper tous les débris de ce qui fut des corps, et de les enterrer tous au pied d’un monument collectif, proche du lieu de la catastrophe.

Sur ce monument on graverait le nom de chaque victime et les circonstances de l’accident.

Ainsi, les personnes qui ont été unies dans la mort, se retrouveraient unies dans une même tombe.

Ainsi, de nombreuses personnes pourraient venir se recueillir en ce lieu, prier – pour les croyants – pour les disparus et leurs familles, avoir une pensée émue pour les autres.

Par contre, les personnes dont les corps – ou ce qu’il en reste ! – auront été repris par leurs familles, soit pour les inhumer dans une tombe familiale, soit pour les incinérer – seront privées de ces pèlerinages individuels ou collectifs, qui s’inscriront dans le temps, sans limites. Ces familles resteront totalement seules face à un deuil qui s’effacera rapidement de la mémoire collective…

C’est là une pensée qui me vient lors de chaque catastrophe. Et j’avoue trouver excessive la tentative – désespérée – d’identifier des centaines de débris de corps humains pour les rendre à leurs familles…

A propos du crash de l’Airbus A 320 près de Barcelonnette…

Je rappelais, voici trois jours, la nécessité pour les individus d’être rattachés à une communauté.

Je constate hélas que c’est souvent dans le malheur que les liens d’appartenance à une communauté se resserrent.

Le crash de l’Airbus A 320 ce matin, près de Barcelonnette, nous en donne l’exemple.

Lors de telles catastrophes, nous nous interrogeons en premier lieu sur la nationalité des victimes, et nous nous sentons d’autant plus proches, plus solidaires de ces dernières et de leurs familles, qu’elles sont proches par leur nationalité et leur proximité territoriale (région, département, commune, etc.)

Le fait que cet avion se soit écrasé en France nous touche tous profondément. Mais le fait que les victimes soient essentiellement – à ma connaissance – espagnoles, allemandes et turques, et qu’il n’y ait pas de victimes françaises, atténue notre émotion. Nous en éprouvons un certain soulagement, tout en compatissant, bien évidemment, au drame des autres victimes et de leurs familles.

Je regrette que ce soit si souvent le malheur, les tragédies qui rapprochent et unissent les hommes dans une même communion. Aujourd’hui, le crash de cet Airbus, hier l’attentat du Bardo à Tunis, avant-hier les attentats à Charlie Hebdo, etc.

Et je regrette le caractère éphémère des liens qui se tissent et se raffermissent en de telles circonstances. Ces liens naissent de la profondeur de l’émotion. Et ils ne durent bien souvent que le temps cette émotion. Une fois cette dernière passée, une fois la montée d’adrénaline retombée, la vie reprendra son cours et ses droits…

Seuls demeureront, profondément renforcés, les liens avec les plus proches du drame : la famille, quelques intimes et amis…

Et alors naît bien souvent le regret. Celui de ne pas avoir manifesté aux victimes, avant leur tragique disparition, l’affection, l’amitié que nous avions pour elles. Le regret de s’être quitté à jamais, sans s’être dit adieu…

Mais ainsi en est-il de la vie. Nous pouvons disparaître à tout moment – nous ne savons ni le jour ni l’heure – aussi bien d’un accident d’avion qu’en allant faire une course anodine, ou en étant frappée d’une crise cardiaque – et nous ne pouvons vivre en permanence avec la pensée de cette menace. Ce serait insupportable !

Alors, acceptons notre condition mortelle. Vivons intensément le moment présent et laissons le Destin, le Hasard, la Providence ? – c’est selon – décider de ce qui nous échappe et nous échappera toujours.