par Henri LAFFORGUE | Mai 30, 2016 | Actualité, Réflexions diverses
Que l’on soit croyant ou non, il nous faut reconnaître que tout ce qui est techniquement possible, n’est pas permis.
C’est ainsi que j’estime qu’est absolument inacceptable moralement le vœu de cette jeune femme espagnole de 31 ans, Mariana Gonzalez-Gomez, de se faire inséminer avec le sperme de son mari, décédé d’un cancer, voici bientôt un an, à l’âge de 30 ans.
En France, une telle pratique est interdite afin de préserver l’intérêt de l’enfant qui serait délibérément privé de père. En Espagne non. Aussi, par un tour de passe-passe et au mépris du bien-fondé de la loi française, le Conseil d’Etat envisage d’autoriser le transfert en Espagne des gamètes du mari décédé et de permettre ainsi à Mariana d’être inséminée…
Quand comprendra-t-on qu’il y a sur cette terre deux sortes de filiations ? La filiation génétique à laquelle les couples bien évidemment sont attachés, et la filiation spirituelle qui la dépasse.
Nous sommes les propres artisans de notre destin. Nous trouvons, bien sûr, dans nos gènes l’héritage transmis par la longue chaîne de nos ascendants. Mais il s’agit là d’un héritage de qualités essentiellement physiques – bonnes ou mauvaises -. Notre destin dépendra avant tout de l’environnement géographique, familial, social, culturel, religieux, etc., dans lequel nous passerons nos premières années.
Au début des années 80, fut créée, aux Etats-Unis une banque destinée à recevoir le sperme des Prix Nobel ! Quel orgueil et quelle folie ! On retombait là dans les tentatives des nazis, entre 1935 et 1945, pour créer une race aryenne supérieure !…
Je comprends, bien évidemment, le désir d’un couple, de se perpétuer génétiquement. Et j’ai conscience également, qu’en cas de l’absence d’un père ou d’une mère – à la suite d’un décès, d’une séparation, ou autre – un enfant peut être entouré d’un amour constructif et recevoir une très bonne éducation, de la part du seul des deux parents restants.
Cela dit, j’ai le plus grand mal à comprendre que l’on prive délibérément un enfant, dès sa conception, d’un père. Qu’une femme se fasse inséminer avec le sperme de son mari mort. C’est considéré l’enfant comme une chose. C’est, à mon avis, faire preuve d’un grand égoïsme.
J’ajoute qu’il y a hélas des milliers d’enfants abandonnés dans le monde. Les personnes ne pouvant avoir d’enfants génétiquement, peuvent donc en parrainer ou en adopter, et leur transmettre ainsi l’héritage spirituel qu’elles auront reçu, les valeurs auxquelles elles croient, et les entourer de l’amour dont tout enfant a besoin.
par Henri LAFFORGUE | Avr 29, 2016 | Actualité, Réflexions diverses
Cocorico des médias ce mercredi 27 avril : le chômage aurait baissé de façon perceptible en mars, et la France aurait vendu douze sous-marins à l’Australie.
J’emploie à dessein le conditionnel. Je n’accorde guère de confiance aux statistiques qui sont bien souvent obtenues en modifiant les modes de calcul, qui n’ont de valeur que si elles s’inscrivent dans la durée, et qui, dans le cas présent, visent surtout, à mon avis, à faire remonter François Hollande dans les sondages…
Quant à la vente de sous-marins à l’Australie, j’en attends la confirmation et les conditions. Nous avons connu tellement de fausses annonces dans le domaine des exportations mirobolantes ! Notamment avec la vente de nos 126 avions Rafale à l’Inde !…
A propos des exportations, je voudrais souligner ici l’absurdité et l’égoïsme de tous les systèmes économiques. Chaque pays veut, pour développer ses emplois et réduire le chômage de ses habitants, exporter le plus possible de biens et de marchandises à l’étranger. Mais ce sont là des mesures à courte vue car, en exportant nos biens et nos marchandises, nous exportons également notre chômage.
Je m’explique. Nous créons, par nos exportations, une concurrence dans les pays étrangers, qui risque d’y provoquer du chômage. C’est là, hélas, un phénomène aussi vieux que le monde, et qui montre les limites de tous les systèmes économiques qui se succèdent ou perdurent sur la planète depuis des siècles.
L’économie, au sens originel, c’est l’art de gérer sa « maison » (oika, en grec), puis son « domaine », puis, par extension, un « pays » et enfin, aujourd’hui, le « monde ».
