par Henri LAFFORGUE | Juin 15, 2015 | Réflexions diverses
Doit-on, parce que des dizaines de milliers de migrants fuient la famine et les guerres, dans des embarcations de fortune, hommes, femmes et enfants, condamnés à la misère, mus par l’espoir de terres plus accueillantes que bien souvent ils n’atteindront pas, doit-on pour autant, à cause de cette misère si criante et si injuste, renoncer au plaisir d’une croisière en mer Méditerranée ou dans les Caraïbes ?
Cette question s’impose à moi avec force, ce soir, quand je vois qu’une croisière est offerte au couple dont nous fêtons l’anniversaire, et quand je vois que plusieurs couples de la fête reviennent de croisière ou s’apprêtent à y partir.
Cette question n’est pas nouvelle pour moi, et souvent je me la pose : peut-on être heureux, peut-on goûter le bonheur quand tant d’hommes sont dans le malheur ?
Et chaque fois la même et insatisfaisante réponse me vient à l’esprit. Renoncer à tous les plaisirs de la vie ne supprimera pas d’un pouce la misère du monde et, qui plus est, les plaisirs que nous consommons, participent, en aval, à la vie économique du monde et au mieux-vivre de bien des gens en leur assurant un emploi, fût-il petit.
Il n’importe, j’aurai toujours le plus grand mal à être heureux tant qu’il y aura une personne dans le malheur ici-bas.
Mon drame, c’est de ne pas accepter l’injustice et de croire de moins en moins en une justice divine qui compenserait, dans l’Au-delà, les injustices de ce monde.
Je pense cependant qu’il ne faut pas bouder des plaisirs que peuvent nous apporter les jours. Et ma ligne de conduite est d’user avec modération de ces plaisirs, en restant toujours sensible aux souffrances de ceux qui m’entourent, en pleurant avec ceux qui pleurent, et surtout en essayant de leur communiquer ma joie de vivre, et de faire naître sur leurs visages attristés un sourire, fût-il fugitif.
par Henri LAFFORGUE | Juin 9, 2015 | Actualité, Réflexions diverses
Le drame « Vincent Lambert », qui déchire une famille au chevet d’un homme entre la vie et la mort, et pour le dénouement duquel appel a été fait à la Cour Européenne des Droits de l’Homme, n’est-il pas une des conséquences des progrès de la médecine ?
Il faut, bien sûr, se réjouir de tous ces progrès qui permettent de guérir davantage de maladies ou d’en retarder de façon significative l’issue fatale. Il faut se réjouir de toutes ces avancées dans la lutte contre la souffrance.
Mais, les moyens de la médecine désormais sont tels, que la limite entre la vie et la mort devient de plus en plus ténue. Et que, ce qui peut sembler au plus grand nombre acharnement thérapeutique, peut être, pour des proches, un devoir impératif d’assistance thérapeutique.
Il ne m’appartient pas de commenter la décision de la Cour Européenne des Droits de l’Homme, ni de porter le moindre jugement sur les membres de la famille de Vincent Lambert. Tous vivent une douloureuse épreuve. Tous éprouvent une grande souffrance.
Mais je voudrais dire ici ma profonde tristesse que les membres d’une famille se déchirent à ce point, soient incapables de trouver une décision inspirée par la sagesse et l’humanité face à cet homme aux frontières de la vie et de la mort, et en viennent à faire appel à une Cour Européenne.
Le dénouement d’un tel drame – le maintien en vie de Vincent ou non – doit se décider dans l’intimité des membres de sa famille et avec le concours de toute l’équipe médicale. Décision certes difficile et redoutable à prendre. Mais la publicité et la médiatisation qui entourent cette « affaire » me semblent tout à fait déplacées. Le public et les médias n’ont pas à se substituer aux intéressés.
Je ne sais pas si la Bible est un Livre inspiré ou non. Mais le « Tu ne tueras pas » reste pour une humanité en désarroi, le rempart irremplaçable pour la défense de la vie. La vie est quelque chose de sacré, la plus belle chance qui nous soit donnée par Dieu, le Destin, ou le Hasard – c’est selon – il faut donc tout faire pour la respecter dans ses moments de joie, comme dans ses épreuves douloureuses.
