A propos des mères porteuses…

Quoi de plus normal qu’un couple souhaite avoir des enfants ? C’est l’accomplissement, le prolongement naturel de l’Amour qui unit un homme et une femme.

Mais la nature a ses caprices et il arrive – pour de multiples raisons – qu’un couple ne puisse pas naturellement avoir des enfants, du fait de l’homme ou de la femme.

Les scientifiques ont mis au point maintes techniques pour suppléer les carences de Dame Nature. Je ne parlerai ici que de la gestation pour autrui, autrement dit des mères porteuses.

Comment une femme peut-elle accepter d’être détachée d’un enfant qu’elle a porté pendant neuf mois en son sein ?

Les mois de grossesse sont des mois d’échanges, de partage, de complicité intimes et profonds, entre une mère et son enfant. Les séparer à la naissance est pour moi quelque chose de totalement inhumain.

Les couples qui recourent à cette solution, me semblent répondre à un désir égoïste d’enfant. On n’a pas un enfant pour soi-même, mais pour lui-même. Pour lui faire découvrir la beauté, les mystères et les joies de la Vie. Et il y en a, même si la dramatique effervescence de notre monde aujourd’hui peut nous faire croire le contraire.

On a un enfant pour l’ouvrir au monde, pour essayer de le rendre maître de son destin et l’inviter à répandre l’Amour, la Justice, la Paix.

Pour un enfant la naissance est un bouleversement fantastique. Le couper alors de sa mère biologique augmente son désarroi.

Mais, me dira-t-on, bien des enfants dans le passé et aujourd’hui encore sont privés à la naissance de leur mère biologique – pour maintes raisons – et sont parfaitement heureux, réussissent ou réussiront parfaitement leur vie.

C’est vrai. Mais cette séparation à la naissance n’avait pas été programmée dès la conception comme dans le cas des mères porteuses.

On a, avec la gestation pour autrui, une dimension commerciale sordide. Etre mère porteuse risque de devenir un métier comme un autre, et l’enfant devient une marchandise, un objet qu’on achète.

Et puis, il y a ces cas invraisemblables où la mère portera l’enfant de sa fille : quelle confusion générationnelle !

J’ajoute que, lorsqu’il est dans le ventre de sa mère, un enfant se familiarise avec la voix, avec la langue de cette dernière. Dans le cas des gestations pour autrui, on ajoute au traumatisme de la naissance, l’obligation d’apprendre une nouvelle langue et de se familiariser avec une nouvelle mère…

Oui, quoi de plus naturel qu’un couple souhaite avoir des enfants. Mais, si la Nature ne le permet pas, je ne comprends pas cette obstination à vouloir à tout prix un enfant qui soit biologiquement le sien.

Il y a tant d’autres façon de donner un sens à une vie, de prodiguer les richesses d’Amour que chacun porte en soi. Un homme et une femme qui s’aiment peuvent faire le bonheur d’orphelins ou d’enfants abandonnés. Et un couple homosexuel peut très bien s’épanouir dans des œuvres sociales ou caritatives…

La science rend possible beaucoup de choses. Mais il ne faut pas croire que tout ce qui est possible soit bien.

Quand de la mort surgit la vie !…

BRAVO ! aux parents de ce jeune Kristofer Aroui, tué dans une rame de métro à Lyon lundi par un marginal.

Malgré leur profonde douleur et grâce à leur générosité, quatre jeunes de 15 à 24 ans ont pu profiter des poumons, des reins, des tissus et de vaisseaux de leur fils sauvagement assassiné.

Leur fils n’est pas mort. Il vit toujours dans leur cœur, et il vivra dans le corps de ces quatre greffés qu’il a peut-être sauvés.

Agenda européen : quelle Europe construit-on à Bruxelles ?

J’apprends que nos technocrates et eurodéputés de Bruxelles, ont donné naissance à un agenda 2010-2011, tiré à plus de trois millions d’exemplaires et destiné aux écoles secondaires. Excellente idée, direz-vous. Un seul bémol : si les fêtes religieuses juives, hindoues, sikhs et musulmanes y figurent en bonne place, les fêtes chrétiennes ont purement et simplement été supprimées.

Ainsi la fête de Noël, célébrée dans toute l’Europe, par les chrétiens comme par les non-chrétiens, a tout simplement été gommée.

On a là, une nouvelle fois, la volonté de nos dirigeants européens, de couper l’Europe de ses racines, de nier son passé.

Non seulement, ils construisent une Europe des lois et des règlements de plus en plus pointilleux qui entravent la liberté du plus grand nombre, mais en plus ils s’attaquent à son âme.