Son but devrait être d’assurer à chacun la prise en charge des besoins fondamentaux de la vie : la nourriture, l’habillement, le logement, les accès à l’éducation, à la santé, etc. Or, de nos jours – comme dans le passé – ces besoins sont loin d’être assurés pour tous. Seule une petite minorité – à laquelle j’ai la chance d’appartenir – bénéficie de leur prise en charge.
Malheureusement, les sociétés humaines sont victimes du nombre et des rivalités immuables entre les hommes. Rivalités qui sont telles qu’aucun système économique, aussi généreux qu’il soit, ne pourra jamais assurer une vie juste à chacun. Il y aura toujours des privilégiés et laissés-pour-compte. Que ce soient le communisme, le socialisme, le capitalisme ou des systèmes hybrides, aucun système ne parviendra jamais à créer ce monde juste et égalitaire dont devrions tous rêver.
Alors, moi qui doute tant de l’existence de Dieu, je m’en remets au Jésus des Evangiles. Non pas pour créer un système économique parfait qui n’existera jamais. Mais pour essayer de mettre en pratique son message d’Amour qui transcende tous les systèmes et qui seul peut apporter aux hommes le bonheur auquel ils aspirent. Et ce bonheur ne sera jamais atteint dans la course effrénée aux biens matériels dans laquelle nous entraîne notre monde…
par Henri LAFFORGUE | Mar 26, 2016 | Actualité, Réflexions diverses
Les derniers et odieux attentats de Bruxelles suscitent plusieurs réactions chez les politiques sur les peines à appliquer aux coupables de tels crimes.
A ces réactions, nées souvent de l’émotion, je voudrais ajouter mes propres réflexions que je mûris depuis des années et que j’ai déjà exposées plusieurs fois dans ces chroniques.
Toute faute mérite une peine. Une peine graduée selon l’importance de cette faute qui permet au coupable de se racheter et qui apporte une certaine réparation à la victime.
C’est à la Justice de fixer cette peine, et il est bien évident que parfois, dans un certains crimes, aucune réparation ne sera à la hauteur du préjudice subi.
Quoi qu’il en soit, dans un pays comme la France qui est à l’origine des droits de l’homme, je pense que tout criminel, dès l’instant où il est condamné à une peine de prison, doit avoir l’espoir de pouvoir se racheter un jour, de pouvoir s’amender, d’être libéré un jour ou l’autre, et de recommencer une nouvelle vie.
C’est pourquoi je pense que rien ne serait plus inhumain et barbare que de condamner un criminel à la perpétuité en le privant de tout espoir de s’amender, de se racheter.
Mais il est hélas certains crimes si horribles – comme les meurtres de jeunes enfants innocents, et comme les attentats de Paris en novembre dernier ou de Bruxelles en début de semaine – qu’aucune peine n’est à leur mesure, et qu’aucune expiation n’est possible, les criminels étant allés trop si loin dans l’horreur et dans la barbarie.
Seule, pour moi alors, convient la peine de mort, par respect pour leurs victimes et par respect de la Justice. Peine qui marque l’exclusion de la société dont ils se sont odieusement retranchés et peine beaucoup plus humaine qu’une condamnation à perpétuité sans espoir de rachat. Peine enfin qui n’est nullement vengeance mais réponse d’une Justice qui se veut à la hauteur des crimes commis.
Je ne sais pas si une telle peine serait dissuasive. Quelquefois, peut-être, quand je vois la lâcheté d’un Salah Abdeslam, qui n’a pas hésité à tuer des dizaines d’innocents, et n’a pas eu le courage de se faire « sauter » et s’est arrangé pour être pris vivant par la police. Le risque de la peine de mort l’eût peut-être dissuadé de perpétrer de tels crimes…
Quoi qu’il en soit, je refuse une Justice arbitraire et dans l’émotion. Je pense que tout criminel doit avoir droit à un procès équitable et doit pouvoir bénéficier d’un avocat – même si ce dernier me semble parfois défendre l’indéfendable !
Et je pense qu’en dernier lieu, dans le cas d’une condamnation à mort, le condamné doit pouvoir demander sa grâce au Chef de l’Etat. L’abolition de la peine de mort par François Mitterrand a déchargé trop facilement les Chefs d’Etat de la plus grande responsabilité qui leur incombait – décider de la vie ou de la mort d’un homme.
Et si le recours en grâce est rejeté, je souhaite que l’exécution ait lieu rapidement. Je suis scandalisé par la barbarie des Américains qui gardent des condamnés dans les couloirs de la mort pendant dix ans, vingt ans et plus.