Et la grandeur et la gloire de l’homme, après être parvenu à vaincre la souffrance physique, c’est d’entourer moralement ses malades, quel que soit leur état. De leur dire, par une simple présence quand il nous semble que la parole ne les atteint plus, qu’ils ont toujours leur place parmi nous. Que nous les aimons et que nous serons près d’eux lors de leur passage dans le mystère de l’Eternité.
Mais – et c’est là le nœud de ce drame ! -, il arrive un moment où l’homme a le redoutable pouvoir – quand le patient ne semble plus appartenir à ce monde et qu’il n’y a plus le moindre espoir de l’y ramener – d’avancer ou de retarder de l’heure de ce passage dans l’Eternité…
par Henri LAFFORGUE | Mai 30, 2015 | Politique
« L’enseigne est changée, mais le vin est toujours le même. « (Honoré de Balzac, Une ténébreuse affaire).
J’ai peur qu’il en soit de même avec tous ces partis politiques dont les leaders changent le nom mais dont la substance reste la même, et plus spécialement pour cette UMP (Union pour un Mouvement Populaire) qui s’appelle désormais « Les Républicains ».
Je rappellerai tout d’abord que la République n’appartient pas à « un » parti, mais à tous les Français, et qu’il est donc totalement déplacé qu’un leader se l’approprie. Et je note que si plus de 80 % des votants ont approuvé ce changement de nom, seuls 42 % des militants ont pris part au vote…
Si seulement ce « rapt » se faisait véritablement pour la France et pour les Français, pour mettre un terme au marasme et au chaos de trois ans de socialisme, je ne pourrais que m’en réjouir. Mais je crains que le chef de ce parti ne cherche avant tout le pouvoir pour le pouvoir, et n’ait guère le souci des Français…
Je suis surpris de constater le manque d’objectivité des médias : ils présentent Nicolas Sarkozy comme le candidat certain de la droite aux présidentielles de 2017. Ils forgent ainsi une opinion qui l’a rejeté en 2012 et qui, dans sa grande majorité, ne souhaite pas son retour (2 Français sur 3 ne souhaitent pas qu’il se représente).
Il y a d’autres candidats potentiels à droite, tout aussi valables – et même bien plus valables que Nicolas Sarkozy – et les médias les occultent complètement, comme si tout était joué d’avance.
Je dirais enfin que Nicolas Sarkozy ironise avec son « Moi, je » sur notre Président actuel. C’est oublier un peu vite ce « Moi, je » que les Français pourrait lui appliquer également sur son quinquennat où il a voulu, pendant cinq ans, tout faire, et faire tout tout seul, en autocrate, avec un autosatisfaction permanente, et ne s’est pas comporté en rassembleur comme il prétend l’être aujourd’hui.
Ah, politique, quand tu nous tiens !…
par Henri LAFFORGUE | Mai 20, 2015 | Actualité, Réflexions diverses
Je l’ai souvent dit : l’Egalité est un mythe. Nous ne sommes pas égaux. Ni devant la vie. Ni devant la mort.
Nous sommes conditionnés par le lieu et l’époque de notre naissance. Par notre famille. Par notre religion. Par notre éducation. Par nos rencontres. Par notre héritage génétique. Etc., etc. Bref, nous n’avons pas tous les mêmes « chances » devant la vie.
Et nous ne sommes pas égaux devant la mort non plus. Certains s’endorment paisiblement, entourés de proches, tandis que d’autres meurent seuls dans les pires souffrances.
Aussi, plus que l’Egalité, doit-on rechercher la Complémentarité, et le rôle de l’école comme du collège est avant tout de donner le maximum de chances à chacun pour s’intégrer au mieux dans la société et avoir un métier où il puisse donner le meilleur de lui-même.
Il me semble que le projet de réforme des collèges présenté par Mme Najat Vallaud Belkacem, oublie cette complémentarité et sombre dans la maladie de l’égalitarisme, en voulant ramener au même niveau tous les collégiens.