C’est d’abord une Europe des cœurs et des esprits qu’il faut construire, une Europe dans lequel le passé de chaque nation sera rappelé, et une Europe invitée, à la lumière de ce passé, à mettre tout ce qu’elle a de meilleur pour faire de son immensité, une terre d’échanges et d’enrichissements culturels.

Cet agenda montre que nous n’en prenons pas le chemin.

Acharnement thérapeutique et euthanasie…

Il est facile, quand on n’est pas concerné directement par un problème, d’avoir des opinions tranchées et sans appel. Ainsi en est-il de l’euthanasie dont le Sénat doit discuter à nouveau ce 25 janvier.

Le respect sacré que nous devons avoir pour la vie, pour toute vie, nous invite à condamner une telle pratique. Et d’ailleurs, l’euthanasie est un mal moderne, une rançon de la civilisation. Dans la Préhistoire, nos lointains ancêtres prenaient soin des membres handicapés de leur communauté. On a trouvé, voici quelques années, dans la grotte de Shanidar, au Turkestan, les vestiges de neuf néandertaliens. L’un d’eux, portait des marques de blessures graves. Seule la solidarité des hommes de son clan lui permit de survivre. Ces derniers auraient pu l’abandonner ou le tuer. Ils ne l’ont pas fait et nous donnent un bel exemple de solidarité à l’aube de l’humanité.

Le problème se pose, en fait, avec acuité depuis que la médecine peut reculer indéfiniment la mort, et la frontière entre acharnement thérapeutique et euthanasie est ténue.

Si une personne endure des souffrances physiques et morales qu’on ne peut adoucir, dont on sait que son mal est incurable et qu’elle ne vit que par des subterfuges artificiels, si cette personne a encore sa conscience et demande à mourir, ou si elle n’a plus sa conscience mais a manifesté la volonté de mourir quand elle serait dans un tel état, faut-il dans une telle situation tout faire pour la maintenir en vie ?…

La question est tragique et ne peut obtenir qu’une réponse collégiale : celle de l’équipe médicale qui la soigne (médecins et infirmières) et celle de la famille. Ce n’est qu’au terme d’un accord entre tous qu’on peut accepter – à mon avis –de mettre un arrêt à ce qui n’est qu’une survie. Mais, l’acte est grave et ne doit en aucun cas être banalisé.

Mais attention à ne pas tomber dans l’euthanasie de confort, à celle qui consiste à donner la mort parce que le malade devient une charge trop lourde pour les proches et pour la société, ou – le danger est réel – parce que les héritiers sont pressés de toucher l’héritage !…

La souffrance fait partie de la vie, il faut tout faire pour l’atténuer, mais savoir aussi l’accepter. La personne qui souffre, qui est profondément diminuée physiquement et intellectuellement, reste un personne humaine et a droit au respect de tous.

Et puis attention aussi – le danger est grand – aux dérives d’eugénisme. Les horreurs des nazis – qui supprimaient les handicapés, les homosexuels, ceux qu’ils appelaient les « sous-hommes » – doivent rester dans toutes les mémoires.

Pour résumer, la sagesse, je crois est de dire non à l’acharnement thérapeutique, dans des cas bien précis et bien cadrés, et non aussi à l’eugénisme. Que l’on soit croyant ou non, la Vie est quelque chose de sacré et son respect doit toujours primé, quelles que soient les peines, les souffrances qu’il nous impose.

L’euthanasie s’apparente au désespoir et jusqu’au bout une vie a du prix pour les autres. Et le problème de l’euthanasie est peut-être surtout celui de la souffrance. Une fois la souffrance supprimée, les demandeurs y renoncent la plupart du temps…

Et finalement, ce qui importe le plus, ce serait que le malade en fin de vie puisse être entouré par des proches ou des infirmières ayant du temps à lui consacrer – ce qui n’est hélas plus le cas dans nos hôpitaux qui ne sont maintenant que des entreprises n’ayant qu’un seul but, la rentabilité ! – et qu’il puisse choisir, quand sa vie n’est plus qu’un fil ténu, le moment de sa mort.

Quelle belle mort pour moi, que celle de cet oncle âgé de quatre-vingts ans, hospitalisé pour des problèmes cardiaques, veillé par son épouse et ses enfants, qui un soir ou un matin – je ne sais plus – dit simplement à son épouse : « C’est fini. » et s’est éteint sereinement au même moment. Il avait choisi lui-même, l’heure où retourner dans l’Eternité.

Je sais combien il est difficile de parler de tout cela sans passion, et une fois encore, je ne prétends pas détenir La Vérité. Il y a dans ce domaine que des cas particuliers qui doivent être examinés avec sagesse et humanité, mais aussi sans complaisance.

Mariages gays

Vraiment, je crois que nous vivons dans un monde qui marche sur la tête. Voilà le Conseil Constitutionnel qui doit statuer dans quelques jours sur le mariage des gays, et l’on veut qu’il s’aligne sur les pays d’Europe qui l’ont adopté !