Il est bien évident qu’une condamnation à mort ne pourra être prononcée que s’il n’y a aucun doute sur la culpabilité du criminel.
Mon opinion choquera peut-être certains lecteurs. Pourtant elle est inspirée par un sentiment d’humanité, et non de haine ou de de vengeance. Et j’ajoute que lors de l’abolition de la peine de mort, en 1981, on trouva, parmi les opposants… des aumôniers de prison qui se faisaient les interprètes de criminels condamnés à la perpétuité !…
par Henri LAFFORGUE | Mar 18, 2016 | Actualité, Réflexions diverses
Emoi dans les milieux scientifiques et dans les médias : l’intelligence artificielle est-elle sur le point de supplanter l’intelligence humaine, après la victoire de l’ordinateur AlphaGo contre le Sud-Coréen Lee Sedol, n°3 mondial de go ?
Sur le plan des calculs, de la rationalité, il n’y a aucun doute : l’homme ne fait pas le poids par rapport aux machines qu’il arrive à créer.
Mais l’homme n’est pas seulement un être de calculs et de rationalité. C’est aussi un être de sentiments, d’émotions, un être de chair et de sang, en un mot, un être de cœur. Un être qui a une conscience et dont la conduite obéit – ou désobéit – à des règles morales.
Les robots les plus perfectionnés resteront toujours incapables de prendre des décisions que seule une conscience évoluée peut prendre.
C’est ainsi qu’on cite l’exemple de cette voiture sans chauffeur – Google-car – qui a provoqué un accident pour ne pas avoir su déroger au code de la route au moment où il aurait fallu le faire, et où un être humain responsable l’aurait fait.
Non ! la machine ne remplacera jamais l’homme, mais il convient cependant que l’usage des robots soit limité et sérieusement encadré.
Qu’adviendrait-il si un robot – après une série d’analyses poussées et d’une logique implacable – décidait de lancer une bombe atomique contre un ennemi menaçant et risquait de provoquer une nouvelle mondiale qui détruirait toute la planète ?…
On le voit, avec ce dernier cas, rien ne peut remplacer l’intelligence humaine, sa capacité à peser le bien et le mal et son art de négocier dans les situations les plus tendues. Nous le savons, l’informatique raisonne par oui et par non. Or l’être humain est beaucoup plus complexe et ne peut se satisfaire de ces seuls raisonnements binaires…
par Henri LAFFORGUE | Mar 16, 2016 | Réflexions diverses
A croire les médias et tous les économistes, la source de tous nos maux vient d’un manque de croissance. Voire.
Nous connaissons tous – ou presque tous – que nous soyons croyants, athées ou agnostiques, cette injonction de Dieu, dans la Genèse : « Croissez et multipliez-vous ! » et cette promesse faite à Abraham : « Ta descendance sera aussi nombreuse que les étoiles ».
Voilà qui devrait réjouir les chantres de la croissance à tout prix. Je voudrais cependant apporter ici un bémol important.
Notre planète est gravement menacée par la surpopulation. L’Inde et la Chine comptent chacune plus d’un 1,3 milliards d’habitants ; la population de l’Afrique est actuellement de 1,2 milliards d’habitants, et selon les prévisions atteindra 2 milliards en 2050 et 4,2 milliards en 2100 ! En 2050, un quart de la population mondiale vivra en Afrique…
Ces chiffres donnent le vertige et, sans sombrer dans un malthusianisme simpliste, invitent à réfléchir.
A croître indéfiniment le monde court à sa perte. D’autant plus qu’il se montre incapable de nourrir tous ses habitants. Environ 800 millions de personnes souffrent de la faim et plus de trois millions d’enfants de moins de 5 ans meurent chaque année de malnutrition ! Il y a là une injustice flagrante dont sont essentiellement victimes les pays du Sud.
Face à cette explosion démographique – surtout dans l’hémisphère Sud – je sais l’inquiétude de certains pays, comme la Chine, ou l’Allemagne, devant le vieillissement de leur population… Il faut veiller à ce que de nouvelles générations puissent prendre en charge et nourrir les plus âgées…
Le but de la croissance devrait être, me semble-t-il, de veiller à ce que chaque famille, chaque individu, dans le monde entier, aient accès aux biens matériels indispensables à une bonne qualité de vie, et également aux bienfaits de l’instruction et de la culture tout aussi nécessaires. Là – et là seulement – se justifie pour moi la recherche de croissance.