Et comme il n’est pas possible de faire accéder tous les collégiens au niveau le plus haut – celui des élites – elle veut les mettre au niveau le plus bas.
Ce nivellement par le bas est une catastrophe.
Nous avons besoin d’élites et il faut tout faire pour les encourager. Mais tous ne peuvent pas en faire partie.
Que serait une armée composée uniquement de généraux, ou une armée composée uniquement de soldats, sans officiers et sans généraux ? Tous sont complémentaires. Chacun a sa place, mérite le même respect, et il serait suicidaire de supprimer les uns au profit des autres.
Il faut cesser de mettre des qualificatifs de valeur devant les métiers. Tous ont leur utilité et tous doivent recevoir la même considération.
Le proverbe affirme avec raison : « Il n’est pas de sot métier, il n’est que de sottes gens », et je pense qu’il n’y a pas de grands et de petits dans l’échelle sociale, ou plus exactement que chacun doit y remplir au mieux son rôle et y faire valoir ses compétences, le but de l’éducation et de l’enseignement étant de permettre à chacun de donner le meilleur de lui-même, là où il est.
L’école primaire doit permettre à chacun d’apprendre à lire, à écrire et à compter. Tel n’est pas le cas, hélas, actuellement. 20 % des élèves entrant sixième ne maîtrisent pas ces domaines fondamentaux !
Le collège devrait permettre au plus grand nombre d’acquérir un bagage intellectuel et culturel valable toute la vie, et surtout d’apprendre à penser, à réfléchir par soi-même, sans « gober » toutes les informations et les mensonges des médias et du monde moderne.
Dans le domaine de l’Histoire, seul l’enseignement chronologique permet de comprendre les causes et les conséquences des événements, et d’en tirer les leçons pour le présent et le futur. C’est là un fait reconnu par le plus grand nombre. Or Mme Najat Vallaud Belkacem s’obstine à un enseignement thématique.
La réduction à une peau de chagrin des élèves qui pourront apprendre le latin et le grec est une grave erreur. Ils sont actuellement de 20 % et 3 % respectivement du nombre d’élèves. Le français, notre belle langue française, est issue de ces deux langues. Rien de tel que leur connaissance pour posséder le sens et les nuances des mots, pour maîtriser notre langue et toutes ses subtilités. A l’heure des texto, il importe de préserver cet enseignement.
De même, la suppression des classes bilangues, entraînera fatalement une baisse du niveau des élèves étudiant les langues étrangères.
Enseigner, c’est avant tout éveiller la curiosité et apprendre à aimer : à aimer l’histoire, le français, le latin, le grec, le sport, etc. Faire partager son amour pour une discipline et donner aux élèves le goût de l’effort. Or je vois surtout, dans cette réforme une recherche ludique – et non de l’effort !
Je suis surpris, en lisant des articles sur cette réforme, ou en écoutant des débats, de voir la façon dont est « zappée » le but de de l’enseignement et de l’éducation.
Or les parents et les professeurs ont pour but « d’élever » – au sens propre et figuré – physiquement et moralement leurs enfants et leurs « élèves ». De les conduire vers un « métier » où ils pourront participer le mieux possible à la vie de la société selon leurs compétences, et s’épanouir pleinement.
Je rappelle que « métier » au sens originel signifie « service ». Et, par la même occasion, qu’un « ministre », au sens propre, est un « serviteur ». On en est loin, hélas, dans la réalité !
Souvent, trop souvent, le métier visé est celui qui est le plus lucratif, ou celui qui est socialement le plus considéré…
Voilà quelques réflexions dans le désordre qui me viennent à l’esprit à propos de cette réforme que le Gouvernement vient de décréter à la va-vite, privant les élus de débats utiles.
Comment accorder le moindre crédit aux intellectuels qui l’ont « pondue », quand on voit le « charabia » de certaines de leurs définitions.
Ainsi, pour apprendre nager, il faudra apprendre « à se déplacer de façon autonome dans un milieu aquatique profond standardisé » !
Ou pour jouer au badminton ou au tennis, il faudra « rechercher le gain d’un duel médié par une balle ou un volant » !
Et j’en passe et des meilleures !