Je respecte totalement les homosexuels mais, au risque de passer pour un virulent réactionnaire, j’affirme que l’homme et la femme ne sont pas égaux. Ils sont complémentaires. Et à l’heure où tant de mariages finissent par un divorce, je m’étonne de l’acharnement des homosexuels à vouloir se marier.

La nature est ainsi faite que, pour arriver à la vie, un enfant a besoin d’un père et d’une mère. Et je pense que, pour le bien de tous, il faut respecter cette loi, quelles que soient les possibilités de la science.

Que des femmes ou des hommes homosexuels, souhaitent vivre en couple, cela ne me choque pas. Qu’ils désirent profiter des mêmes protections sociales que les hétérosexuels, cela me semble légitime. Si le PACS ne leur apporte pas ces sécurités, qu’on le renforce. Mais, qu’ils puissent se marier. Non ! Le mariage, par nature, s’adresse à deux personnes de sexe différent.

Un enfant a besoin d’un père et d’une mère. En s’obstinant à vouloir avoir et élever des enfants, les homosexuels violent la loi de la nature et obéissent à un désir égoïste d’enfant.

Au nom du refus des discriminations, on arrive aux plus grandes absurdités. Notre société fait de grands efforts pour l’insertion des handicapés. Et je m’en réjouis. Mais, qu’on le veuille on non, certains handicapés ne pourront jamais avoir les mêmes places, les mêmes fonctions, les mêmes responsabilités, la même vie que des personnes que ne le sont pas. C’est un constat, et cela n’enlève rien au respect que nous leur devons, et à l’amour fraternel dont nous devons les entourer.

Par nature, les homosexuels ne peuvent pas avoir d’enfant. Il faut accepter ce handicap. Et il n’y pas que dans l’éducation d’enfants qu’on puisse donner le meilleur de soi-même et un sens à sa vie. Il y a tant de possibilités dans notre monde si déshumanisé, de donner aux autres un peu de cet amour que nous avons tous au fond de nous-mêmes !…

Les deux otages du Niger : « Une belle mort » ?…

Une correspondante me fait observer combien il est « dur » de qualifier de « belle mort », la mort des deux jeunes otages du Niger. Elle ajoute que s’ils n’ont connu ni la vieillesse, ni la maladie, ils n’ont pas connu non plus « la gloire ». Voire…

Si la vie éternelle consiste à laisser son souvenir gravé le plus longtemps possible dans la mémoire des hommes, ces deux jeunes laisseront certainement une longue trace dans la mémoire de leurs descendants…

Me souviendrais-je encore d’un de mes grands-oncles – mort en 1915, à trente-sept ans – s’il n’était pas mort si tragiquement pendant la Grande guerre ? Bien sûr cette mort a été dramatique – comme celle de tous les hommes tués dans l’absurdité de toutes les guerres – elle a fait verser bien larmes et on aurait préféré une mort naturelle au soir d’une longue vie… Mais quelque part, cette mort a donné à ce grand-oncle une sorte d’immortalité et sans elle, je n’irais pas me recueillir sur sa tombe, quatre-vingt-quinze ans plus tard…

Homère, voici trente siècles, a déjà répondu à toutes nos questions avec les réflexions du guerrier Achille au croisement du Destin :

Deux destins vont, m’emportant
vers la mort qui tout achève.
Si je reste à me battre autour de la ville de Troie,
c’en est fait pour moi du retour.
En revanche une gloire impérissable m’attend.
Si je m’en reviens, au contraire,
dans la terre de ma patrie,
c’en est fait pour moi de la noble gloire.
Une longue vie, en revanche, m’est réservée
et la mort, qui tout achève,
de longtemps ne saurait m’atteindre.
Iliade IX, vers 411 sq.

Et plus tard, quand Ulysse interroge Achille aux Enfers, ce dernier prononce ces mots désabusés :

Ne cherche pas à m’adoucir la mort, ô noble Ulysse !
J’aimerais mieux être sur terre, domestique d’un paysan,
Fût-il sans patrimoine et presque sans ressources
Que de régner ici parmi ces ombres consumées.
Odyssée XI, vers 487 sq.

Ces questions sur la vie, la mort et la gloire sont vieilles comme le monde. Et bien évidemment, je préférerais qu’Antoine de Léocour et Vincent Delory soient encore en vie et libres, et qu’ils puissent continuer à donner le meilleur d’eux-mêmes à l’humanité. Mais, la folie des hommes et en même temps le Destin en ont décidé autrement. Alors j’essaie de trouver un motif d’apaisement à ce drame si terrible tout en condamnant sans ambiguïté les fous de Dieu qui en sont à l’origine.