Quand ces objectifs auront été atteints, il nous restera alors à lutter contre la maladie, la vieillesse et tous les maux sortis jadis de la boîte de Pandore…
Malheureusement, la croissance aujourd’hui n’est qu’une fuite en avant, qui conduit à produire toujours davantage, à créer toujours plus de besoins – au détriment de plus en plus souvent de la Nature – dans une course effrénée à la consommation qui ne profite qu’aux plus riches et qui laisse toujours insatisfait et ne comblera jamais une vie d’homme…
On a un exemple flagrant de l’absurdité de cette course à produire toujours plus, avec la production des voitures. Les pouvoirs publics font tout pour en réduire le nombre dans les villes et pour rendre ces dernières aux piétons. Or, dans le même temps, paradoxalement, ils font tout pour que les usines en sortent le plus grand nombre. Trouvez l’erreur…
par Henri LAFFORGUE | Fév 25, 2016 | Actualité, Réflexions diverses
Qui – mis à part quelques exaltés – peut aimer la guerre ?
Le centenaire de la bataille de Verdun avec ses 300 jours et 300 nuits d’enfer, avec ces centaines de milliers de morts, de blessés et de disparus, nous rappelle les indicibles souffrances de tous ces combattants, emportés malgré eux dans ce maelström infernal, dans cette apocalypse.
Et nous avons tous en mémoire le cri des survivants : « Plus jamais ça ! »
Paradoxalement les guerres et leur folie voient apparaître les plus grandes vertus humaines : le courage, l’abnégation, le dévouement, la fraternité, la solidarité, etc. Vertus incarnés par des hommes qui ont été des héros sans le vouloir. Vertus cependant que beaucoup pratiquent – de façon moins spectaculaire – en temps de paix et face aux épreuves de la vie : la maladie, la vieillesse, la mort, la douleur des séparations, des amours non partagés, etc.
Chaque commune de France a son monument aux morts qui rappelle combien notre Patrie a été saignée par la Grande Guerre – puis vingt ans plus tard par la guerre 1939-1945.
C’est toujours avec émotion que je m’incline devant ces monuments – et que j’incline le drapeau que je porte lors des commémorations – en pensant à tous ces morts qui aimaient la vie, et qui ont laissé dans la peine un père, une mère, des frères, des sœurs, une épouse, une compagne, une fiancée, des enfants.
J’ai le plus grand respect pour tous ceux qui sont « morts pour la France », ses héros involontaires, et grâce au sacrifice desquels nous avons la chance de vivre dans un pays libre et en paix.
Non, je n’aime pas la guerre et ne saurais l’exalter. Aussi j’avoue mon extrême embarras en pensant aux mutins de la Grande Guerre, fusillés « pour l’exemple », après une parodie de jugement bien souvent, et en voyant les quelques monuments « pacifistes » érigés après ce cataclysme et sur lesquels on peut lire, entre autres : « Maudite soit la guerre ! », « Contre la guerre ! », « Guerre à la Guerre, Paix entre tous les peuples ! »
Et je suis profondément ému devant cette plaque, dans le cimetière de Royère-en-Vassivière (dans la Creuse) apposée sur la tombe d’un soldat fusillé en 1915 et réhabilité en 1934, réalisée par ses amis maçons, et portant cette inscription: « Maudite soit la guerre – Maudits soient ses bourreaux – Baudy n’est pas un lâche – Mais un martyr. ».
Je ne saurais me désolidariser de tous mes frères de la terre qui sont contre la guerre. Mais je veux rappeler ici une nuance essentielle entre deux mots que l’on confond de nos jours, entre « pacifiste » et « pacifique ».
Le « pacifiste » est prêt à tous les renoncements, à toutes les lâchetés pour la paix. Le « pacifique » sait que la Paix a un prix et des exigences qui peuvent conduire au sacrifice suprême.
Le « pacifisme » a donné Munich en 1938 et la Deuxième Guerre mondiale avec ses dizaines de millions de morts, de blessés, de veuves, d’orphelins et combien de ruines !…
Je voudrais trop la Paix pour notre pauvre monde. Mais il faut refuser l’angélisme et il est des moments, hélas, où la guerre est le seul moyen de vaincre la guerre. Où la mort, paradoxalement, est le seul moyen d’assurer la vie…
Triste réalité, j’en conviens. Mais réalité incontournable et seul chemin, hélas, pour assurer la Paix des peuples qui souhaitent vivre Libres et en Paix.