On est loin ici des recommandations de Nicolas Boileau qui disait « Ce qui se conçoit bien s’énonce clairement et les mots pour le dire arrivent aisément »…
par Henri LAFFORGUE | Mai 11, 2015 | Actualité
Nous sommes sensés vivre dans un état laïc. Je dis « sensés » car l’Etat français actuel fait davantage montre d’un athéisme sectaire que d’une laïcité neutre et bienveillante.
Cela dit, notre Constitution doit accorder à chaque citoyen la liberté de croire – ou de ne pas croire – au dieu de son choix, de pratiquer la religion qu’il souhaite, sans avoir de compte à rendre à personne. Mais cela dans la mesure où ces croyances et ces pratiques ne nuisent pas à l’unité de la Nation et à sa bonne marche.
C’est ainsi que chrétiens, juifs, bouddhistes, hindouistes, animistes, shintoïstes, athées, etc., etc., vivent en bonne intelligence, et ne font pas parler d’eux.
Tel n’est pas le cas, hélas, des musulmans, et je me demande si l’islam est compatible avec notre démocratie.
Est-il normal, en effet, qu’une religion nous impose ses régimes alimentaires (menus hallal dans les cantines et disparition des boucheries traditionnelles dans certains quartiers) ; ses tenues vestimentaires (burqa qui cache le visage) ; ses modes de soins médicaux (femmes refusant de se faire examiner par des gynécologues hommes) ; son intolérance religieuse (obligation de retirer les crucifix dans les cliniques religieuses) ; ses mœurs moyenâgeuses à propos de la mixité (piscines réservées exclusivement aux femmes certains jours) ; ses rites troublant l’ordre public (prières en pleines rues) ; accepte la polygamie interdite par notre code civil, et tutti quanti.
Il ne s’agit pas ici de reproches malveillants et racistes, mais de réalités connues de tous et de marques évidentes d’un communautarisme dangereux.
Dans ces conditions, n’est-il pas normal de se préoccuper de la progression de l’islam en France et du danger qu’il fait courir à notre pays ?
Notre démocratie n’est-elle pas en danger de mort du fait d’un islam conquérant, sectaire, intolérant et communautariste, totalement incompatible avec cette nation « Une et Indivisible » que doit être la France !
Certes la liberté de conscience doit être assurée à chaque citoyen, mais quand une religion veut dominer et étouffer toutes les autres, est-ce un crime de s’inquiéter de son extension et de son emprise tentaculaire ?
J’entends s’élever de partout des cris d’orfraie et d’indignation aux seuls mots de « statistiques ethniques ». A gauche. Comme à droite. Mais j’ai bien peur qu’il y ait derrière ces cris beaucoup d’hypocrisie, une totale inconscience ou un tragique manque de courage.
Le Dieu auquel je veux croire, ne fait aucune distinction de race, de religion, de culture, de couleur de peau, etc., et accueille tous les hommes dans son amour infini. Et il invite tous les hommes à un même et réciproque respect. Mais comment pourrions-nous respecter des personnes qui ne nous respectent pas ?…
Je sais qu’il ne faut pas confondre l’immense majorité des musulmans avec une minorité de terroristes islamistes, et je veux bien croire que cette immense majorité n’aspire qu’à vivre en paix.
Mais j’affirme que les mœurs, les coutumes, les usages, les habitudes propres à l’islam ne sont pas compatibles avec ceux de notre civilisation judéo-chrétienne. Et je crains – j’ose le dire – que cette masse de musulmans, aujourd’hui pacifique, ne se retourne demain contre nous, poussée, enflammée par quelque « fou de Dieu » avide d’en découdre.
Utopie incongrue d’un illuminé ? Je le souhaiterais. Mais je sais que les milliers de musulmans qui prennent pied sur les côtes d’Italie, ne viennent pas là par hasard et de leur seule volonté, mais sont poussés, instrumentalisés, par des leaders islamistes qui veulent étouffer, asphyxier l’Europe !
Oui, l’islam est un danger. Pour la France. Pour l’Europe. Pour le monde. Il ne sert à rien de se voiler la face. Il faut seulement en prendre conscience et chercher des remèdes pour y faire face.